Autumn Tears Eclipse

Néo classique poudreux

Pochette de « Eclipse » de Autumn Tears

Note :
5/5
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Autumn Tears aurait pu être un de ces nombreux groupes officiant pour une musique néoclassique mélancolique : voix suaves, mélancolie convenue assaisonnée d’une touche de clavier électronique aux accents d’orgue Bontempi.

Il ne suffit pas d’errer sur mes terres d’élection pour savoir tirer à la fois sur la corde sensible et les fils de l’imagination. Je réclame de la délicatesse. J’en aurais.

Rond, la silhouette de la lune et le fantôme de la perfection : Éclipse a le bonheur de façonner un petit univers où derrière chaque chanson l’on croit discerner l’ombre d’une personne, encore vivante, bien vivante même si l’on a cru comprendre qu’elle s’est éteinte depuis longtemps. Tout est dans le regard de la sombre jeune femme qui nous dévisage sur la pochette de l’album : qui était-elle et qu’est-elle devenue ? Il me semble qu’à l’écoute d’Éclipse nous mourrions d’envie de connaitre son histoire.

C’est la multiplication des voix et des fantômes qu’elles appellent qui nous retient : chuchotement, soupirs, voix clairs et enfantines, voix pleines et graves, chœurs, canons. Chaque chanson raconte son histoire, fait progresser l’intrigue que l’on devine tragique aux changement de tonalités, une progression par paliers vers une fin jamais reniée. Je conserve pour moi ces deux portraits, durs, de femmes « Ophelia’s Crown » et « Pandra’s Womb », pour conclure sur le souffle incantatoire de « At » a distance.

Le disque chante la douceur poudré des fleurs fanées, l’odeur de la poudre d’iris qui se mêle à celle des feuilles mortes et de l’humus, une senteur tout en délicatesse, un étrange mélange annonciateur de l’exercice auquel se livre le groupe : un exorcisme doux de la mélancolie, apte à nous faire comprendre notre commun désir d’enfin domestiquer la mort et le temps qui passe.

Le boîtier enfin, tout en nostalgiques photos sépias et en créatures ailées judicieusement déchirées, finalise ce lumineux instant d’outre-tombe.