Hop, je profite d’un moment de presque libre pour mettre à jour ce blog ; il faut bien briser le silence un peu chiant qui s’est installé sur mes différents sites d’une manière ou d’une autre…

À ce propos, si j’ai le temps, je vous en parlerai un peu – de mon déménagement et de mon nouvel espace de travail, de mes pseudo projets graphico-poético-photographiques, et aussi, peut-être, de toutes les choses (im)matérielles qu’on décide de ne pas garder quand on décide de tout chambouler.

En attendant, cela fait quelques jours semaines que j’ai envie de vous parler de mes récents coups de cœur culturels, dont Evelyn Evelyn.

Evelyn Evelyn

Evelyn Evelyn est un duo musical formé par la géniale Amanda Palmer (moitié des Dresden Dolls) et le non moins inspiré Jason Webley. Tous deux forts en gueule et à fond dans leurs carrières respectives, les deux artistes endossent ici les rôles de Evelyn et Evelyn, sœurs siamoises à l’histoire tourmentée. Et le concert d’Evelyn Evelyn à L’Européen le 27 avril dernier était tout aussi barré !

Evelyn Evelyn

L’album éponyme est, globalement, super. Je suis devenue assez accro aux morceaux « Evelyn Evelyn », « Have You Seen My Sister Evelyn », « Chicken Man » et surtout « Sandy Fishnets » – selon moi le point d’orgue de la galette. Les voix presque jumelles d’Amanda et Jason se marient parfaitement (avec toujours ces petites aspérités vocales dont je suis si friande), là où leurs instruments de prédilection – le piano à ma gauche, l’accordéon à ma droite – flirtent avec diverses percussions.

L’ambiance du disque rappelle un vieux film du début du siècle dernier, le cirque façon Barnum, les corps fascinants des freaks mais aussi les mauvais traitements et l’exploitation dont ceux-ci ont souvent été les victimes.

Bref, ce disque est assez unique en son genre ! Comme il est possible d’écouter gratuitement l’album d’Evelyn Evelyn, sur Bancamp, je vous invite forcément à y jeter une oreille ou deux, pour vous faire votre propre idée ;-)

Le seul point négatif selon moi concerne plusieurs interludes où les sœurs racontent leur histoire, car, passé la surprise de la première écoute, à la longue cela devient un peu pesant… Vous me direz ce que vous en pensez si vous l’écoutez / l’avez écouté.

Evelyn Evelyn sur scène

Toujours est-il que dans la plus pure tradition punk cabaret, ce genre de projet un peu fou ne révèle sa véritable envergure qu’une fois sur scène. Voir Amanda et Jason fusionnant en sœurs siamoises, j’avoue, ça m’a titillée dès l’annonce du projet !

Très timides, bourrées de TOC, les frangines sont également les actrices de petites scènes cocasses (Evelyn, mâchant un Twix, retardant le début d’une chanson ; un troisième bras surgit de sous la robe pour pouvoir tenir le ukulélé commun ; les phrases dont chaque mot est prononcé à tour de rôle par une des soeurs, etc.)

Ce concert était d’autant plus complet et vivant qu’autour d’Evelyn et Evelyn s’agitaient un narrateur au cynisme impeccable, un petit théâtre d’ombres, Emilie Bera ou encore Holly Gaiman (oui, oui, la fille de)… En somme, que du beau monde et de chouettes idées.

Bon, forcément, j’ai été un peu déçue de ne pas entendre « Sandy Fishnets » pendant le show ! Mais j’ai passé un excellent moment, dans le petit amphithéâtre de L’Européen, blindé à craquer, que je découvrais d’ailleurs pour la première fois.

Et Bitter Ruin !

Ma chronique ne serait pas complète si j’omettais de vous parler de l’excellente première partie du concert, Bitter Ruin ! Ce duo mixte m’a littéralement scotchée, avec leurs compos et leur talent magistraux. Le chant habité de Georgia n’est pas sans rappeler Katie Jane Garside, Regina Spektor ou encore Kate Bush, et sa capacité à passer d’une voix enfantine à des envolées lyriques voire punk laisse… sans voix.

