
Sirène peinte sur une vitre à Rennes
S’il y a bien un format dont je raffole et que j’avais hâte d’explorer sur mon blog, ce sont les week notes.
Chaque semaine – ou certaines semaines, au moins –, garder une trace des mille petits riens que j’aurais peut-être partagés dans une story Instagram en temps normal.
Je m’inspire sans ciller des weekly retro de Jenn Schiffer, des week notes de Tracy Durnell et du learning log de Melanie Richards, mes préf’.
Mais j’ai aussi bien butiné du côté des weeknotes de Anh, des weak notes de Alice Bartlett, des notes du week-end de Sorcière Misandre, des « Five on a Friday » de Diana Kimball Berlin, du weekly R.E.P.O.R.T. de Sempra, des week notes de JCProbably, des weeknotes de Thomas Parisot (en particulier la section Hyper/liens que j’adore) et du blog de Michelle Marie même s’il ne contient pas grand chose.
Je suis aussi intriguée par la concision des micro thoughts de JCProbably et des daily realizations de Then Romy Realized, un format ultra court dont je ne pense pas être capable pour l’instant, mais qui donne des pistes aussi.
Lire les blogs de personnes mis à jour très régulièrement et avec plaisir, c’est ce qui m’aide le plus à retrouver la motivation pour bloguer de manière plus plus régulière et moins prise de tête. J’ai envie de refaire de mon blog le portail de mon expérience web quotidienne (lien en anglais).
Ce serait chouette que ces notes deviennent un rituel hebdomadaire, ou bimensuel au moins, mais comme je n’ai pas envie de me créer de pression supplémentaire, j’essaie et on verra bien.
Cogitation
Cette semaine, j’ai à nouveau cogité sur l’image que l’on peut renvoyer en partageant des choses sur Internet versus qui on est vraiment.
Une question à se poser : Est-ce que j’écris vraiment pour moi, là ? Ou est-ce que j’écris avec l’espoir d’obtenir de la fame ?
Ça me rappelle un conseil que m’avait donné un prof, il y a longtemps, à Lyon : arrête d’idolâtrer
. Sur le moment, ça m’avait coupé l’herbe sous le pied, car j’avais l’impression que ça niait une partie de mes goûts et de ma personnalité.
17 ans plus tard, je commence à comprendre qu’idolâtrer quelqu’un, c’est prendre le risque de le fétichiser, donc de le déshumaniser. On a beau adorer ce que quelqu’un crée, écrit, partage, ça reste un être humain avec tous ses doutes, ses défauts, ses erreurs de jugement.
En l’idolâtrant, on ne lui laisse pas la liberté de se montrer dans toute sa vulnérabilité : on lui impose d’être à la hauteur de l’image irréaliste qu’on lui projette dessus. Ça peut être violent à recevoir.
Mettre quelqu’un sur un piédestal peut aussi nous rabaisser nous-mêmes, en nous positionnant comme moindres par rapport à une figure sanctifiée souvent malgré elle.
Au fond, je crois que ce qui me questionne le plus, c’est cette tendance, que j’ai aussi, à hiérarchiser autrui sans arrêt.
Ciné
- Un Prophète de Jacques Audiard : haletant, mais parfois un peu décousu. Ça reste un très bon film de prison, avec toute la masculinité toxique que l’on peut imaginer.
- Mission Impossible 2 de John Woo : un excellent nanar auquel j’ai du mal à trouver des qualités. OK, certaines scènes d’action envoient du gros. OK, Tom Cruise a de très jolis cheveux. Mais à part ça, il n’y a qu’UNE SEULE ACTRICE pendant tout le film, et deux remarques particulièrement misogynes proférées à son encontre, alors que le scénario lui-même sexualise à outrance cet unique protagoniste féminin dès son entrée en scène. Bref, une purge. Et comme je n’ai pas adoré MI1 non plus, je crains le pire pour la suite.
- The Good Wife : c’est bourgeois, blanc et américain, avec une écriture très classique. Vu le titre, on s’attendait à une série féministe, mais il n’y a pas ne serait-ce que l’ébauche d’un début de discours critique en près de trois heures. On a donc arrêté. Ça rejoint ma liste de séries commencées mais pas terminées sur Sens Critique.
