Florence + the Machine Ceremonials

Pop baroque

Coup de cœur de La Lune Mauve

Pochette de "Ceremonials" de Florence + the Machine

Note :
5/5
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Après un premier album très remarqué, Lungs, Florence + the Machine revient avec Ceremonials. Plus lissé mais tout aussi foisonnant, plus emphatique, presque trop même, ce second album mêle allègrement la pop au baroque, le tempo dansant aux thèmes les plus sombres.

Florence, c’est Florence Welch. Cette anglaise excentrique est le moteur du groupe et l’auteur de tous les morceaux de Ceremonials, seule ou en collaboration. The Machine, ce sont les musiciens avec qui elle travaille. Florence, avec sa musique qui mélange divers instruments – choeurs, célesta, harpe, guitare, synthétiseurs, violon, percussions… – pourrait être la petite soeur de Bat For Lashes. Mais une petite soeur étincelante, énergique, qui déploie toute sa voix et tous ses états d’âme avec violence et superbe, quitte à éclipser tous les autres artistes mouvant dans le même genre musical.

Ceremonials, comme son titre l’indique, invite l’auditeur à suivre la prêtresse Florence dans douze chansons. On débute en croisant le fantôme de la grand-mère de Florence, avec Only if for a night. Un titre solennel autant que fort qui ouvre les cérémonies à venir.

What the water gave me et Never let me go se suivent et évoquent tous deux la noyade. What the water gave me présente en filigrane l’image de Virginia Woolf se suicidant dans une rivière, les poches remplies de pierres. La chanson est sur le fil au début, oscillant entre le rythme et un déluge de musique, avant de plonger dans un maëlstrom d’instruments comme on se laisse submerger par le courant et la folie. Never let me go présente une noyée suppliant les vivants de ne pas l’oublier. Une chanson poignante et apaisée sur la difficile étape qu’est la mort.

No light no light est un message autant d’amour que de souffrance à l’être aimé, presque un chant de dévotion ; Shake it out porte sur la difficulté de composer avec ses propres démons, sur un rythme punchy et gai. Une contradiction que l’on retrouve avec Breaking down, où le thème de la dépression se mêle à une chanson joyeuse, comme une comptine. Seven devils, mise en garde d’un fantôme en devenir, hante de sa mélopée envoûtante et dangereuse. Lover to lover, aux allures de chant gospel, est l’amère constatation d’une personne qu’il n’y pas de rédemption pour elle.

Des cérémonies, nous disions ? Entre l’accompagnement musical qui se déploie en flèches de cathédrales, imposant, les percussions qui se font tribales ici et là, les choeurs gospels, les évocations du péché, de la rédemption, des démons que l’on porte en soi, des lignes de la main (Heartlines) ou de la lecture de présages dans des entrailles d’animaux, on est pris du début à la fin par la voix enchanteresse et puissante de Florence, par ses incantations et ses chansons libératoires.

Ceremonials, c’est une ode à l’âme, à ses souffrances comme à ses espoirs. Une ode à la vie, en somme, où le coeur est touché, blessé et enjoué, où le corps est poussé tant à danser qu’à à être abandonné. Où la joie se mélange à la tristesse la plus profonde, dans un hymne à l’âme humaine dans son entier, dans toute la palette de ses sentiments.

Le clip de Never let me go

And it’s peaceful in the deep,
Cause either way you cannot breathe,
No need to pray, no need to say
Now I am under.
And it’s breaking over me,
A thousand miles down to the sea bed,
I found the place to rest my head.
Never let me go, never let me go.
Never let me go, never let me go.

Le grain de sable

La chanson Seven devils a été choisie comme bande-son pour l’une des bandes-annonces de la saison 2 de Game of Thrones. Il est vrai qu’à se pencher sur les paroles, on note une étrange similitude entre celles-ci et l’univers décrit dans les livres de G.R.R. Martin.

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