La vérité est ici, quelque part, dans l’espace des choses que personnes ne dit.

Pensées du matin, à peine réveillées, rendues possible par de la théine et du paracétamol (mon cou est bloqué depuis deux jours).

1. Banalités

Je déteste les messages superficiels, où l’on fait comme si tout allait bien.

Certes, je comprends que ça soit socialement nécessaire dans certains contextes : par exemple, quand je vais chercher mon colis Mondial Relay, je sais qu’échanger quelques mots avec le ou la commerçante est le minimum vital étant donné que je n’achète jamais rien dans sa boutique.

Par contre, faire du small talk avec des ami·es de longue date ne m’intéresse pas.

Dans l’ensemble, je déteste les relations qui restent en surface. Je préfère encore ne pas échanger du tout, si c’est pour échanger des banalités.

Mes antennes d’hypersensible détectent très, très bien l’intention de causer de la pluie et du beau temps, en plus. Quand ça arrive, je préfère botter en touche et laisser mourir la tentative de (re)prise de contact. Tant pis.

2. Puzzle

Il y a quelques mois, Marie-Cécile me disait que le célèbre slogan de The X-Files, « the truth is out there », a été mal traduit en français.

Ce n’est pas « la vérité est ailleurs », mais plutôt : « la vérité est là, quelque part ».

Dans la traduction initiale, on part du principe que la vérité est ailleurs, donc qu’elle n’est pas là, et que face aux possibilités que cela implique (l’espace, le gouvernement, tout ça), la chercher est peut-être une quête vaine. Cela pose direk’ un jugement négatif sur la quête de Mulder et Scully.

Dans la traduction revue et corrigée, c’est l’inverse : on reconnaît que la vérité est là, toute proche, mais qu’elle demande encore des recherches pour être dévoilée au grand jour. Et quand on connaît bien The X-Files, on sait que c’est le nerf de la guerre de la série : amasser les témoignages et les preuves, dossier après dossier, pour reconstituer méticuleusement le puzzle.

Ce qui est non seulement la quête de Scully et Mulder, mais aussi la tâche des scénaristes et des réalisateurs.

(Je genre « scénaristes et réalisateurs » au masculin, car il s’agit d’une écrasante majorité d’hommes blancs cishet — ce qui a, sans surprise, donné lieu à un paquet d’épisodes sexistes, misogynes, transphobes et racistes. À ce sujet, lire notamment The 10 Most Embarrassing X-Files Episodes.)

Un mot sur la réalisation de The X-Files, d’ailleurs. J’ai beau être fan depuis mon adolescence, je viens juste de remarquer ceci :

  • on voit nettement un grand « X » dans de nombreux épisodes, hors générique : par exemple, les faisceaux des lampes torches qui se croisent, deux éléments du décor qui forment un X lors d’un mouvement caméra, etc. ;
  • il y a souvent une allusion à l’épisode précédent, d’un épisode à l’autre, peu importe leurs thématiques. Par exemple, dans la saison 7, Arcadia montre à plusieurs reprises le cadran de la montre de Mulder, en écho à l’épisode précédent Monday, où cette vision était récurrente et importante.

Monday est d’ailleurs l’un de mes épisodes préférés, clin d’œil à Un Jour sans fin mais façon X-Files.

J’ai cité une autre sélection de mes épisodes préférés en réponse à cette publication Instagram de Marie Meier. Mais j’en ai évidemment oubliés plein.

3. Marù

En préparant mes itinéraires, en triant mes photos, puis en écrivant mon billet sur les boîtes à crâne en Bretagne, je me suis souvent demandé pourquoi la mort m’obsède avec une telle force en ce moment.

Bien que ma taphophilie soit ancienne, quelque chose de très profond s’est noué en moi à chaque fois que je me suis retrouvée face à ces boîtes, en particulier cet été, dans les Côtes d’Armor.

Je viens tout juste de comprendre que ce n’est rien d’autre que le besoin de faire le deuil de mon grand-père. Il est mort en début d’année, de la maladie dont certaines personnes nient l’existence.

Je me languis de rites funéraires qui seraient plus personnels et plus durables que la sacro-sainte messe à l’église expédiée en une heure.

Des reliques physiques des personnes que j’ai aimées et qui ont disparu m’aideraient-elles davantage à faire mon deuil ? J’en doute fort, et pourtant, je ressens une profonde nostalgie pour les hommages appuyés aux morts que l’on rendait encore en Bretagne il y a à peine plus d’un siècle.

