Je sors à peine d’une séance de La Môme, d’Olivier Dahan. Je me rue sur le clavier pour écrire, supporte le temps de chargement de la page, de toutes les pages, et commence écrire.

Je suis sortie bouleversée de ce film. Bouleversée. Je n’avais pas été touchée en plein coeur de cette façon depuis un bon moment déjà (« The Hours »). Ce film est une merveille. « Un diamant brut. »

Marion Cotillard interprète Edith Piaf

Je n’ai jamais été le type de nana à écouter Piaf, non seulement parce que chez nous ça ne s’écoute pas, mais surtout parce que j’ai toujours trouvé ça trop Vieille France.
J’avais tout de même rencontré Piaf une fois, une seule fois, avant ce soir. Lors d’un récital, je chantai « Milord ». Je ne me sentais pas proche de l’histoire à l’époque, mais j’étais troublée d’entendre, tout au loin, sa voix chanter dans mes oreilles, alors que mes gants longs et noirs me serraient et que je manquais une certaine fête foraine.

Ce soir, je suis allée à la séance sur un coup de tête prémédité, guettant la sortie de ce film avec un faux désintérêt, titillée depuis des mois par les magazines de cinéma que je continue d’acheter. « La Môme Cotillard », titre Studio. C’est absolument ça: une fusion. L’actrice le dit elle-même, d’ailleurs, avoir dû faire une place pour Edith. Avoir du mal à la laisser repartir. Même moi, toute seule ici ce soir, même moi, j’ai du mal à la laisser partir, et j’ai du mal à glisser un quelconque album dans ma platine, car j’ai la tête pleine de sa voix, de sa vie. La seule erreur aurait été d’oublier mon paquet de Kleenex.

Le premier tiers du film – centré sur l’enfance d’Edith, pas encore moineau – nous balance une histoire terrible dans la gueule. Cash, comme ça, dès le début. Les seules bouffées d’air sont ces instantés donnant vue sur Piaf adulte, dans un studio d’enregistrement à New York: on la reconnaît même sans l’avoir jamais connue, l’image renvoyée correspond bien au cliché qu’on se faisait d’elle. Et puis l’histoire suit son cours, tortueux, abrupt et passionnel. On commence à y croire, comme elle, et on commence à sombrer, nous aussi. Déchirante scène de la montre… Absolument déchirante et parfaitement interprétée. Formidable Cotillard! Formidables émotions, jetées à votre visage sans prendre la peine de prévenir, formidable moment de cinéma, poignante passion… Tout simplement sublime.

Le montage de ce film est particulièrement intelligent, et la photographie somptueuse. Jusqu’au dernier moment, on y croit, tout comme elle. Il est aussi difficile de retenir ses larmes que de s’empêcher de rire. La salle exulte. Les deux heures vingt semblent être des minutes. Et pourtant, tous ces douloureux moments sont pointés du doigt, appuyés jusqu’à ce que mort s’en suive, par le réalisateur. On ne veut pas la laisser, on voudrait pouvoir la protéger, la couver dans un nid tout chaud. On aurait voulu ne pas la laisser partir.

Marion-Edith est bouleversante. Avis à ceux qui, comme moi, ont une réserve à l’égard des films français: courez voir « La Môme ». Où le cinéma dévoile son intensité dramatique, nous fait voir à travers les yeux d’une femme – et d’une actrice – immense. Où la musique et la vie sont la même chose, où la fiction dépasse la réalité, où plus rien d’autre n’a d’importance que ce moment-là, précisément, ce moment-là que vous vivez seule avec tant d’autres. Ce film est une symbiose parfaite entre déchirements et amour. Un billet de circonstance, donc.

Marie

8 commentaires

  1. contrairement au déballage médiatique autour de ce film, ton billet m’a donné envie de voir le film!! (même si on n’a pas forcément les mêmes goûts au niveau ciné! « apocalypto » ehehe)
    bzzzz.

