Fever Ray Fever Ray

Pop froide et électronique

Pochette de Fever Ray par Fever Ray

Note :
3/5
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Lorsqu’on regarde la pochette du premier album solo de Fever Ray, on se demande d’abord si l’illustrateur n’en est pas Charles Burns, auteur de la bande dessinée Black Hole. En fait, la pochette est de la main de Mander, mais les similitudes avec le trait de Burns sont troublantes dans le sens où la musique de Fever Ray rappelle, par certains côtés, l’ambiance à la fois teen et glaçante de la BD.

Fever Ray, c’est en fait la suédoise Karin Elisabeth Dreijer Andersson, chanteuse du groupe The Knife. Avec cet album, elle se lance seule et le résultat est époustouflant. Écouter l’album éponyme revient à traverser des contrées froides, hantées et intimes, celles du paysage intérieur de Karin Andersson. D’ailleurs, le titre d’ouverture annonce d’emblée la couleur : If I Had a Heart a quelques sonorités tribales, presque inquiétantes puisque les paroles témoignent d’une personne incapable d’humanité, et la voix de la chanteuse s’y trouve déformée,  masculine. Un procédé que l’on retrouvera dans Concrete Walls, titre oppressant, et dans Dry and Dusty.

La voix originelle de Katrin, aigüe, presque discordante, possède un pouvoir envoûtant et donne tout son caractère à l’album, toute cette ambiance spectrale autant que magique. Mais c’est là la magie du nord, magie des sombres et vastes forêts, des fjords silencieux et des vastes étendues glacées.

Quelques étincelles parées de nuit viennent cependant éclairer cet obscur paysage fantôme. Il y a When I Grow Up, où une jeune fille rêve de travailler en forêt, d’y vivre à sa tête, sauvage et libre. Une jeune fille qui méprise celles de son âge qui se contentent de se faire belles et d’attendre que la vie se fasse. Mais l’évocation d’un personnage répugnant laisse planer une ombre sur ces rêves d’avenir étranges et libres. Il y a Seven, où une femme se souvient des fantaisies de son enfance. Mais il y aussi le triste et solitaire Keep the Streets Empty for Me, l’hypnotique et mystérieux I’m Not Done.

L’électronique et quelques choeurs tribaux, accompagnés d’une rythmique primordiale font de ce disque une écoute d’un coeur palpitant, vivant loin au Nord, au milieu de fantômes, d’espoirs et de nuit. On est hypnotisé, on voit apparaître sous nos yeux des visions floues, on se laisse (mais a-t-on le choix ?) emmener par la voix et la musique de Fever Ray comme on succombe à une fièvre. Mais froide, la fièvre.

Un disque qui donne le frisson et qui se clôt avec Coconut, véritable quintessence de l’ambiance de l’album, titre qui achève de vous saisir entièrement avant de vous laisser aller, marqué à jamais par cette musique nordique, d’un autre monde.

Regarder le clip de Triangle Walks

Can I come over, I need to rest
Lay down for a while
Disconnect the night was so long
The day even longer
Lay down for a while recollect

Le grain de sable

Le titre If I Had a Heart, qui avait déjà son propre clip lors de sa sortie en single en 2009, est utilisé comme générique pour la série Vikings, en 2013.

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