Point nerd : en breton, la mort se dit « marv » ou « Marù » (« Marù, Marù ! » crie le corbeau qui annonce la venue de l’Ankou dans le pays de Vannes).

De son côté, Gillian Anderson, qui incarne Dana Scully dans The X-Files, a nommé sa fille Piper Maru. (L’épisode 3×15 fut d’ailleurs intitulé Piper Maru pour cette raison.)

Je doute que Gillian Anderson soit bretonnante, mais la synchronicité de cette découverte me fait sourire.

4. Demi-monde

Emma Ruth Rundle (ERR) vient de sortir Return, le premier single de son prochain album, Engine of Hell – et je suis épatée.

Return est une élégie sombre, portée par le piano pudique et la voix d’ERR. Difficile de ne pas penser à Tori Amos, en particulier à bells for her et à Beauty Queen, mais aussi à Putting the Damage On, ainsi qu’à beaucoup d’autres instants de Boys for Pele.

« Doux-loureuse », cette lancinante violence, cette puissante mélancolie que l’on se sent souvent, en tant que femme, ou personne socialisée comme telle, réduite à pouvoir exprimer, alors qu’on aurait besoin casser des trucs et de hurler.

Le clip de Return, débordant de beauté et de tristesse, me rappelle, pêle-mêle :

  • Amanda Palmer époque The Dresden Dolls — elleux-mêmes héritant de Marcel Marceau (dit le Mime Marceau) et de ses célèbres pantomimes ; 
  • le film Legend (au fait, qui d’autre date son éveil sexuel de la fameuse danse de Dark Lily ?) ;
  • les « hidden mothers » victoriennes, ces mères posant avec leurs enfants pour une photo, mais avec un long drap, souvent noir, leur couvrant le visage ;
  • quelqu’un dans les commentaires Youtube du clip évoquait aussi Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau. Quand je vois la silhouette de cet être humain portant une tête de cheval, difficile de ne pas faire le lien avec les peintures d’ERR, en effet.

La musique d’ERR m’a rattrapée en pleine chute il y a 5 ans.

Marked for Death reste mon album préféré, ainsi que Some Heavy Ocean (un trou noir d’anti-bonheur, une excroissance de matière noire en forme de cœur selon Pitchfork).

La voir en concert fut incroyable : seule, avec sa guitare et ses pédales, frêle et blanche devant la foule compacte venue voir le spectacle autrement plus noir et suffoquant de Chelsea Wolfe (CW).

Je dis « suffoquant » surtout parce que c’était en pleine canicule, mais ce fut quand même l’un des meilleurs concerts de ma vie, même si j’y étais allée seule, et que cela m’avait beaucoup manqué de ne pas pouvoir partager ce moment spécial avec quelqu’un.

Speaking of CW, Return me fait aussi beaucoup penser à Hiss Spun, d’un point de vue visuel uniquement.

Rien de surprenant, étant donné que ERR et CW sont deux des têtes d’affiche de Sargent House, un label ma fois taillé sur mesure pour l’assocation des grown-up goths dont je suis l’humble secrétaire.

Autour de cette formidable clique, des stylistes et artistes qui déboîtent, comme :

  • Hogan McLaughlin, auteur des costumes d’ERR dans le clip ;
  • Bill Crisafi, illustrateur, directeur artistique et collaborateur historique de CW, à qui l’on doit notamment l’esthétique de Hiss Spun. Crisafi et McLaughlin étant amoureux et partenaires dans la vraie vie, leurs univers se nourrissent et se répondent de manière organique ;
  • Ashley Rose Couture, jeune styliste surdouée qui a récemment créé les costumes de Lingua Ignota pour le déroutant Sinner Get Ready.

Tous ces gens créent des choses tellement merveilleuses, profondes et léchées, que ça m’impressionne, voire ça me décourage quand je n’ai pas trop le moral. Mais bon, au moins la bande-son de ma mélancolie est de bonne facture.

Quelle joie et quelle énergie cela doit apporter d’appartenir à un collectif artistique aussi prolifique ; d’avoir à ses côtés d’autres artistes qui partagent le même genre de vision que soi, qui s’aident mutuellement à leur donner vie… Le tout est toujours plus grand que la somme des parties.

A rich belief that no one sees you
Your ribbon cut from all the fates and
Some hound of Hell looking for handouts
The breath between things no one says

Engine of Hell d’Emma Ruth Rundle sort le 5 novembre.

