10 magazines qui ne craignent pas

Quand le mois de mars et ses giboulées te gonflent,

Quand ton paquet de thé préféré est vide,

Quand ton chat vient de vomir pour la cinquième fois de la journée sur le parquet que tu venais tout juste de cirer,

Il existe une solution assez magique qui consiste à enfiler une paire de chaussettes irlandaises, à se glisser sous la couette et à ouvrir un super magazine.

Je vous ai souvent parlé de mon amour pour les livres ; je continue mon odyssée du papier et partage avec vous cette fois-ci mon faible pour les beaux magazines consacrés au design, à l’art, aux modes de vie alternatifs, au DIY, au développement personnel, au féminisme, aux émotions et à la créativité au sens large.

La plupart ne se trouve hélas pas en kiosque, du moins pas en France. Lorsque je jette un œil à la presse dite « féminine » par chez nous, je me retrouve assaillie de toute part par des « conseils sexo », des « it bags » et autres comparatifs ès couches-culottes, aux couvertures toutes plus vulgaires et normalisantes les unes que les autres.

Telle un chien dans un jeu de quilles, je passe donc mon chemin, louant une fois de plus les mérites d’Internet et des voyages, qui me permettent régulièrement de découvrir des périodiques qui ne craignent pas, c’est à dire qui sont intelligents, inspirants, originaux et beaux.

La sélection de magazines que je vous propose aujourd’hui est complètement personnelle, subjective et pas du tout exhaustive, mais j’espère que vous y trouverez quand même une ou deux pistes à creuser.

Uppercase Magazine

Uppercase

Uppercase n’est pas juste un magazine : c’est une expérience qui sent bon l’encre, se frotte aux doigts, et dont le contenu vous absorbe littéralement.

Chaque numéro est consacré à une thématique précise : il peut s’agir de philatélie, de tissage, de pliage, de lettering, de couleur, de peinture… On ne le sait jamais à l’avance.

C’est ensuite autour de cette thématique qu’artistes et artisan·e·s prennent la parole, et évoquent leur boulot, leur parcours, leur quotidien, leurs sources d’inspiration, leur business et leurs galères de façon très simple et éclairante.

J’aime aussi la place que Uppercase accorde aux illustrateurs émergents, à travers des articles mais également dans des livres : la série Work/Life en particulier est passionnante. C’est aussi l’occasion de découvrir des univers riches et inconnus, d’aller fureter de portfolio en portfolio, et d’élargir ses références visuelles.

Uppercase est un magazine intelligent, très bien imprimé, et dont la mise en page est particulièrement belle et agréable à lire. C’est vraiment une source d’inspiration inépuisable. Je pense que je ne me désabonnerai jamais. *cœur cœur*

NB : il n’est pas rare que les abonnés reçoivent des petits cadeaux ou des petits extras avec leur numéro. Par exemple, j’ai déjà reçu une pochette de timbres vintage, des marque-pages ainsi qu’un carnet de coloriage zen.

Vous pouvez feuilleter les anciens numéros sur le site du magazine pour vous faire une idée.

3petitspoints

3petitspoints

3petitspoints est un magazine français tout nouveau tout beau. Le numéro 1 ressemble plus à un livre qu’à un magazine d’ailleurs : il fait plus de 200 pages !

Ce magazine est dédié aux arts visuels, à la mode et à la culture. Dans ce premier numéro, on trouve des interviews d’artistes, des séries mode et différents articles autour de la féminité (mais pas la féminité au sens Glamour/Elle/Cosmo du terme, œuf corse1).

Parmi les belles choses découvertes grâce à ce magazine : les beaux papiers marbrés de Camille Gressier, des adresses inédites à Londres, les broderies de voyage de Teresa Lim, les illustrations et les tatouages de Anna Wanda Gogusey (et, de fil en aiguille, son webzine Retard ainsi que CET EXCELLENTISSME ARTICLE SUR VÉRONIQUE SANSON ♥︎), les illustrations féeriques de Lesia Paramonova ou encore les pins rigolos de Valley Cruise Press.

Le design du magazine est soigné, délicat et réunit tout ce que j’aime : des photos pastels, des dessins, de la belle typo, des illustrations, de l’aquarelle… J’ai même été agréablement surprise d’y lire quelques réflexions féministes. Bref, c’est une réussite. J’achèterai le deuxième numéro sans hésiter.

NB : Le compte Instagram de 3petitspoints donne un bon aperçu visuel du style du magazine.

Rookie

Rookie

C’est vrai, Rookie est un webzine, pas un magazine ; mais dans la mesure où un vrai livre imprimé sort chaque année depuis quatre ans pour réunir ses meilleurs articles, il entre quand même dans mon classement.

