Sur le papier, le défi Inktober est simple : dessiner chaque jour pendant un mois, du 1er au 31 octobre.

Dans la pratique, j’ai trouvé ça rigolo au début mais difficile à tenir dans la durée. Mon enthousiasme naïf des débuts a vite révélé un manque flagrant de préparation.

Mais, après tout, il s’agissait de mon premier Inktober. Jusque-là, je n’avais relevé qu’un seul défi dessin dans ma vie. Même si cela avait été motivant pour dessiner davantage, et que j’avais réussi à pondre 31 trucs, j’avais déjà pêché par dilettantisme.

Peut-être connaissez-vous le scénario : les premiers jours, vous êtes tout feu tout flamme, hyper motivé·e, prêt·e à soulever des montagnes. Vous griffonnez un dessin pas mal, puis deux – voire même un troisième si vous êtes en forme.

La première semaine passe, et le temps commence à manquer. Un jour de retard, puis deux, puis sept. L’inspiration se rebelle, et vous tournez en rond, un peu dépité·e.

Dans cet intervalle, vous observez les autres produire des merveilles à un rythme quasi-militaire, autant de coups portés à votre motivation flageolante.

Je suis passée par là aussi. Malgré tout, j’ai quand même réussi à faire 9 dessins sur 31 – ce qui n’est pas si mal, et représente environ deux dessins par semaine. C’est bien plus que ma moyenne habituelle, qui est plutôt de l’ordre d’un dessin par mois.

En vrai, j’aurais voulu dessiner bien plus. Et je suis déçue de ne pas avoir eu le temps de mettre certaines idées à exécution.

Malgré tout, pour garder une trace positive de cette expérience, j’ai réuni cinq conseils pour relever Inktober avec le moins de pression et le plus de plaisir possible.

Ce sont des astuces utiles que j’ai testées et approuvées :

  1. trouvez une liste de thèmes qui vous plaît, ou bien constituez la vôtre ;
  2. choisissez un format et un média motivants ;
  3. prévoyez des pauses si besoin ;
  4. préparez Inktober à l’avance ;
  5. (ne) regardez (pas trop) ce que font les autres.

À lire et à relire en cas de mou créatif, Inktober ou pas : s’encourager est crucial, en particulier quand on est un·e artiste fantôme, que de longues périodes sans créer s’enchaînent, et que la confiance en soi vient si vite à manquer…

Conseil nº1 : trouvez une liste de thèmes qui vous plaît, ou bien constituez la vôtre

Créer quelque chose pendant 31 jours d’affilée est rigolo au début, mais difficile dans la durée. C’est pourquoi il existe de nombreuses liste de thèmes pour Inktober (prompts).

Il y a non seulement la liste officielle (sans alternative aux images porteuses d’information 👎🏻), mais également une myriade de listes alternatives, qui proposent des angles parfois très différents.

Quelle que soit la liste qui vous fait envie, vous avez le droit de ne pas dessiner tous les thèmes, d’en laisser certains de côté et de les remplacer par des thèmes qui vous inspirent plus par exemple.

Vous avez aussi le droit de mélanger les thèmes de plusieurs listes, ou bien de changer de liste en cours de route.

Enfin, vous avez le droit de ne pas dessiner tel thème tel jour, et de le traiter et de le publier plus tard.

Bref, une liste de thèmes pour Inktober n’est pas un contrat inéliénable : c’est une antisèche dont vous pouvez vous passer quand vous voulez.

D’ailleurs, vous avez le droit de ne pas utiliser de liste de thèmes du tout, et vous laisser porter par l’inspiration du moment, sans vous sentir captif ou captive d’une liste qui ne vous parle pas.

Ce que j’ai fait

De mon côté, j’aime bien l’idée de me frotter chaque jour à un thème différent.

Bien qu’il soit tout à fait possible de se répéter, voire même de ne traiter qu’un seul thème unique pendant tout Inktober, je m’ennuie vite et j’ai besoin de diversité pour rester motivée.

