Heligoland A street between us

Shoegaze narcoleptique

Pochette de « A street between us » de Heligoland

Note :
4/5
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Cet album est sorti en 2006, et je l’ai beaucoup usé depuis. C’est une sorte de petite madeleine de Proust, souvenir d’une époque révolue qui revient encore me chatouiller de temps à autre, lorsque mon cerveau droit prend le dessus. Je réalise alors que je n’ai, sans doute, jamais été vraiment sur la même longueur d’onde, que nos mondes étaient vraiment très différents, et que mes sentiments d’alors étaient situés de l’autre côté d’un fossé qu’aucun de nous ne franchirait jamais.

A street between us est le deuxième album du groupe australien Heligoland, que les Inrocks ont qualifié de « psychédélent ». Pour sûr, l’opus est lento, naviguant calmement sur la mer morte de Mélancolie. Le philtre poétique réunit les riffs d’une guitare acoustique mélodique toute en rondeur, un beau son de basse, une voix hermaphrodite plaintive (celle de Karen Vogt), et une batterie élégante, à peine plus forte qu’un chuchotement. Les rêves sont à portée, et on nous dit que seuls les nuages gris sont vrais.

La comparaison évidente à des groupes comme Mazzy Star et Cocteau Twins n’est pas volée. Mais cet album est d’un autre genre encore. Ses mélodies à pas de loup, éthérées et intimes, dessinent la porte menant à un autre monde. Let me fall, arms and all, on my feet into another world – nos paupières sont lourdes et notre corps tout petit. Ah ! La saveur douce-amère du shoegaze !

Ce monde-là est cotonneux, chatoyant. Est-ce à ça donc que ressemblent les rêves ? Pudiques, les paroles évoquent des regrets et de la solitude, le tout noyé bien fort dans quelque rêverie. À pas de loup, le disque agit comme une caresse musicale, qui rend triste et, en même temps, console.

Ce vague à l’âme déguisé en disque est d’une homogénité qui force le respect – on a même, parfois, des sensations de déjà vu, tant les chansons se font écho, comme les reflets infinis d’un palais des glaces abandonné. Loin de se répéter, chaque morceau est un pas de plus fait en direction d’un absolu mélancolique, lancinant et d’une grande beauté.

Le grain de sable

Heligoland est aussi le titre du cinquième album de Massive Attack, chef d’œuvre s’il en fut.

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