Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows La Chambre d'Echo – Where the Dead Birds sing

Néo-classique electro

Pochette de « La Chambre d'Echo – Where the Dead Birds sing »

Note :
4/5
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La Chambre d’Echo – Where the Dead Birds sing est un concept album qui a particulièrement marqué les esprits.

C’est non seulement un très bon album, mais c’est surtout un album qui se distingue grâce à la direction artistique de Joachim Luetke, partenaire créatif de longue date de Anna Varney Cantodea, la créature blanchâtre qui a enfanté Sopor Aeternus.

La première édition de l’album n’était disponible que dans une édition limitée à 2000 exemplaires, très vite sold out : un coffret recouvert de tissu noir contenait une grande enveloppe cachetée par un sceau de cire noire, elle-même tamponnée du symbole de Sopor Aeternus. L’enveloppe contenait un livre de 128 pages dans lequel se trouvaient toutes les photos prises par Luetke, ainsi que des croquis et des textes.

Cartes postales, marque-pages et autres gadgets complétaient ce coffret collector, vendu au prix de 90 €, qui est aujourd’hui introuvable. Qu’on se rassure : La Chambre d’Echo a depuis été réédité en format CD simple, ainsi qu’en format CD + livre, mais sans tout le decorum initial.

Revenons-en à la musique.

Anna Varney a composé un album qui détonne dans sa discographie. L’ambiance est toujours majoritairement néo-classique et néo-médiévale, mais avec une omniprésence de sonorités électroniques : nappes de claviers, loops et autre boîte à rythme.

Si ce melting pot musical surprend au premier abord, détonnant avec le son habituel de Sopor, on s’y fait très vite. Pis, les mélodies imbriquées les unes dans les autres se révèlent entêtantes et presque entraînantes ! C’est dire… Anna Varney a troqué pour l’occasion son chant aigrelet et bizarre au profit d’une voix claire et chantante, qui ajoute beaucoup de chaleur à ce disque définitivement hors norme.

Niveau thématique, La Chambre d’Echo a été largement inspiré par Der Narrenturm (« La Tour des Fous »), un vieil hôpital psychiatrique autrichien devenu depuis un musée dédié à l’anatomie et aux pathologies du corps humain.

À ce titre, les paroles de l’album se focalisent en particulier sur la folie et sur l’univers médical en général, à l’instar des visuels de l’album qui voient Anna-Varney emprisonné dans une camisole de force, avalant des tuyaux, mort, sur le point d’être autopsié, ou encore transformé en immonde ver géant… À travers toutes ces photos, c’est l’aboutissement de sa singularité, un mix entre beauté et terreur, monstruosité et esthétique, enfance et mort.

Avec le recul, la couleur était annoncée par le titre : « La Chambre d’Echo », un mix entre la musique de chambre néo-médiévale – violons, violoncelle, hautbois, basson, trompettes, trombone, tuba – et la musique électronique (une chambre d’écho est un effet musical qui retarde le son pour lui donner l’effet d’un écho), le tout évoquant la chambre capitonnée d’un asile, dans lequel les cris des suppliciés résonnent en vain…

Anna-Varney photographiée par Joachim Luetke

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