Ainsi, j’ai pioché dans la célèbre liste Mabs Drawlloween Club de Mab Graves d’une part, et dans la liste Folktober de Mina Mond d’autre part. (Note : je n’ai pas retrouvée cette dernière liste sur Instagram, mais vous pouvez la télécharger au format JPG – 71 Ko).

Au final, j’ai mélangé des thèmes issus des deux listes, et cela m’a bien convenu. La prochaine fois, je réutiliserai peut-être certains thèmes que je n’ai pas eu le temps de traiter cette année.

J’ai aussi plusieurs idées de thèmes que je pourrais traiter pendant un mois entier, sans avoir recours à une liste : le folklore breton ou celtique, ou bien les artistes que j’admire, par exemple.

Conseil nº2 : choisissez un format et un média motivants

Inktober est un néologisme né de la contraction de ink, encre, et October, octobre.

À la base, il s’agit en effet de réaliser 31 dessins à l’encre de Chine, sans fioriture. La première règle officielle d’Inktober stipule en effet : Make a drawing in ink (you can do a pencil under-drawing if you want), que l’on peut traduire ainsi : « Faites un dessin à l’encre (vous pouvez faire un croquis préalable au crayon si vous voulez) ».

Pulvérisons d’emblée ce mythe ! Car les règles sont faites pour être détournées. En réalité, vous pouvez aborder Inktober par tout autre média de votre choix : l’écriture, l’animation, la photo, l’aquarelle, les colliers de pâtes, etc. 

Détendez-vous la nouille (observez ce champ lexical tout en finesse) et faites ce qui vous amuse avant tout.

Je préfère le postulat de Mab Graves : Any artist of ANY medium of any age or skill level can join. No exclusions. (« Tout·e artiste de TOUT média de tout âge ou de tout niveau peut participer. Aucune exclusion. »)

Le seul véritable objectif d’Inktober étant de se dépasser et de créer quelque chose régulièrement, sur des thèmes que l’on a peut-être moins l’habitude de traiter.

Ce que j’ai fait

De mon côté, j’aime bien le fait d’avoir une certaine homogénéité dans mes dessins. Il y a bien évidemment mon style de trait, mais cela passe surtout par l’utilisation des mêmes techniques plastiques et du même format.

J’ai réalisé tous mes dessins sur des feuilles A5 issues du même bloc Canson aquarellable, qui offre un excellent meilleur rapport qualité-prix. (#ProTip : j’en fais des stocks lorsqu’ils sont en promo.)

Le recours systématique à ce format de papier-là m’a permis d’aborder Inktober comme une série de dessins, plutôt que comme des projets « one shot » n’ayant rien en commun.

De plus, je me suis limitée à deux techniques : l’aquarelle et l’encre de Chine.

Cette dernière étant une nouveauté adoptée en cours de route, après avoir bavé devant les magnifiques dessins réalisés par Diglee à l’aide d’une table lumineuse pour décalquer au propre ses croquis.

Diglee a épinglé son process de travail dans ses stories Instagram, donc n’hésitez pas à aller vous rincer l’œil !

Lors d’un prochain Inktober, j’aimerais bien délaisser la peinture pour tenter une technique avec laquelle je suis moins à l’aise, par exemple les crayons de couleurs ou, soyons folle, la linogravure.

Conseil nº3 : prévoyez des pauses si besoin

J’ai créé ma propre liste inktober avec des pauses le week end car je n’ai pas envie de m’autodétruire au bout du 10ème jour et j’aimerais bien aller jusqu’au bout. Ragez bien les puristes !

C’est ainsi que Tarmasz a présenté sa liste, qui contient 23 thèmes et 8 jours de pause. Ce que je trouve honnête et réaliste.

S’il y a bien un conseil que je peux vous donner concernant Inktober, c’est en effet de vous aménager des pauses si vous en ressentez le besoin.

Trouvez votre propre rythme, même s’il est différent du rythme des autres.

Tout le monde ne dispose pas de plusieurs heures chaque jour pour dessiner sans rien faire d’autre.

