Il m’aura bien fallu quatre jours pour me remettre de cet énorme concert qu’ont donné les Rolling Stones au Stade de Gerland, à Lyon, lundi dernier.

S’il y avait un concert à ne pas rater en 2007, c’était bien celui-là!

Déjà, ambiance: les Rolling Stones, pour moi, c’est la musique de mon papa. Je n’ai aucun disque d’eux et c’est à peine si je sais citer trois titres de leurs chansons. Alors de là à vous citer leur discographie…

Oui, je sais. Lamentable.

C’est donc en totale néophyte que je me rendai au concert, ce qui fut original quand on sait que je ne daigne me déplacer que pour des concerts dont je suis quasiment sûre qu’ils seront à la hauteur de mes espérances (de toute façon, vu le prix des places en général + frais éventuels liés au train et à l’hôtel, je suis obligée d’être très sélective).

J’espèrais juste passer un bon moment de rock’n’roll, me disant qu’un groupe avec une aura et une expérience pareilles ne pourrait jamais vraiment donner de concert nul.

En mars dernier, je proposai ainsi à mon paternel, fan de rock sans que ça se voit, d’aller applaudir les Stones en concert, un de ses groupes cultes, pour qu’il les ait vus au moins une fois dans sa vie. Bon, dit comme ça, on dirait qu’il a quatre-vingt-quatorze ans, mais non en fait. Il est juste très déshabitué des concerts…

Ainsi, nous nous rendîmes, un peu surexcités (enfin, surtout lui), au Stade de Gerland, plus connu pour les matchs de l’Olympique Lyonnais qu’il abrite que pour les concerts de rock (quoi que Genesis vienne y jouer début juillet – décidément).

Je n’y étais donc, en toute logique, jamais allée. Pourtant, j’ai été agréablement surprise par l’architecture du lieu, en particulier par ses murs externes qui ne sont pas sans vaguement rappeler un forum antique.

A l’entrée, mon père me fait le coup-classique-de-quand-on-part-en-voyage-ou-qu’on-va-faire-les-courses: « On m’a volé mon billet/mon portefeuille/mon chéquier!!!« . Panique à bord! on lui aurait chourré son billet. Mon père, toujours un peu fou-fou et excessif, l’avait glissé dans la poche avant de sa chemise.

Or, au moment de présenter le dit billet, v’la-t-y pas que le billet n’y est plus dites donc! Minute de stress total, et moi d’imaginer déjà comment on va faire pour trouver un autre billet, qu’il va falloir en acheter un au black à prix d’or, que je vais devoir revendre le mien car ça va pas être possible, etc.

Heureusement, blackout de courte durée puisque le billet de mon père se trouvait en fait dans la poche avant de son jean. Le billet n’avait donc pas été chourravé, et je n’avais donc pas à revendre le mien. Ouuuuuuuuuf. J’en aurai entendu parler jusqu’à ma mort sinon. C’est que ça en demande, de la patience, de sortir son pôpa!

Bref, une fois passée l’étape fouille de mon micro-sac (des fois que j’y cache un isotope radioactif), nous tombons nez à nez avec un premier stand de merchandising qui affichait sans rougir le prix de 55€ pour un t-shirt à paillettes formant le logo Stonien. (Un jour, il faudra que quelqu’un m’explique comment on peut raisonnablement dépenser 55€ pour un t-shirt. Déjà ceux de Tori Amos à 35€, j’ai pas pu, alors là, j’en parle même pas. C’est dommage car ils étaient beaux, ces t-shirts.)

Nous prenons place sur la pelouse au moment même où Starsailor commence la première partie. Pas de bol pour eux comme pour nous, il commence à pleuvoir. Heureusement, cela ne dure qu’une quarantaine de minutes (sic), avant que Toutatis ne daigne dégager le gros nuage chiant d’au-dessus de nos têtes.

Les chansons de Starsailor sont bien gentilles, on reconnaît les gingles publicitaires, le chanteur se démène comme il peut, il est même sympa, mais il n’est pas dupe: tout l’attirail qui l’entoure, cette scène immense au décor et ses écrans démesurés, ainsi que les 24 000 personnes qui lui font face ne sont là que pour ces vieilles racailles de Rolling Stones.

Le public a une moyenne d’âge de 50 ans, mais il y a de tout: des pères de famille avec leur progéniture, des groupes de copines toutes sages, quelques enfants, des Italiens, des Allemands, et même des fans aux cheveux blancs. Entourée de 23 999 autres spectateurs, je sentais en moi-même que ce concert allait méchamment rougner…

21h10 pétantes, les Stones débarquent sur scène comme de beaux diables et ouvrent avec le très bon « Start Me Up« . Chanson de circonstance, donc, qui va comme un gant à un stade.

