Jack or Jive Kakugo

Heavenly voices

Pochette de "Kakugo" de Jack or Jive

Note :
4/5
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Jack or Jive nous vient tout droit du Japon. Formé par Chako et Makoto Hattori, le groupe connaît cependant un succès fort discret dans son pays d’origine, touchant plus les Occidentaux. Un fait étrange car leur musique est résolument orientale dans l’âme.

Kakugo, leur dernier album en date, ne fait pas exception. Le titre même du disque vient du bushido, code des principes moraux du samouraï. Il exprime le fait qu’un samouraï ne doit pas avoir peur de risquer sa vie si la nécessité s’en fait ressentir.

L’artwork de l’album, réalisé par Chako, colle pleinement aux thématiques de la mort et de l’honneur contenues dans la musique : peinture abstraite rouge orangée sur fond noir, comme une gerbe de feu ou de sang.

Oriental, disais-je. Les morceaux de Jack or Jive ne s’écoutent pas d’une oreille, mais avec l’âme toute entière. Les notes se posent d’abord en douceur puis construisent graduellement une mélodie, enflant lentement. Effets électroniques, emploi du synthétiseur et des percussions demeurent comme en retrait lorsque la voix de Chako s’élève, tantôt douce, tantôt cri déchiré.

On passe de l’hypnotique Don’t burn down au serein Bodhisattva, tous deux évocateurs du zen par leur mélopée régulière, simple et très calme. War scapes est l’un des morceaux les plus poignants de l’album. Il commence par des cris de combattants mêlés à des tirs.

S’y joint une percussion rythmée à la manière d’un tir régulier d’arme à feu sur laquelle la voix de Chako prend des accents désespérés, tandis qu’en arrière-plan sonore résonnent toujours les cris affolés d’hommes anonymes. It can’t be reset, nettement plus électronique et exempt de percussion, rejoint ce titre par son angoisse contenue.

On se sent oppressé par cette mélodie et la voix de la chanteuse semble nous parvenir de loin, de si loin. Immortal soul, quant à lui, évoque l’âme détachée du corps par la voix fantômatique de Chako et l’écho d’instruments que l’on perçoit à peine. Mais c’est une voix qui prend progressivement de la puissance. La mort n’est pas la fin.

Kakugo, bien qu’étant un album construit autour de la mort et du code d’honneur du samouraï, n’est en rien morbide. Si différentes émotions naissent à l’écoute, comme la tristesse, la peur ou le déchirement, la sérénité n’est jamais loin : elle demeure toujours présente. Kakugo, c’est une plongée dans un aspect de l’esprit japonais, celui du samouraï, de ses émotions.

Le grain de sable

Jack or Jive a collaboré avec l’artiste Alio Die, dont le style musical est proche de part sa construction de morceaux intimes, évocateurs et lents. De leur travail commun est né l’album MEI-JYU.

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