Quand bien même, on n’est pas tout le temps inspiré·e – même si l’inspiration se travaille, les muses étant sensibles aux rituels.

Je connais ce vague sentiment d’échec parce que l’on estime ne pas avoir produit assez. Mais il faut relativiser la quantité par rapport à ce que vous produisez en temps normal, mais aussi au temps investi et donc à la qualité de vos productions.

Autrement dit : il est plus facile de créer 31 trucs si vous ne passez que 15 minutes sur chacun. A contrario, si une seule œuvre nécessite plusieurs heures de travail (🙋‍♀️), c’est compliqué de réitérer 30 fois de suite. Cela n’a rien d’anormal et ne doit pas vous faire culpabiliser.

Ce que j’ai fait

De la même façon que j’ai choisi des thèmes qu’il me plaisait de dessiner plutôt que me sentir obligée de pondre des trucs ratés sur des thèmes relous, j’ai préféré m’auto-lâcher la grappe dès que j’ai senti qu’Inktober m’amusait moins.

Après trois premiers jours à fond, j’ai eu un petit coup au moral et j’ai arrêté de dessiner pendant 10 jours. Je sentais que si je m’obstinais alors que le cœur n’y était pas, cela m’aurait renvoyé une encore plus mauvaise image de moi-même.

Or, étant au tout début de ma reconquête créative, j’ai besoin de projets simples, abordables et valorisants pour prendre confiance en mes capacités.

Sans surprise, faire autre chose et lâcher un peu mon téléphone m’a fait le plus grand bien.

Ensuite, je me suis remise à Inktober en catimini, grâce à quelques jours de congés qui m’ont permis de dessiner non-stop du matin au soir, en réécoutant Mortel d’une traite.

Et c’était : le bonheur. Plus que ça, cela a été une révélation. Je me couchais chaque jour épuisée mais heureuse, me répétant intérieurement « je veux dessiner chaque jour de ma vie ».

Des bienfaits de s’arrêter quand on en ressent le besoin, pour repartir de plus belle ensuite – Inktober ou pas.

Conseil nº4 : préparez Inktober à l’avance

Ce conseil découle tout naturellement du précédent. Si vous avez tendance à culpabiliser en voyant tout ce que sont capables de produire les autres chaque jour, sachez que la plupart des personnes qui participent à Inktober préparent leurs créations à l’avance. Ce qui est logique, pour toutes les raisons déjà évoquées.

En effet, préparer quelques dessins à l’avance permet de faire face aux coups durs ni vu·e ni connu·e. Car rien ne vous garantit que vous aurez le temps suffisant de créer au jour le jour ; pour autant, vous pourrez suivre le rythme grâce à votre réserve.

Aussi, si la régularité vous tient à cœur, ou bien si vous avez envie de traiter certains thèmes précis sans bâcler, n’hésitez pas à planifier à l’avance vos créations – des mois avant s’il le faut.

Si vous préparez Inktober très en avance, vous n’aurez certes pas encore accès aux nouvelles listes de thèmes. Mais il en existe déjà suffisamment pour que vous puissiez établir votre propre liste (cf. conseil nº1).

Suivre une liste est facultatif, de toute façon.

Par ailleurs, les listes sont publiées de plus en plus tôt, parfois dès le 1er septembre. N’hésitez pas à surveiller le hashtag #inktober sur Instagram à cette période-là pour voir ce que l’on vous propose.

Ce que j’ai fait

En septembre, j’ai pris un peu de temps pour consulter différentes listes de thèmes, et choisir ceux que j’allais traiter.

J’ai aussi créé une espèce de calendrier du pauvre en y rangeant les quelques thèmes sélectionnés, pour visualiser la quantité de ce que j’allais devoir produire, et planifier ça dans mon agenda. (Spoiler : je n’ai pas réussi à tous les dessiner.)

De plus, j’ai fait plusieurs croquis préparatoires pour commencer à réfléchir à ce que j’allais bien pouvoir faire.

