Persephone Mera sangeet kho gaya

Heavenly voices

Coup de cœur de La Lune Mauve

Pochette de "Mera sangeet kho gaya" de Persephone

Note :
4/5
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Dans la mythologie grecque, Persephone est le nom de l’épouse d’Hadès, dieu des Morts. Elle est aussi la fille de Démeter, déesse de l’Agriculture et des Moissons, mais son union avec Hadès a fait d’elle une déesse des Enfers et des Morts. Et à l’écoute de Mera sangeet kho gaya, troisième opus du groupe, on comprend aussitôt qu’il porte bien son nom.

Persephone, c’est avant tout la voix de Sonja Kraushofer (chanteuse du groupe autrichien L’Ame immortelle). Sa flamboyante chevelure rouge orne d’ailleurs la pochette de sa présence, véritable incarnation de l’épouse d’Hadès qui, alors qu’elle cueille des fleurs, entend l’appel de son époux.

Porté par une musique qui tient de la symphonie tant elle contient d’emphase et d’émotion, le chant de Sonja exprime une telle gamme de sentiments déchirants qu’il nous happe comme le chant d’une sirène.

L’ouverture, The Labyrinth of Longings, nous prévient d’ores et déjà de la tonalité de l’album : une mélodie orientale nous capture dans ses filets avant de se taire pour laisser Sonja nous conter son errance dans un labyrinthe de langueur.

Ces notes orientales apparaissent régulièrement au fil des morceaux mais ceux-ci peuvent aussi se faire plus intimistes, que ce soit avec Waiting, où le tic-tac d’une horloge s’y mêle tandis que le filet de voix de Sonja devient presque murmure, ou encore dans The Drowning Theme, poignante chanson où le piano résonne comme une oraison funèbre pour celle qui, folle de chagrin après avoir été rejetée par son amant, se jette à l’eau telle l’Ophélie de Shakespeare.

Tous les morceaux de Mera sangeet kho gaya sont comme autant de contes tristes, évoquant divers personnages aux prises avec l’attente vaine, l’espoir déçu, la mort d’êtres proches, le chagrin d’amour ou la mélancolie. Magic Mirror semble être la chanson de la sorcière de Blanche Neige et les inflexions de voix de Sonja y reflètent à la perfection son obsession maladive et sa folie latente.

Nightingales Lament est un titre parlé où l’on écoute la tragique histoire d’une jeune fille au coeur de verre et d’un rossignol. Quant à La Danse de la corde, titre chanté en français, c’est l’air entêtant d’une femme qui craint que son bonheur fragile ne se brise.

Persephone, dans cet album, nous livre des chansons magistrales où l’émotion à l’état pur touche notre corde sensible. Impossible de rester de glace, impossible de ne pas sentir son coeur se serrer, son âme vibrer à l’écoute de toutes ces histoires. Comme un voyage au royaume d’Hadès, sur les traces de la fille de Démeter.

Le grain de sable

Mera sangeet kho gaya vient de l’hindi et signifie My music is gone, qui est par ailleurs le titre d’ouverture de l’album précédent, Atma gyan.

« I dream of darkness
Whilst I awake in life
And I don’t fear
That my death is near
Once I’m gone, I truely hope
That sometime you’ll miss me
And think of what I spoke »
Realm of Silence

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