Le Mick Jagger nouveau (euh, non – ancien) frétille dans sa belle veste en satin vert fluo, aussi maigre qu’un fil de fer, et sautillant déjà d’un bout à l’autre de la scène. Je le sens nerveux. C’est que ça doit pas être facile de faire monter l’ambiance dans un stade chauffé à blanc. Pourtant l’ambiance monte vite, car Mick et sa bande sont de vrais professionnels et connaissent bien les recettes qui marchent à tous les coups.

Les chansons s’enchaînent sans que je les reconnaisse: je me maudis de ne pas avoir révisé mes classiques. Les autres spectateurs semblent être super contents de la setlist, ce qui relaxe encore plus l’ambiance (et dieu sait qu’une bonne ambiance dans un stade de 24 000 personnes est importante).

Moi, je n’avais pas oublié de mettre des boules Quiès, car faut pas déconner, la musique dans un stade, c’est pas loin de 120 decibels pendant deux heures. Je ne les enlèverais que pour « (I Can’t Get No) Satisfaction« , qui valait son pesant d’or, et pas seulement parce que c’était quasiment la seule chanson que je connaissais.

L’avantage des boules Quiès, hormi l’excellente filtration de tous les bruits et sifflements parasites, est que cela permet de mieux entendre le son de chaque instrument et des voix. Ainsi, j’ai cru saisir un peu de trac dans la voix de Mick Jagger, et une basse qui manquait parfois de volume. Mais je n’y ai vite plus fait attention, tellement captivée que j’étais par ce show gigantesque qui fit trembler le sol et les corps.

D’ailleurs, le son sera bien meilleur au bout de quelques morceaux, fait surprenant dans un tel lieu. Je m’attendais à de une bouillie sonore: le concert a, au contraire, bénéficié d’un très bon son (trop fort, comme d’hab’).

Quelques faits notables qui ont contribué à mettre une super ambiance:

  • Mick Jagger prononçant quelques phrases en français, content de jouer à Lyon, ville qui ne les avait plus revus depuis 25 ans;
  • de sacrés musiciens accompagnaient les Stones, en particulier une chanteuse incroyable dont je ne parviens pas à retrouver le nom (mais quelqu’un va bien m’aider, non? ^^);
  • une très belle scénographie ainsi que des effets pyrotechniques du meilleur effet, ainsi qu’une pluie de rubans à la fin du concert;
  • un émouvant tribute à James Brown;
  • les deux morceaux chantés par Keith Richards: on lui pardonne de lire les paroles sur un prompteur, car l’émotion est là et puis faut le comprendre, il commence à avoir du mal avec tous les « médicaments » qu’il prend… Il ressemblait vraiment au père de Jack Sparrow avec ses breloques dans les cheveux! :-O
  • un public passionné mais pas beauf.

J’évoquais la scénographie; vers le milieu du concert, on voit les musiciens se rapprocher de la batterie, limite les uns sur les autres. J’ai mis quelques secondes à comprendre qu’ils s’étaient en fait regroupés sur une partie mobile de la scène, qui a commencé à s’avancer le long d’une allée qui traversait le public en son milieu.

Moment magique… C’était de la folie pure!

Les mecs mythiques qui se rapprochent comme ça de leur public archi-fan, moi ça m’a ému. Mon père s’est transformée en groupie devant mes yeux. Car comme nous étions arrivés relativement tôt, nous étions situés pile à l’endroit où la scène amovible s’est arrêtée: en gros, Keith, Mick, Ronnie et Charlie étaient à 2 mètres de nous. Je vous dis pas l’ambiance survoltée, les filles portant leurs mecs à bout de bras, les gars hystériques jetant leur petite culotte sur scène… Ah ah. C’était du très, très bon Rolling Stones, avec trois morceaux joués sur cette petite scène amovible qui resteront dans les annales. Je me suis rarement autant amusée pendant un concert!

Les Stones rejoignant enfin la scène principale pour le dernier tiers du concert, avec des tubes explosifs comme « Sympathy for the Devil » et « Brown Sugar » (accompagnée d’images très hot en arrière-plan), les 48 000 yeux ébahis du public découvrirent que les roadies avaient installé sur celle-ci une grosses bouche rouge gonflable géante! Le truc complètement surréaliste, la preuve en images:

La bouche gonflable vite dégonflée (snif), les Stones achevèrent ce splendide concert avec deux de leurs chansons les plus connues, « (I Can’t Get No) Satisfaction » et « Jumpin’ Jack Flash » qui embrasèrent une dernière fois la foule extatique.

Les superlatifs ne manquent pas, en effet, pour qualifier ce concert hors du commun, témoin d’un grand professionnalisme et d’une passion intacte, dont on comprend qu’il faille pas moins de 200 roadies pour être exporté dans le monde entier.

La prochaine fois, s’il y en a une, j’y retourne sans hésiter! Les 75€ du billet ont été largement amortis.