J’avoue, cela m’a bien encouragée de lire vos retours quand j’ai partagé ces croquis dans ma story Instagram ! Les mots qui peuvent vous sembler les plus anodins renferment un grand pouvoir, sachez-le…

Conseil nº5 : (ne) regardez (pas trop) ce que font les autres

Ce dernier conseil est le plus ambivalent ! Regardez ce que font les autres, mais ne regardez pas trop ce que font les autres🤔

D’un côté, c’est important de regarder pour soutenir les personnes qui relèvent ce défi exigeant. Aimer leurs publications, les commenter et les partager, en retweetant ou dans une story : autant de petits gestes rapides et gratuits qui peuvent avoir un grand impact.

De toute façon, Inktober a pris de telles proportions qu’il est impossible de ne pas voir ce que font les autres…

Mais à la longue, ce flux ininterrompu de dessins, peintures et créations toutes plus originales et réussies les unes les autres peut avoir des effets néfastes.

À plus forte raison si, comme moi, vous manquez de confiance en vos capacités artistiques. On a vite fait de penser que ce que l’on publie est ridicule, moche et même pathétique, si on le compare aux productions d’autrui.

Toute la difficulté consiste donc à trouver un équilibre entre, d’une part, suivre ce que font les autres de plus ou moins loin, pour les soutenir et rester inspiré·e, et d’autre part, avoir le courage de faire une pause dès que la profusion propre aux réseaux sociaux commence à vous courir sur la cacahuète.

Ce que j’ai fait

Paradoxalement, ce sont les publications d’une artistes que j’admire tant qui m’ont le plus « coupé les pattes » à un moment : Mab Graves (encore elle !).

Elle publiait au minimum 3 à 4 choses par jour, parmi lesquelles un dessin, un selfie artistique, une sculpture, une photo making-of, voire des œuvres d’autres artistes pour les faire connaître.

En plus de ça, elle partageait chaque soir entre 20 et 30 autres œuvres géniales dans ses stories, pour mettre en lumière certaines personnes qui participaient au #MabsDrawlloweenClub (son Inktober à elle).

À un moment donné, cette surabondance qualitative m’a tout simplement écœurée. Tant que je dessinais dans mon coin et que je voyais passer les jolis dessins de mes bonnes copines sur Insta, ça allait. Mais à partir d’un moment, Instagram ne m’a montré que les choses merveilleuses et parfaitement réalisées de Mab Graves, et j’ai trouvé ça suffoquant.

Je n’avais alors pas d’autre choix que d’admettre que mes propres gribouillis étaient bien pauvres en comparaison.

C’est à ce moment-là que j’ai fait un break de 10 jours pour relativiser et réussir à me reconnecter à « ma Source ». Mais d’autres copines n’ont pas réussi à reprendre Inktober, et ont tout simplement abandonné le truc en cours de route, dégoûtées.

Accepter sa vulnérabilité

Voici ce que je retiendrai de ce premier Inktober : il est normal de se sentir vulnérable quand on montre ses créations dans un jeu auquel participe aussi des artistes pro­fes­sion­nel·les.

C’est un sujet important dont Mab elle-même a parlé dans cette publication. Je traduis quelques passages ci-dessous car je ne saurais mieux le formuler moi-même :

Comparer votre travail à celui des autres est le piège le plus commun et le plus dangereux dans lequel vous pouvez tomber.

Nous nous trouvons tous et toutes à différents endroits de nos voyages, et c’est injuste de comparer deux choses qui se trouvent à des stades complètement différents de leur développement.

Mon propre travail est la culmination de plus de 70 000 heures de pratique, et je continue encore à apprendre et à évoluer avec chacune des nouvelles œuvres que je crée.

Chaque jour j’observe des artistes dont le niveau est à des années-lumière du mien – cela m’électrise et m’inspire ! Cela me donne envie d’apprendre davantage et d’aller plus en profondeur. (…)

Nous apprenons tous et toutes ensemble.

Si vous voyez votre travail d’un mauvais œil, je vous promets que tout ce dont vous avez besoin, c’est du temps, de la passion et de la patience.