  2. Tu m’en vois ravie! Ce film vaut vraiment le détour. :)

  3. (légèrement à la bourre)
    Et bien, je vais sans doute me laisser tenter, ta description et ton ressenti sont vraiment attractifs ^^
    Bises de piaf :P

  4. Et bien, je vais sans doute me laisser tenter, ta description et ton ressenti sont vraiment attractifs ^^

    Si tu as pu le voir, j’ai hâte d’entendre tes commentaires sur ce film! N’hésite pas à m’en parler à l’occasion… ;)

  5. je n’ai pas pour habitude d’écrire ce que je ressens, sauf parfois aprés un « choc émotionnel », peut être pour me sentir mieux ensuite… ce doit étre la troisiéme fois que cela m’arrive: la premiére c’était pendant ma crise d’ado pour écrire un mot a mon papa avec qui j’avais eu un gros accros verbal, depuis on se parle plus facilement. La seconde fût pour expliquer à mon ex-femme pourquoi je ne l’aimais plus, depuis je suis divorcé! et la derniére c’est ce soir pour dire que je suis resté sans voix tellement les larmes me serraient la gorge…et j’entends encore le son de la sienne, incroyable Edith et Marion…!

  6. Bonjour Pol, bienvenue par ici :)

    Pol / 03192007, 1:17:

    je n’ai pas pour habitude d’écrire ce que je ressens, sauf parfois aprés un « choc émotionnel », peut être pour me sentir mieux ensuite… ce doit étre la troisiéme fois que cela m’arrive: la premiére c’était pendant ma crise d’ado pour écrire un mot a mon papa avec qui j’avais eu un gros accros verbal, depuis on se parle plus facilement. La seconde fût pour expliquer à mon ex-femme pourquoi je ne l’aimais plus, depuis je suis divorcé! et la derniére c’est ce soir pour dire que je suis resté sans voix tellement les larmes me serraient la gorge…et j’entends encore le son de la sienne, incroyable Edith et Marion…!

    Moi aussi j’ai beaucoup pleuré, comme la majorité de la salle d’ailleurs… Il est vrai que les chansons de Piaf restent longtemps dans la tête après le visionnage du film.

  7. Bonjour Marie, merci à toi de m’accueillir par ici :)
    je suis encore sous le coup de ce que j’ai vu hier soir au ciné, toutes ces images et cette voix envoutantes qui défilent dans ma tête et devant mes yeux tout au long de la journée… je ne l’ai jamais autant écouté que ces derniers jours « la môme ». En y repensant ce matin au reveil, la premiére chose qui m’est venue est ce silence total qui à suivi l’ecran noir dans la salle… je ne pouvait plus bouger :) . Du coup tu m’as donné envie de voir ce fameux « The hours », je n’en ai même pas entendu parlé, encore un qui a dû sortir dans ma période « lost in space » ;) Dis moi ce que tu en penses stp merci…
    a bientôt

  8. Pol / 03202007, 7:35:

    Bonjour Marie, merci à toi de m’accueillir par ici :)

    Je t’en prie! Je suis contente que mon petit blog permette d’échanger sur des sujets pareils! ^^

    Pol / 03202007, 7:35:

    Du coup tu m’as donné envie de voir ce fameux « The hours », je n’en ai même pas entendu parlé, encore un qui a dû sortir dans ma période « lost in space » ;) Dis moi ce que tu en penses stp merci…
    a bientôt

    « The Hours » (bande-annonce) a quelques années déjà. Il a fait parler de lui car, non content de proposer un scénario original qui s’appuie sur le roman « Mrs Dalloway » de Virginia Woolf, cette même romancière est interprétée par Nicole Kidman herself qui, pour l’occasion, est devenue méconnaissable (et a gagné l’Oscar 2003 de la meilleure actrice pour ce film):

    A l’affiche également, Julianne Moore et Meryl Streep, toutes deux parfaites et touchantes.

    Le synopsis met en parallèle la vie de ces trois personnages de femmes, qui, dixit la bande-annonce, « vivent chacune un mensonge », reliées malgré elles par le fameux roman.

    Il y a tellement de poésie, de mélancolie, et de finesse dans ce film, que j’en ressors toute chamboulée si d’aventure je le visionne à nouveau… Je te le conseille sincèrement, c’est un film à Kleenex! Certes, plus Hollywood que « La Môme », mais néanmoins aussi sublime. Si jamais tu le vois, n’hésite pas à me dire ce que tu en as pensé.

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