Amour, sexualité, sororité, féminisme, art, philosophie – autant de thèmes passionnants, traités avec talent, par de jeunes plumes, dans des formats très divers : témoignages, interviews, essais, tutoriels, séries photo…

Si vous voulez en savoir plus sur Rookie, ne manquez pas le billet que j’y avais consacré, avec un tas de photos qui permettent de voir comment le print peut renforcer la portée de contenus initialement publiés sur le web (mais l’inverse est également vrai).

Flow

Flow

Je dois vous avouer que de tous les magazines de cette liste, Flow est celui sur lequel mon avis est un peu moins tranché.

D’un côté, j’adore leur maquette, les mises en page différentes, le choix des illustrations, les articles zen, les citations inspirantes, et la recherche créative qui anime chaque numéro : il y a un vrai travail sur le support papier, le choix des textures et des couleurs, avec des choix de papiers différents au sein d’un même numéro, des posters, des stickers, des cartes, un agenda et même une fois une banderole à accrocher sur un mur… C’est vraiment agréable d’acquérir un si bel objet pour 6,95 €.

D’un autre côté, il y a un côté très cucul la praline dans ce magazine (hey ! ça rime) ; un côté « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », une espèce de naïveté non seulement entretenue mais aussi encouragée. Et j’aime pas trop non plus les sélections de produits, certes très jolis et très tentants, mais qui font intervenir un consumérisme dans une publication qui par ailleurs fait plutôt l’éloge de l’être que celui de l’avoir.

Alors voilà, j’hésite un peu à me réabonner. Ça reste un magazine atypique dans le paysage des magazines féminins français, mais rien de surprenant à ça, puisque Flow est à l’origine un magazine néerlandais, qui a été simplement adapté en français. Pour moi, il manque à Flow un peu plus d’analyse, de diversité, de mixité et de concret.

Sciences occultes

Sciences occultes

Sciences occultes est un magazine français bilingue, consacré à l’art, à la photographie et à la mode alternative.

C’est une publication assez différente de tous les autres magazines dont je vous parle dans ce billet : gothique, évanescente voire carrément sorcière, elle est d’une tonalité plutôt sombre et flirte parfois même avec le fantastique.

Ce qui me plaît surtout, ce sont les choix photographiques qui peuplent les pages : des paysages échappés d’une autre planète, des maisons hantées, des corps diaphanes aux cheveux bleus, et autres curiosités sur pellicule. Les interviews révèlent des artistes aux chemins atypiques et aux émotions vives. Cela fait du bien de lire ce genre de recueil, un peu en dehors de tout ce qui se fait par ailleurs.

Sciences occultes ne semble hélas plus édité, mais il est encore possible de se procurer quelques numéros sur leur site. Le numéro 4 est également consultable en ligne.

Coilhouse

Coilhouse

Coilhouse est une lettre d’amour adressée à la culture alternative. Il n’est hélas plus édité depuis longtemps, mais il reste l’un des magazines dont l’impact esthétique et intellectuel aura été le plus fort sur mon imaginaire.

Aux manettes de Coihouse, trois artistes aux univers et aux personnalités différentes mais complémentaires : Nadya Lev (photographe), Meredith Yayanos (musicienne) et Zoetica Ebb (artiste).

Ce petit monde orbite autour de pas mal d’artistes et artisan·e·s que je suis par ailleurs (Molly Crabapple, Amanda Palmer, Nubby Twiglet, Jason Levesque, Jessica Joslin, Star St. Germain…), ce qui forme une sorte de grand, grand cercle inspiré et inspirant dont l’œuvre commune va bien au-delà de ce magazine.

Concrètement, Coilhouse fait la part belle à l’art dans son acceptation la plus large, qu’il s’agisse de photographie, de littérature, de musique, de performance, d’illustration ou de stylisme. Coilhouse, en soi, est une célébration d’un mode de vie alternatif et bohème, consacré à l’art et à la dévotion individuelle et collective qu’il requiert.

Chaque numéro est une plongée dans un univers sombre, sexy et nébuleux, dont les contours se brouillent au fur et à mesure que l’on pense s’en rapprocher. Lire un numéro de Coilhouse est une véritable expérience ; c’est une porte-au-loin vers des mondes inconnus dont on ignorait tout jusqu’alors.

Les six numéros de Coilhouse sont d’ailleurs téléchargeables gratuitement au format PDF.

HEY!

HEY!

HEY! est une revue d’art française, créée par Anne & Julien. La rédaction œuvre pour la défense de territoires affranchis de la norme et donne de la visibilité aux différentes expressions artistiques de la contre-culture.

Le point fort de HEY! est sa capacité à mettre en lumière de nouveaux talents et à explorer des territoires artistiques en clair-obscur. La parole est donnée aux artistes, les journalistes restant le plus possible en retrait. À noter que les contenus sont en français mais également traduits en anglais.

