Anja Plaschg, appelez la Soap&Skin

Soap&Skin - Lovetune For Vacuum

Jeune Autrichienne de 17 ans, Anja Plaschg séduit dès le premier disque.
Un disque, Lovetune For Vacuum, qui ressemble tant à un fabuleux désert de marbre.

Baroque, Lovetune For Vacuum l’est assurément. Tout en entier tendu, dramatiquement.
Sombre également, comme un voyage éperdu dans la nuit noire (« Marche Funèbre ») s’achevant à l’aube dans une clairière (« Brother Of Sleep »).
Brutal aussi et étonnamment bruitiste, acide « DDMMYYYY ».
Piano, cordes diverses et variées s’assemblent et forment une orchestration dense, lancinante, enveloppante mais pas rassurante ni confortable.

Mais ce qui rend fou, ce qui fait s’étreindre le coeur à l’écoute de ce disque, c’est cette voix. Comme si Nico revenait du grand nulle part (Anja avait d’ailleurs repris de fort belle manière « Janitor Of Lunacy », météorite obscure). Comme si Kate Bush s’invitait dans la partie (« Thanatos »). Comme si Dolores O’Riordan passait dire bonjour. Rien de moins et c’est le secret de ce disque. Une voix qui impose sa volonté et fait trembler. Et ça fait longtemps qu’on n’a pas tremblé, qu’on ne s’est pas ému d’une voix de cette manière.

Virtuose Soap&Skin, inquiétante Anja qui nous en dit tant sur ce premier effort. Tant et si bien.
Encore un grand disque pour pleurer, tiens.