Aimez vos créations parce qu’elles viennent de vous et qu’elles existent dans ce monde uniquement parce que vous leur insufflez de la vie. Elles sont parfaites dans leur imperfection et sont extrêmement importantes.

Sur le moment, j’avais mal pris ce texte, en mode « gnia gnia gnia c’est facile pour elle de dire ça ». 🙈

Des semaines plus tard, mon ego meurtri a dégonflé, et je saisis enfin toute la force et la justesse de ce texte.

Il y aura toujours un décalage entre ce que vous créez par plaisir de votre côté, et ce que produisent les artistes pro­fes­sion­nel·les à la chaîne, parce qu’iels ont besoin de vivre et donc de vendre.

En effet, de nombreux et nombreuses artistes pro vendent leurs créations Inktober, parfois même avant de les avoir produites, tellement leur travail a la cote. On n’est donc plus du tout dans la même catégorie de « jeu », et c’est important de le garder à l’esprit.

En fin de compte, dessiner par pur plaisir, dans l’intimité de ma caverne, et montrer mon travail avec autant de fierté que de vulnérabilité à vous qui me suivez, a été pour moi une source d’épanouissement et d’apprentissage personnel.

Parfois, quand je vois la pression que subissent les artistes pro pour rentabiliser le temps passé sur Inktober, et plus globalement la difficulté de vivre de son art, je me dis que j’ai envie de profiter à fond de cette période où je n’ai de compte à rendre à personne, et où je peux créer – ou ne pas créer – selon mon bon plaisir.

A drawing a day keeps the doctor away

Pour conclure, je tiens à remercier de tout cœur Rozenn / Miss Pakotill, qui m’a encouragée voilà des mois à faire Inktober malgré mes réticences.

Elle-même sacrifie à ce rituel depuis plusieurs années, et je suis très admirative de la cohérence de son travail et de la régularité avec laquelle elle dessine.

Rozenn partageait récemment ses pensées pour notre premier crafternoon. J’y repense souvent aussi : créer des choses à plusieurs est un des grands bonheurs de ma vie. C’est un facteur déterminant dans ma reconquête créative.

Je souhaite à tout le monde de trouver son, sa ou ses doppelgängers multicolores, avec qui papoter pendant des heures, manger de petits gâteaux, mettre de l’encre partout et plus si affinités. (Toute cette réflexion tombe pile le jour où je lis ce billet et ce tweet d’Amanda Palmer – well, hello artners!)

Je remercie également Diglee pour m’avoir donné envie d’essayer l’encre de Chine. Cela m’a ouvert des possibilités créatives que je n’imaginais pas. Son « Sex Inktober » (NSFW) est une merveille qui fera date.

Enfin, merci à vous qui avez soutenu mes dessins pendant Inktober. J’ai ressenti tant d’émotions positives grâce à vous, pfiou… Votre soutien et vos encouragements ont été puissants et décisifs.

Quand je vois que mes dessins génèrent plus d’engagement que mes photos, je ressens tant de gratitude et de joie !

Il est temps que ce moment ultra cheesy s’arrête, mais vraiment, merci.

Et tant pis pour les taches, les traits qui bavent, les raccords en aquarelle.

Tant pis aussi pour les moments durs et les déceptions.

J’ai adoré dessiner et je compte bien continuer.

On se donne rendez-vous en octobre pour le prochain Inktober ?

mabgraves a aimé votre photo

Post-scriptum

Pour changer (non), je suis très à la bourre dans mes mails et mes réponses à vos super commentaires sur Dangereuses Lectrices. Je répondrai à tout le monde bientôt, promis !

