Sleep is too quiet

« AMONG TREES II » de Lia Saile

N.B. : ce texte est une archive de mon blog personnel. Il a été initialement publié le 27 février 2009.

Ventre contre terre, je m’assoupis et respire fort. Et cette sensation de chaleur qui m’étouffe et ne dépare pas. Est-elle réelle ou bien suis-je mort ? Il me semble que mon cœur explose à chacun de tes pas.

Dans mes rêves, je peux te voir, te sentir, et te tenir encore. Je m’accroche à tes cheveux mais rien n’est naturel ; je te couvre d’effroi, retiens mes mains et mes doigts. Ma petite sirène, mon rodéo, tout mon être lâché à la poursuite de tes os.

Comme un lézard cafardeux je m’élance à ta poursuite, mais tu me quittes, tu me quittes, bien trop vite…

Entre nous, on s’en doutait. Que ça ne fonctionnerait pas mais qu’on s’obstinerait. Par orgueil, par masochisme ou par défi, on n’a pas pu s’en empêcher. Alors quoi ?

Et la chaleur, dis-tu, n’est pas réelle mais je m’endors. J’oscille autour de toi comme un tutu, je me nourris de ta voix synthétique, même pas belle, mais belle, parce que c’est toi.

En plein milieu de la nuit, les émotions emplissent mes yeux, mon corps, teintés de souvenirs d’ailleurs. En rêve, ma langue se souvient de goûts de figue et de coing, des infantiles larcins commis dans les placards maternels. Mes allégories, aux cheveux lisses et blonds, repartent les mains vides. Quels sont donc ces trésors de schizophrénie qu’elles déploient pour être à la fois en dedans et en dehors ? Mais au fond, je n’y crois pas.

Étrange aussi comme les paroles autrefois assassines – et qui m’ont, sur le moment, bel et bien assassiné – glissent raides, contre moi, comme la pluie sur le rocher. A priori, peu de patrimoine commun entre l’herbe et les chiens, mais qu’ils soient perçus par des yeux clairs de petite fille, et ils prennent aussitôt de terrifiants aspects.

À mon tour de relire la seule page de ce carnet vide,

À ton tour de faire le tour de toutes mes vanités…