Biographie de The Smashing Pumpkins

The Smashing Pumpkins

L’un des groupes les plus importants de la musique alternative US des 90’s s’est éteint le 2 décembre 2000, dans le club où l’histoire avait commencé.
Les citrouilles ont fini par se crasher… en nous laissant fort heureusement des albums sublimes, autant de témoignages du génie créatif du groupe et de leur parfaite osmose musicale.
La musique produite par le combo fut un savant équilibre entre riffs urgents et douces mélopées, entre guitares hurlantes et pianos apaisants, entre cris de rage et murmures amoureux. Toujours sur la corde raide, tels de malicieux funambules, les Pumpkins nous ont ouvert les portes de leur univers, un univers tantôt candide, tantôt ténébreux, toujours sublime. Un univers de liberté et de rêves… un univers empreint d’une sensibilité tout en nuances…
Les Pumpkins ont vu, sont venus et ont vaincu. Puis ils s’en ont retourné à pas feutrés mais non sans vagues. Parce que le génie ne se retire pas impunément. Et parce que la musique du groupe, aussi belle et limpide fut-elle, cachait bien des secrets…

Discographie

  • – Gish (album) 1991
  • – Peel Sessions (live) 1992
  • – Siamese Dream (album) 1993
  • – Pisces Iscariot (compilation de B-sides) 1994
  • – Mellon Collie and The Infinite Sadness (album) 1995
  • – The Aeroplane Flies High (compilation de singles de Mellon Collie, de B-sides et de reprises) 1996
  • – Adore (album) 1998
  • – Machina/The Machines Of God (album) 2000
  • – Machina 2/The Friends and Enemies of Modern Music (album pressé à 25 exemplaires mais rendu disponible en mp3 par le groupe) 2000
  • – Rotten Apples (best of) 2001
  • – Judas 0 (compilation de B-sides) 2001

Membres du groupe

  • – Billy Corgan – chant, guitares
  • – James Iha – guitares
  • – D’Arcy – basse (jusqu’en 1999)
  • – Jimmy Chamberlain – batterie
  • – Melissa Auf Der Maur – basse (à partir de 1999)

Biographie

L’histoire des Smashing Pumpkins débute à Chicago en 1988 lorsque Billy Corgan, alors vendeur dans une boutique de disques d’occasion et accessoirement guitariste (son précédent groupe The Marked vient à peine de splitter), rencontre James Iha, étudiant en art et lui aussi guitariste. Les deux gaillards décident de former un groupe et commencent à travailler ensemble sur des morceaux aux inspirations pop, rock et gothiques. Fort de ce matériel, ils montent pour la première fois sur scène dans un bar polonais, The Track, accompagnés d’une boîte à rythmes. Il semble que Billy tenait également la basse ce soir-là.

Le groupe prend véritablement son envol lorsque D’Arcy intègre le groupe en tant que bassiste. Puis c’est au tour de Jimmy Chamberlin de les rejoindre en tant que batteur. Au complet, le groupe donne quelques concerts, leurs morceaux commencent à être diffusés sur des radios locales… Tout bascule le jour où le groupe joue au Cabaret Metro, le 5 octobre 1988. Le propriétaire du club, un dénommé Joe Shanahan, impressionné par leur performance, leur propose d’assurer la première partie d’un prochain show de l’énorme combo californien Jane’s Addiction.

L’année suivante, les Pumpkins sont invité à jouer en compagnie de 4 autres groupes de Chicago pour un concert intitulé « Light Into Dark ». Un enregistrement live du show sort. C’est le premier pour le groupe. S’ensuit alors une courte série de démos qui, toutes, laissent déjà entrevoir l’énorme potentiel des SP et surtout le talent d’écriture de Billy.

