The Rakes Le Trabendo, Paris, 8 avril 2006

Ultime date de la tournée française acclamée des Râteaux en chef. L’occasion de vérifier que ce tout jeune groupe (un seul album sorti : Capture / Release) est plus qu’un feu de paille parmi des centaines d’autres.

Première partie : Absentee. Choix discutable tant leur musique est à des années lumières de celles des Rakes. Calme, posée et à forte influence Tindersticks. Le chanteur, malgré son âge, possède très exactement la même voix que Leonard Cohen.
Mais enfin, passons, parce que je n’ai pas été très attentive.

The Rakes déboulent dans un Trabendo à bloc, plein à craquer, en surchauffe totale.
Sans pitié, ils balancent un « Terror ! » surexcité d’entrée de jeu, enchaîné au tubesque « Retreat ». Folie totale dans la fosse.

Très typée post-punk 80’s avec une large dose de modernité dance-floor ultra efficace, la musique du groupe ne laisse aucun répit. Ca joue très vite. La rythmique est constamment épileptique. Ajoutons à cela un jeu de lumières stroboscopique qui bastonne les mirettes et c’est le carton plein assuré.

Suit leur excellente version du « Poinçonneur des Lilas » de Maître Gainsbourg (intitulée ici « Man With A Job ») puis un dantesque « Work Work Work Pub Club Sleep » qui décidément leur colle à la peau. Vidéo hilarante projetée durant la non moins hilarante « Violence ».

C’est carré, c’est pro, ça tourne grave bien leur affaire. Le plaisir est communicatif. A tel point que le large carré de djeuns présents dans la salle fait de la fosse un vrai champ de bataille. Et que je te slamme comme des malades. Et que je te monte sur scène pour serrer Alan Rakes dans mes bras. Ambiance de folie pour un set déjanté au possible.

Suivent en vrac un « Open Book » dédié à Zidane, la ballade « Binary Love » ou encore le furieux « T-Bone ». Tous exécutés à la perfection.

Le revers de la médaille, cependant, c’est qu’il y a quand même une bonne dose de remplissage, ce qui revient à dire que c’est répétitif. Mais comme ils ont une grosse poignée d’excellents titres, ça passe plutôt très bien. Et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Grâce en partie à Alan Rakes, le chanteur survolté.

Parce que la grande force de The Rakes, c’est ce type. Alan Rakes est un taré, faut dire ce qui est. Il n’a de cesse de secouer son cadavre comme un forcené, yeux de psychopathe exorbités. Danse de Saint-Guy, tics et consorts. Il a quelque chose d’effrayant, ce mec. L’air perpétuellement prêt à tomber en syncope. Mais c’est surtout un type très drôle et un showman exceptionnel. Un mec qui tient la salle d’une main de maître. Et qui, surtout, a une voix démente.

Les autres ne sont pas mal non plus. Joyeux, surexcités et complètement dingues. C’est un bonheur de les regarder jouer.

Ils envoient alors « 22 Grand Job » (non sans qu’Alan ait lâché quelques piques assassines à l’encontre de Saint Peter). « 22 Grand Job » qui reste l’un de leurs meilleurs titres tant il les représente à merveille. Un « 22 Grand Job » de folie, donc.

Puis ils quittent la scène, reviennent. Entament un rappel furibard qui s’achève sur THE HIT. Fucking « Strasbourg ». Magistral et jouissif. La Trabendo est à genoux, langue pendante, agité de soubresauts frénétiques. Totalement sous le charme de ces jeunes anglais qui mériteraient gravement d’empiéter sur les plate-bandes de l’empereur austro-hongrois tant ils sont mille fois plus sincères et il faut le dire : mille fois meilleurs dans le registre.

Setlist :

Terror!
Retreat
We Are All Animals
Man With A Job
Work Work Work (Pub, Club, Sleep)
The Guilt
T-Bone
All Too Human
Open Book
Binary Love
Dark Clouds
Violence
Ausland Mission
22 Grand Job

The World was A Mess But His Hair Was Perfect
Something Clicked And I Fell Off The Edge
Strasbourg