The Helio Sequence Keep Your Eyes Ahead

Sub pop

Note :
3/5
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The Helio Sequence aurait pu être l’un de ses innombrables groupes peuplant la planète indé nord-américaine. Perdu dans la multitude, voué à l’anonymat. D’ailleurs, c’est un peu ce qui lui arrive.

Originaires de la région de Portland (Oregon), le duo composé de deux amis d’enfance, Brandon Summers et Benjamin Weikel, a sorti ce Keep Your Eyes Ahead, leur quatrième disque, dans un silence quasi-complet. Sauf pour ceux qui suivent encore les sorties du label Sub Pop. Ceux qui lisent Pitchfork n’ont du leur jeter qu’une oreille à peine attentive.

The Helio Sequence n’a rien ébloui, ni bouleversé et ne le fera probablement jamais.

Il s’agit bien d’un de ses innombrables groupes peuplant la planète indé. Pourtant, un jour, on tombe dessus par un heureux hasard. On ne connaît ni le nom, ni le son de ce groupe sans pedigree et sans histoire. Et on se perd un peu.

Keep Your Eyes Ahead s’avère un pur travail d’orfèvre, un ouvrage qui sent le passionné de tout ce que la musique indépendante dans ses multiples traditions a eu, a et aura à offrir.

De l’effet en veux-tu en voilà, une rythmique diaboliquement ajourée et puis une voix. Pincée juste ce qu’il faut, travaillée. On la sent émotive, ça vient du timbre mais aussi de ce que ça raconte. Elle n’a vraiment rien d’extraordinaire mais elle atteint.

Ce n’est que par la suite qu’on connaîtra son histoire. Après la sortie de leur troisième album, Love and Distance (2004), durant la longue tournée qui suit, Brandon Summers perd sa voix. Littéralement. Cordes vocales largement endommagées, il continue pourtant de chanter cahin-caha, jusqu’au jour où il ne peut plus. Ce sera un travail de longue haleine de la retrouver. Keep Your Eyes Ahead naît dans ses conditions et quelque part porte les stigmates de cette épreuve.

Ca commence doucement. Comme un Coldplay qui se serait perdu dans les chemins de l’indie. Puis le folk s’y mêle (« You Can Come To Me »), la douceur de « Shed Your Love » nous étreint tandis que la chanson titre emprunte à la new-wave. L’ensemble culmine sur « Hallelujah » qui séduit par sa rythmique multi-couche se multipliant à l’infini.

Keep Your Eyes Ahead se fait le creuset parfait : les charmes du rock indé s’unissent à la douceur pop, de subtiles entrelacs folk creusent des failles que des pleins electro viennent remplir.

Tradition et modernité, ensemble irréprochable. Sub Pop n’a pas tort : « absolutely nothing sounds better ».