Wax Tailor Tales of the Forgotten Melodies

Electro

Wax Tailor - Tales of the Forgotten Melodies

Note :
4/5
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Le « Que Sera » de Doris Day a été repris à tort, à travers et souvent en passant. La version de Wax Tailor est l’une des meilleures parce qu’elle a su retranscrire la pénombre, la moiteur et le grésillement du disque qui tourne. La façon de brosser le velours à rebours, comme un certain Fa.
C’est un peu la marque de fabrique de Wax Tailor sur ce disque. Une certaine idée du cool. Le cool disquifié mais sans easy-listening.

Mais qui se cache donc derrière Wax Tailor ? Jean-Christophe Le Saoût, auteur, compositeur, producteur, et manager français de musique.
Tales Of The Forgotten Melodies est son premier disque, sorti en 2005 après deux EP déjà salués.

Et ce premier essai en version longue est un disque de cinéma, fait de samples de dialogues, de noir et de blanc, d’atmosphères, d’images à regarder les yeux fermés. Et de fait, il emprunte beaucoup au cinéma, sa musique, son ambiance et ses mots. Du bricolage pour des messages et des moments.
Il s’agit d’un album qui donne envie d’être attentif, d’ouvrir grand les oreilles et de s’imprégner des moindres détails, moindres sons, moindres frémissements. Peuplé d’interludes, de courtes plages aménagées en respirations.

Des cuivres sensuels « Unglodly Fruit » aux des cordes lancinantes « Hypnosis Theme », pour du classique et de l’élégant. « Where My Heart’s At » et « Walk The Line » sonnent le hip-hop classieux et mélancolique de The Others, trio inconnu alors de Caroline du Nord.
Hip-hop, trip-hop, savoureux mélange électro, mais aussi jazz et soul, on y compte mille voix.
« Our Dance » bénéficie d’ailleurs de la présence lumineuse de la française Charlotte Savary et de sa voix cristalline. La soul se niche aussi dans « A Woman’s Voice ».
« How I Feel », cette vieille chanson, plus connue sous le nom de « Feeling Good » dont on ne sait plus bien qui l’a écrite (Anthony Newley et Leslie Bricusse, merci Wiki) et popularisée par Nina Simone, est bien présente ici, fidèle au down-tempo et à la profondeur ténue du disque. Du sucre candy pour les oreilles, c’est permis.

Voici donc un disque anachronique, quand la modernité de l’électro et du procédé se mêle à la tonalité très 50’s des emprunts cinématographiques. Le saut dans le temps donne un cachet désuet mais résolument élégant, de cette élégance surannée qui peut enchanter et faire plonger.