Dans la galaxie HEY! on trouve non seulement le magazine, mais également de truculentes expos (et leurs sublimes catalogues) à la Halle Saint-Pierre, à Paris, consacrées au lowbrow, au surréalisme pop, à l’art brut contemporain et, globalement, à l’underground.

Anne & Julien sont également les commissaires d’expositions telles que Tatoueurs, tatoués au Quai Branly, et Miyazaki vs. Moebius au Musée de la Monnaie de Paris.

HEY! est une revue qui décoiffe : la puissance des œuvres et des démarches présentées, la sincérité des artistes, sa richesse et sa diversité esthétique, tout cela fait qu’on n’en ressort jamais indemne…

Frankie

Frankie

Frankie est un magazine australien consacré à la mode, au design, à l’artisanat, à la déco et à la musique. Comme son esthétique pastel ne le laisse pas forcément penser, c’est une revue qui pratique beaucoup l’humour et le second degré.

Perso, j’aime beaucoup les interviews qu’ils publient : qu’il s’agisse d’artistes, de commerçants, de designers ou de quidams, elles sont toujours consacrées à des personnes originales. Tout cela forme une matière première humaine et décontractée qui fait franchement du bien à lire.

Par exemple, dans le numéro 66, que j’ai photographié ci-dessus, on trouve des articles consacrés aux muses masculines dans l’art, à l’éducation à donner à ses propres parents, à des fleuristes, à une petite fille atteinte d’ostéogenèse imparfaite (Most people see the disability first, not the person), au cinéma érotique féminin ou encore au Cambodge.

C’est frais, c’est malin, c’est humain, c’est beau, et ça permet de faire une vraie pause de qualité dans un quotidien stressé.

Étapes

Étapes

J’ai longtemps eu une relation amour-haine avec Étapes. Quand j’ai découvert ce magazine, il y a des années, je trouvais que les projets présentés étaient trop beaux, trop lointains, trop parfaits. On n’y parlait que d’agences prestigieuses, d’écoles onéreuses et de designers qui me semblaient totalement coupés du monde. En outre, je trouvais le prix du magazine carrément répulsif.

Je suis fière de vous annoncer que l’amour a fini par l’emporter. Étapes est certes un peu cher (19,90 € tous les deux mois), mais chaque numéro est quasiment un livre dédié à un sujet précis, analysé à travers le prisme du design graphique et de la culture visuelle.

Certes, les projets et les agences présentés sont toujours aussi loin de moi, mais justement, je ne considère plus que ça soit un inconvénient, au contraire : cela me permet de voir ce qui se fait dans le monde des grandes agences, de multiplier mes références visuelles, et de sortir le nez du web. Ça a un petit côté Pinterest pour les belles images, mais l’analyse en plus.

Le soin apporté à la sélection de livres, de typographies, d’expos, d’interviews métier, et surtout la recherche de sens, font de chacune de mes lectures d’Étapes une expérience à nulle autre pareilles.

Le numéro 230, qui vient de sortir, est consacré au branding, et il est particulièrement savoureux. Extrait choisi :

(L)’important lors de nos débuts était de se concentrer sur notre envie de ne pas se spécialiser dans un domaine. (…) Quand tu es en agence, tu finis par faire toujours la même chose, à prendre des automatismes, et au bout de trois ans, tu ne réfléchis plus.

Dezyderiusz Gusta, de l’agence Content Design Lab

Things & Ink

Things & Ink

Things & Ink est un magazine anglais dédié au tatouage, aux tatoué·e·s et aux tatoueures, ainsi qu’à l’histoire du tatouage, à ses usages et à ses significations.

Alors qu’une grosse majorité des magazines consacrés au tatouage représentent les femmes tatouées de façon sexualisée à travers un regard masculin cis, Things & Ink s’inscrit à l’opposé et propose une démarche clairement queer et féministe.

Il est bien écrit, original et réconfortant. Certains articles sur l’acceptation de soi m’ont durablement marquée (notamment celui écrit par Harnaam Kaur).

J’aime aussi la dimension historique, ethnologique et sociologique de ce magazine, ainsi que les histoires personnelles qui présentent des individu·e·s attachant·e·s (comme cette femme de 61 ans qui se fait tatouer pour la première fois).

La dimension artistique du tatouage est également très présente, à travers des interviews d’artistes tatoueures dont j’aime découvrir les univers. Mention spéciale pour les séances photo, toujours retournantes.

Choosing to have tattoos means I choose my own body, to see it as a permanent vehicle for my sense of self and that I’m choosing what I say with it. (…) Tattoos on women offend the collective sensibility because they are bold, unmissable and non-negotiable, and those are traits I’m quite happy to associate myself with.