Marie

Déjà 14 commentaires

  1. Je ne suis pas d’accord !
    Nan en fait en vrai je m’en fout, tout l’intérêt de ce genre de mouvements à mon sens c’est d’inciter à créer, quelque soit le support, le rythme, etc. et il faut que ce soit fun/épanouissant et non un pensum. Donc dans le fond je suis tout à fait d’accord avec tout ce que tu écris :)
    Mais j’ai l’impression que pas mal de personnes qui participent ou envisagent de participer à l’Inktober se mettent une pression « non nécessaire ». L’intérêt princapl de l’Inktober de mon point de vue est d’imposer un rythme et des thèmes (quelle que soit la liste choisie) : l’objectif n’est pas de réaliser 31 œuvres d’art mais de sortir de sa zone de confort, soit pour progresser dans son approche du dessin, soit pour se confronter à un défi personnel.

    Une des difficultés dans les projets persos, artistiques ou non, c’est à mon sens d’avancer. On a (j’ai) tendance à vouloir faire bien tout de suite et remettre sur l’ouvrage toujours la même chose pour perfectionner les détails plutôt que de produire. Et ce n’est pas mal, loin de là, mais il est nécessaire à mon sens d’avancer à un moment donné.
    Et c’est là qu’un défi « 31 dessins 31 thèmes 31 jours » prend son sens à mon avis : il y aura des dessins baclés, des dessins ratés. Il y aura des thèmes totalement ininspirants. Mais le sentiment d’accomplissement d’avoir tenu le coup, d’avoir réussi le défi passe au dessus de l’insatisfaction du résultat individuel de chaque dessin. En tout cas c’est comme ça que je l’ai ressenti quand je l’ai fait l’année passée.
    Ça rejoint le NaNoWriMo en ce moment dont le slogan est « la quantité plus que la qualité » : l’objectif est d’aider à avancer dans l’écriture de son roman en « pondant » de la ligne pour sortir de la 1324575e version du premier chapitre. Ça ne veut pas dire qu’il faut laisser le roman à l’état de premier jet mais qu’avoir un premier jet d’une trame complète permet de refaçonner l’ensemble ensuite avec une autre vision.
    Pour moi l’Inktober va dans le même sens : plutôt que de passer 4h, 8h sur un seul dessin, passer 15-30min sur quelque chose de moins détaillé, moins fini en somme, mais dans le même temps en faire un nouveau chaque jour. Ce n’est pas mieux ou moins bien, c’est une approche différente.
    Et de la même manière le thème imposé force à traiter des sujets qu’on n’aurait pas abordé en temps normal, dans une liste de thème qu’on peut choisir tout de même. Ça fait souvent des gros ratés faute d’inspiration, on ne va pas se mentir, mais y’a parfois de belles surprises quand on est poussé dans ses retranchements.
    Du coup c’est là que je suis le moins d’accord avec toi finalement, je vois plus l’Inktober comme un moyen d’apprendre à faire vite et souvent plutôt qu’un cadre pour faire moins et mieux. Mais comme dit au départ chacun fait ce qu’il veut évidemment, c’est ça qui est cool.

    Après je suis tout à fait conscient que ce que j’écris est lié au caractère de chacun, certaines personnes ne supportent pas l’inachevé et n’arrivent pas à se contenter d’un truc raté pour passer à la suite. Et de la même manière c’est facile pour moi de dire tout cela car je ne « sais pas » dessiner, donc un dessin raté ne me touche pas plus que ça puisque c’est l’état « normal » :) Mais pourquoi ne pas tenter l’exercice ?
    Par contre c’est clair qu’il ne faut pas se rendre malade à faire ce genre de défis, ça peut être dur de faire le dessin du jour par rapport à des tas de contraintes persos qu’on gère tous quotidiennement mais faut que ça reste un amusement.

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    1. Salut Nannig ! Merci pour tes sages paroles… En te lisant, je me suis rendue compte que mon approche de la chose a sans doute un côté très autoritaire/intransigeant ! 😂

      Pour moi l’Inktober va dans le même sens : plutôt que de passer 4h, 8h sur un seul dessin, passer 15-30min sur quelque chose de moins détaillé, moins fini en somme, mais dans le même temps en faire un nouveau chaque jour. Ce n’est pas mieux ou moins bien, c’est une approche différente.

