Rebekka Karijord The Noble Art Of Letting Go

Pop folk mélancolique

Coup de cœur de La Lune Mauve

Pochette de « The noble art of letting go » de Rebekka Karijord

Note :
5/5
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Je suis tombée nez-à-nez avec la musique boréale de Rebekka Karijord comme on tombe nez-à-nez avec un être oublié, croisé dans un rêve.

Il y a dans The Noble Art Of Letting Go une grâce irrésistible. La voix de Karijord, douce-amère, toujours digne, conte des histoires d’amour qui finissent mal. How do you grieve someone still alive?, et autres vers mélancoliques, désespérément romantiques.

À l’image de la musicienne, norvégienne installée à Stockholm, cet album fait souffler le chaud et le froid. L’ambiance y est feutrée, comme dans un journal intime. Le plancher craque… Les secondes s’écoulent comme des heures. Les harmonies vocales sur Morning Lights Forgive The Night se font l’écho de quelque rêve éveillé en pleine nuit blanche.

Le piano est omniprésent, acoustique et lumineux, comme pour mieux mettre en exergue la sombre poésie des paroles. Chaque morceau découvre un peu plus la pudeur de cette statue de glace, mise en valeur par de riches orchestrations qui font de cet album un petit bijou pop-folk triste.

Néanmoins, point de fioriture dans la production, ni dans les effets sonores. C’est un sentiment de nudité, d’intense franchise et de violence liquide qui jaillit de ce disque. L’art noble de ne pas tricher, et de porter bien haut ses peurs, et ses regrets, comme un diadème.

Difficile de ne pas penser à Ane Brun quand on découvre l’univers de Rebekka Karijord, qui ont plus d’un point de convergence : la seconde a accompagné la première sur scène à la harpe, elles partagent toutes deux le même studio, et la première fait une apparition vocale sur l’album.

Pour cohérent que soit The Noble Art Of Letting Go, Rebekka Karijord ne se repose pas sur ses lauriers et réussit à casser le rythme lancinant de son album à plusieurs reprises, notamment grâce à Parking Lot, au rythme envoûtant porté par des claquements de mains.

C’est le genre d’album qui s’écoute la nuit, lorsque la ville est endormie, et qu’un battement de cœur un peu plus agressif que les autres vous tient éveillé. C’est le genre d’album qui se garde précieusement, comme une carte à jouer pour les moments d’intense solitude.

The Noble Art Of Letting Go, un épitaphe pour toutes nos amours déchues…

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