Hercules & Love Affair : Last night a DJ saved my life

Coup de cœur de La Lune Mauve

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Hercules & Love Affair - S/T

I wish the light could shine now
For it is closer
It is near
But it will not present my present
It makes my past and future painfully clear
– Blind –

Imaginez que l’écoute d’un disque vous rende subitement élégant.
C’est ce qui se passe avec le premier album d’Hercules & Love Affair (2008).

Hercules & Love Affair est le projet d’un DJ new-yorkais, Andy Butler.
Et New-York s’entend. Dans la grande famille de la musique new-yorkaise actuelle, Andy Butler convoque l’electro-club chamarrée, celle héritée du Studio 54 de toute évidence.

Disque branché mais empli de gravité, il manie l’ambiguïté, l’art de la limite franchissable à l’envi. On y entend quelque chose qui a à voir avec l’insoutenable légèreté de l’âme, l’exotisme aussi et la simplicité, presque les enfantillages.

On pense à Fischerspooner forcément pour le déploiement de paillettes et l’efficacité dancefloor mais aussi à The Knife (écoutez « Easy ») pour le minimalisme un peu sombre ou même à Kraftwerk (mais ça, c’est moi, qui fait toujours des associations étranges que je suis la seule à entendre).

Disco (« Hercules Theme ») et House (« You Belong ») au rapport ! De l’underground disco, presque, comme si un truc pareil existait.
Mais la tristesse s’entend sur le titre d’ouverture, « Time Will » ou sur la sentimentale « Iris » sur laquelle s’ébattent discrètement quelques cuivres, cuivres qui explosent plus tard, façon disco, dans « This Is My Love ».
Des featurings bienvenus enchantent le disque. Le plus attendu est bien sûr celui d’Antony Hegarty (Antony & The Johnsons) sur le single extrêmement réussi « Blind », sur « Raise Me Up » qui donne envie de se la jouer diva ou encore sur « Easy », parenthèse étrange qui nous fait vérifier à deux fois la platine. On y croise également Nomi Ruiz (« You Belong ») et Kim Ann Foxmann (« Iris », « Athene ») qui font activement partie du line-up.

Mais ce qui heurte le plus, fait qu’on s’y attarde tellement, c’est la perfection absolue du son, la clarté infinie des voix, la pureté parfaite des instruments et des rythmes, la majesté des trouvailles et de la production.
Ce disque sent Brooklyn et l’Upper East Side, les bas quartiers et le haut du panier, les étoiles et le caniveau. C’est un réceptacle à confiance en soi. En l’écoutant, on se sent élégant, même en survêtement.

[rating:5]