      Oui, c’est vrai qu’en te lisant ça me paraît évident… En effet, c’est le but. Je suis partie dans mes grands délires comme d’habitude, et sans doute que j’ai perdu de vu l’objectif, voulant trop bien faire. Mais, hormis mon petit coup de mou, je me suis bien amusée.

      À ma décharge, l’approche que tu défends me semble devenue minoritaire. Quand on regarde ce qui se passe du côté d’Instagram par exemple, j’ai l’impression de ne voir passer que des choses très abouties…

      Bref, merci encore pour ce plaidoyer en faveur du lâcher prise ! Je tâcherai d’en prendre de la graine si je relève à nouveau le défi l’an prochain :)

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  2. Quelle belle façon de terminer une semaine bien remplie que de parcourir cet article !

    J’aime beaucoup les différentes images que tu as postées de l’avancement de tes dessins : pour moi qui n’ai aucune expérience, je trouve toujours cela fascinant de voir le cheminement.
    Ton crapaud est si beau … Tout comme la sphynge ! Même si le plus merveilleux reste Doppelgänger, je suis vraiment admirative ! Je suis allée voir Susy Oh et c’est vrai que c’est assez incroyable ce qu’elle fait.
    Je suis super heureuse que tu sois fière de toi, car tu peux vraiment l’être, je te l’assure !

    Tu sais quoi ? Tu m’as même donné envie d’aller acheter quelques petites choses pour tenter de l’aquarelle – et peindre la nature que j’ai sous les yeux tous les jours …

    Des bisous Marie !

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    1. Tu sais quoi ? Tu m’as même donné envie d’aller acheter quelques petites choses pour tenter de l’aquarelle – et peindre la nature que j’ai sous les yeux tous les jours …

      Ceci est la chose la plus choue et la plus touchante que j’aurais lue aujourd’hui. Merci 💜

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  3. D’abord, quel plaisir de pouvoir (re)voir tes dessins en plus grand que sur Instagram ! Ils prennent toute leur dimension ici, et j’aime particulièrement ta sphynge…

    Ensuite, je suis d’accord avec ce que dit Nannig sur les listes. Personnellement, avoir à traiter aussi des thèmes qui ne me parlent pas forcément tant que ça à la base est un bon moyen de faire « exploser » les barrières créatives que je me mets à moi-même (comme tout le monde, hein). C’est mon 3e inktober, et je dois bien constater que souvent, les dessins qui ont le plus de succès, qui sont les plus inattendus peut-être, naissent de thèmes que je sentais moins au départ. (Bon, on ne parle pas de thèmes que je ne sens pas du tout, comme ceux qui font référence à des séries télé que je ne suis pas, par exemple. Juste de ceux vers lesquels je n’irais pas spontanément.) Après, dessiner (presque) tous les jours peut déjà être un challenge suffisant, sans avoir besoin de se compliquer plus la vie ! Mais à un moment, rajouter des contraintes aide forcément à évoluer :-)

    J’ai réussi pour ma part à faire 13 dessins cette année (dont un avec deux versions… donc 14 oeuvres physiques). Mais : deux de ces dessins combinent deux thèmes ! Ca peut aussi être une bonne astuce pour passer plus de temps sur une pièce, sans prendre au final plus de temps que si on en avait fait deux séparées. Et ça fait travailler l’imagination !

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    1. Merci pour tes conseils et ton retour d’expérience minute ! Oui, tu as raison, combiner deux thèmes peut aider (je n’y avais pas pensé 🤓).

      En y réfléchissant à l’aune de vos commentaires, je pense que je me suis raccrochée à ce que j’ai l’habitude de faire, étant déjà hors de ma zone de confort du simple fait de devoir produire beaucoup plus en un seul mois que ce que je fais en un an.

      Mais, cette première approche étant passée, j’essayerai la prochaine fois de me plier davantage à l’exercice initial, pas tant pour progresser que pour essayer quelque chose de différent. C’est bizarre à dire mais… j’ai hâte 🤔.

