Emilie Simon Végétal

Electro vénéneuse

Pochette de "Végétal" d'Emilie Simon

Note :
4/5
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Emilie Simon, artiste française remarquée dès son premier album éponyme qui lui valut une Victoire de la musique, livre avec Végétal son troisième album, qui lui aussi permet à la jeune femme d’obtenir une nouvelle Victoire de la musique.

Il faut dire que la demoiselle sait jouer de l’électronique avec aise et talent. Et dans Végétal, elle met ses dons au service de dryades et autres femmes-fleurs éplorées, voire vénéneuses. La pochette de l’album nous aura pourtant prévenus : une Emilie fantômatique et surranée tenant une branche de baies  semble défier l’auditeur du regard d’oser saisir cette branche, cette main blanche.

L’on croisera donc Alicia la fille aux longs bras de lierre et aux étreintes fatales ; une Dame de Lotus demeurant sereinement à la surface des eaux, ses racines enterrées dans la vase ; une fille-fleur condamnée à l’oubli et au sommeil chaque automne pour renaître au printemps (Fleur de saison)…  Il y a ces plantes qui se désolent de la perte de leur floraison, si fugace (Sweet blossom), cette amoureuse qui tente de re-séduire un Vieil amant avec du muguet et des sonnets, cette fille solitaire qui traverse la vie sans laisser de traces, invisible, pour reposer sous des pissenlits (Annie).

Seules les chansons en anglais, au nombre de trois, s’écartent de ce parterre de plantes mélancoliques et dangereuses. Mais elles n’en sont pas moins tristounettes dans leurs paroles, malgré leurs mélodies légères.

Emilie Simon se fait aussi dryade, nous charmant de sa voix douce, parfois murmurée, tout au long des titres et nous entêtant de ses jeux de mots et de sons. Elle renforce ses charmes avec l’électronique, accompagnée de guitare, violon, violoncelle, et mêle le tout de sons organiques. L’on succombe donc à la torpeur d’Opium, on ignore la menace voilée de de Never fall in love où pourtant la belle plante le rappelle : une femme-fleur ne peut être aimée comme une humaine. On se perd dans les chants de sirènes de toutes ces damoiselles végétales, quitte à oublier qu’elles peuvent être fatales.

Avec Végétal, l’electro devient pulsation de sang, de sève et capture l’auditeur dans ses rets de feuilles, de beats et de voix délicate.

Le clip de Dame de Lotus

 Je suis enterrée vivante

Contente de moi

Au-dessus des eaux stagnantes

Contemple

Contemple-moi là

Pour aller plus loin