Bethany Carman Rutter, autrice du blog Arched Eyebrow

À lire également si toute cette problématique vous intéresse : A Marked Misconception: Tattooed Women & The Male Gaze. Je ne partage pas tous les points de vue présentés dans cet article, il est néanmoins très intéressant.

Conclusion

J’espère que ce voyage au pays des « magazines qui ne craignent pas » vous a plu.

Ça faisait LONGTEMPS que j’avais envie de vous parler de tout ça, je suis contente d’avoir enfin réussi à le faire, même si ça m’a pris un temps fou. (Je suis en pleine convalescence de mon récent « blogging malaise », aussi ça m’a semblé une bonne idée de parler d’un sujet qui me fait plaisir pour essayer de retrouver le goût de publier…)

Un mot à propos des beaux magazines (et des beaux livres) : ceux-ci sont parfois un peu piégeux, dans la mesure où ils présentent des choses tellement belles qu’elles peuvent en devenir décourageantes.

À ce sujet, je citerai ma consœur Virginie Caplet, qui le dit très justement dans son ouvrage Petit précis de créativité : Les magazines de graphisme et autres contenus caressant les yeux c’est bien joli, c’est même très joli, mais c’est parfois trop joli. Je valide entièrement l’idée qu’il faille rester inspiré, mais attention à ne pas se faire trop de mal. En effet, en se nourrissant exclusivement d’images bien léchées, on commence à détester nos images moins travaillées et pas imprimées sur papier glacé, ce qui est contre-productif. De plus, il faut garder à l’esprit que les clients viennent rarement avec des problèmes glamour (…), c’est pourquoi cette diète déséquilibrée ouvre sur un risque de frustration et d’absence de compassion. (…) Lire des choses diversifiées vous permet non seulement de rester en contact avec les réalités de la vie et l’état de l’art, mais cela vous permet aussi d’être plus alerte sur certains types de clients moins attrayants et moins écoutés.

L’essentiel, je crois, est de varier les plaisirs, de lire des trucs différents, et ne pas hésiter à feuilleter un magazine vers lequel on est irrésistiblement attiré·e, même si on hésite, même si on ne connaît rien au sujet, même si c’est juste un one shot, même si ça répond à de la curiosité mal placée. Chez le coiffeur ou chez le médecin, y’a l’embarras du choix, faut vraiment pas se gêner.

Et vous, vous lisez quels magazines ? C’est bien ? Faites-moi découvrir quelque chose. :)

  1. Aleks, si tu me lis : ton blog me manque. Bisous !

Déjà 24 commentaires

  1. Hey,

    Un petit coucou rapide. Je suis très contente que tu cites 3 petits points que je connais surtout en tant que webzine. J’aime beaucoup justement leur apparence léchée et l’importance qu’ils donnent aux jolies photos :)
    Sinon à travers ce billet, je découvre que tu as l’air d’apprécier les interviews autant que moi, ça fait plaisir.
    Je jetterai un oeil plus précisément sur les magazines cités plus tard, c’est vrai que je lis de moins en moins de magazines payant, même si je passe un temps fou chez relai avant de prendre le train… Pour Flow, même si tu sembles être mitigée, il serait temps que je me fasse une petite idée ^^

    Du bisou

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    1. Merci d’être passée, Ally ! :) J’ai découvert 3petitspoints directement sous la forme de magazine, moi, je ne sais plus vraiment comment… J’ai découvert le webzine après coup, c’est vrai que l’apparence est soignée mais je crois que je préfère le format papier.

      c’est vrai que je lis de moins en moins de magazines payant

      Y a-t-il des magazines gratuits que tu me recommandes ?

      Pour Flow, même si tu sembles être mitigée, il serait temps que je me fasse une petite idée ^^

      Ça vaut le coup de l’acheter au moins une fois pour découvrir :)

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      1. Enfin je te réponds. Pour les magazines gratuits, rien de bien transcendant : A nous Paris surtout… Parfois le TGV Magazine ou Air Mag distribué à Mc Do (il m’arrive d’y aller pour des frites ou mc flurry dans des moments de faiblesse, j’avoue). J’aime bien piocher dans les actus, les bonnes adresses et lire les interviews de gens auxquels je ne me serais pas forcément intéressée sinon, il y a toujours un petit truc d’intéressant. Je fais mon marché quoi !

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        1. Hey Ally :)

          J’aime bien piocher dans les actus, les bonnes adresses et lire les interviews de gens auxquels je ne me serais pas forcément intéressée sinon, il y a toujours un petit truc d’intéressant. Je fais mon marché quoi !