Les tournées s’enchaînent alors, notamment en première partie des Lemonheads ou de My Life With Thrill Kill Kult. Puis, en décembre, le groupe signe sur le label new-yorkais Caroline et entame l’enregistrement d’un premier album avec le producteur Butch Vig (Nirvana-Nevermind et membre fondateur de Garbage). Intitulé Gish en hommage à l’actrice Lilian Gish (célèbre pour ses apparitions dans nombre de films muets), l’album sort en mai 1991. Il est immédiatement encensé mais la tornade Nirvana, qui déboule la même année, l’éclipse quelque peu. Billy déclare à propos de ce premier essai : « Gish is about pain and spiritual ascension. People ask if it’s a political album. It’s not a political album, it’s a personal album ». Le groupe part en tournée, ouvre pour les Guns n’Roses puis pour les Red Hot Chili Peppers, change de label et signe chez Virgin Records. L’année 1991 marque l’entrée dans une nouvelle dimension. Tout devient plus grand. Trop peut être… En 1992, après le désastre du Reading Festival (Billy dénonce le staff incompétent, le son plus que médiocre, une scène inadaptée… il finit par massacrer tout son matériel), les premiers signes de tension au sein du groupe apparaissent : Jimmy boit plus que de raison ; James et D’Arcy, qui formait un couple à la ville, se séparent ; Billy devient fou (il se murmure déjà que le succès et la pression le rendent profondément irritable). Qu’à cela ne tienne, le groupe complet entre en studio pour enregistrer le successeur de Gish. Siamese Dream sort en juillet 1993 et se classe immédiatement au sommet des charts US. Mais étrangement, Billy évoque déjà une éventuelle future carrière solo après les Pumpkins… Alors que le groupe est en tournée, l’album atteint le million d’exemplaires vendus. La réputation du groupe ne cesse de grandir. Chacun de leurs shows est encensé par la critique. Puis la route du groupe croise de nouveau celle de Nirvana… Les Pumpkins se retrouvent propulsés en tête d’affiche du Lollapalooza 1994 suite à la défection pour des raisons tristement célèbres du combo de Seattle et cèdent une partie de leur temps de passage scénique à la veuve de Cobain, Courtney Love qui, en parallèle, devient une des plus proches amies de Billy.

Boulimique de travail, Billy commence à composer pour le prochain album dès la fin de la tournée. Puis, le groupe entre en studio, à raison de 15 heures de prise de son par jour. Billy en sort épuisé. En vue de la tournée à venir, le groupe embauche un claviériste Jonathan Melvoin. Et en octobre, sort le double album Mellon Collie and The Infinite Sadness, le premier cd est intitulé Dawn To Dusk, le second Twilight to Starlight. Billy ne cesse de répéter que cet album marque la fin d’une ère pour le groupe.

1996 est l’année de l’apogée du groupe. La tournée qui suit l’album est triomphale. Chaque soir, des milliers de fans se pressent aux concerts du groupe. Mais Jimmy, le batteur, n’arrive pas à se défaire de ses mauvaises habitudes et la nouvelle recrue, Jonathan, manifeste également un intérêt prononcé pour les substances illicites. Les deux augmentent considérablement leur consommation de drogues. Le 2 mai, au Portugal, ils sont tous les deux retrouvés inconscients dans une chambre d’hôtel. Plus de peur que de mal. Cependant, un drame, tout autre, secoue le groupe : une jeune adolescente meurt lors d’un concert du groupe en Irlande. Le show suivant, à Belfast, est annulé par respect pour la jeune fille et ses proches. Et puis, une autre tragédie vient frapper le groupe, déjà sérieusement ébranlé : Jonathan Melvoin est victime d’une overdose d’héroïne dans une chambre du Manhattan’s Regency Hotel. Jimmy était avec lui. Le groupe est interrogé par la police et Jimmy inculpé de possession illégale de stupéfiants. 5 jours plus tard, lors d’une conférence de presse, Jimmy est limogé. Billy explique que l’addiction du batteur nuit à la stabilité du groupe. La séparation était donc inévitable. Parallèlement, Jimmy entame une cure de désintoxication. Matt Walker (batteur de Filter) intègre le groupe. Et c’est Dennis Flemoin (claviériste de Frogs) qui remplace Jonathan. La tournée se poursuit malgré le chaos qui entoure le groupe. « We’ve had an interesting year. We lost a friend. We lost a drummer. But I hope we haven’t lost any fans. To anyone who wonders, we’re fine » tel est le commentaire de Billy sur les derniers évènements.

