Chaque chose à la fois

Dessin : Marie Guillaumet

N.B. : ce texte est une archive de mon blog personnel. Il a été initialement publié le 15 octobre 2007.

Tu vois, malgré la peau rouillée
Malgré les ébats et moi
Malgré la voix lactée
Malgré la voix rouillée

Je sais toujours me suspendre au bout des fils de fer, et je continue de faire ce pour quoi je n’ai ni queue ni tête – à rebours, à rebrousse poil, peut-être ; entre toi et moi, plus jamais rien, à jamais bien, à rebrousse poil ou à rebours. Qui de nous deux au fin fond des étoiles, la machine s’emballe tout au fond de moi…

Ce n’est plus toi au fond de moi mais moi au fond de moi, moi-même, moi m’aime, un moi qui m’aime à peine.

Tu es le rêve au creux de mes reins ; le papillon en or tamponné contre mon thorax ; le genre d’écharde que l’on ne se résoud jamais à extraire de sa plaie. Pile électrique, tes numéros partent en fumée. Je ne doute plus de rien mais de tout. Je connais tes acrobaties, tes reflets, je sais quelle est ta stratégie, non – je la devine et m’en repais.

Tout est-il fini? Oui. Tout est-il fini? Oui/Non – tout a commencé.

J’ai souvent dégorgé les couleurs, rendu à contre corps mes douleurs, dévalé les pentes et respiré de travers. Je ne suis pas le genre de fille normale, calme, douce et sereine, obsédée par son enveloppe charnelle ou par l’amour aveuglé qu’autrui lui vouerait. Je suis autre.

Les fils étaient dans mes veines, les veines menaient à mon cœur ; en un mouvement, arrachés sans douleur, il n’y a soudain plus ni vil ni laine ni vilaine.