Les Eurockéennes de Belfort juillet 2005

Eurockéennes 2005
Attention, chronique à quatre mains par Ivy et Pheno

vendredi 1er juillet 2005

Ivy – C’est l’estomac noué d’un stress intense et le coeur battant que j’arrive le vendredi 1er juillet aux environs de 19h25 sur le site de Malsaucy, pour le premier jour d’un des plus grands festivals français ; pas seulement à cause de l’excitation, mais aussi, comble du désarroi, parce que j’ai déjà raté les concerts de Cocorosie et de Bloc Party, alors qu’il y a quelques heures j’hésitais encore entre ces deux affiches… La faute à qui ? A ces maudits bouchons dans Belfort, auxquels je devais m’attendre tant ils font partie intégrante des Eurockéennes ; d’autant plus en ce vendredi à la programmation en or, et des plus chargées. Grand heureusement, le meilleur reste à venir, et c’est au pas de course que je me rends face à la Grande Scène pour assister dans les minutes qui suivent à ce qui sera un des grands moments musicaux du week-end.

Pheno – Fort heureusement, moi, je ne suis pas coincée dans les bouchons et c’est à 18h00 tapantes que je débarque sur la presqu’île, juste à l’heure pour apprécier la prestation de Bloc Party. Le tout jeune groupe, qui mène la hype par le bout du nez depuis la sortie de leur premier EP fracassant, dispense son post-punk bondissant sous un Chapiteau plein à craquer. Leur prestation est à la hauteur des précédentes : enjouée, intense et rigoureuse. Et force est de constater que « Banquet », s’il n’est plus LE hit underground, n’en demeure pas moins un des titres les plus accrocheurs de l’année. Les compos de l’EP (« Helicopter », « She’s Hearing Voices ») font hurler et sauter de joie les hordes de kids présents. Néanmoins, les titres de l’album Silent Alarm, déjà fort ennuyeux sur disque, font bien pâle figure et injectent de bonnes doses de longueur et de chiantitude dans un set qui aurait pu être parfait. Si Bloc Party est une des révélations anglaises du revival post-punk actuel, gageons que le deuxième album se fera attendre davantage et gagnera ainsi en profondeur. A peine le temps de voir la fin du set que le premier évènement du week-end se profile déjà sur la Grande Scène. Un rouquin super baraqué, un coucher de soleil et « Go With The Flow » pour démarrer les hostilités. Voici les Queens Of The Stone Age.

Ivy – La clique de Josh Homme, leader au physique de routier américain (et over sexy avec ça…), nous sert 75 minutes de son stoner rock couillu sur un plateau, et c’est peu dire que sa musique prend tout son essor en live, tant l’interprétation des titres, tirés des quatre albums, est puissante et hypnotique. Le groupe est excessivement charismatique et efficace, et à ma grande surprise, je ne mets guère de temps à totalement m’imprégner de l’ambiance et de la musique. Visiblement, je ne suis pas la seule ; partout autour de moi, un vent de liberté tout droit venu du Far West semble s’être levé, d’un seul coup : on danse, on chante, on s’agite tout les coins, la fosse est pleine à craquer et ondule comme un seul homme, hurlant de plus belle à chaque riff incendiaire de guitare ; bien aise de profiter de cette parenthèse enchantée tant attendue, électrisée jusqu’aux os, je ne me fais pas prier pour faire de même. Pendant ce temps, les brûlots musicaux du groupe s’enchaînent : « Little Sister », « I Never Came », « First It Giveth », « Burn The Witch »… Jusqu’à l’énorme et extatique « No One Knows » qui met le feu là où la tension était à son comble.

Pheno – De faux airs du grand Kyuss et nous voilà plongés au cœur des « Sons of the desert » mythiques, dans cette version du hit incontournable, rallongée avec bonheur d’improvisations et de joutes démentielles.

