Dead Can Dance Spleen and Ideal

Heavenly voices

Pochette de "Spleen and Ideal" de Dead Can Dance

Note :
4/5
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Deuxième album de Dead Can Dance, Spleen and Ideal s’inspire, comme son titre l’indique, des écrits de Charles Baudelaire et de Thomas de Quincey. deux poètes, l’un français l’autre britanniques, tous deux opiomanes. La couleur vert sombre qui encadre la photographie du livret n’est pas non plus sans évoquer l’absinthe, breuvage qui avait inspiré nombre d’artistes du XIXe siècle.

Et c’est bien un certain spleen qui s’abat sur nous lorsqu’on écoute ce disque. Dès l’ouverture, même. Le solennel De Profundis (Out of the depths of sorrow), qui évoque le poème baudelairien De profundis clamavi, prend d’emblée dans ses filets, avec la voix de Lisa Gerrard qui y résonne de façon spectrale, comme une supplique venue du fond des âges.  Avant de se conclure sur des choeurs masculins presque religieux, quoique légers, accompagnés de cloches. Comme un glas.

On poursuit avec quelques titres tous aussi solennels (Ascension et ses tristes trompettes funèbres), des chansons chantées par Brendan Perry, dont le timbre grave fait pendant à la puissance féminine de la voix de Lisa Gerrard, et d’autres où des échos tribaux semblent résonner, entre percussions enlevées et chant ensorcelé.

Mais globalement, la note est la même : tantôt lourde, tantôt évanescente, tantôt lente, tantôt saccadée, tantôt appel de celui qui cherche la rédemption (Enigma of the Absolute), tantôt chant énigmatique, plein de force, d’une muse inquiétante (Avatar)… Le spleen est là, qui abat l’esprit sous son nuage sombre. Tandis que s’élève l’espoir d’un impossible idéal avec Indoctrination (A design for living).

Spleen and Ideal. Deux mots qui suffisent à résumer cet album où Dead Can Dance a réussit, avec brio, à retranscrire l’atmosphère née des écrits de Baudelaire et de Quincey. Un mélange éthéré et pourtant pesant, tirant sur un néoclassique en proie aux tourments de l’âme. Parfaite traduction musicale du spleen.

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
[…] »

Charles Baudelaire, début du poème Spleen (LXXVIII)

Le grain de sable

Spleen et idéal est aussi le titre d’un recueil de poèmes de Charles Baudelaire, où se trouvent plusieurs textes intitulés Spleen. Une lecture fortement recommandée lors de l’écoute de ce disque.

« Across the sea lies the fountain of renewal
Where you will see
The whole cause of your loneliness
Can be measured in dreams
That transcend all these lies »

Enigma of the Absolute

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