Keep it or leave it

Je continue à pas mal cogiter sur le fait de tenir un blog, et surtout de le maintenir dans la durée.

Trois choses m’ont redonné du grain à moudre cette semaine :

  1. Ce billet d’Eliness, Le Quinzomadaire, où elle explique pourquoi elle s’impose un rythme éditorial d’un nouveau billet de blog tous les quinze jours, et comment elle arrive à s’y tenir. Un passage en particulier fait écho avec mes cogitations du moment : L’ouverture d’un blog est toujours soutenue par l’enthousiasme débordant de son créateur. Les idées foisonnent, le champ des possibles est vaste, et ce nouvel espace d’expression libre ne demande qu’à se remplir. Les articles s’enchaînent. Il arrive toutefois inexorablement un jour où la motivation n’y est plus. Voilà, je suis exactement dans cette situation pour mon précédent blog – ma motivation retrouvant un tout petit peu d’entrain à l’idée de trouver de nouvelles dimensions sur La Lune Mauve ;
  2. Ce billet de Florence, Réinventer sa manière de bloguer. Là encore, plein de réflexions intéressantes, dans lesquelles je me retrouve aussi : j’ai vécu un passage à vide un peu déroutant : je me sentais éloignée et ce que j’écrivais ne m’intéressait plus autant qu’auparavant, j’avais l’impression d’écrire des choses creuses dans le seul but… d’écrire, sans rien de plus. Le fond n’était plus vraiment là et au final la forme non plus. (…) Je culpabilisais énormément aussi : j’osais presque laisser à l’abandon mon blog, ce qui me semblait impensable il y quelques mois encore. La solution qu’elle a trouvée : ralentir le rythme de publication, essayer de se reconnecter à la « ferveur » et à l’énergie des débuts, écrire quand elle en a envie à propos de ce dont elle envie, ne pas se forcer. Je vais tâcher d’en prendre de la graine.
  3. Je me suis replongée dans l’e-course Blog Life, de Elsie Larson (la créatrice du blog A Beautiful Mess). En particulier, les leçons « How to Overcome Blogging Burnout » et « Dealing with Negativity » m’ont un peu apaisée, et donné des pistes de réflexion supplémentaires pour lâcher prise. Un extrait : What’s crazy is that sometimes negativity can come so suddenly and strongly when you aren’t expecting it. I often try to phrase things in my blog posts to prevent misunderstanding, but sometimes it’s the most random things that cause people to turn hateful, stuff I never could have predicted. C’est exactement ce qui m’est arrivé : de petits étrons bien puants, surgis d’on ne sait où à propos d’un des billets les plus inoffensifs et les moins sujets à polémique au monde (du moins le pensais-je). L’autre point sur lequel Elsie insiste, c’est de réussir à faire la différence entre la critique constructive (proposant des pistes, et exprimée de manière agréable et ouverte) et la méchanceté gratuite (qui n’a pas pour but de suggérer des améliorations, mais se contente de « basher » gratuitement la personne qui blogue ou son travail, de manière agressive). Enfin, ce que je retiens aussi de ces lectures, c’est le fait d’établir une politique de modération et de s’y tenir. Par exemple, une politique « zéro négativité », qui consisterait à ne publier aucun commentaire bête et méchant, parce que concrètement, il n’y a aucune raison de donner du crédit et de la visibilité à des réactions aussi bas de plafond. Sur les réseaux sociaux, cela consisterait à masquer voire bloquer les personnes négatives dont les saillies verbales ne font que brasser du vent et détériorer l’ambiance. Ce que nous publions sur le net à titre personnel devrait toujours rester un plaisir, quelque chose d’amusant ; en tant qu’éditeurs de contenus, nous ne devons rien à personne. Our blogs, our tweets, our rules.
Zéro négativité

De tout cela, j’en étais convaincue dès que j’ai commencé à bloguer sur La Lune Mauve, en 2000, alors que je n’avais que 17 ans. Je me foutais comme d’une guigne du qu’en-dira-t-on, des remarques débiles qu’on m’envoyait par email ou des messages agressifs postés à mon sujet sur des forums quelconques.

Pourquoi ne suis-je plus capable de faire abstraction de tout cela, maintenant que j’ai 33 ans et quelques 16 ans de blogging à mon actif ? Qu’est-ce qui a changé ?

Je pense que les réseaux sociaux y sont pour beaucoup dans l’addiction aux réactions que j’ai pu ressentir à un moment. Tout est fait pour valoriser le like, le fav, le retweet, la mention ; aussi, quand il n’y a rien de tout ça, on se retrouve un peu con, surtout quand on s’est beaucoup investi dans un billet.

Je trouvais aussi assez déstabilisant de voir la différence – parfois énorme – entre le nombre de réactions et de commentaires suscités par certains de mes billets, et le silence absolu, voire même l’apathie, obtenu par d’autres, qui me tenaient parfois plus à cœur et/ou m’avaient demandé autant voire plus de travail et/ou me semblaient plus originaux et plus créatifs que les autres.

Faire abstraction

Je réalise aujourd’hui que mon expérience bloguesque a commencé à se détériorer le jour où j’ai commencé à attendre quelque chose d’autrui.

Si on attend quelque chose, il y a de grandes, grandes chances d’être déçu.

A contrario, si on n’attend rien (voire, si on s’attend au pire), on ne peut être qu’agréablement surpris.

Donc, désormais, je ne vais plus rien attendre. Ce n’est pas un manque de confiance en vous, chers lecteurs, que j’émets, c’est simplement la reconnaissance de mon besoin de bloguer pour moi, avant tout ; de suivre mon intuition, de donner forme à mes envies d’écriture et de dessin, et de ne pas supposer la qualité de ce que je fais en fonction du nombre de réactions que cela suscite. Quantité ≠ qualité.

Ne rien attendre d'inconnus sur le net

D’ailleurs, plus certains billets sont inondés de commentaires, de retweets et de mentions, plus le pourcentage de réactions indésirables et de réflexions fâcheuses augmente. Donc, on pourrait penser que moins on a de réactions, plus le nombre de personnes qui lisent ce qu’on publie est réduit, plus la qualité des réactions peut augmenter. Du moins, c’est ce que j’ai souvent constaté. Peu mais bien.

Je veux essayer de mettre en pratique tous ces mantras, pour renouer avec le plaisir de publier ce que j’écris et d’échanger sereinement avec celles et ceux qui y trouveront un écho de leurs propres centres d’intérêt et émotions.

Marie

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