Après 14 mois de tournée et 165 concerts, The Melon Collie And The Infinite Sadness Tour s’achève enfin. Le groupe commence alors à travailler pour le prochain album : Adore. Album qui ne bénéficiera pas de la présence de Matt Walker (partie fondé un autre groupe : The Cupcakes), remplacé par l’ancien batteur du mythique Soundgarden, Matt Cameron. L’album sort en juin 1998, Billy le décrit comme « an arcane night music » et exprime que ce nouvel opus est une façon pour lui de dire au revoir au rock. Il est vrai que les guitares y brillent par leur absence, Adore est mélancolique à souhait : plus aucune trace de l’urgence rythmique si caractéristique des Pumpkins. Le groupe part immédiatement le défendre en tournée avec un nouveau batteur (on ne les compte plus…) Kenny Arnoff, un nouveau claviériste Mike Garson (qui a travaillé avec David Bowie et Trent Reznor), un percussioniste Stephen Hodges (Tom Waits) et la multi-instumentaliste Lisa Gerrard (qui quittera la tournée en cours de route). La longue liste des villes traversées commence par une série de 13 localités où les bénéfices des concerts donnés seront reversés à des associations caritatives. Cependant, la rumeur gronde chez les fans, Billy a révélé avoir participer au processus de création (il a écrit 7 chansons, en vérité) du nouvel album de Hole : Celebrity Skin. Les fans du groupe sont furieux. D’autant que Adore ne fait pas l’unanimité… Billy leur répond : « At this point they should have enough faith and confidence in us just like I have faith and confidence in the bands that I admire. And if they don’t, then they’re not fans ». Voilà qui est clair… Diplomatie quand tu nous tiens. Il se révèle pourtant que les ventes de l’album sont en chute libre… La tournée s’achève et c’est le retour aux studios d’enregistrement. L’année 1999 est marquée par le retour au sein du groupe de Jimmy Chamberlin, après trois ans d’absence, et surtout pas le départ totalement inattendu de la bassiste D’Arcy. C’est un choc pour tous les fans du groupe. Les raisons de son départ restent inconnues mais on murmure que la musicienne aurait été écartée du travail sur le nouvel opus… C’est Melissa Auf Der Maur (bassiste de Hole) qui la remplace tandis que Sharon Osbourne (femme d’Ozzy et manager de Black Sabbath) devient le manager du groupe. La collaboration entre Sharon et les Pumpkins sera de courte durée : quelques semaines après son embauche, elle démissionne, elle et Billy sont en conflit ouvert. Elle déclare partir pour raisons médicales : « Billy Corgan was making me sick ». La guerre est déclarée. Le groupe attaque Sharon en justice, lui réclamant les 150000 dollars d’avance versés. Pendant ce temps, D’Arcy est arrêtée en possession de trois sacs remplis de crack. Elle est inculpée pour possession illégale de stupéfiants. On nage en plein soap-opera lorsque sort, en 2000, Machina/Machines Of God, le nouvel album. L a tournée se prépare… et puis, vient ce triste 23 mai 2000… Billy annonce officiellement que le Machina Tour sera la dernière tournée du groupe. Autant dire que l’émotion est palpable chaque soir… puisque chaque concert est l’occasion d’adieux déchirants entre le groupe et leurs fans. Un ultime opus sort en septembre Machina II/ The Friends And Enemies Of Modern Music, composé des chutes de studio de Machina I. L’objet bénéficie d’un tirage ultra limité (25 vynils) et est rendu disponible sur Internet gratuitement : ultime pied de nez à l’industrie du disque contre laquelle le groupe a toujours farouchement lutté. Le dernier concert a lieu à Chicago dans le club où le groupe avait débuté, il y a 12 années de cela, il s’étire durant 4 longues heures comme pour repousser le moment fatidique où tout s’arrêtera… Puis, vers 1 heure du matin, le groupe quitte finalement la scène sur les derniers accords de « Silverfuck ». Billy est en larmes.

Là, s’arrête l’histoire des Smashing Pumpkins.