Biographie de Ministry

Coup de cœur de La Lune Mauve

Ministry

Ce que le commun des mortels retiendra de Ministry, c’est que ce groupe fut l’un des précurseurs d’un des genres de musique les plus violents de l’histoire. Le métal-indus ou comment mélanger déviance, bruit, message politique et folie furieuse.
Oui, ce que l’histoire retiendra, c’est qu’Al Jourgensen, à l’instar de James G. Thirlwell, aura inventé le genre puis l’aura pousser dans ses derniers retranchements, jusqu’à… nous n’y sommes pas encore. Fort heureusement.
Al Jourgensen et Ministry sont toujours là. Malgré les excès et les overdoses, malgré les pressions des bien-pensants (et leur manie de ficher pour mieux étouffer au moindre faux pas condamnable par la LOI), malgré le départ de Paul Barker et le turn-over des musiciens, malgré les albums médiocres et les labels chiantissimes.
Malgré tout ça, dans la tête de ce bon vieux Al, c’est toujours Halloween tous les jours. Et on doute encore de sa santé mentale (la sienne et la nôtre, en l’occurence). Et on a chaque fois autant les jetons quand on écoute Psalm 69.
Ce que moi, je retiendrais de Ministry, c’est que The Land Of Rape And Honey est l’un des meilleurs albums de tous les temps et qu’il a bouleversé ma vision de la musique. Et aussi que Jesus, avant d’être un prophète, il bossait dans la carrosserie. Et qu’on peut porter avec classe un chapeau de cow-boy, sans passer pour un de ces crétins de red-necks.

« Like keeps slipping away
Silence of desperation
Trying to find a highway in vein
Trying to find a destination »

JUST ONE FIX

Membres :

  • -Al Jourgensen (membre fondateur) : voix, guitares
  • -Mike Scaccia (1989-1993, puis retour en 2003) : guitares
  • -Mark Barker (arrivé en 2003) : batterie
  • -Eddy Garcia (arrivé en 2004) : basse
  • -Darrel James (arrivé en 2003) : claviers
  • -Rick Valles (arrivé en 2004) : guitare

Anciens membres :

  • -Paul Barker (1986-2003) : basse
  • -Louis Svitek (1992-2003) : guitare
  • -Rey Washam (1995-1999, 2003) : batterie
  • -Bill Rieflin (1986-1995) : batterie

Discographie :

  • -With Sympathy (album) 1983 Arista [renommé Work For Love pour Europe avec une track-list dans un ordre différent]
  • -12’’ Singles 1981-1983 (compilation) 1985 Wax Trax !
  • -Twitch (album) 1986 Sire
  • -The Land Of Rape And Honey (album) 1988 Sire
  • -The Mind Is A terrible Thing To Taste (album) 1989 Sire
  • -In Case You Didn’t Feel Like Showing Up (live) 1990 Sire
  • -Psalm 69 (album) 1992 Sire
  • -Filth Pig (album) 1996 Sire
  • -The Dark Side Of The Spoon (album) 1999 Warner
  • -Greatest Fits (best-of) 2001 Warner
  • -Sphinctour (live) 2002 Sanctuary
  • -Animositisomina (album) 2003 Sanctuary
  • -Houses Of The Molé (album) 2004 Sanctuary
  • -Early Trax (compilation) 2004 Rykodisc
  • -Side Trax (compilation) 2004 Rykodisc

Side-Projects :

  • -1000 Homo DJ’s : Supernaut (EP) 1990 Wax Trax ! [with Trent Reznor]
  • -Acid Horse : No Name, No Slogan (single) 1989 Wax Trax ! [with Cabaret Voltaire]
  • -Lard : The Last Temptation Of Reid (album) 1990 Alternative Tentacles
    • Pure Chewing Satisfaction (album) 1997 Alternative Tentacles
    • 70’s Rock Must Die (EP) 2000 Alternative Tentacles [with Jello Biafra]
  • -Lead Into Gold : Age Of Reason (album) 1990 Wax Trax !
  • -Painhead : Trait (EP) 1988 Wax Trax ! [with Ian MacKaye]
  • -The Revolting Cocks : Big Sexy Land (album) 1986 Wax Trax !
    • You Goddamned Son Of A Bitch (live) 1987 Wax Trax !
    • Beers, Steers, + Queers (album) 1990 Wax Trax !
    • Linger Ficken’ Good…And Other Barnyard Oddities (album) 1993

    [with Richard 23, Luc Van Acker, Trent Reznor and other]

Biographie :