Bien qu’il soit déjà en précommande, j’attends de le trouver à 20 balles sur Dodax, parce que j’ai déjà bien trop craqué mon slip niveau dépenses ce mois-ci.

Post scriptum

PS : à propos de Tori Amos, je suis en train de lire l’excellent livre d’Amy Gentry sur Boys for Pele (collection 33 1/3, chez Bloomsbury).

L’autrice considère que les réactions souvent violentes à l’encontre de la musique et de l’esthétique de Tori Amos témoignent du dégoût que les femmes apprennent à ressentir non seulement pour leur propre corps, mais aussi pour leurs goûts musicaux.

Elle affirme encore que Boys for Pele représente le summum de la volonté de Tori Amos d’explorer les qualités écœurantes qui font de sa propre musique, et même de ses albums plus classiques – qui sont tout aussi sublimes –, une expérience inconfortable et fantastique.

Le propos est résolument féministe, et j’en savoure chaque page.

Marie

Déjà 20 commentaires

  1. Tout plein de pensées douces pour toi vis-à-vis de ta perte…
    Pour ton anecdote nerdisante de Marv/Marù, il y a peut-être même moyen de creuser plus loin en allant voir du côté de Mara ? Remonter aux racines de l’écriture et de la mort.

    Cela me fait repenser au fait que j’ai toujours beaucoup l’idée d’ailleurs du golem et de son « emet » (אמת, « vérité ») transformer pour devenir « met » (מת, « mort »). Comme si pour être réellement en vie il fallait trouver sa vérité, ce qui donne du sens à ce moment fugace. /réflexion bancale offerte par la vague de mélancolie du soir/

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    1. Le rapprochement entre Marv / Marù / Mara est tentant, mais je ne suis pas sûre qu’il existe une relation entre le sanscrit et le breton ?

      Cela me fait repenser au fait que j’ai toujours beaucoup l’idée d’ailleurs du golem et de son « emet » (אמת, « vérité ») transformer pour devenir « met » (מת, « mort »). Comme si pour être réellement en vie il fallait trouver sa vérité, ce qui donne du sens à ce moment fugace. /réflexion bancale offerte par la vague de mélancolie du soir/

      +1000 ! D’ailleurs, dans l’épisode de The X-Files consacré à la figure du golem, cette inscription joue un rôle décisif.

      Et j’aime beaucoup ta réflexion, sur la vérité, la vie, la mort… La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste, n’est-ce pas.

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      1. Je ne connaissais pas cette citation d’Hugo. Je crois que je ne serai pas toujours d’accord avec elle. Selon la profondeur de la mélancolie peut-être ? :)

        Je ne suis pas linguiste et j’ai peur de dire de grosses bêtises, mais il me semblait que ces langues sont toutes deux dans la famille indo-européenne. Peut-être que pour ces termes les chemins ont été totalement différents avant d’y arriver par contre ?

  2. Je me fais une réflexion un peu cousine sur les cimetières français récents qui ne sont que pierre gris pâle, plaques pré-remplies et angles droits… avec un peu de chance, une allée d’arbres domptés. Ça ne favorise pas vraiment le retour à la poussière et le déploiement des esprits quand on vient rendre visite à un être disparu…

    C’est agréable, ce format Antichambre, plonger dans quelques pensées, images, songes… la quintessence du blog. Merci !

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    1. Merci Pimprenelle ! Je suis contente que ce format un peu plus expérimental trouve grâce à tes yeux.

      Je ne peux que plussoyer pour nos cimetières français, même si certains, très anciens, offrent un peu plus d’espace pour déambuler et apprécier la nature qui reprend ses droits, ou menace de le faire (je pense au cimetière du Père-Lachaise, bien sûr, mais aussi au cimetière de Loyasse, et au cimetière du nord de Rennes, dont je publierai des photos un de ces quatre).

      Plus c’est vieux, plus ça redevient sauvage, et plus ça ouvre un nouveau champ de possibles, je trouve.

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  3. C’est vrai que les enterrements d’aujourd’hui, ou les crémations, ne sont pas très personnels, envers le défunt ou la famille… J’avoue un faible pour une pratique relativement récente allemande : les forêts de défunts, où tu déposes les cendres au pied d’un arbre, en pleine forêt. C’est assez beau, et si tu viens te receuillir, je pense que c’est plus apaisant de le faire en pleine forêt verte plutôt que dans une forêt de marbre…
    Cette antichambre est vraiment très belle…
    Belle journée
    Alexandrine

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    1. J’aime beaucoup le principe des forêts du souvenir aussi ! Merci pour ton message et ton retour à propos de cette antichambre, à bientôt !

