Draconian Where Lovers Mourn

Gothic doom metal

Draconian – Where Lovers Mourn

Note :
4/5
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Ce disque me fut offert, jadis, par une amie fée. Rien de très étrange que, sur l’Astre pourpre, une fée fasse don à une elfe d’une histoire d’amants en deuil. De là a débuté une grande histoire passionnelle entre ce disque et moi, sorte de madeleine de Proust des années plongées dans le metal doom à voix féminine, nourriture spirituelle des années de mélancolie maladive et assumée.

Certes, Where Lovers Mourn de Draconian ne réinvente pas la roue : on retrouve dans cet album tous les ingrédients qui ont fait les belles heures de cette typologie de metal, que d’aucuns qualifient de « gothique », dont les représentants les plus célèbres se nomment After Forever, The Sins of Thy Beloved, My Dying Bride ou encore Theatre of Tragedy.

Un metal lent et douloureux, aux guitares mélodiques et à la batterie lourde, portées par une basse spectrale et par des voix féminine et masculine aussi différentes que complémentaires, et sublimées par un violon désespéré. Les claviers brumeux ajoutent beaucoup à l’histoire lugubre qui nous est contée-là. Cette recette de doom lyrique fut ô combien utilisée, réutilisée, vidée de sa substance avec quelques ratés considérables, mais il s’agit d’une bonne vieille recette néanmoins, que survole Draconian.

Alors que la fin des années 90 a vu des chanteuses telles que Tarja Turunen ou Floor Jansen donner le la d’une scène metal magnifiée par cette percée féminine dans ses rangs d’ordinaire blindés de testostérone, Lisa Johansson, seule femme du line-up de Draconian, apporte ici une fraîcheur et un timbre que je ne connais à aucune autre chanteuse de cette scène, à la fois lyrique, aérienne et belle comme les premiers flocons de neige de l’année. Son phrasé distinct et digne surplombe des compositions brumeuses, tel le soleil pâle nappant cette pochette morbide d’une lueur aveuglante.

In solitude, forever… La thématique de l’album est naturellement mélancolique à souhait, et l’album se fait l’apologie de la solitude la plus totale, et d’une certaine complaisance à son égard (I am truly left alone, but somehow… just somehow it feels like my loneliness is a victory (…) Living in the shadows… so proud of being the one, but desperate).

Larmes de glace et jardins aux couleurs nocturnes complètent un panorama musical lugubre à souhait, dans lequel il fait bon se perdre, en bon petit goth habitué à arpenter les ruines et les allées désertes des cimetières.

La production de Where Lovers Mourn est très réussie pour un premier album. Les compositions, homogènes, voient s’alterner grunts, soupirs et envolées lyriques, dans le plus pur style dit « de la Belle et la Bête ». Le rythme est globalement lent avec quelques accélérations épiques. Enfin, on apprécie les nappes de piano qui concluent le sublime premier morceau de l’album, The Cry of Silence – un chef d’œuvre du genre.

Voilà donc un excellent album de gothic/doom metal, que vous pouvez écouter les yeux fermés, et dont émane misanthropie et désespoir, certes sans originalité, mais avec honnêteté et talent. Du doom certes, mais du doom de qualité !

Écoutez « The Cry of Silence »

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