          C’est très sain de lire des choses auxquelles on ne serait pas allé naturellement. Ça contribue à élargir son point de vue. En plus, j’ai remarqué que dans ce cas précis, il y a une sorte de phénomène de ricochet qui se met en place : tu t’intéresses à un sujet, via lequel tu découvres autre chose, via laquelle tu notes une référence ou une citation pour plus tard, et ainsi de suite. Tout ça à cause d’une lecture imprévue.

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  2. C’est marrant j’ai exactement le même avis sur Flow. Les 5 pages de pubs pour des produits certes mignons, mais clairement pas indispensables, même pas 15 pages après un article sur le « less is more » et la réutilisation, le partage plutôt que l’achat, ça me reste un peu dans la gorge. Je sais bien qu’un magazine, ça se finance comme ça peut, c’est juste dommage que leur belle philosophie, même si un peu niaise comme tu le notes, ne soit pas appliquée en pratique par ceux qui la prêche !

    Sinon, Frankie et Things & Ink me tentent plutôt bien !

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    1. Salut Charlie !

      Je suis d’accord avec toi !

      Dans les magazines indépendants, comme Uppercase par exemple, il y a aussi un peu de pub, mais c’est strictement séparé des articles (pas de « publi-rédactionnel »), et c’est de la pub pour de petits commerces locaux, des artisans, des blogs… Bref ça colle à la ligne éditoriale.

      Globalement, en ce qui concerne les trucs grand public, j’ai l’impression que la vague du développement personnel et du bien-être est une immense manne publicitaire pour nous refourguer toujours plus de produits onéreux et inutiles…

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  3. Merci pour toutes ces recommandations ! Et j’avoue partager exactement ton avis sur Flow. Je continue à l’acheter parce que ça change mais bon… Je vais aller voir le reste de ta sélection du coup.

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    1. Hello Sarrousse, bienvenue par ici !

      Je continue à l’acheter parce que ça change mais bon…

      Ouais, je vois totalement ce que tu veux dire. Parfois j’y pioche quelques phrases inspirantes et idées de choses à découvrir, et souvent j’admire les visuels et le travail de design éditorial, mais le contenu gagnerait à être un peu plus costaud.

      Tu me diras si quelque chose dans ma sélection t’a plu ? :)

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  4. Oh, très sympa cet article ! (belle sélection, j’ai envie de fouiner maintenant, c’est malin ! ^^) (Rookie me tente vachement !)
    Je te rejoins complètement sur les magazines dits « féminins » qu’on trouve en kiosque, qui en plus de colporter des idées totalement fausses sur les femmes et les hommes et de bourrer les lectrices de complexes divers et variés, tournent toujours sur les mêmes sujets.

    Du coup, je ne lis quasiment plus de magazines mais plutôt ce qu’on pourrait appeler des fanzines.

    Côté magazines, il y a Breeks – du Lego, du geek et du familial. C’est récent, comme magazine, le format est plutôt « mook » mais j’aime le concept. Il y a des articles de fond, de l’actu, du DIY (modèle Lego, recette, …), un peu d’écologie, des dossiers thématiques, du transgénérationnel (comment partager ses passions geeks en famille), et une rubrique mode (mais plutôt pour se vêtir « à la manière de » tel thème geek ou personnage de fiction).
    http://www.journaldugeek.com/2015/11/30/breeks-un-mook-qui-vaut-le-detour/

    Côté fanzines :
    – Mageek (dont j’attends avec impatience le 4e numéro qui se fait attendre ! ^^). Tout est dans le titre, c’est un magazine féminin pour geek(ette)s. Mais attention, féminin oui, mais pas dans le sens où l’on entendrait… les rubriques modes sont surtout une façon de se vêtir au quotidien en évoquant tel ou tel personnage ou thème (mode style dothraki, mode style Doctor Who, etc), la rubrique sexo était en fait l’occasion de parler des fan-fic, etc. Le ton est plutôt décalé, les conseils maquillage sont pour du cosplay, il y a aussi des articles de fond (la place de la femme dans le milieu geek, le milieu gamer, analyse de l’oeuvre des studios Ghibli, etc). Le fanzine joue volontiers avec les codes des magazines féminins lambda mais on sent en lisant les articles que c’est du second degré, de la parodie et les articles de fond sont intéressants. Bref la geekette que je suis est totalement conquise ! :) Je ferai un billet sur ce fanzine sur mon blog, à l’occasion, d’ailleurs.
    http://mageekfanzine.com/le-fanzine-mageek/

    – Deadly Kiss : la seule revue papier en France consacrée au roller derby, sport que je pratique (toujours en mode débutant malgré un an et demi, mais bon ce sport est un vrai challenge pour moi, tant physique que mental, et je compte bien persévérer !). Il propose des zooms sur des personnes de la derby family (joueuses/eurs ou referees), des équipes, des photographes qui immortalisent les matches, mais le mag présente aussi d’autres sports de niche, des artistes (ceux invités pour la couverture), il y a des conseils tant pour le matos que pour la prépa physique ou mentale, des ITWs, des astuces, des témoignages, bref, ça fait tout le tour de la question dans une mise en page plaisante ! :)
    http://deadlykiss.bigcartel.com/

    Voilà pour ce que je lis côté papier glacé (ou pas) de mon côté :)

    Bises paginées

    Lulla

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    1. Coucou Lulla !

