Playlist du mois

Loup Barrow

C’est un peu par hasard que je suis tombée nez à nez avec la musique envoûtante de Loup Barrow, multi-instrumentiste, chanteur et auteur-compositeur rennais. Un profil pluridisciplinaire comme je les aime, surtout quand ils créent des « soundscapes » aussi magnétiques que ceux de Loup.

Loup Barrow, photographié par Caro pour Alt1nfo
Loup Barrow jouant du Séraphin.
Photo : Caro pour Alt1nfo, licence CC BY-NC-ND 2.0.

La particularité de Loup, cependant, c’est son utilisation d’instruments exotiques et étranges, tels que le Hammered Dulcimer, le Hang, le Din Pah, la Mbira chromatique, le Séraphin, mais aussi le Cristal Baschet, une sorte d’orgue extra-terrestre au son aérien et délicat :

Cette musique vient-elle de l’air, ou bien de la mer ? Qu’importe ! Moi, ça m’enveloppe et m’emporte complètement.

Niveau chant, que dire de cette voix grave, apaisante et mystérieuse ?

Ensorcèlement immédiat.

Loup Barrow, photographié par Caro pour Alt1nfo
Loup Barrow.
Photo : Caro pour Alt1nfo, licence CC BY-NC-ND 2.0.

King Woman / Miserable

Kristina Esfandiari, photogaphiée par Allan Wan
Kristina Esfandiari, lors d'un concert de King Woman.
Photo : Allan Wan, licence CC BY 2.0.

Dans un style tout à fait différent, j’ai eu un coup de cœur pour l’univers sonore de Kristina Esfandiari, une musicienne originaire de San Francisco, qui officie dans un paquet de formations musicales, notamment King Woman, Miserable ou encore Whirr.

Musicalement, King Woman (nom tellement génial ♥︎) délivre une bonne vieille shoegaze infusée avec un bon gros doom, de quoi bien vous plomber l’ambiance si vous écoutez ça, comme moi, un lundi matin à 8 h 12 du matin. C’est oppressant, suffocant, et, bon sang, que j’aime ça !

« Burn » de King Woman

Et que dire encore du premier album de Miserable, le projet solo de Esfandiari ?

Alors, déjà, J’ADORE le design du vinyle (dont la première édition est violet transparentSHUT UP AND TAKE MY MONEY – ah non, zut, c’est déjà sold out…) :

Le vinyl violet transparent de Miserable
Le vinyl blanc à éclaboussures roses de Miserable

Cet album, Uncontrollable, distille une musique planante, hyper mélancolique, portée par la belle voix presque grave et légèrement rocailleuse de l’artiste, mais aussi par des guitares saturées et une rythmique lancinante que l’on suivrait jusqu’au bout de la nuit.

Par certains côtés, cette musique combinant Eros et Thanatos n’est pas sans rappeler Chelsea Wolfe, avec cependant un je ne sais quoi beaucoup plus brut et sauvage.

Bref, j’ai découvert là une artiste que je vais suivre de près !

Edit du 29 décembre 2016 : chouette, le nouvel album de King Woman, Created in The Image of Suffering, est annoncé !

Agnes Obel

Je suis une grande fan de la musique d’Agnes Obel, qui a le don de me prendre aux tripes avec ses mélodies entêtantes et son chant féerique.

Habituée à ses deux premiers albums, Philharmonics et Aventine, j’ai été un peu bousculée par ses deux nouveaux singles, annonçant le troisième opus, Citizen of Glass, fin octobre.

