Nico The Marble Index

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Nico - The Marble Index

Across from behind my window screen
Demon is dancing down the scene
In a crucial parody
Demon is dancing down the scene
He is calling and throwing
His arms up in the air
And no one is there
– No One Is There –

Ce n’est pas la grandiloquence qui vous attend ici mais un silence de cathédrale. L’ambiance de ce disque tient du recueillement. Le recueillement du deuil. Ce disque est funèbre, presque mortifère. Nico en faucheuse fatale sur cet avant-gardiste Marble Index , son second album, sorti en 1969, à des années lumières du folk-rock de Chelsea Girls.

Ici, encore bien plus que de coutume, la voix de Nico prend aux tripes et à la gorge. Elle fait manquer d’air, joue à retourner l’âme, l’esprit et le coeur. Profonde, spectrale, glacée et glaçante, cette voix là semble maudire l’humanité et recueillir en elle toute la tristesse du monde.

L’orchestration n’est pas en reste et elle doit beaucoup à John Cale qui produit ce disque. Outre la voix de Nico, l’autre grand personnage de ce disque est l’harmonium, posé sur le devant comme jamais. De dissonances en vibrations, The Marble Index est tout entier tendu, de ginguois, mais tendu vers cet instrument. Derrière, s’ébrouent violons, accordéons, piano, glockenspiel, harmonica et autres instruments non identifiés. John Cale, visionnaire et avant-gardiste, s’est ici joué des codes du rock traditionnel pour créer un monstre musical, la bande-son d’un cauchemar.

Les thèmes abordés ne dépareillent évidemment pas : peur voire terreur, sentiment de perte, résignation, mais aussi chagrin et désespoir. Le tout en images, ce qui témoigne bien des abus en tous genres d’une Nico pourtant pas encore en perdition mais au moins en partance pour le grand nulle part. Close to the frozen bordeline.

Souvent au bord du gouffre, quelquefois même tout au fond. Une voix monocorde et effrayante. Une orchestration cauchemardesque. Des accents religieux mais à l’envers. Des textes tristes comme les pierres. Une Nico tout en teint de porcelaine et en cheveux de jais sur la pochette
Et si finalement, The Marble Index était le disque le plus goth de tous les temps?