Je ne sais pas (ne veux pas?) savoir à quoi ils carburent, les papys, mais j’ai été bluffée! J’attends de voir quels jeunes groupes d’aujourd’hui réussiront à remplir autant de stades et à jouer avec autant d’énergie à plus de 60 piges… Certes, en France on a Johnny Hallyday, qui n’est plus tout jeune non plus – mais croyez-moi, c’est de la nioniotte à côté d’un Mick Jagger remonté à bloc comme lundi soir.

La setlist complète:

Start Me Up
It’s Only Rock’n’Roll (But I Like It)
She’s So Cold
Bitch
Monkey Man
Let It Bleed
Midnight Rambler
I’ll Go Crazy
Tumbling Dice
– présentation des musiciens –
You Got The Silver
Wanna Hold You
Miss You (en allant vers la B-stage)
Rough Justice
Get Off Of My Cloud
Honky Tonk Women (en revenant de la B-stage)
Sympathy For The Devil
Brown Sugar
(I Can’t Get No) Satisfaction
Jumpin’ Jack Flash (rappel)

k

10 commentaires

  1. Non non non! Tu as linké l’OL et Johnny, ok le web 2.0, accessible etc etc mais bon..;)
    J’aurais aimé y aller mais j’avais un diplome à preparer hihi…
    Patti Smith a repris « Gimme Shelter » (je ne sais pas s’ils l’ont joué) dans son dernier album Twelve.
    Miaouu

  2. Jolie revue !
    J’y étais aussi, mais contrairement à toi j’ai été déçu…
    Je suis pas un gros fan des Stones certes, mais quand même !
    J’ai trouvé le spectacle assez exceptionnel, mais pour la musique, j’ai trouvé ça nul. Je trouve de Keith a un peu ruiné la plupart des morceaux, il était bien trop défoncé pour jouer de la guitare.

    Ceci dit, j’en garderai un super souvenir, c’est quand même quelquechose de les voir en vrai à 10m de soi !

  3. @Tatiana: pour Johnny et l’OL, je me suis dit que les lecteurs francophones mais non français auraient envie de voir à quoi ressemblent nos célébrités nationales… huhu

    @mrnico: hello et bienvenue par ici! ;) C’est vrai que Keith Richards avait l’air un peu dans ses chaussettes, mais d’après des fans die-hard des Rolling Stones, c’était de loin sa moins mauvaise prestation depuis le début de cette tournée. J’ose pas imaginer ce que ça a dû être les autres soirs…

  4. Un concert forcé d’être exeptionnel.
    Super pour se lâcher complètement après le bac en hurlant « hey hey, you you, get off of my cloud ».
    Un mauvais point : De mon côté j’ai trouvé que le public n’était pas du tout motivé, très peu appelaient pour le rappel. De plus les Stones ont joué bien plus dans les autres villes, nous n’avons même pas eut droit à Angie…

  5. Merci beaucoup pour les photos! ça fait toujours plaisir quand on y était (en plus à la barrière HiHi!)! Au fait le nom de la chanteuse c’est Lisa Fisher!

  6. @Martin: Welcome :) Je ne sais pas où tu étais placé, mais nous on était dans le premier tiers du public et l’ambiance y était très chaude (surtout à partir du moment où la nuit est tombée faut dire!). Quant à « Angie », j’imagine qu’ils ont envie de varier leurs set lists et ne pas rejouer tous les vieux tubes en un seul concert (leur reprocherait-on de ne pas assez se renouveler/de ne pas assez varier leurs concerts?). Toutefois, je regrette aussi qu’il n’y ait pas eu davantage de vieux morceaux – mon père aussi.

    @kéké: welcome, too ;) D’autres photos du concert des Rolling Stones à Lyon sont à voir sur Rocks Off, notamment une photo des fans à la barrière! ^^ Merci pour la précision sur Lisa Fisher!

  7. Merci beaucoup pour ROCKS OFF les photos sont géniales!

  8. Jérémy34

    23 août 2007

    Salut tout le monde! J’étais à Lyon au stade de Gerland, c’était fabuleux, aucun groupe ne pourra un jour rivaliser avec les Stones du moins sur scène, car c’est un groupe de scène avant tout. Merci beaucoup messieurs Jagger, Richards, Watts et Wood. Je suis ému car j’ai vu sur le net que dimanche 26 août sera leur dernier concert de leur carrière apparemment, va falloir vivre sans les Stones; ça sera dur. Nous qui attendions leurs concerts avec impatience. Encore merci les Rolling Stones de la part du rock et du monde entier. On ne vous oubliera jamais.

  9. Enorme concert, de meilleure qualité que celui de 2006 au Stade de France.
    Pour la chanteuse, il s’agissait de Lisa Fischer, ca fait 17 ans déjà qu’elle tourne avec les Stones.

  10. Bonjour Matthieu, bienvenue sur ce blog! :) Et merci aussi pour la précision sur Lisa Fischer, qui confirme ce qu’avait dit kéké plus haut sur cette page.

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