Faith and the Muse

Monica Richards et William Faith

Ils sont quelques-uns dans le monde à unir amour et musique. Ces couples uniques et passionnés ont chacun leur univers, leurs codes et leur tempérament. Un de ces groupes est Faith and the Muse, une des icônes de la scène gothique. La musique originale et païenne de Faith and the Muse, enrichie d’éléments traditionnels et folkloriques, n’a d’égale que leur infinie humilité et leurs rapports amicaux avec leurs nombreux fans.

Extrait choisi

We Are The Inheritors: The Evidence of Heaven
Descendants of a Legacy gone but not Forgotten
We Are The Inheritors of the Grand Persuasion
Descendants of its Masquerade Numb but not Defeated
(Scars Flown Proud – sur Evidence of Heaven)

Line-up

  • Monica Richards : chant, compositions, illustration
  • William Faith : guitares, violoncelle, mandoline, percussions, chant, composition

Discographie

Autres projets :

Historique de Faith and the Muse

Faith and the Muse : William Faith et Monica RichardsFaith and the Muse fut créé en mars 1993 par William Faith et Monica Richards, tous deux célèbres pour leur implication dans leurs groupes respectifs: William a joué dans des groupes cultes tels que Christian Death, Shadow Project, Mephisto Walz et Sex Gang Children; Monica quant à elle commença à chanter dans des groupes punk au début des années 80, puis créa son propre groupe post-punk, Strange Boutique.

William et Monica se sont rencontrés en octobre 1992 à Norfolk aux Etats-Unis, lors d’un concert de Shadow Project dont Strange Boutique devait réaliser la première partie. Les deux artistes s’entendent immédiatement, chacun admirant l’autre pour ses performances scéniques passionnées. William et Monica s’échangèrent des cassettes audio sur lesquelles ils enregistraient l’ébauche d’un projet en commun. William vivant à Los Angeles et Monica à Washington, cette dernière finit par déménager pour s’installer plus près de William. Faith and the Muse était né. En mars 1994, le duo entre en studio pour enregistrer leur premier album, Elyria. Cet album sort en juin, faisant parler de lui dans la mesure où William et Monica interprètent à leur façon des musiques traditionnelles, tout en mélangeant les styles et les époques.

Peu de temps après la sortie d’Elyria, Faith and the Muse font leur première tournée, accompagnés de Tyler J. Duncan à la guitare et au violon, de Glenn Petteys à la basse et au violoncelle, et de Terri Kennedy, de Stone 588, aux choeurs; le batteur Chad Blinman les rejoindra plus tard. C’est ainsi que commença une longue tradition d’employer des musiciens additionnels pour donner à la musique de Faith and the Muse toute sa dimension en live. Au cours de cette première tournée, baptisée « US Procession Tour » aux Etats-Unis, passant également par l’Europe durant deux mois, en faisant la première partie de Das Ich, le groupe acquiert rapidement une base de fans fidèles. En 1995, le groupe collabore avec Buena Vista Europe pour la promo allemande de The Crow, lors de concerts alliant film et musique.

Le symbole de Faith and the MuseC’est également en 1995 que Faith and the Muse enregistre Annwyn, Beneath the Waves, qui repousse les limites de son prédécesseur. Ce CD devait n’être qu’un EP de six morceaux, mais Monica commença à travailler sur la pochette, et William à enrichir leurs idées musicales. Finalement, Annwyn, Beneath the Waves devint un véritable album, le groupe ayant écrit suffisamment de morceaux pour dépasser le stade de l’EP. Ce deuxième album sortit en 1996, enregistré et produit par le groupe accompagné de Chad Blinman. Annwyn, Beneath the Waves est un concept album basé sur les mythes celtiques du Pays de Galles, dont Monica est originaire. Le design vif et coloré de l’album, mélangé à l’énergie intense qui se dégage de la musique, encore plus basée sur les guitares que Elyria, font d’Annwyn un album unique et vif. Cet album contient la plupart des morceaux les plus aimés de Faith and the Muse: Cantus – un morceau orchestral de toute beauté -, Silver Circle, Fade and Remain ainsi que le titre éponyme de l’album. Faith and the Muse repart alors en tournée.

En 1997, le groupe décide de faire une série de concert sans aucun musicien additionnel, et de se concentrer sur une musique acoustique. Finalement, ce qui devait n’être qu’une série de concerts acoustiques se transforme en une véritable tournée qui durera quatre mois, aux Etats-Unis et en Europe. En 1998, le groupe tourne toujours, mais avec plus de difficultés: leurs rappels se finissent avec un hommage à Rozz Williams, le meilleur ami de William, qui venait de mettre fin à ses jours. Le groupe reprend alors Romeo’s Distress de Christian Death. La même année, Monica publie Le Livre d’Annwyn (The Book of Annwyn), dans lequel elle raconte les mythes celtiques du Pays de Galles, ce qui contribue à une meilleure compréhension de l’album sorti l’année précédente.