Ivy – Un bain de foule pour le chanteur, et voilà la fin du concert qui se dessine… Quelle sublime entrée en matière, avec mention spéciale pour la voix de Josh Homme qui m’a tout bonnement soufflée tout au long du concert, sachant se faire tour à tour rude et bluesy, juste comme il faut et quand il faut. A coup sûr un des groupes que je reverrai avec beaucoup de plaisir en d’autres lieux… Il est temps à présent d’aller me remettre de mes émotions en mangeant un morceau, avant d’assister à l’autre grand concert du jour.
Que les choses soient claires : il n’y aurait eu que Nine Inch Nails à l’affiche du festival, j’aurai aussi fait la route ; à quatre pattes même, s’il avait fallu.

Pheno – Et très étrangement, c’est avec « The Frail » que le Rezzo démarre le set. Seul, aux claviers, face à la foule agglutinée. Tout le monde veut voir le monstre, s’attend à recevoir une avalanche de décibels en guise d’intro. Eh bien non. Les notes de pianos s’égrènent doucement, poignantes comme à l’accoutumée. Silence religieux. Les non-initiés sont sans doute fort surpris. La manœuvre est risquée. Pas tant que ça, puisque « The Wretched », parfait et habituel corollaire est envoyé à la suite. Uppercut en pleine face. Nez cassé. La foule se met en branle, rapidement déchaînée.

Ivy – « Wish » commence, et dès les premières secondes du morceau, Reznor donne tout, emplit la scène de sa présence, vociférant à m’en donner la chair de poule. Puis c’est « March of the pigs », énorme, énorme, énorme… C’est la liesse : le public est en transe, complètement sous le charme ; à quelques mètres devant moi, j’entends couiner des « Twiggyyyyyy » semi-hystériques, juste sous le nez d’un Jeordie White impassible ; à son image, je reste complètement amorphe, les bras ballants le long du corps, les yeux fixes sur la scène, pendant que les titres s’enchaînent, comme dans un rêve bien trop beau pour être vrai… Et ce jusqu’à « Terrible lie », qui finit par me sortir de ma torpeur ; je ressens enfin toute la puissance du son et de la performance scénique du Rezzo, qui se déchaînera tout au long, tel le Monsieur 100 000 volts du rock industriel, prouvant ainsi à ses détracteurs qu’il n’a pas perdu de sa rage et de son charisme légendaires ; la setlist laisse la part belle aux hymnes les plus connus de NIN, « Hurt » (sur laquelle je retiens mes larmes, comme à chaque écoute – mais en mieux-), « Closer » et autres « Starfuckers inc. », mais permet aussi de découvrir en live des morceaux du critiqué  With_Teeth , comme « The Hand That Feeds » ou le titre qui donne son nom à l’album ; et bien que rien de me fera changer d’avis sur la qualité de ce dernier album, que je trouve un poil moins bon que les précédents, je mentirai en disant que les morceaux en question n’ont pas cassé la baraque en live. Une guitare explosée à la fin du set clôt le show le plus attendu (pour ma part en tout cas) de ces Eurockéennes ; je n’ai pas le temps de me remettre de mes émotions qu’il est déjà grand temps de galoper jusqu’au Chapiteau où une suite alléchante nous attends…
Hélas, le Chapiteau est bondé, et je ne vois presque rien du concert d’Interpol, groupe que je rêvais pourtant de découvrir en concert. Pas moyen de me faufiler près de la scène, et malgré ma taille assez correcte, cette dernière me reste invisible ; difficile de se contenter de la musique, assez vaporeuse, après en avoir pris plein les yeux pendant NIN, et j’abandonne définitivement au bout d’une petite demi-heure, malgré le plaisir certain que je ressens à l’écoute de la voix de Paul Banks ; ce sera pour une autre fois.