Ben, de son côté, dans son impeccable costume sombre, tâte la guitare acoustique comme personne. Les deux Anglais sont, pour moi, la véritable révélation de cette soirée, et leur set à la fois minimaliste et théâtral m’a complètement médusée.

Amanda Palmer et Jason Webley, solo

Quant aux performances solo de Palmer et de Webley, hé bien… au risque de passer pour la relou de service (tant pis, j’assume), j’ai trouvé leurs sets respectifs un peu bâclés ! Bien sûr, la spontanéité et l’improvisation sont des éléments clés du punk cabaret ; ajouté à cela l’expérience de la rue que les deux musiciens partagent, et on obtient 100% de chance qu’ils donnent le plus brut et le plus spontané d’eux-mêmes.

Cependant, ayant déjà vu Amanda en tête d’affiche deux fois auparavant (et quels concerts !), j’attendais forcément encore mieux que ce qu’elle nous avait déjà offert. Sa performance à elle était cool, punchy à souhait, mais la musicalité pâtissait d’un tempo vraiment à l’arrache et de quelques faussetés. Encore une fois, je sais que c’est le style qui veut ça, mais bon… voilà, quoi. J’attends toujours mieux ! Ou alors ai-je été déçue par les redites de pas mal de chansons qu’Amanda avait déjà jouées lors de ses précédents concerts parisiens ?

Quant à Jason, je suis globalement moins sensible à sa musique qu’à celle d’Amanda ; s’il ne fait aucun doute que le duo voix de stentor + accordéon a du charme, la redite de « Drink Up » avec le concert d’octobre 2008 m’a passablement gonflée. Bah ouais, moi j’aime pas mettre un doigt en l’air et tourner sur moi-même quinze fois de suite, na!

En fait, j’étais surtout là pour Evelyn Evelyn, dont le set à la fois touchant et bourré d’humour constituait la véritable originalité de la soirée. Je veux bien revoir Amanda sur scène, mais seulement si c’est pour la réunion des Dresden Dolls… :-D

Marie

5 commentaires

  1. J’adore Evelyn Evelyn, le concept, la zik, l’univers! <3 J'aurais vraiment voulu les voir mais ct pas possible, alors merci pour ce petit aperçu de la soirée :)

  2. Aurélien

    17 mai 2010

    Mon meilleur concert depuis… le Divan du Monde en février 2009 !

  3. Merci pour vos comm’s ! ^_^

    Anne, cela t’aurait séduite sans aucun doute, notamment l’aspect « DIY »/artisanal de la scénographie… et des très beaux costumes signés Kambriel !

    Aurélien, je crois pour ma part avoir préféré la Amanda bourdonneuse à la Amanda bourdonnante… question d’humeur, sans doute ! Les soeurs quant à elle m’ont totalement charmée.

    Au plaisir de vous (re)lire !

  4. Evelyn Evelyn… Je me rappelle encore leur tout premier album EP que j’écoutais en boucle dans ma voiture quand j’allais vendre mes malheureux… Hum non je ne finirai pas cette phrase… L’album est très bien oui, c’est vrai, mais je n’arrive pas à chasser cette déception que j’ai eu à la première écoute, puis à la seconde. Surement le fait de connaître par coeur une partie de l’album à force de squatter jour après jour leur myspace. Je crois que je m’attendais à tout autre chose, un album différent, un peu à la manière des Siamoises des Elles, je sais pas un truc du genre. J’aurai tellement aimé pouvoir venir voir ce concert, ne serait ce que pour enfin voir Amanda Palmer qui est pour moi l’une des artistes les plus barrées et les plus créatives de ces dernières années…

  5. Hello Walp, bienvenue dans ma tour d’ivoire ;-) et merci pour tes commentaires !

    Perso je n’ai pas réussi à mettre la main sur leur EP – du coup j’étais « vierge » à l’écoute de l’album, ça n’a pas empêché quelques regrets aussi…

    Amanda Palmer qui est pour moi l’une des artistes les plus barrées et les plus créatives de ces dernières années…

    Je te rejoins complètement ! C’est vraiment génial qu’une artiste de cette veine partage autant avec ses fans. Son blog fait partie de mes préférés tous genres confondus !

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