      Répondre

  4. Il faudrait vraiment que je me motive à regarder X-Files un de ces jours, mais le nombre de saisons m’intimide !

    Je plussoie ton observation sur les rites funéraires convenus et impersonnels auxquels on a droit à notre époque. J’envie le mouvement death-positive américain et leur encouragement à se réapproprier ces pratiques.

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    1. Il faudrait vraiment que je me motive à regarder X-Files un de ces jours, mais le nombre de saisons m’intimide !

      Y’a de quoi ! Je pense pouvoir dire de manière à peu près certaine que les 5 premières saisons (+ le premier film) sont vraiment les meilleures. La suite est plus dispensable.

      Et si cela fait encore trop, je conseillerais de regarder au moins les 3 premières saisons pour te faire un avis (certes, ça fait quand même 3 x 24 épisodes de 45 minutes).

      Précision : la saison 1, bien que déjà excellente, a assez mal vieilli visuellement (sans parler des aspects souvent problématiques de certains scénarios : mais en ça, toutes les saisons sont concernées) : cela peut parfois décourager. Cela vaut le coup de poursuivre, car la saison 2 prend des proportions absolument géniales (*wink* Scully *wink*).

      À partir de la saison 6, la série commence à se moquer d’elle-même et à devenir extrêmement meta, mais c’est excellent aussi. Mais c’est peut-être un peu moins savoureux quand on vient juste d’emménager dans cet univers ? Je ne sais pas, mais ça m’intéressera d’avoir ton avis lorsque tu t’y mettras :)

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      1. Oh, c’est ««« rassurant »»» de savoir que je peux regarder seulement quelques saisons pour gouter à la substantifique moelle de la série. (si tu m’avais dit que la saison 9 était la meilleure, les probabilités que je regarde un jour auraient dangereusement baissé)

        Merci pour ton conseil !

  5. Étonnant le chemin d’Emma Ruth Rundle vers le dépouillement piano / voix, hâte de découvrir ce que contient son nouvel album. Le clip est en tout cas magnifique !

    En parlant de musique, un ami – sur un réseau qu’on ne nomme pas – m’a fait découvrir il y a déjà quelques temps Kathryn Joseph dont le morceau et le clip m’obsède, je me suis dit que ça pourrait te parler :

    —-
    Pour faire suite au commentaire de Pimprenelle, côté cimetière, celui de Loctudy (Finistère) autour de l’église Saint Tudy fait un peu figure d’exception je trouve (mais il n’est pas récent, ceci explique cela), les tombes sont entourées d’herbe et d’arbres dont les branches retombent parfois un peu trop, des vieux bancs sont installés tout autour. On y a fait une pause cet été, et l’ambiance était tellement plus apte au recueillement, je me suis dit que tous les cimetières devraient avoir ce type d’environnement.

    —-
    PS : C’est quoi cette photo de Tori Amos ?!?

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    1. Salut Tomek, ça fait une paye ! :) Merci pour ton message et pour le clip de Kathryn Joseph, j’aime beaucoup ! Cela a piqué ma curiosité, je vais aller écouter son album.

      Pour ERR : j’avoue que le dernier album m’avait moins touchée, je le trouvais un peu trop saturé et répétitif, donc je me réjouis beaucoup qu’elle tente quelque chose de plus dépouillé et introspectif.

      Le cimetière de Loctudy doit être bien joli en effet — mais c’est de la triche, car tout est joli dans le Finistère sud !

      Quant à la photo de Tori : c’est une photo promo d’époque pour Boys for Pele, album placé sous le signe du feu.

      Répondre

  6. Super article une nouvelle fois. C’est vraiment glaçant ces mères voilées… Très inspirant aussi !
    En ce qui concerne les small talks, cest quelque chose qui m’épuise terriblement car ce n’est pas spontané. Il faut calculer chaque phrase en fonction du contexte et du moment, ça me gave. Après, j’essaie de m’y faire, c’est le nerf de la guerre des rapports interpersonnels au boulot donc… En gros, je me dépatouille avec des conversations types que j’ai appris par cœur.
    En tout cas, c’est génial ce renouveau créatif ! Moi qui avait envie de nouvelles pistes musicales, ton billet tombe à pic. Merci encore pour tous ces partages !