Boîte aux lettres
- Les Rochers sculptés de Rothéneuf de Patrick Denieul, Éditions C.M.D, 1999 : les Rochers sculptés sont une œuvre d’art brut visible près de Saint-Malo, en Bretagne. À flanc de mer, l’abbé Fouré (1839-1910) a consacré la fin de sa vie à sculpter des scènes fantastiques dans la côte de granit. Ce petit livre contient de superbes photos en noir et blanc, dont une bonne part que je n’avais encore jamais vues.
- Cosmos, Revue légendaire, « L’occultisme nazi : Histoire d’un fantasme et réalité d’une croyance », Les Éditions du Doggerland, 2025 : c’est sur une recommandation de Méta de Choc, mon podcast préféré, que j’ai précommandé cette revue en début d’année. Je suis intéressée par des analyses scientifiques et critiques de l’occultisme nazi, parce qu’il est omniprésent dans l’œuvre de certains groupes de black metal ou de dark folk. Mais à peine ai-je passé commande que Méta de Choc a publié un erratum révélant qu’un des contributeurs de ce premier numéro de Cosmos est un chercheur et éditeur d’extrême-droite. Cet erratum contient un communiqué des cocréateurs de la revue, qui expliquent ce choix éditorial. Évidemment que tout ça me gonfle… Ça me fait penser que, l’autre jour, en me renseignant sur Philippe Ariès, un grand historien français ayant étudié l’histoire des mentalités liées à la mort, j’ai découvert qu’il était lui aussi d’extrême-droite (Action française). Bien d’autres sources que je consulte en ce moment dans le cadre de mes recherches sur la Bretagne sont issues ou liées à des courants de pensée catholiques traditionalistes et nationalistes bretons. Avant même de commencer à les lire, mon esprit critique est déjà en alerte rouge. Mais lire exclusivement des contenus du même bord politique que soi peut aussi induire des biais, notamment un biais de confirmation ou biais d’exposition sélective. J’ai d’ailleurs failli me faire avoir par le biais de désirabilité sociale en hésitant à vous parler de Cosmos, pour toutes ces raisons.
Jardin
- Cueillette des dernières cerises de l’année, la plupart piquée par des insectes divers, mais encore de quoi congeler deux bons kilos. Croisé deux coccinelles seulement : je les compte car on en a eu très peu cette année, ce qui peut expliquer l’invasion de pucerons un peu partout. On a aussi récolté nos premières groseilles à maquereau.
- On aurait 14 kakis cette année, à voir s’ils tiennent jusqu’à l’automne !
- Adoption d’un bouleau tortueux Spider Alley.
- Pas de trace ni de son de la huppe fasciée cette semaine, mais j’ai revu le chardonneret élégant.
- Le jardin est très sec, nos cuves à eau de pluie sont vides, on attend le prochain orage avec une immense impatience. En ce dimanche, la météo indique qu’il fait à peine 5 degrés de plus à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, que dans mon village d’Ille-et-Vilaine. (Je suis la météo d’Albuquerque sur mon téléphone depuis que j’ai regardé Better Call Saul, une de mes séries préférées du monde.)
Dernières cerises
Albizia (arbre à soie)
Le nouveau bouleau
Joubarbe des toits
Chardons bleus
Potiron en cours de croissance
Manger
Deux adresses testées et approuvées à Versailles :
- Caffe convivium : pizzas bien garnies et tiramisu à la pistache au-delà de tout ;
- Green Story : restau veggie servant des plats aussi bons que copieux.
Tech
- Correction d’un problème d’encodage sur La Lune Mauve (LLM), apparu de manière soudaine et inconnue. Le correctif était simple : restaurer les lignes
DB_CHARSETetDB_COLLATEde mon fichierwp-config.php, que j’avais commentées il y a quelques années pour… résoudre un problème d’encodage des emojis. Celui-ci ne se produit plus malgré cette modif, car j’avais aussi modifié l’encodage de ma base de données à l’époque. - Je constate une vraie amélioration du temps de chargement depuis que j’ai activé le cache objet Redis sur mon hébergement et l’extension Redis Object Cache dans WordPress.
- Je masque cette note-là et toute la catégorie « Personnel » de ma page d’accueil, parce que je ne pense pas que ce soit les contenus les plus pertinents à lire pour des personnes qui découvrent LLM. Je verrai plus tard comment réorganiser la page d’accueil par thème plutôt que par date de publication.