      Han mais c’est trooop bieeen toutes ces suggestions ! Grand merci ! Hâte de lire ton billet sur Mageek, car c’est celui qui m’intéresse le plus parmi les trois que tu as cités.

      Je te rejoins complètement sur les magazines dits « féminins » qu’on trouve en kiosque, qui en plus de colporter des idées totalement fausses sur les femmes et les hommes et de bourrer les lectrices de complexes divers et variés, tournent toujours sur les mêmes sujets.

      Complètement. J’ai longtemps été abonnée à deux magazines féminins très très connus que l’on trouve facilement en kiosques, et je me suis rendue compte à la longue à quel point cela me complexait et me rendait malheureuse de ne jamais correspondre aux diktats que ces magazines contribuent à véhiculer et à normaliser dans leurs pages…

      Avec le recul je sais à quel point c’était crétin de culpabiliser, étant donné que cette image idéalisée des femmes est comme tu le dis complètement fausse, à la limite du fantastique, et que peu de lectrices doivent réellement être concernée par des pantalons en taille 32 à 4000€ pièce, mais bon, je ne sous-estime pas non plus le pouvoir suggestif énorme des médias sur l’estime de soi.

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  5. Trop bien ! J’adore le format magazine, mais j’ai du mal à en trouver qui ne me font pas rouler des yeux à 360°… Dans ta sélection, je suis tentée par Uppercase, Sciences Occultes, et Frankie. Et je suis toujours en deuil de Coilhouse, qui reste pour moi le meilleur magazine du monde.

    Sinon, j’aime bien la déclinaison déco du magazine (à la base de mode enfantine) Milk : ok, c’est un monde de design irréaliste, mais c’est beau, et quand même moins déconnecté de mon style de vie que les magazines de déco habituels. Et pour la mode, je préfère les versions anglaises des publications Condé-Nast : plus pointues, moins normatives (même si, bien sûr) que leurs équivalents français. Ca reste des choses que j’achète une fois tous les six mois, comme une boîte de chocolats – ça fait plaisir, mais pas à haute dose.

    Ce que je n’ai jamais essayé, mais dont je suis curieuse, ce sont les magazines plus politiques vendus en librairie, genre XXI. Il faut que je m’en achète au moins une fois pour voir !

    Et enfin, sur les magazines féminins classiques : plus ça va, plus je me sens à mille lieux de leur portrait-robot de lectrice, et de ce qui est censé l’intéresser. Le consumérisme ? Bof. Améliorer son physique de toutes les façons possibles ? Comment vous dire : je ne me suis jamais aussi peu maquillée ou épilée que ces derniers temps (et oh surprise, je ne suis pas devenue repoussante pour autant, ni pour les hommes ni pour moi-même !). Les relations amoureuses ? Oui, mais pas du tout de la façon dont elles sont abordées là-dedans. Le vernis de féminisme que certains titres essaient d’adopter depuis peu me fait doucement rigoler. Au final, ce qui m’intéresse encore là-dedans, c’est le lifestyle (déco, cuisine parfois), et occasionnellement une info dans une brève, ou une jolie photo. Ca fait peu de raisons d’ouvrir son porte-monnaie.

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    1. Merci Stella pour ton big fat comment !

      Et pour la mode, je préfère les versions anglaises des publications Condé-Nast : plus pointues, moins normatives (même si, bien sûr) que leurs équivalents français. Ca reste des choses que j’achète une fois tous les six mois, comme une boîte de chocolats – ça fait plaisir, mais pas à haute dose.

      Tout pareil ! J’achète de temps en temps le Elle anglais quand je vais à Londres, mais c’est tout. Et c’est uniquement pour le design et les photos, pas pour les articles (car je risquerais de retomber dans le monde d’injonctions corporelles, émotionnelles et sexuelles que j’essaye d’éviter).

      Il y a un autre magazine comme ça, c’est Paulette : je le trouve très joli, très soigné, très mignon, mais les contenus ne me plaisent pas du tout. Pourtant j’aime bien l’idée d’un thème par numéro (jungle, douceur, intergalactique, …). J’ai arrêté de l’acheter sans regret.

      Le vernis de féminisme que certains titres essaient d’adopter depuis peu me fait doucement rigoler.

