L'inconnue de la Seine

Masque d'une suicidée inconnue

À la fin des années 1880, le corps d’une jeune-fille de 16 ans fut repêché de la Seine, sur le Quai du Louvre (renommé Quai François Mitterrand en 2003).

Son corps ne présentant aucun signe de violence, on suppose qu’elle se fut suicidée. Sa beauté et son sourire énigmatique conduirent un pathologiste à commander un masque mortuaire de son visage.

Dans l’atmosphère romantique de la fin de siècle, le visage de la jeune-fille est devenue un idéal de beauté féminine. Le protagoniste du roman de Rainer Maria Rilke, Les carnets de Malte Laurids Brigge (1910), écrit : Le mouleur à qui je rends visite tous les jours a deux masques accrochés à côté de sa porte. Le visage de la jeune qui s’est noyée, dont quelqu’un a pris l’empreinte à la morgue, parce qu’elle était magnifique, parce qu’elle souriait toujours, parce qu’elle souriait d’une façon si triste – comme si elle savait. (source)

Ironiquement, en 1958, les traits de la jeune-fille anonyme furent utilisés par le médecin autrichien Peter Safar et le fabriquant de jouet norvégien Asmund Laerdal pour créer le mannequin Resusci Anne, utilisé dans les cours de premiers secours dès 1960. Bien que l’identité de la jeune-femme demeure un mystère, on dit que son visage est devenu « le visage le plus embrassé de tous les temps ».

L'inconnue de la Seine – 19e siècle, plâtre

Asmund Laerdal avec le mannequin Resusci Anne

« L'inconnue » de Adam Cole

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