Coup de cœur pour les belles roses trémières croisées à Rennes cette semaine, quartier gare. Les nôtres n’ont pas poussé cette année, snif.
Vous trouvez ce récap’ hebdo long ? Ouais, moi aussi. Mais ça aurait pu être pire : à la base, j’étais partie pour inclure une mini revue de web. Finalement je la publierai à part. Edith : hop, c’est en ligne Revue de web nº17 : linogravure, kitsch et fiertés.
Merci de m’avoir lue, bonne semaine !
Pour lire la suite, c’est par là : notes hebdo #2.











Aube Epine
6 novembre 2025
Merci pour tout ça, ces belles pistes de réflexion, et en particulier pour ton hommage aux rochers sculptés de Rothéneuf. Quand nous les avons découverts il y a quelques temps avec l’équipe de Voyage en Terres Contées, on a été effaré·es de voir à quel point l’érosion les avait déjà usés. Bien sûr, ça fait partie de la magie de ce lieu, ce côté oeuvre éphémère sur lequel j’avais philosphé à l’époque… Mais voir les photos en noir et blanc des sculptures originales a été un beau choc esthétique pour moi! Longue vie aux cailloux!
Marie
28 avril 2026
Merci d’avoir partagé ton expérience et ton émotion avec nous, chère Aube Epine ! L’érosion de ces fabuleux rochers ne rend que plus impérieuse l’urgence d’aller les voir, ou les revoir, tant que c’est possible.
(Et pardon pour ma réponse très tardive…)
Myrtiria / Marine
29 septembre 2025
Si heureuse d’avoir découvert tous ces articles de blog d’un coup !
Ta reflexion est hyper interessante sur l’image que l’on souhaite refléter.
Je me suis aussi posée la question cette semaine, de pourquoi je postais autant et était présente sur ces réseaux (au de l’addiction qui est quand meme bien présente…).
Je me suis rendue compte que je postais pour être validée/aimée.. dans le but que mes partages me permettent d’être appréciée en tant que personne et donc de nourrir mon narcissisme comme le dirait Sorcière Misandre.
Je suis constamment partagée entre le partage et la retenue pour montrer que je ne montre pas tout…
Depuis quelques jours, j’essaie de me ré-approprier mon temps mais c’est difficile, merci grace à tes cogitations d’avoir re réveillée ma reflexion. :)
Tes critiques acerbes de la rubrique Ciné sont incroyables ! Merci pour çà.
Marie
5 octobre 2025
Marine, merci beaucoup de m’avoir lue et d’avoir pris le temps de laisser un commentaire. Ce n’est pas évident d’observer et de questionner ses propres usages (souvent, on grince des dents) ; mais ça me semble essentiel pour espérer les faire évoluer.
Been there, done that : attendre de la validation ou, pire, de l’amour de la part des autres sur Internet, c’est risqué. Le jour où tu publies quelque chose qui résonne moins avec autrui, tu risques non seulement de mal le vivre sur le coup, mais aussi de te censurer par la suite pour ne pas prendre le risque de revivre ça.
Je crois que faire les choses pour soi, qu’importe l’avis des autres (qu’il soit bon ou mauvais), c’est très important pour prendre confiance en ses capacités et retrouver un rapport plus équilibré avec son propre ego.
L'ourse bibliophile
26 juillet 2025
Bon, je crois que je vais pouvoir méditer un peu sur ton « arrête d’idolâtrer »… J’ai une tendance immense à me dévaloriser et à trouver telle telle et telle personne tellement plus intelligente, et juste, et drôle, et cultivée, et intéressante, et mieux que moi. Égoïstement, je vois en quoi ça me fait souffrir, mais je n’avais jamais vu ça du côté de l’autre. Merci pour l’ouverture d’esprit.
« Ok, Tom Cruise a de très jolis cheveux. » Ça m’a fait rire, mais ce n’est pas avec ça que je vais avoir envie de regarder ces films qui ne m’ont jamais intéressée ! ^^
Marie ☽
25 août 2025
La carrière de Tom Cruise est riche et parsemée de bon et de beaucoup moins bon. Dans l’ensemble, je ne trouve pas que les Mission impossible sont ses meilleurs films, bien qu’ils lui permettent sans doute de comme l’écrivent Pauline Darley et Marion Olharan Lagan.
