Michael Jackson Off The Wall

Mi-disco, mi-funk

Note :
4/5
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Inoubliables premières secondes de « Don’t Stop ‘Til You Get Enough », Peter Pan chuchotant puis ce cri reconnaissable entre mille, cette montée libératrice, et la plongée dans les eaux pailletées du disco-funk, en plein Saturday Night Fever.

Nous sommes en 1979, Michael Jackson a 20 ans et sort son premier vrai disque en solo, débarrassé qu’il est de la franchise Jackson 5, il s’appelle Off The Wall.

Quincy Jones, qu’il a rencontré lors du tournage de The Wiz, un film musical adapté du Magicien d’Oz et de la comédie musicale de Broadway du même nom de Sidney Lumet dans lequel Michael Jackson joue l’épouvantail (visionnaire directeur de casting) et dont Quincy Jones assurait la direction musicale, travaille pour la première fois avec Jackson et ce sera le début d’une collaboration qui aura marqué l’histoire de la musique contemporaine. Si Michael Jackson est déjà très sûr de lui, de ses goûts, de ses choix, s’il écrit quelques unes des chansons d’Off The Wall, il en doit en revanche la richesse et la noblesse musicale du disque à la notoriété, l’aura et le talent de Quincy Jones et de la foule qu’il ramène, en particulier Rodney Temperton (Monsieur « Thriller » par la suite) mais aussi Stevie Wonder (« I Can’t Help It ») et Paul McCartney (« Girlfriend »). Sur ce disque, Quincy l’aide ainsi à s’affranchir totalement de l’influence musicale qui a toujours prévalue jusque là, même sur ses efforts solo adolescents, celle des Jacksons.

Naviguant aux confins de la disco et du funk, fers de lance des hits parade de l’époque, Off The Wall s’aventure également du côté du jazz (influence Quincy) et de la soul (influence Motown). Jackson y témoigne également de son amour des ballades romantiques (constante que l’on retrouvera invariablement par la suite) : « She’s Out Of My Life », notamment.

Plus groovy qu’Off The Wall, ça n’existe pas. De la chanson d’ouverture au pétaradant « Working Day & Night » en passant par le disco suppliant de « Get On The Floor » et le génial morceau éponyme qui raconte texto les velléités bougetonboulesque de Micky.

Et comment disserter sur un disque de Michael Jackson sans parler, sans tarir d’éloges sur sa voix. Les amateurs des Jackson 5 la connaissent bien puisqu’il en a toujours été le lead singer, mais il n’en demeure pas moins que si l’on considère Off The Wall comme une sorte de génèse jackonnienne, ce disque exploite à merveille tout ce qui fera par la suite la renommée et le succès de la voix de l’américain.
Pensez donc, le titre d’ouverture pose déjà toutes les bases : il chante « Don’t Stop ‘Til You Get Enough » entièrement en falsetto !

Son chant sur « Rock With You » est considéré comme l’apogée (déjà !), du moins le parfait exemple, de son talent vocal en mid-tempo. « She’s Out Of My Life » contient quant à elle l’une des caractéristiques principales de la voix du chanteur : sa perméabilité aux émotions (la légende dit qu’on l’y entend pleurer à la toute fin). On y entend tout de sa fragilité et de sa vulnérabilité. Cela sera tout au long de sa carrière l’un de ses marques de fabrique.

L’on pourrait également s’attarder sur la pochette de ce disque qui pose là encore d’autres bases, visuelles cette fois. Le pantalon droit et serré, suffisamment court pour laisser apparaître les chaussettes blanches (dont l’éclat est artificiellement rehaussé sur cette pochette) et le pas de danse esquissé. La mythologie Jackson, deuxième époque, est lancée et bien lancée.

Parfait point de départ donc que cet Off The Wall qui laisse déjà tout apparaître du Jackson affranchi. Entourage, musique, voix, image, tout y est. L’album sera d’ailleurs un succès à la fois critique et public. Un pic avant le sommet. L’excentrique avant le suspense. 3 ans plus tard, Michael Jackson repousse encore les limites, l’HIStory connaîtra son apogée.

So tonight gotta leave that nine to five upon the shelf
And just enjoy yourself
Groove, let the madness in the music get to you
Life ain’t so bad at all
If you live it off the wall
– Off The Wall –