Iggy & The Stooges Château de Blois

Iggy à Blois

Iggy & The Stooges à Blois.
Non. Iggy & The Stooges dans la cour du château de Blois.
Avouez que ça en jette, hein?
On lit et on relit le flyer. Festival Tous Sur Le Pont. DA : Philippe Manoeuvre.
Tout de suite, on comprend mieux.
Ligne suivante : première partie, les Plasticines. Outch.
Mais on encaisse, inflexible. Les Plasticines? Même pas peur.
Iggy is Iggy. Même Manowar en première partie, s’il le faut.
Allez, on ferme les yeux très fort et ça va passer.

Bing, il débarque en bondissant. On n’a rien vu venir.
« Loose » est envoyé en hors d’euvre à la vitesse de la lumière.
Iggy gesticule, apostrophe le public, se contorsionne, vêtu en tout et pour tout de son éternel jean délavé taille (trop) basse.
Il annonce « 1969 » et on frémit.
Ah tiens, le son est… eurk. Fasciné qu’on était par la dirty apparition, on n’avait même pas fait gaffe. Mon Dieu, s’il n’avait pas annoncé le morceau, on aurait pu se demander longtemps ce que c’était que ce truc. « 1969 » est juste méconnaissable. Et point de réarrangement, c’est juste le son qui est mauvais. Un gloubiboulga sonore qui fait bourdonner les oreilles et Iggy qui chante par dessus.
On prend son mal en patience. Merde. Iggy & The Stooges.
Tiens, « I Wanna Be Your Dog ».
C’est dingue, l’effet que ça a, un Iggy et un spot de lumière. Les frères Asheton bastonnent derrière, on les voit à peine. On ne les regarde pas vraiment (et même, vu le son, on ne distingue pas vraiment les instruments, juste un bzz-kriiizz-boom-iiizz).
Traditionnel happening lors de l’enchaînement « No Fun » (ah ouais, c’était « No Fun »?!) et « Real Cool Times ». 30 personnes sur scène, dont les Plasticines (le retour de la vengeance, Maman!) et… Philippe Manoeuvre himself poing levé et sourire béat.
Et puis, la divine « Dirt », le son bourdonnant la rend encore plus hypnotique que de coutume, si c’est possible.
Paf, projections lumières sur le château. Mince, c’est un son et lumières version rock’n roll, en fait.
Il paraît que la veille, un mec s’est jeté du haut de l’escalier François 1er. Est-ce qu’Iggy est au courant? C’est pour ça qu’il fait que se jeter dans la foule? C’est une sorte d’hommage?
Bon sang, ce concert, c’est n’importe quoi.
Iggy dans la cour du château de Blois. Choc des cultures, des générations, des tout ce que vous voulez.
Finalement, on se dit qu’on assiste peut-être à un vrai instant d’étrangeté. Un pur moment de rock’n roll.
Et ce son là n’est pas si mauvais. Un rappel final avec un « I Wanna Be Your Dog » qui vrille les tympans et laisse le cerveau en miettes. Mais c’est ça : on y est. A l’origine, c’était ça. Un uluberlu blond comme les blés à moitié nu, un spot de lumière et des types patibulaires dans l’ombre qui envoient un magma sonore au delà de l’insoutenable. C’était une autre époque. C’était ce soir là dans la cour à remonter le temps du château de Blois.