Monica Richards en 2000En effet, Monica Richards n’est pas seulement musicienne : elle est aussi auteure, poète et illustratrice (d’ailleurs, c’est elle qui a réalisé la peinture utilisée sur la couverture de Annwyn, Beneath the Waves). Diplômée en littérature et en anthropologie, Monica est guidée par sa passion pour les archétypes mythologiques féminins, que l’on croise tant dans sa musique que dans ses livres ou ses peintures. Artiste anticonformiste et engagée – à l’instar de son compagnon, William Faith faisant partie du collectif anarcho-punk Anima Mundi -, Monica Richards est réputée pour sa voix puissante et pour sa présence théâtrale sur scène.

Début 1999, Faith and the Muse commence à travailler sur leur troisième album, Evidence of Heaven, dans leur studio de Los Angeles. Ce travail est influencé par le décès de membres de leurs familles et d’amis, dont Rozz Williams, par le décès prématuré de leur bassiste live, JT Murphy, ainsi que par une introspection des deux musiciens. William et Monica poussent leur musique dans ses retranchements et composent des morceaux encore plus influencés par la musique classique et victorienne, ce qui confère à l’album en préparation un son fantômatique. Evidence est un album beaucoup plus sombre et énigmatique que ses prédécesseurs; il a même été remixé et remastérisé par le groupe qui n’était pas totalement satisfait de la première mouture. Evidence contraste fortement avec Annwyn: plus personnel et introspectif, leur son se mêle à un artwork plus pâle et maladif. Le groupe repart sur les routes aux Etats-Unis, et participent aux festivals d’été europées, comme l’Eurorock Festival en Belgique et au festival M’era Luna en Allemagne.

En 2001, Faith and the Muse signe un contrat chez Metropolis Records. Leur quatrième album, Vera Causa, est une espèce de testament mélodique, incluant des morceaux interprétés en live, ainsi que des raretés et des remixes. Faith and the Muse font vibrer leur musique de l’intérieur, grâce à un mélange surnaturel de musique gothique, de dark wave et de sons indus, mélangées à des sonorités celtiques, classiques et heavenly, et illustrée par un univers graphique qui voyage de sphères en ombres.

Revirement artistique

Faith and the MuseEn 2003, le groupe sort The Burning Season, un album explosif truffé de sons électroniques et organiques, basé sur des expériences de trance, de early punk, de musiques tribales et d’ambiances futuristes. Toute la diversité du travail de composition de Faith and the Muse subsiste, mais avec le sentiment pour le groupe d’avoir évolué et mûri dans bien des domaines. Et cela s’entend ! Sur les photos promotionnelles accompagnant le nouvel album, on peut voir que l’image du groupe s’est modernisée : William a troqué son rouge à lèvres pour des lunettes de soleil, et Monica a délaissé ses longues robes médiévales au profit d’un costume masculin très élégant, féminisé bien sûr par ses célèbres cheveux rouges. Ce glissement d’image accompagne à la perfection la métamorphose qu’est en train de vivre leur musique – The Burning Season est un album nerveux et plus rock que ses prédécesseurs.

C’est sur cette vague électrique que Monica Richards se met à travailler sur ce qui deviendra son premier album solo : intitulé InfraWarrior, le disque sort en 2006. Savant mélange entre le phrasé caractéristique de Monica, des paysages sonores cinématographiques et de rythmes tribaux, InfraWarrior est à la fois sensuel et brutal, point culminant des vingt ans de carrière de l’artiste.

Un groupe engagé

En 2007, Faith and the Muse reprend la route pour une tournée acoustique. Monica et William l’annoncent d’emblée : cette série de concerts a pour but de réunir des fonds leur permettant de financer leur projet de design permaculturel et un refuge pour animaux auquel ils consacrent beaucoup de temps. Le groupe semble alors avoir pris une certaine distance avec leur carrière musicale, ayant des objectifs plus grands.

Cependant, au printemps 2009, une newsletter du groupe dévoile que l’enregistrement d’un nouvel album est en cours, et qu’une tournée suivra. Durant l’été, ces projets ce précisent, et c’est ainsi qu’à l’automne, Faith and the Muse dévoile la sortie d’un E.P., Tatsu, qui sera suivi, pour Halloween, du nouvel album : ankoku butoh : (accompagné d’un livre et d’un DVD), permettant cette fois-ci au groupe d’explorer une fusion de sonorités asiatiques, tout en exprimant le concept japonais shinto d’honneur, de rituel et de révérence à l’égard de la nature et des mystères de la vie. L’album sortira sur le label Danse Macabre, de Bruno Kramm (Das Ich). La tournée s’annonce extrêmement riche et soignée, avec une nouvelle formation et des performances inédites, à en juger par son trailer !

Monica Richards et William Faith

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