Damien Saez Jours Étranges

Rock juvénile

Note :
3/5
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Le nouveau millénaire approche à grand pas, la jeunesse a peur pour son avenir, elle n’a plus de rêves et se sent mal à l’aise dans un monde régi par l’argent et la haine. Il lui faut un porte-parole, une voix représentant cette génération. Damien Saez jouera ce rôle à merveille avec la sortie, en 1999, de son album Jours Étranges…

En tant que premier album, Jours Étranges se devait de marquer les esprits et ainsi rester gravé dans les mémoires. Objectif atteint pour Saez qui s’impose comme le représentant de la jeunesse et crie à la face du monde ce qu’elle ne veut pas entendre à travers des chansons comme « Sauver cette étoile » ou « Jeune et con ».
Mais cet album est bien plus qu’un message politique, c’est le récit de la vie d’un adolescent. C’est précisément de là que provient l’identification de la jeunesse au paroles de Saez, en particulier avec la chanson « J’veux m’en aller » qui traduit une émotion de détresse familière à n’importe quel ado : la perte de ses illusions.

Ce qui apparaît comme la véritable force de Saez est sans aucun doute sa voix et ses textes poétiques. Les paroles de ses chansons traduisent chacune une émotion différente. De la colère (« Sauver cette étoile ») à la souffrance (« Montée là-haut »), en passant par la dérision (« Rock’n’Roll Star ») ou encore la passion (« Amandine II »), Saez sait toucher l’auditeur et mettre le doigt sur ses sentiments les plus enfouis.
Quant à sa voix : sincère, lancinante et inimitable, elle passe de l’agressivité à la vulnérabilité en un tiers de seconde. Elle joue ainsi le rôle d’un instrument à part entière et c’est pourquoi elle prime parfois sur la musique.

Véritable mélange des genres, Jours Étranges passe en effet du rock engagé (« Jeune et con ») aux arpèges acoustiques (« Montée là-haut ») avec en prime une reprise du jazzman Chet Baker : « My Funny Valentine ».

Néanmoins, étant considéré comme un journal intime d’adolescent par Damien Saez lui-même, Jours Étranges pourra en rebuter certains, notamment à cause de sa naïveté. Mais la voix émouvante de Saez et ses textes tantôt provocateurs, tantôt déprimants compenseront cet aspect de l’album et vous entraîneront dans un monde noir et désespéré dont vous ne sortirez sûrement pas indemnes…

Et l’injustice court toujours,
A pleine rue ça crie les appels au secours,
Mais aujourd’hui le peuple est bien soumis.
– Sauver cette étoile –

Et moi qui rêve juste de rêver,
Juste de quoi rêver encore…
– J ‘veux m’en aller –