Biographie de Joy Division

Coup de cœur de La Lune Mauve

Joy Division

Histoire courte.
Presque 25 ans après, l’évidence saute aux yeux. Joy Division est un groupe mythique, de ce genre de mythe qui rend les yeux pétillants et fait mal au cœur.
Histoire aussi courte que celle d’une étoile filante. Le mythe, lui, demeure.
Joy Division évoque aussi bien la souffrance que la mort, l’un étant l’extrême corollaire de l’autre.
Un album à la limite. Un album de l’autre côté. Joy Division ment dans certains de ces intitulés. Si au départ, certains plaisirs lui étaient inconnus, la suite est mensonge. Joy Division n’est pas plus près mais de l’autre côté. Significative différence.
Quant aux divisions de la joie, Ian Curtis les emmerde.
Joy Division, c’est un voyage au bout. De la vie et de la mort. Beauté et horreur véritables mêlées. Doux tableau.
C’est le voyage absolu, celui de l’ultime expérience. Un voyage à bout de souffle.
Un voyage éclair.
Une histoire courte.

Membres

  • – Ian Curtis – Chant, Guitares
  • – Stephen Morris – Batterie
  • – Peter Hook – Basse
  • – Bernard Summer – Guitare, Claviers

Warsaw et Joy Division : Pourquoi ?

Warsaw (Varsovie) est inspiré par la chanson « Warszawa » sur l’album Low de David Bowie. Le groupe abandonne cette dénomination pour ne pas être confondu avec le groupe londonien Warsaw Pakt qui commence à se faire connaître.

Joy Division était le nom donné aux groupes de jeunes femmes, emprisonnées dans les camps de concentration pour le plaisir des officiers nazis.

Inutile (du moins, je l’espère…) de signaler que Joy Division (le groupe) n’a rien à voir avec un quelconque groupuscule néo-nazi, ni ne cautionne aucune des théories et idéologies racistes, fascistes et nazies.

Discographie

  • – Unknown Pleasures (album) 1979 Factory
  • – Closer (album) 1980 Factory
  • – Still (compilation d’inédits et de titres live issus du dernier show) 1981 Factory
  • – Substance (compilation des chutes studio) 1988 Factory
  • – Peel Sessions (radio sessions) 1990 Strange Fruit
  • – Permanent (best of) 1995
  • – Heart And Soul (box-set 4CD) 1997
  • – Preston 28 February 1980 (live) 1980
  • – The Complete BBC Recordings (comme son nom l’indique…) 2000
  • – Les Bains Douches 18 December 1979 (live) 2001
  • – Fractured Box (regroupement des 2 lives sus-cités) 2001
  • – Before And After – The BBC Sessions (Joy Division ET New Order) 2002
  • – Refractured Box (divers lives / 3 CD) 2003


Biographie

Le 20 juillet 1976, un évènement secoue Manchester. Ce soir-là, les Sex Pistols se produisent au Lesser Free Trade Hall, accompagnés de groupes locaux tels que The Dogs et The Buzzcocks. Dans la salle, quatre jeunes gens éblouis par le déluge Pistols : Bernard Sumner, Peter Hook, Terry Mason et Ian Curtis. C’est du moins ce que retient la légende.

L’union est scellée lorsque le punk Tony Tabac remplace Terry Mason à la batterie au début de l’année 1977. Juste avant leur tout premier concert (à l’Electric Circus le 29 mai 1977), The Stiff Kittens (puisque c’est comme ça qu’ils se nomment jusqu’alors) changent de nom et optent pour Warsaw. Les fameuses Warsaw Demos sont enregistrées dans la foulée. Steve Brotherdale (de Panik) a remplacé Tony Tabac. Lorsque le groupe prend le nom de Joy Division à la fin de l’année 1977, c’est Stephen Morris qui officie derrière les fûts. La valse et finie. Le groupe constitué tourne dans tout le nord de l’Angleterre, enregistre un premier EP (An Ideal For Living) débarrassé de la violence punk des débuts et apparaît sur diverses compilations. Repéré, le groupe assure la première partie de The Cure au Marquee Club (Londres) le 4 mars 1979. Ian Curtis fait la une du NME. Le premier album Unknown Pleasures sort dans la foulée. Opus claustrophobique et magnifiquement produit (par Martin Hannett), le disque signe le début de l’ère post punk et par là même les débuts de l’industriel. Mais ce qu’on retient surtout c’est cette voix… étrangère, troublante, quasi effrayante…

Leur premier effort salué par la critique, Joy Division entame une tournée, qui s’achève rapidement : Ian Curtis souffre d’épilepsie et de graves troubles psychologiques. Sa santé se détériorant à vitesse grand V, le groupe choisit de mettre un terme à la tournée et d’entrer en studio, pour enregistrer le successeur d’Unknown Pleasures. Pour faire patienter les fans, sort le titre (probablement le plus connu de Joy Division à ce jour) « Love Will Tear Us Apart ». Le groupe remonte sur scène pour assurer la première partie des sulfureux Stranglers, Ian Curtis est pris de convulsions en plein concert. De plus en plus fragilisé, il tente de se suicider en ingérant une grande quantité de phenobarbital. Le lendemain, le 8 avril 1980, le groupe joue au Derby Hall de Bury. Mais Curtis ne peut assurer ses parties de chant. Alan Hempstall de Crispy Ambulance s’en charge. Le public conspue le groupe, le show tourne à l’émeute. Parallèlement, le mariage de Curtis avec Deborah bat de l’aile, il est question d’un divorce imminent. Seul dans sa maison de Macclesfield, le 17 mai, à deux mois de son 24ème anniversaire, Ian Curtis met fin à ses jours, en écoutant The Idiot, l’album d’Iggy Pop.
Sa femme le retrouvera, le lendemain, pendu, dans leur cuisine.

Le groupe prend la décision de se séparer. Closer, le second album, sera donc posthume, il sort en août 1980. Développant les expérimentations sonores d’Unknown Pleasures à leur paroxysme, Closer se termine pourtant sur une accalmie, une limpidité apaisante et étrangement apaisée. Disque testament, Closer s’ouvre sur la folie et s’achève sur la sérénité. Etrange miroir de la réalité. Et si on ajoute à cela la schizophrénie avérée de Ian Curtis

New Order
Joy Division s’est éteint avec Ian Curtis. Mais les trois survivants veulent poursuivre l’aventure. Une autre aventure, bien distincte de la précédente. Ce sera New Order. Bernard Sumner s’y fait chanteur. Et une nouvelle recrue, Gillian Gilbert (la femme de Stephen Morris) s’empare des claviers. Moins sombre que Joy Division, New Order choisit la voie de l’électro-pop, presque dance-music sur certains morceaux. Un de leurs singles, « Blue Monday », sera le plus vendu de toute l’histoire de l’Angleterre.