Ministry naît en 1981 de l’esprit dérangé d’un seul homme : Al Jourgensen, sombre DJ originaire de Chicago. Nous n’en savons pas plus sur la genèse du groupe.
Signé sur le fameux label Wax Trax!, Jourgensen sort un premier single « Cold Life », condensé synth-pop, 80’s obligent.
Et c’est seulement deux ans plus tard que Ministry sort son premier album With Sympathy. Etrangement, l’objet sort sur Arista. Et se révèle être dans la parfaite lignée de « Cold Life », sorte de resucée new-wave d’un goût douteux. Horrifié par le monstre qu’il a crée (sic), Jourgensen prend ses jambes à son cou et retourne dans le giron protecteur de Wax Trax! Là, il sort Twelve Inch Singles, galette qui s’éloigne avec bonheur du mainstream dance-floor. Et s’offre son premier hit : « Every Day Is Halloween », hymne goth imparable.
Mais Ministry première mouture a la bougeotte et débarque finalement sur Sire Records, ce qui n’empêchera pas Jourgensen de sortir les disques de ses side-projects sur Wax Trax!
En 1986, sort le second album Twitch. La métamorphose se poursuit, l’album est plus sombre, plus dur que With Sympathy.
Paul Barker intègre le groupe.
Et deux ans plus tard, Ministry balaie toutes les données avec la sortie de The Land Of Rape And Honey. Monstre d’une noirceur insondable et d’une violence terrifiante, l’album mélange guitares acérées, lourdes lignes de basse, samples effrayants, voix distordues et percussions assourdissantes. Un genre est né. Ministry s’y engage tête baissée, et vouera sa carrière à repousser chaque fois davantage ses limites.
Parallèlement, l’alliance entre Barker et Jourgensen se renforce, et ils mettent en place un certain nombre d’autres projets : RevCo, Acid Horse, Lard, etc…
Ministry entame une tournée pour soutenir TLORAH où il sera accompagné d’un autre mastodonte industriel : Skinny Puppy.
Puis, en 1989, nouvel album : The Mind Is A Terrible Thing To Taste. Encore plus agressif que le précédent qui avait pourtant atteint des sommets, ce nouvel album semble se complaire dans l’hyper-violence et le malsain. Nouveau hit avec le titre : « Burning Inside », proprement incroyable.
Nouvelle tournée, cette fois avec KMFDM en première partie et des invités de choix : Jello Biafra, Nivek Ogre, Chris Connelly ou Martin Atkins. Le tout est immortalisé sur In Case You Didn’t Feel Like Showing Up, album live qui donne une idée de la furie déployée par le groupe sur scène.
1992. Une nouvelle fois, Ministry crée l’évènement avec la sortie que tous s’accordent à considérer comme le chef d’œuvre du groupe : Psalm 69, sous titré : « the way to succeed and the way to suck eggs » (héhé). Monstre de noirceur. L’album pourrait faire basculer n’importe qui dans la folie la plus extrême. Et plus encore, le credo politique de Jourgensen s’affirme. Rage et haine, envers et contre tous (surtout contre Bush père, en l’occurrence – le fils aura sa part du gâteau, bientôt).
Le groupe entame une tournée marathon, notamment aux côtés de Sepultura et Helmet, et fait une prestation remarquée au Lollapalooza ’92.
Alerté par l’ogre TVT qui n’a fait qu’une bouchée de Wax Trax!, Jourgensen envoie tous ses side-projects signer sur Sire Records (Trent Reznor n’est probablement pas étranger à cette décision).
Durant les 4 années suivantes, le groupe connaît un certain nombre de turbulences : conflits internes, et surtout, abus en tous genres. Jourgensen fait du fix un mode de vie. Mike Scaccia est arrêté pour possession de stupéfiants. Et Jeff Ward, héroïnomane de longue date, meurt brutalement.
C’est seulement en 1996 que le groupe donne une suite à Psalm 69. L’album s’appelle Filth Pig et bénéficie d’une pochette d’un goût certain mais au sens plus qu’évident. Beaucoup sont déçus par ce nouvel album, moins assourdissant, moins lourd, moins compact, que les précédents.
3 ans de rumeurs (Paul a quitté le groupe. Al est mort. Etc) plus tard, Ministry s’éloigne encore un peu plus de ce qui avait fait son succès avec la sortie de The Dark Side Of The Spoon (clin d’œil à Pink Floyd et/ou à l’héro). Une fois n’est pas coutume, la pochette et le livret sont assez incroyables dans le genre. Mais les fans de la première heure ne sont pas convaincus par l’opus.
Puis, coup sur coup, nous avons droit à un best-of (Greatest Fits) et à un nouvel album live (Sphinctour – par ailleurs, immortalisé sur dvd).
Et enfin, en 2003, une tentative de retour aux sources avec le puissant Animositisomina, enregistré en plein désert. L’album renoue avec les débuts ultra-violents du combo. Pourtant, il manque encore quelque chose…
Et c’est de Georges Bush Jr (et de sa profonde connerie) que viendra la providence. Il aura fallu qu’un crétin, digne fils de son père, squatte la Maison Blanche pour que Ministry sorte un album digne de ce nom. Ce sera Houses Of The Molé, attaque ô combien virulente contre le W. Très engagé (et c’est un euphémisme), l’album se compose de 9 morceaux dont les titres comportent tous la lettre honnie, dont le tonitruant « No W » qui a le mérite d’être clair.
Et Jourgensen d’ajouter récemment : « I can’t wait for Jeb Bush to run so I can write my next platinum record ». Qu’est-ce qu’on aimerait en rire.

Hermes Pan et Hypo Luxa ?
Si l’on fait abstraction des explications douteuses sur les choix des pseudos, on peut tout de même saisir que Al se fait aussi appeler Hypo Luxa, et Paul, Hermes Pan. Il s’agit là des patronymes qu’ils ont décidés d’utiliser lorsqu’ils produisent un album. Ainsi, si, à l’avenir, vous lisez la mention « Luxa/Pan Productions » sur un disque, vous saurez à quoi vous en tenir.