Marilyn Manson Mechanical Animals

Satire musicale

Coup de cœur de La Lune Mauve

Mechanical Animals de Marilyn Manson

Note :
5/5
Note des Lunemauviens : 2 votes, average: 5,00 out of 52 votes, average: 5,00 out of 52 votes, average: 5,00 out of 52 votes, average: 5,00 out of 52 votes, average: 5,00 out of 5 2 vote(s). Moyenne : 5,00 sur 5.
Loading...

Depuis que La Lune Mauve existe, l’un des reproches qu’on nous a le plus souvent adressés, c’est qu’on y parle trop de Marilyn Manson.

Raison de plus pour en parler encore une fois !

D’aucuns auraient pu penser que ma vénération pour le « God of Fuck » – tel qu’il se surnomme lui-même – ne dépasserait pas le stade de la lubie adolescente.

Je revois le visage blême de mon meilleur ami quand il a découvert mon poster flambant neuf du visage de Manson, encore plus livide que lui, cerné de sa chevelure noir corbeau. « Mais comment peux-tu aimer ce type ? », me demanda-t-il… Je crois que je n’ai pas répondu, préférant lui faire écouter un morceau d’Antichrist Superstar.

Mais ce n’était pas avec Antichrist que j’ai découvert Manson. Ce fut avec Holy Wood. J’ai immédiatement été saisie par sa voix grave, sa nonchalance féline et son satané humour noir. J’embrassais les idées de ce type, et je partageais à corps perdu sa misanthropie, son cynisme et sa bizarrerie.

Je me sentais comme lui.

Et puis, une fois Holy Wood digéré, Mechanical Animals m’a littéralement achevée. Les clips tirés de cet album ont été une claque monumentale (tout comme les autres clips de Manson, d’ailleurs).

Ce grand échalas planté sur des platform boots blanches, à l’étroit dans sa combinaison en latex blanche, et repérable à six kilomètres à la ronde avec ses cheveux rouges, traversant à pas maladroits la pampa américaine, m’avait pour de bon acquise à sa cause.

Ajouté à cela le boîtier bleu transparent du CD, qui permettait de lire tous les messages cachés contenus dans le livret, le délire sur Alpha et Omēga (deux personnages antagonistes autour desquels se déroule le concept album), cette pochette qui a fait scandale, et les chansons d’amour maudit…

Mechanical Animals est extrêmement mélodique, entêtant et bien foutu.

Certes, l’album regorge de chansons plus ou moins potaches, dignes héritières de la période Marilyn Manson & the Spooky Kids, apôtres bariolés de la drogue et de la sodomie, et ennemis jurés de la très puritaine Bible Belt.

Rien de très surprenant donc à ce que Mechanical, album lancinant et ô combien mélancolique par ailleurs, se trouve entrecoupé de morceaux tels que The Dope Show, I Don’t Like The Drugs (But The Drugs Like Me) ou encore New Model No. 15.

On sourit, car Marilyn Manson, c’est aussi ça : un humour lugubre, et un réalisme cynique faisant office d’exutoire, incarné ici par le personnage Omēga.

Marilyn Manson

Mais le vrai génie de Marilyn Manson réside ici dans les morceaux rattachés à l’autre personnage, Alpha, plus vulnérable et en proie à des émotions contradictoires, terrassé par l’implacable cynisme du monde. Et c’est ainsi que Disassociative, The Speed Of Pain, The Last Day On Earth et bien sûr Coma White (dont le clip est un petit bijou) sont devenues parmi les plus grandes chansons du groupe.

Dès l’intro de Great Big White World, on est enseveli par ce son de guitare si caractéristique de l’album, témoin de la morne lassitude qui tenaille alors Alpha face au monde moderne et à l’absence d’émotions chez ces milliards d’humains apathiques.

Des animaux mécaniques, interchangeables, dénués de sentiments et totalement manipulés ; une société dénaturée, régie par la télévision et les médicaments, totalement inapte à éduquer la masse. God is just a statistic, emprisonné dans nos écrans…

Marilyn Manson période « Mechanical Animals »

Souvent mid-tempo, tirant plus sur le glam rock que sur l’indus pur et dur, puisant ouvertement racine dans l’univers de David Bowie, Mechanical Animals plante sa vision singulière du monde comme le décor d’un film de SF triste, à la fin duquel tout le monde meurt.

Les mélodies entêtantes et les paroles (dont j’ai élevé certaines au rang de devises personnelles), mais aussi le soin méticuleux apporté au concept, aux photos, aux messages cachés (et notamment au nombre 15), mais aussi aux clips, particulièrement saisissants, font de cet album la clé de voûte de la trilogie composée par Antichrist Superstar, Mechanical Animals et Holy Wood.

When you want it
It goes away too fast
When you hate it
It always seems to last

Le grain de sable

Marilyn Manson – Mechanical Animals est l’anagramme de Marilyn Man Is An Alchemical Man. Rien que pour ça, il mérite le coup de cœur lunemauvien.

Tout savoir sur « Mechanical Animals »

La page Wikipedia consacrée à Mechanical Animals, qui regorge de toute l’histoire de ce disque.

Et profitez aussi de l’occasion pour lire les autres articles lunemauviens consacrés à Manson : la chronique de sa biographie délirante par noranout, la chronique de Smells Like Children par Pheno, mais aussi le compte-rendu d’un concert de Marilyn Manson par Ivy.