Familiar

Familiar est définitivement un grower – plus vous l’écoutez, plus vous avez envie de le réécouter, tellement il se passe un truc. Au départ, je me demandais pourquoi elle avait invité un guest au chant, trouvant le choix artistique un peu curieux. Il s’avère qu’en fait, ce n’est pas un guest, c’est Agnes Obel elle-même qui modifie sa voix pendant les refrains, chantant ainsi en duo avec elle-même. J’aime beaucoup l’idée d’une démultiplication, comme en témoigne la pochette :

« Familiar » d'Agnes Obel

Golden Green

En toute honnêteté, ma première réaction en voyant le clip de Golden Green a oscillé entre le « ewww » et le « WTF », mais j’ai essayé de passer outre et de chercher à comprendre le message. Jonas Bjerre, le réalisateur, également musicien dans le groupe Mew (qui, pour le coup, n’est pas du tout mon truc, musicalement), explique la direction artistique qu’il a choisie :

Les cloches que l’on entend dans la chanson m’ont tout de suite fait penser à des feux clignotants, à du verre très présent dans l’inspiration d’Agnes. J’ai commencé à imaginer un monde intérieur, comme dans la tête de quelqu’un où des sentiments, des pensées s’opposent. Et j’ai dépeint des versions animées d’Agnes luttant pour trouver l’harmonie.

Tout cela promet un album un chouïa plus expérimental et artsy que les précédents : du coup, vivement le 21 octobre pour découvrir tout ça !

iamamiwhoiam

iamamiwhoiam est un projet musical à forte dimension visuelle de Jonna Lee, en collaboration avec son producteur de longue date, Claes Bjërklund (oui, ils sont suédois). J’avoue que l’electro pop n’est pas ce que je préfère, musicalement ; je trouve ça généralement un peu mièvre, un peu trop léger – moi j’aime bien quand la musique est noire, ou au moins gris foncé.

Il se trouve que iamamiwhoiam fait de l’electro pop. Cela aurait pu mal partir, s’il n’y avait eu leurs magnifiques clips, petits bijoux cinématographiques qui donnent une dimension plus vaste à leur musique.

Leur album Blue se compose de dix morceaux, chacun possédant son propre clip. Le travail est monumental et le résultat hyper saisissant, en particulier Fountain, Hunting for pearls et Thin.

Quelques captures d’écran pour vous donner une idée :

iamamiwhoiam
iamamiwhoiam
iamamiwhoiam
iamamiwhoiam
iamamiwhoiam

Warpaint

« Heads Up » de Warpaint

Warpaint est un de mes groupes chouchous, découvert avec leur balade Baby il y a quelques années. The Guardian qualifie leur style musical de « art-rock slow jam », et je suis assez d’accord avec ça.

J’adore leurs deux premiers albums, Exquisite Corpse et The Fool, tout deux excellents, homogènes et lancinants. Ils ont d’ailleurs été réunis ensemble sur la version deluxe de The Fool, et en les écoutant à la suite, on ne peut être qu’enveloppé par l’intense cohésion musicale qui en émane.

Sachant que leur troisième album, Warpaint, m’avait un tantinet déçue, je ne savais pas trop quoi attendre du quatrième, Heads Up, qui vient tout juste de sortir. En effet, le single New Song m’avait laissé présager du pire, entre boîte à rythme et mélodies très moyennes.

Je n’ai pas encore eu le temps de l’écouter des milliers de fois, mais ma première impression n’est pas fifolle : en lieu et place de leur shoegaze délicieusement accablante, le groupe révèle un album un peu trop pop, un peu trop electro à mon goût, qui aura sans doute du succès, mais qui, pour moi, sort du territoire des musiques indé pour aller taquiner un plus grand public.

Mais bon, wait and see – il pourrait également s’agir d’un grower

Tori Amos

« Flicker » de Tori Amos

Ah ! Tori. De retour avec le single Flicker, qu’elle a composé spécialement pour le documentaire Netflix Aurie and Daisie, consacré à une sordide histoire d’agression sexuelle sur deux lycéennes américaines, et le cyber harcèlement qu’elles ont subi ensuite.

Le thème me touche, la musique me touche – et laisse présager de bonnes choses pour le prochain album de l’ardente pianiste, annoncé pour l’année prochaine.

Voilà pour cette fois ! N’hésitez pas à partager vos propres coups de cœur musicaux avec moi, je désire plus que tout au monde découvrir de nouveaux sons !

Marie

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