Pheno – Et je réussis à me faufiler et à assister au concert. Première constatation : le groupe est fatigué, à bout de force, la faute à une tournée qui n’en finit plus. Paul Banks chante parfois un peu faux. Carlos D., le bassiste, passe même la moitié du concert assis sur une chaise. Et pourtant, la magie opère. Interpol offre le parfait contre-point à la furie sonore de NIN. La descente cotonneuse dont j’avais besoin. Le jeu de lumière est sobre, use et abuse des ombres chinoises. Les titres s’enchaînent avec langueur. La voix discordante de Paul Banks ajoute un charme rétro et presque irréel. Certes, nous sommes bien loin des fougueuses performances du groupe lors des dernières dates françaises. Mais le show n’en demeure pas moins intense, comme ce « Untitled » dans lequel ils semblent jeter leurs dernières forces. Je retiendrais surtout les sublimes versions de « Evil » et de « Take You On A Cruise », amenant la torpeur jusqu’à son paroxysme. Et c’est avec un sourire béat que je quitte le Chapiteau, bluffé une nouvelle fois par le groupe qui réussit le tour de force de passer après NIN sans paraître fade, ni ennuyeux.

Ivy – Le temps de reprendre quelques forces à un des stands du festival, il est déjà temps de prendre la direction de la butte qui mène à la Grande Scène pour le concert des Chemical Brothers, autre nom prestigieux de l’affiche du jour. Je les ai déjà vu il y a quelques années et j’ai à ce moment-là complètement adhéré à leur electro dansante, et aux images quasi-psychédéliques qui l’accompagne sur des écrans géants : c’était à n’en pas douter un concert rafraîchissant et véritablement euphorisant. Cette fois-ci, impossible de rentrer dans la musique, d’une part parce qu’elle ne réserve aucune surprise par rapport à la fois précédente (les « hits » des frangins sont balancés dès le premier quart d’heure) ; mais aussi en grande partie à cause de la foule absolument ahurissante qui s’est amassée devant la scène. Le terrain est tellement bondé que je reste coincée sur la butte et ne vois les écrans qu’épisodiquement ; les papotages incessants autour de moi, les mouvements de personnes essayant d’avancer achèvent de me fatiguer, et je décide de me retirer vers une plus petite scène, dans l’espoir de découvrir un groupe ou artiste intéressant. Coup de bol : Après quelques temps d’attente sur la Plage semi-déserte, le concert réunissant les membres de The Faint et de Bright Eyes débute. Excellente surprise que cette formation d’un soir de plus de dix musiciens, qui nous assène un set puissant, genre de folk-rock névrosé auquel participe une violoncelliste, deux batteries, un violoniste… Entre autres. Visiblement en transe, le chanteur Connor Oberst entraîne ses acolytes avec une cadence que je peine à suivre par moments, mais qui au final se révèle assez jouissive, presque baroque ; encore un groupe à découvrir ailleurs dès que j’en aurai l’occasion. Pour l’heure, ce sera le dernier concert d’une soirée plus que bien remplie et surtout riche en émotions.

