Arpèges et café

Arpèges

N.B. : ce texte est une archive de mon blog personnel. Il a été initialement publié le 6 octobre 2008.

Cela fait un certain temps que je n’ai pas pris le temps de perdre mon temps à tenter de poser par écrit ces pulsations. Me revoilà à désirer noircir le papier virtuel de mes pensées, si promptes à m’accompagner lorsque je mets le pied dehors, si fuyantes lorsqu’il s’agit d’être immortalisées. L’inhibition lettrée et moi : pas aussi simple qu’il n’y paraît.

Lâchée dans la nuit en plein Paris, le regard perdu dans l’asphalte refroidi, il me semble que mon cœur bat plus fort à mesure que la poupée-pianiste bat le rythme de sa vie.

M’agrippant à la barre de métal graisseuse du métro, observant quelqu’un m’observant dans le reflet, j’imagine te trouver là et t’ignorer. Nous aurions pu vivre mille ans ensemble, chevaucher maints chemins et ensevelir bien des sels marins sous les plages grises de ton dédain. Seulement, pas dans cette vie-là. Pas dans cette vie-là.

Agrippée à mon piano imaginaire comme à une bouée, je laisse le soir m’envelopper dans son voile café salé. Mais je m’égare, égarée dans une gare un lundi matin fatigué.

Au Théâtre de l’Odéon, elle fut happée, applaudie, admirée, tandis que je plongeais dans un verre d’eau glacée. Nos empruntes sur le velours, ma poche à pulsations, huit dans l’ascenseur… La convocation un peu rapide, un peu maladroite, de souvenirs tout neufs à la table des invités.

Parfois, tu m’apparais en rêve. Plus humain que jamais.