    (Je suis à la bourre sur les commentaires, et je file lire ton article sur les boîtes à crânes que je gardais pieusement pour un moment tranquille ! )

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    1. Merci beaucoup pour ton retour, Fileuse ! C’est vrai que le small talk est souvent répétitif, et personne ne semble s’en rendre compte, donc on peut s’en sortir sans trop de mal (et puis j’ai remarqué que, quand on ne sait pas quoi dire, faire parler les autres en posant des questions est une bonne tactique pour combler les silences gênants).

      Au fait, ne t’inquiète pas/tu n’as pas besoin de te justifier si tu n’as pas le temps de tout commenter, ou de commenter tout court. Bien sûr, cela me fait toujours immensément plaisir quand tu y réussis, mais je ne voudrais pas que mon blog t’ajoute une pression supplémentaire de quelque sorte que ce soit. On se sait !

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  7. Super article, notamment la partie sur X-Files qui m’a beaucoup parlée !
    Alors déjà merci pour la liste des épisodes problématiques, c’est marrant de voir comment les choses évoluent en 20-30 ans. Ca fait longtemps que je n’ai pas regardé sérieusement la série (juste picoré des épisodes par-ci par-là) et je serai curieux de savoir comment je les reçois maintenant. Notamment l’épisode du Chupacabra qui était génial dans ma mémoire mais qui visiblement est très problématique dans son traitement de l’immigration (ce qui ne me surprend pas du tout avec le recul).
    Et le slogan. Môman le slogan! Mais ça change tout si on le lit différemment effectivement, je n’avais jamais pensé à remettre en cause la traduction d’origine alors que là ça fait tellement plus sens !
    Donc merci pour tout ça, ça donne envie de s’y remettre.

    Répondre

    1. Merci beaucoup, Nannig ! C’est grisant autant que flippant de revoir une œuvre culte à différents moments de sa vie, je crois. D’un côté, je kiffe chaque minute car c’est trop le bonheur de retrouver des personnages qui vivent dans ma tête depuis plus de 20 ans. Je perçois aussi beaucoup mieux l’humour meta de la série.

      De l’autre, ça me fait sincèrement braire de voir tous les tropes problématiques que j’évoquais. Encore hier soir : 7×12, X-Cops / Peur bleue (traduction nulle, au passage). Un pitch sympa, écrit par l’un des plus grands scénaristes de X-Files et au-delà (j’ai nommé Vince Gilligan), mais ruiné par un amassis de clichés homophobes, putophobes et racistes.

      Ça me donne envie de collecter de la data pour visualiser la proportion d’épisodes problématiques par saison ! (Mais je peux pas, j’ai Inktober à préparer.)

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  8. Merci, tu es adorable. 🖤
    (Ce que tu viens de m’écrire m’aide énormément)

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    1. 💜 Mais je t’en prie !

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  9. Les Hidden Mothers sont bouleversantes et terrifiantes à fois. Connais-tu le but de cette mise en scène ? Pourquoi cette image dissimulée de la mère avec tous ses enfants (et pourquoi pas le père ?) Je n’ose même pas imaginer ce que peut éprouver une mère pleurant son enfant au moment de la photo et ce qu’elle ressent au moment où elle la regarde.
    Merci pour cette découverte

    Répondre

    1. Hello Véronique ! Merci pour ton commentaire.

      L’article semble dire que c’était une façon pour les mères (ou les nourrices ?) de rassurer et de calmer l’enfant devant l’objectif : vu qu’à l’époque le temps d’exposition des photos était long par rapport à aujourd’hui, le moindre mouvement signifiait une photo flou. Or, je pense que ça coûtait relativement cher de se faire tirer le portrait, donc s’il fallait recommencer plusieurs fois, enfin tu vois.

      Concernant les photos post-mortem anciennes sur lesquelles les mères posent avec leur enfant mort, je n’en ai encore jamais vues ; néanmoins, en effet, je ne peux que me joindre à toi pour compatir à l’immense peine des parents qui perdent un enfant, et de leurs familles.

      À savoir qu’aujourd’hui, ces pratiques photographies existent encore, même si la mise en scène a évidemment beaucoup changé : il existe notamment des associations qui proposent aux parents endeuillés de photographier leur bébé décédé, par exemple Souvenange.

      J’ai pris conscience de l’énorme tabou sur le deuil périnatal en écoutant l’excellent podcast « Mortel » de Taous Merakchi pour Nouvelles Écoutes.

      Répondre

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