Je suis loin d’avoir tout vu (et pour être honnête je rechigne un peu, car je n’idolâtre pas du tout Tom Cruise), mais j’aime toujours bien Entretien avec un vampire et La Guerre des mondes.
L'ourse bibliophile
26 août 2025
Je n’ai pas vu beaucoup de films avec Tom Cruise, mais en l’occurrence je parlais des Mission impossible qui ne m’attirent pas du tout. Je reconnais que je l’apprécie dans Entretien avec un vampire. Des acteurs célèbres de ce film, c’est lui que je préfère dans son rôle.
Sempra
21 juillet 2025
J’avais loupé cet article, merci pour le lien 💜 Il faudrait peut être que j’aille le faire vivre un peu ce blog d’ailleurs.
Je garde en tête ta réflexion sur le fait d’idolatrer, c’est vraiment un bon rappel, surtout à l’ère où on ne sait jamais trop quelle dinguerie va sortir d’une bouche ou d’une autre.
Je pense à toi à chaque fois que je vois des roses trémières ! De mon côté j’ai encore oublié de planter les graines que j’avais récupéré en 2023, grrr.
Marie ☽
16 août 2025
Rien ne pouvait me faire plus plaisir que savoir que tu m’associes en pensée aux roses trémières !
J’ai été super contente de voir que tu as ouvert un nouveau blog. J’ai l’impression que la plume te démange depuis longtemps, et je te souhaite de pouvoir continuer à écrire et partager ce que tu aimes, toi.
Oui ! La perspective d’écrire moi-même une dinguerie, ou de relayer un projet artistique lié à des idéologies problématiques, est quelque chose qui me préoccupe depuis longtemps.
Là encore, le jardin numérique m’aide à faire un peu la paix avec le fait de pouvoir avoir tort sur Internet. J’ai bien aimé les podcasts de Library Punk sur le sujet d’ailleurs (épisode 037 et épisode 054).
Par exemple, indiquer de manière plus claire la date de publication et de mise à jour d’une note ou d’un billet, le niveau de « maturité » de mes réflexions sur tel ou tel sujet, et assumer le fait d’avoir changé d’avis sur un sujet, en mettant à jour, en corrigeant ou en nuançant mes écrits.
Notre pensée n’est pas figée, elle peut évoluer dans le temps, et heureusement ! Mais il y a aussi le risque qu’elle se fige et se renforce quand on vieillit, et ça c’est quelque chose que je redoute !…
Fileuse
30 juin 2025
Pour rebondir sur l’idolâtrie, c’est vrai que l’enjeu est de parvenir à admirer sans idéaliser ni se projeter affectivement. On ne connait des gens que ce qu’ils veulent bien nous montrer.
Autre passage qui m’a beaucoup parlé, c’est celui sur Cosmos. C’est intéressant car j’ai le même dilemme : j’ai la capacité de faire le tri dans ce que je lis donc consulter des ressources dont les valeurs ne sont pas à 100 % les miennes ne me pose pas de problème. Par contre en parler est plus difficile car je n’ai pas envie de faire de la publicité pour certaines idées. Toutefois, si on s’inspire du jardin numérique, il faut peut être se contraindre à une forme de transparence et de prise de risques pour que la démarche soit vraiment intéressante… Et puis surtout penser à soi !
Marie ☽
1er juillet 2025
Salut Fileuse,
Comme toi, je peux consulter des auteurs dont je ne partage pas les valeurs, mais si j’en parle sur mon blog, comme c’est le cas pour Cosmos, je préfère signaler ces marqueurs politiques pour aider les personnes qui le lisent à faire leurs propres choix de lecture de manière éclairée. Être au courant de ces marqueurs politiques mais omettre de les mentionner ne correspondrait pas à mon éthique éditoriale.
Parfois, je ne sais pas que tel livre ou tel album est lié à des positions ou à des actions d’extrême-droite, parce que je ne me suis pas assez renseignée. C’est un risque, et sans doute une erreur de ma part, même si je ne pense pas que l’on puisse tout savoir sur tout à un instant t. Mais dès que mes recherches avancent, dès que je croise ne serait-ce qu’une rumeur concernant un projet ou des artistes que j’ai pu soutenir, cela devient une tare que je ne peux plus ignorer. Le risque n’est jamais exclu, même si je passe beaucoup de temps à affiner ma curation, musicale notamment.