samedi 2 juillet 2005

Ivy – C’est un samedi bien moins chargé que le vendredi qui m’attends ; les concerts à voir s’enchaînent de façon plus harmonieuse, la foule est (un peu) moins dense, et la programmation du jour est plus molle du genou que celle de la veille (ce qui, à vrai dire, n’est pas étonnant). Je profiterai donc de la journée pour mieux m’imprégner de l’ambiance des lieux et pour découvrir au gré des promenades tous les recoins du festival ; ce qui ne m’empêchera pas, bien sûr, d’assister à quelques concerts… desquels je ressortirai plus ou moins convaincue.
Will Oldham
, qui apparaît ce soir au côté du guitariste Matt Sweeney sous le nom de Bonnie Prince Billy, m’était encore inconnu il y a quelques semaines ; c’est en découvrant qu’il collabore au nouvel album de Current 93 que je commence à m’intéresser au bonhomme, et ai le flair d’emprunter I See A Darkness  à la médiathèque. Grand bien m’en fit : c’est un bel album de folk mélancolique, à l’ambiance très douce, caractéristique à ce que j’ai pu lire de l’oeuvre de Will Oldham ; une ambiance qui se transpose sans grande peine sur la scène de la Loggia. La voix du sieur Oldham est très belle, l’accompagnement à la guitare des plus agréables et le public visiblement composé d’amateurs du genre écoute religieusement (ce qui ne sera de loin pas le cas lors de tous les concerts du festival). Malheureusement, je décroche assez vite : trop de fatigue, trop de bruit à l’extérieur, et finalement trop de mouvement autour de moi ; et puis, détail qui a son importance, il fait encore jour… Bonnie Prince Billy distille une musique intimiste qui convient mieux, à mon sens, à une petite salle de concert qu’à un festoche, dont le cadre est presque trop « violent » pour lui permettre d’être appréciée pleinement. La country introspective ne se marie pas franchement bien à la tartiflette industrielle, comme j’aurai du m’en douter. Je quitte la Loggia, et la bière que je me commande a un goût un peu plus amer que prévu… Un rendez-vous manqué, mais pas une vraie déception, loin de là. Voyons cela comme une mise en bouche avant une prochaine fois qui sera la bonne…

Pheno – Mon premier concert de la journée sera celui donné par Tom Vek, aux alentours de 23 heures, à la Plage (probablement l’endroit le plus agréable du site). La foule est en majorité composée de hypeux super chiants et franchement hargneux, qui me donnent furieusement envie de déguerpir d’ici au plus vite. Mais la trogne enfantine de Tom Vek et son rock garage, mêlé de funk (oui, oui) et d’electro ont raison de moi. Jeune londonien de 24 ans, Vek a sorti un très joli premier album en 2005, intitulé We Have Sound, qu’il a bricolé tout seul comme un grand. Entouré de musiciens aussi jeunes et fougueux que lui, Tom Vek va donner un excellent concert, plein d’énergie et de bonne humeur, et totalement exalté. Le gus est content d’être là et le fait savoir. Il sourit, l’air béat, sans discontinuer. La plupart des titres de l’album y passe. Joués avec folie, ils rendent compte de l’extraordinaire palette musicale du jeune homme, capable de faire danser les filles (et de manière moins racoleuse que Franz Ferdinand) autant que de faire retomber la pression pour des titres plus planants et expérimentaux. Et ce ne sont pas les singles « If You Want » et surtout « C-C (You Set The Fire In Me) » rondement menés qui démentiront la rumeur : Tom Vek est doué. Et même très doué. Manque peut-être encore un soupçon de profondeur.

Ivy – Je commence à trépigner d’impatience en songeant au concert exceptionnel qui s’annonce ; Kas Product, véritable légende de la Cold Wave française, se produit dans la Loggia. Leurs deux albums qui viennent d’être réédités sont des petits bijoux qui n’ont pas pris une ride, et dont l’influence depuis le début des années 80 sur nombre de formations est remarquable. Alors oui, le revival 80’s est hypra-tendance, que ce soit dans la scène underground ou ailleurs, et l’annonce de leur venue a un petit goût d’opportunisme ; mais pourquoi bouder mon plaisir pour autant ? J’attends avec impatience de voir ce que Spatsz et Mona Soyoc nous réservent. Le temps de grignoter quelque chose, et déjà le concert débute.
Derrière un voile blanc, les deux membres du groupe prennent position : Spatsz, impassible, derrière les machines, tandis que Mona Soyoc prend possession de la scène, le micro à la main ; en guise d’introduction, elle décore le voile qui la sépare du public à l’aide d’une bombe de peinture, puis s’en débarrasse pour mieux laisser apparaître toute sa charmante petite personne vêtue de blanc. Il est impressionnant de constater qu’elle, ainsi que son compère, ont conservé une silhouette des plus juvéniles… A croire que le temps s’est arrêté. Mais là n’est pas la question. Les titres commencent à s’enchaîner, et j’admire l’énergie, aussi bien corporelle que vocale, de la chanteuse, qui n’hésite pas à manipuler les accessoires pour animer son jeu de scène : guitare, cymbales, et même pistolet en plastique – mais l’emploi de ce dernier, je l’avoue, me laisse assez sceptique. J’ai la mauvaise impression de voir une monitrice de colonie de vacances qui fait son show pour amuser des bambins, d’autant plus que certaines sonorités me rappellent un peu trop le générique de « Capitaine Flam ». N’allez pas croire que je n’aime pas ce générique ; mais toujours est-il que je ressors un peu déçue du concert, que je ne verrai même pas jusqu’à la fin. J’espérai quelque chose de plus hypnotique, de plus brute, de plus… Je ne sais pas. Bien sûr, Mona Soyoc a une voix superbe, et entendre certains titres du groupe en live fut une expérience que je n’aurais manquée pour rien au monde . A bien y réfléchir, peut-être que j’attendais trop de ce concert.