      C’est vrai qu’il y a de ça. Il y a quelques jours j’ai vu passer sur Instagram une illustration faite par une consœur illustratrice pour un grand magazine féminin, sur le thème : « Quelle féministe êtes-vous ? ». Et, du peu que j’ai pu réussir à lire, c’était encore une façon de stigmatiser certains types de féministes (hommasses, asexuelles, lesbiennes…) par rapport à d’autres (girly, sex positive, etc.). Je ne la blâme pas elle, elle a fait son boulot, mais je blâme le contenu, complètement crétin.

      Donc, ouais, roulement d’yeux à 360, comme tu dis.

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  6. Merci pour ces belles découvertes !

    Mon avis rejoins le tien sur « Flow » : ça fait du bien la première fois qu’on le découvre, mais au final après en avoir feuilleté plusieurs, j’ai très vite été ennuyée par le côté « superficiel » des articles, dans le sens où j’avais l’impression de rester toujours à la surface des choses, avec en effet un peu trop de « nunucherie ».

    Pour contrebalancer, je conseille donc « XXI » (cité par Stella ci-dessus), qui est un magazine d’information constitué d’articles et dossiers avec un-e illustrateur-rice dédié-e pour chaque, mais aussi un porfolio photo, un reportage en bande dessinée… La mise en page est très visuelle et on peut difficilement passer à côté des couvertures !
    Il parait tous les trimestres, et il faut bien 3 mois pour absorber l’ensemble, car c’est une belle dose de pur contenu (il n’y a aucune pub).
    Ce n’est pas un magazine d’actualité, mais vraiment d’info de fond, et j’y apprécie la façon très humaine d’aborder les choses. Malgré des sujets parfois complexes, il y a un gros effort pour être abordable et donner des clés pour aller plus loin (bibliographie, filmographie…).

    Il y a aussi son petit cousin, le magazine « 6 mois », dédié à la photographie, avec une même approche humaniste. Je n’y suis pas abonnée mais en ai déjà feuilleté plusieurs, et pour quelqu’un d’intéressé par les images, je pense qu’il vaut vraiment le coup.

    Enfin, concernant les magazines « féminins », je conseille « Causette », qui est à contre-pied, et propose du contenu clairement revendiqué féministe. Je trouve parfois certaines tentatives d’humour maladroites, mais dans l’ensemble c’est un très bon mensuel généraliste, attentif à l’actualité politique, culturelle, sociale…

    Dans mes suggestions, il n’y a pas tant de place que ça pour l’art et la créativité, et j’ai l’impression qu’en-dehors du web, « UPPERCASE » viendrait bien combler ça, donc je vais peut-être me laisser tenter !

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    1. Merci Marie pour ces suggestions ! J’ai déjà reluqué XXI et en effet, c’est un magazine qui a l’air aussi riche que beau.

      Quant à Causette, j’y ai longtemps été abonnée. Il y a des choses que j’adore dedans (les reportages, mais aussi les borborygmes, mon péché mignon !), mais il y a eu quelques articles qui me sont vraiment restés en travers de la gorge.

      Récemment, j’ai découvert des publications féministes beaucoup plus indé et tout aussi intéressantes, notamment le magazine Timult. Je n’en ai pas parlé dans mon billet car je le découvre tout juste, mais je vais essayer de me procurer d’autres numéros pour voir de quoi il en retourne.

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      1. Merci, je vais aller creuser Timult, et je serai curieuse de découvrir les autres que tu évoques lorsque tu jugeras intéressant d’en parler !

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  7. OH. LA. LA.

    Combien de fois ai-je erré comme une âme en peine dans un kiosque de gare, vagabondant à travers les rayons dans l’espoir de trouver un magazine qui me conviendrait pour quelques heures de train ? Passant le regard sur toutes ces couvertures qui ne m’attirent pas, feuilletant quelques revues dont le contenu me faisait d’emblée soupirer… alors que j’espérais tant, au moins une seule fois, trouver LE magazine, celui qui m’inspirerait et qui m’enthousiasmerait à chaque parution ?

    J’ai laissé tomber la quête, pensant que ce Graal n’existait pas. C’est ainsi que j’ai totalement éclipsé le magazine comme support digne d’intérêt pour moi Jusqu’à ce que je me prenne enfin le temps de lire ton article et, miracle des miracles, d’avoir envie de me procurer certains des magazines que tu cites ?

    Je connaissais déjà Sciences occultes dont je regrette fort la fin (y a-t-il eu une annonce à ce sujet d’ailleurs ? je ne trouve nulle part d’explication de cet arrêt, cela me peine d’autant plus). Les autres magazines me sont totalement inconnus ! Pour commencer, je vais me ruer sur les anciens numéros de Coilhouse qui m’a l’air fantastique, et dont je désespère déjà qu’il ne soit plus édité (pourquoi est-ce toujours les choses qui m’attirent le plus qui n’existent plus ?)

