Antony & The Johnsons I Am A Bird Now

Coup de cœur de La Lune Mauve

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Antony & The Johnsons - I Am A Bird Now

I Am A Bird Now, grâce à son orchestration jazzy épurée, construite en grande partie autour d’un piano mélancolique, est la bande-son idéale d’une soirée en tête à tête avec soi-même, les yeux collés au plafond, et l’esprit en plein vagabondage. A réserver aux soirs de solitude choisie, pour un effet salvateur garantie.

La voix d’Antony, suave et profondément émotive, est le fil d’Ariane de cet album ; à elle seule, elle invite l’auditeur à s’interroger sur l’identité de son détenteur : Homme ? Femme ? Blanc ? Noir ? Par-delà tout clivage, Antony a une voix d’ange, assurément ; douce comme du miel mais aussi tendrement triste qu’un matin pluvieux, elle porte le clair-obscur à son apogée.

Les paroles, d’une sincérité touchante, exposent le constat extrêmement personnel du chanteur vis-à-vis de sa sexualité et de son genre ; quiconque se penche de façon approfondie sur cet album en vient à s’interroger sur ces questions, et, plus globalement, sur sa propre identité, sur son rapport au monde, aux autres… Et à lui-même.

Sur quelques titres sont venus se glisser à pas de loup des invités de marque qui, à eux seuls, témoignent de la qualité de I Am A Bird Now ; on y croise ainsi Lou Reed, Rufus Wainwright, Devendra Banhart, l’un à la guitare, les autres à la voix ; et même l’ombre furtive de Boy George, laissant son costume de pacotille 80’s au placard pour endosser ici celui de chanteur à la voix pleine d’émotions. Qui a dit que les miracles n’existaient pas ?

Enfin, une pochette sublime justifie à elle-seule la possession de cet album  : Candy Darling, icône travestie des années 70, y attend la mort sur son lit d’hôpital. Vision pleine de tristesse, mais aussi de beauté et de sérénité, à l’image du disque qu’elle illustre, 30 ans après avoir été immortalisée par le photographe Peter Hujar.