Pheno – Mais entendre « So Young But So Cold » en live, ça fait quand même vachement plaisir !

Ivy – On ne peut par contre pas dire que j’attendais beaucoup de la prestation de Garbage, groupe que j’ai plus ou moins totalement délaissé depuis mon adolescence, et dont le dernier album m’a laissé complètement froide ; c’est peut-être cette indifférence qui me rendra leur prestation tout au plus vaguement plaisante, mais en tout cas largement supportable. Vautrée par terre, je regarde Shirley sautiller sur scène dans sa jupette, enchaîner les tubes (« Queer » et autres « Stupid Girl ») pour le plus grand plaisir du public venu en masse applaudir le groupe. Le show est bien rôdé, les ritournelles sont sympathiques… mais soyons honnêtes, sans saveur ; on est bien loin du rock’n’roll sauvage des Queens of The Stone Age que j’ai vu il y a moins de 24 heures sur la même scène, et la présence de Miss Manson et de son groupe me blase totalement. Mais tout ceci reste distrayant, et agit comme un blockbuster américain le dimanche soir sur la première chaîne française : ça reste un bon moyen de se vider la tête avant d’aller se coucher.

Pheno – Loin d’aller me coucher (et m’épargnant par là même le blockbuster musical ricain susnommé), je m’arme de patience et attend sagement (et avec une impatience mal dissimulée) les hooligans camés de Kasabian qui malheureusement ne viendront jamais. Annulés pour d’obscures raisons. Loin de me décourager, je retourne à la Plage où Dälek est déjà en place. Le set est psychotique et flippant à souhait, flow décharné et ambiances horriblement sombres et urbaines. Comme des relents d’apocalypse. Pour moi qui ne suis pourtant pas férue de hip-hop, c’est un véritable coup de cœur.
Puis, vient Vitalic qui a la lourde tâche de clore cette journée de festival. Je dois dire qu’il a largement rempli son contrat, et en beauté. Le Chapiteau est archi comble, blindé de zombies (il faut dire qu’il est plus de 3 heures de matin), d’excités sautillants, de curieux et d’afficionadios. Vitalic, statique derrière son écran, regarde à peine la foule. Mais le set s’en ressent à peine. L’essentiel est ailleurs. Tous les hits y passent, de « La Rock » à « My Friend Dario » en passant par « Poney Part ». Assénés sans concessions. Et terriblement puissants. Le public réagit au quart de tour et l’ambiance est incroyable. Le Chapiteau se transforme en un immense dancefloor. Et pour ne rien arranger, le jeu de lumières est terrible, si précis qu’il épouse à la perfection les réactions de la foule qui n’en finit plus de s’ébattre en hurlant. Dantesque.
Assurément, l’un des sommets du festival.