    Merci d’avoir aussi partagé quelques pistes (anciens numéros, comptes Instagram, …) qui permettaient d’avoir un aperçu du contenu des magazines, ça équivaut à les feuilleter avant de les acheter !

    Continue à nous partager ainsi tes découvertes Marie, c’est une précieuse mine d’or dont les pépites me ravissent ♥

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    1. Je connaissais déjà Sciences occultes dont je regrette fort la fin (y a-t-il eu une annonce à ce sujet d’ailleurs ? je ne trouve nulle part d’explication de cet arrêt, cela me peine d’autant plus).

      Je n’en trouve pas non plus ; peut-être est-ce simplement un hiatus ?

      En attendant, j’ai appris que Things & Ink arrête sa publication papier :( Même s’ils continuent à publier des articles sur leur blog, c’est pas pareil et ça m’attriste vraiment.

      Merci d’avoir aussi partagé quelques pistes (anciens numéros, comptes Instagram, …) qui permettaient d’avoir un aperçu du contenu des magazines, ça équivaut à les feuilleter avant de les acheter !

      Merci, je suis contente de m’être décarcassée si tel est le cas ! ^.^

      Mrouh !

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  8. Christine

    5 avril 2016

    Ah que j’aime prendre le temps de te lire…
    Merci de tes billets tout doux, qui réconfortent, ton style d’écriture est vraiment agréable à lire, différent, toujours bienveillant (enfin c’est l’effet qu’il me fait ;) Merci Marie <3 )

    J'ai commandé le Numéro 1 de "Walter Magazine" http://www.walter-magazine.com/language/gb/homepage-eu/ C'est une expérience tactile, il sent bon le papier, l'encre, lui aussi.
    Je vous le conseille sans modération ^^Il est bilingue, Anglais & Français.

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    1. Merci Christine ! Ça me fait plaisir que tu aies pris le temps de laisser un petit mot.

      Je suis fan du boulot de Fabien Barral depuis des années, aussi son magazine rejoint gentiment ma wishlist !

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  9. Hello !

    Ça n’a rien à voir avec l’art ni les femmes, mais pour ma part, quand j’ai besoin d’évasion et de papier glacé, je lis le National Geographic, auquel ma maman m’a abonnée il y quelques années. Je l’avais découvert à l’occasion d’un article sur l’Évangile de Judas qui m’avait complètement fascinée. J’aimais beaucoup aussi l’ancienne version des Cahiers de Science et Vie, orientée autour d’un thème historique ou ethnologique, mais je suis beaucoup moins attirée par leur nouvelles formule qui traite de plusieurs sujets.
    Et dans le genre très luxueux et très érudit, j’ai reçu quelques numéros de la revue d’art FMR.

    Bon, ça n’a pas grand-chose à voir avec tes lectures, mais c’est inspirant, dans un autre genre !

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    1. Salut Nathalie ! Merci pour ton commentaire, excuse-moi de ne te répondre qu’aujourd’hui… -_-;

      Je connais assez mal le National Geographic je dois dire, mais tu me donnes envie d’en acquérir un exemplaire pour changer de point de vue :) Quant à la revue FMR, c’est une énigme. J’ai trouvé assez peu d’infos à son sujet sur le net… Où peut-on la trouver ?

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  10. Mais pas de soucis pour le temps de réponse, je t’en prie !

    Hum, effectivement, FMR semble n’être plus édité depuis longtemps… J’en ai trouvé un numéro sur Amazon

    Le National Geographic te plaira si tu as envie à la fois d’évasion et de dossiers un peu plus pointus sur des questions de géo-politique. Ils sont très renommés pour la qualité de leurs photos et c’est vrai qu’elles sont sublimes ! Récemment, un de leurs reporters a entrepris un voyage à pieds autour du monde, afin de retracer le périple des hommes préhistoriques, de leur Afrique natale jusqu’aux autres continents. C’est un article qui m’a beaucoup marquée, d’une grande poésie.

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  11. Je découvre ton blog et ce très bel article complet.
    Je ne connais que Flow et Etapes (et partage ton avis sur les deux), un peu dans le même genre j’achète de temps à autre Kaizen.
    Connais-tu Muze ? Pas mal aussi.
    Pour le reste, tu me donnes envie !

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    1. Coucou ! Sois la bienvenue par ici :)

      Non je ne connais pas Muze ; souvent croisé sur les étagères, mais jamais feuilleté. Tu me donnes envie de réparer ce manque de curiosité !

      Si jamais tu lis une des autres publications dont j’ai parlé, je serais curieuse d’avoir ton avis ! À bientôt ! *.^

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