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  4. Franchement, ton crapaud est incroyable. Quand je l’ai vu sur Instagram, j’ai eu l’impression que non seulement tu t’étais surpassée au niveau technique, mais qu’en plus tu avais vraiment trouvé ta patte et ton style. Gros gros gros coup de cœur.
    (Pour le reste, je ne sais pas trop quoi dire ; en tant que pure amatrice ça fait un bail que j’ai laissé tomber l’idée du Inktober en dessin parce que trop chronophage, et c’est effectivement difficile de ne pas se comparer avec d’autres.)

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    1. Franchement, ton crapaud est incroyable. Quand je l’ai vu sur Instagram, j’ai eu l’impression que non seulement tu t’étais surpassée au niveau technique, mais qu’en plus tu avais vraiment trouvé ta patte et ton style. Gros gros gros coup de cœur.

      Mais ! 🥰 Ce message est beaucoup trop gentil ! Merci !

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  5. Très beau billet. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas pris mes pinceaux et mes crayons. Je suis tellement éparpillée que j’ai du mal à m’y mettre régulièrement même si j’aime beaucoup ça. Sans parler de la gentille pression qu’on se met tous et toutes sur le dos pour arriver à faire des choses dont on est un minimum contents.es.
    Je ne sais pas si je participerais un jour à l’inktober ou à tout autre autre projet créatif de ce genre mais tes conseils sont précieux.
    ps : je suis littéralement amoureuse de ton ex-voto

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    1. Merci beaucoup, Marine !

      Cela fait bien longtemps que je n’ai pas pris mes pinceaux et mes crayons. Je suis tellement éparpillée que j’ai du mal à m’y mettre régulièrement même si j’aime beaucoup ça.

      Je comprends… Ce qui m’a aidée à m’y remettre petit à petit, c’est tout bête, mais c’est le fait de gribouiller au téléphone. Un bout de papier qui traîne, un stylo bille, et hop… Le fait d’être occupée par la conversation oblige à ne pas trop réfléchir à ce que l’on dessine. Cela permet de pratiquer sans pression, avec les moyens du bord.

      Je suis très fan des papiers qui traînent, des papiers vulgaires, des papiers que le commun des mortels jetterait d’ordinaire. Au risque de passer pour une freak, je farfouille régulièrement dans ma poubelle de déchets recyclables pour récupérer les papiers sur lesquels je pourrais dessiner et peindre.

      Cela me permet de ne pas craindre de rater ou de gâcher quoi que ce soit (surtout que je pratique l’aquarelle, et que le papier à aquarelle coûte littéralement un rein…). Peut-être un moyen de griffonner sans pression pour toi aussi ?

      En tout cas, oui, le plus dur dans tout ça ce n’est pas tant le fait de faire, mais de se libérer l’esprit de pensées toxiques. Le secret, c’est de s’y mettre malgré ça. Au fur et à mesure, le plaisir que tu vas y prendre va reléguer les pensées destructrices sur le banc de touche.

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  6. Coucou Papesse de la Lune Mauve.
    Ils sont très bien tes dessins. Et je pense que c’est vachement dur de dessiner avec autant de détails et de techniques différentes tous les jours ! Tu peux aussi essayer de dessiner ou peindre avec une seule technique, genre réduire le nombres des outils, utiliser juste un feutre, une couleur, une technique sèche, humide ?
    Tes dessins sont super détaillés, tu m’étonnes que t’ai pas eu le temps d’en faire un par jour ! ;)
    :-*

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    1. Merci Guigui pour tes conseils ! Oui, je réduirai encore le scope la prochaine fois :) J’ai mis la barre un peu trop haut, et je comprends mieux en vous lisant les un·es les autres que j’aurais pu faire plus simple (comme d’hab, me diras-tu…).

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  7. Quelle merveille, ce crapaud ! On meurt d’envie d’y poser le doigt tout en sachant douloureusement qu’on va instantanément regretter ce contact visqueux…
    Et le portrait d’Olga exprime une sorte de liberté paisible très agréable à regarder.
    C’est un plaisir renouvelé de voir tes créations, Marie !

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    1. Cela me fait sincèrement plaisir, merci beaucoup !

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