Cyclamen et pomme granate

Début d'ébullition

N.B. : ce texte est une archive de mon blog personnel. Il a été initialement publié le 4 février 2008.

She has always been the girl holding the violets.

De retour dans ma chambre de jeune-fille, dans mon premier observatoire lunaire – d’ici, tout est différent. Les étoiles phosphorescentes sont toujours collées au plafond. Rien – ou presque – n’a changé. Azdradel, fragile, épinglée sur la colonne blanche comme les blés.

Torpeur, et sensualité de tous ces regards qui me contemplent et me retiennent – yeux fermés en papier mâché. J’ai oublié cette nuit de mars où l’on a voulu découper mon mètre quatre-vingt six pour le disposer au fond de toutes petites boîtes. Merci pour la générosité, l’empathie et la chaleur ; pour toutes ces plaies, je ne te remercierai jamais assez.

Alors j’avale la pilule rouge pour descendre avec le lapin blanc. Contemplation du curieux alignement de ma mélanine, tandis qu’infuse en mes narines une odeur laquée. Je réapprends à respirer, survivante de la période bleu marine. Moi de me demander mille fois comment retirer perfusion et masque à oxygène. Disons juste que le roux me claquait en pleine tête, bien plus que de raison. Peut-être était-ce là la réponse à toutes mes questions.

Le rêve est une manifestation de décharge morale non identifiée. Et moi de confirmer que le rôle de muse, qu’on a tendance à attribuer à de pâles chimères, est forcément incomplet. Rien n’est exclusif.

Quand je relis la seule page de ce carnet vide, j’emploie ma sensibilité à tenter de comprendre ce que j’ai pu jadis adorer dans ce tas d’immondices. Incomplétude… Oui, mais c’est là tout le rôle d’une muse. What I had to give, you didn’t need; what I needed, you couldn’t give.

ON NE SAIT PAS

ON VOUDRAIT BIEN

ON NE PEUT PAS

« Mon petit Ricochet a rejoint le paradis des écureuils. »

Disons simplement que ma lumière s’est éteinte un soir sans soleil.