« Make good art » de Neil Gaiman

Un de mes livres préférés, c’est Make Good Art de Neil Gaiman.

Il s’agit de la version papier d’un discours célèbre qu’a donné l’auteur à la Philadelphia’s University of the Arts, en 2012.

Ce texte m’a profondément marquée.

Après avoir refermé l’ouvrage, je brûlais d’envie d’en parler sur mon blog. (Pas celui-ci, l’autre.) J’ai même commencé un brouillon.

Mais les mots ne venaient pas. Je fixais l’écran de manière stérile, ankylosée par une tempête de pensées négatives : Quel intérêt ? Ça ne va intéresser personne. Tu ferais mieux d’écrire un article sur un sujet sérieux. Personne ne va le lire. Ad lib.

J’ai donc enregistré le brouillon vide, et je n’y ai plus jamais retouché.

Seconde chance

Et puis un jour, à l’heure du petit déjeuner, j’ai regardé la vidéo du discours de Neil Gaiman.

Ce jour, c’était aujourd’hui. Alors que ma to do list est immense et mon esprit embourbé sous des couches et des couches de soucis divers, je me suis octroyé ces 19 minutes de visionnage en mangeant une tartine à la myrtille.

Et les paroles de Gaiman ont trouvé un nouvel écho en moi. L’expérience était bien différente de celle de lire, et relire, ce fameux texte.

Mon émotion était telle, face à ses sages paroles et à ses encouragements, que j’ai même versé une petite larme à la fin.

Ne jamais sous-estimer les bienfaits du face à face, fut-il en différé.

Les conseils de Neil Gaiman pour créer

Si vous êtes vous-même artiste, designer, danseur, danseuse, plasticien, plasticienne, auteur, autrice, musicien, musicienne, blogueur, blogueuse, photographe, ou quoi que ce soit, vous avez un don unique : le don de créer.

Et ce don est une véritable bouée de sauvetage, quelle que soit la période que vous traversez en ce moment.

Pour ma part, c’est quand j’étais le plus découragée et le plus démotivée que dessiner, peindre et écrire m’a le plus aidée. C’était ma motivation, chaque matin.

J’ai passé des années à procrastiner, en laissant mon « art » de côté, consacrant la moindre heure de temps libre à Internet, à mon blog et aux réseaux sociaux.

Aujourd’hui, je passe mon temps à dessiner, à peindre et à écrire, en laissant de côté Internet, mon blog et les réseaux sociaux. Et je vois la différence, sur mon énergie, sur mon moral, sur ma créativité.

Plus on crée, plus on a envie de créer. Une idée en engendre souvent une autre, et c’est ainsi qu’on entretient le feu sacré.

Dans son discours, Neil Gaiman nous invite à créer par tout temps et en toute condition, même si on traverse une période difficile.

Husband run off with a politician? Make good art.

Leg crushed and then eaten by mutated boa constrictor? Make good art.

Cat exploded? Make good art.

Somebody on the Internet thins what you do is stupid or evil or it’s all been done before? MAKE GOOD ART.

Neil Gaiman

Et surtout, make your art. Créez ce que vous seul·e pouvez créer. C’est au moment où vous aurez la sensation de dévaler la rue à poil, exposant vos émotions et vos pensées, étalant bien trop qui vous êtes, que vous commencerez tout juste à faire les choses bien.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait beaucoup de bien d’entendre et de lire tout ça. Si, récemment, j’ai pu douter du bien-fondé de partager mes cogitations et mes aventures personnelles sur le net, ce discours m’encourage à ne pas refermer toutes les portes menant à mon univers personnel.

C’est ce que j’essaie de faire, timidement, sur La Lune Mauve. Créer et alimenter un espace d’expression personnelle et de créativité, no matter what.

Et tant pis si certaines choses sont maladroites, embarrassantes, ridicules. L’essentiel, ce n’est pas ce que les autres pensent de moi et de mes créations. L’essentiel, c’est de créer.

Chaque texte que nous publions, chaque dessin, chaque photo, chaque bricolage, chaque projet-secret-qui-ne-verra-peut-être-jamais-le-jour-mais-qui-a-le-mérite-d’exister-dans-notre-tête, chaque petite création est un petit pas de plus vers le l’acceptation de soi-même, vers l’acceptation de notre propre créativité et, ainsi, de notre raison d’être.

Enfin, le dernier conseil que je retiens, c’est celui-ci : Enjoy it. Lâcher prise et profiter du voyage. Ne pas s’attendre à chaque instant à essuyer des critiques ou des mots malheureux. Ne pas craindre de déplaire. Ne pas s’inquiéter de la suite. Profiter du moment présent, profiter des idées et des échanges qui ont lieu là, maintenant, tout de suite.

Make interesting, amazing, glorious, fantastic mistakes.

Break rules.

Leave the world more interesting for you being there.

Make good art.

Marie

Déjà 4 commentaires

  1. En voilà un beau conseil ! :) Cette année, je suis aussi décidée à ne plus laisser la procrastination bouffer mon temps alors que mes écrits attendent et que j’ai plein d’idées.
    Enjoy it, c’est tout à fait ça ! :)

    Répondre

    1. Hello Lulla ! C’est super, j’espère que tu vas t’éclater cette année niveau écriture !

      Du reste, je t’ai toujours perçue comme quelqu’un de très créative et active… Tu as déjà écrit et publié pas mal de textes !!

      Répondre

      1. Merci kReEsTaL ! <3

        ça me fait chaud au coeur, ce que tu dis là, parce que parfois j’ai l’impression du contraire… Mais c’est mon manque de confiance en moi qui parle, dans ces moments-là, et ton commentaire va me donner une arme de plus pour moins l’écouter ;) Donc merci !

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        1. Je t’en prie ! <3

          Répondre

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