Certes, j’ai aussi le choix de ne pas mentionner du tout des œuvres liées à l’extrême-droite, par souci de ne pas leur faire de pub en effet. C’est un choix que j’ai longtemps fait, et que je continue à faire la plupart du temps.
Mais, cette fois, étant donné que j’ai cette revue, Cosmos, entre les mains (ou plutôt sur les bras), je n’ai pas eu envie de cacher la poussière sous le tapis. J’ai acheté ce livre en faisant une confiance aveugle à une recommandation que je croyais sûre, sans prendre le temps de vérifier qui étaient les auteurs du projet. Une bonne leçon de panurgisme.
J’ai aussi décidé d’en parler parce que c’est à mes yeux essentiel d’alerter sur l’omniprésence de l’extrême-droite au sein de projets alternatifs, qui nous sont familiers et/ou que nous avons pu croire safe a priori. En particulier, le problème reste d’actualité au sein des milieux goth et metal. Il faut vraiment faire preuve de vigilance et continuer à en parler pour que ça se sache et que l’on puisse continuer à lutter contre, collectivement.
Pour en revenir à Cosmos, si j’ai bien compris, les coéditeurs de la revue ont justifié leur choix d’inclure des auteurs d’extrême-droite en partie parce qu’ils ont été acteurs des mouvances étudiées, et peuvent en livrer un retour d’expérience de première main. Sont-ils pour autant en mesure d’exercer un recul critique à ce sujet ? Les coéditeurs ont estimé que oui. Est-il vraiment possible d’être neutre, quand on fait de la recherche ? Je ne sais pas, j’ai tendance à croire que non.
Mais si je reprends l’exemple de Philippe Ariès et de ses études sur l’histoire des mentalités autour de la mort, ce que je lis dans ses Essais sur l’histoire de la mort en Occident du Moyen Âge à nos jours ne reflète pas, à mes yeux du moins et à ce stade de ma lecture, un quelconque positionnement idéologique de sa part (mais le sujet s’y prête-t-il autant que l’occultisme nazi ? et suis-je assez formée intellectuellement pour détecter des biais idéologiques sous la plume d’un historien de sa stature ? j’en doute).
Si je n’ai pas une très bonne raison de consulter des contenus émanant d’auteurs ou d’autrices marquées à l’extrême-droite (par exemple dans le cadre d’une recherche historique ou d’une analyse critique), en général je ne me les inflige pas. Suis-je à l’aise de lire Ariès maintenant que je sais qu’il appartenait à l’Action française ? Absolument pas. Mais ses recherches historiques font référence dans le domaine que j’étudie, et j’ai choisi de ne pas les ignorer.
Pour résumer : c’est important pour moi de continuer à alerter sur l’omniprésence de l’extrême-droite dans la culture, qu’elle soit alternative ou pas, en particulier dans des projets qui ont pu nous être recommandés par des personnes ou des initiatives que l’on croyait « sûres ». C’est essentiel d’exercer notre esprit critique vis-à-vis non seulement de notre propre communauté intellectuelle et artistique, mais aussi vis-à-vis de nous-mêmes, de nos propres pensées et de nos propres choix. C’est très difficile, forcément, mais peut-être en effet que le format « jardin numérique » peut permettre de documenter ces tensions, en faisant preuve d’une grande transparence sur notre démarche (c’est la raison pour laquelle j’ai pris le temps de rédiger ce si long commentaire).
Delphine M.
30 juin 2025
J’aime beaucoup toute ta réflexion sur le fait d’idolâtrer ; je me garde ça dans un coin de tête.
(Est-ce que ce billet est néanmoins public ? Je peux le citer, pointer dessus ?)
Marie ☽
30 juin 2025
Salut Delphine ! Oui tu peux citer et faire un lien (merci !), le billet est bien public même s’il n’est pas accessible depuis la page d’accueil pour le moment. Seule précaution : ne mentionne pas mon nom de famille pro si tu fais un lien stp, je préfère garder ces univers séparés pour l’instant.