À la base, ce billet devait parler d’un livre que j’ai dévoré : How to Be an Artist de Jerry Saltz.
Mais, comme mettre à jour mon blog sur le moment continue à ne pas être un réflexe, j’ai été happée entre temps par un autre livre : Internet Phone Book, édité par Kristoffer Tjalve et Elliott Cost.
Ce livre, c’est un annuaire papier d’Internet. Plus exactement, c’est un annuaire papier de l’Internet « poétique », c’est-à-dire un Internet plus expérimental, plus personnel et plus indépendant que celui que nous doom-scrollons chaque jour.
Cet annuaire recense plus de 700 sites personnels et blogs, en majorité anglophones. Chacun d’entre eux a un numéro, de 1 à 737, qu’il est possible de saisir dans un cadran numérique pour que la navigation soit plus facile.

Tous ces sites ne sont pas renversants, certes. Il y a aussi beaucoup plus d’hommes que de femmes qui ont proposé leur site perso dans l’annuaire, certes.
Mais cet annuaire reste une superbe initiative. À force de visiter des dizaines de sites et de blogs chaque semaine, je ressens quelque chose qui m’a énormément manqué : un mélange de joie, d’excitation et même d’effronterie à l’idée de bidouiller mon blog et d’y publier ce qui me chante comme si j’avais 17 ans à nouveau.
C’était pas si mieux avant
Je ne sais pas si c’est le fait de vieillir, un effet secondaire de l’ultra-conservatisme actuel, ou les deux, mais je me surprends de plus en plus souvent en train de penser ou de dire des trucs embarrassants, du style « c’était quand même mieux avant ».
Pire, j’adore lire des articles qui vont dans le même sens que moi, par exemple ceux qui :
- affirment qu’Internet est mort ;
- tentent d’expliquer ce qui l’aurait tué ;
- chantent les louanges des GIFs animés face à des interfaces conformistes ;
- et cherchent à comprendre pourquoi le web moche et chaotique de la fin des années 90 continue à nourrir notre imaginaire collectif.
Mais en me replongeant dans Neocities et dans cette masse de sites web qui remettent au goût du jour l’esthétique kitsch et « mobile hostile » du web de l’an 2000, j’ai commencé à me demander si cette intense nostalgie n’était pas, simplement, un énième prétexte pour ne rien faire. Si tout était mieux avant, si plus personne ne lit de blogs, alors à quoi bon ?
Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est cette phrase de Jerry Saltz (encore lui) :
Nostalgia is the enemy. I don’t think you’re really making political art if you’re always going back.
Un son de cloche que j’ai retrouvé dans l’Internet Phone Book, justement. La chercheuse Olia Lialina y rejette elle aussi la netstalgie, c’est-à-dire la nostalgie que nombre d’entre nous ressentons pour « L’Internet d’Avant », dans l’essai From my to me :
Don’t see making your own web page as a nostalgia, don’t participate in creating the netstalgia trend. What you make is a statement, an act of emancipation. You make it to continue a 25-year-old tradition of liberation.
Pour résumer : la nostalgie, c’est l’ennemie. La netstalgie, aussi.
Fight for the future
Pourtant, la tendance actuelle est plutôt à la célébration enthousiaste des vieux sites web inutilisables pré-Myspace, y compris par de grands médias.
Au fond, je comprends pourquoi : toutes les dégueulasseries numériques actuelles nous donnent envie de revenir à quelque chose de moins formaté, de moins artificiel, bref, de plus humain.
Mais on n’a pas besoin de voyager vers le passé pour cela. Plein de monde agit aujourd’hui pour créer et pérenniser des endroits plus authentiques et plus libres sur Internet.
Je crois qu’Olia Lialina a raison : ce que je perçois, en visitant tous ces sites et blogs personnels, c’est moins de la netstalgie qu’un profond désir de changement pour que l’avenir soit moins pourri.
Parmi les revendications que je perçois souvent sur les sites et blogs listés dans l’Internet Phone Book, il y a bien sûr un fort désir d’indépendance par rapport aux silos numériques. Mais de nombreuses personnes expriment aussi, sur leur site, un rejet explicite du fascisme. C’est le cas par exemple de Rek Bell et 100 Rabbits.
S’organiser collectivement
C’est peut-être bête, mais voir tant de blogs personnels apparaître ou reprendre du poil de la bête, ça me donne de l’espoir. Nous avons pour l’instant la liberté de nous organiser pour réfléchir, échanger, agir, et c’est très important que nous nous en saisissions.
Que se passe-t-il pour vous si demain Meta, X, Bluesky, Substack, Twitch ou TikTok décident de fermer votre compte sans prévenir ? Ou bien si votre compte est hacké et que vous ne pouvez plus jamais le récupérer ?
C’est arrivé à pas mal de personnes que je suis sur le net, notamment des camarades féministes, souvent queer, gagnant parfois leur vie grâce à leur compte, mais aussi à d’autres personnes, pas spécialement politisées ni militantes.
Ça peut m’arriver demain, ça peut vous arriver à vous aussi.
Si vous y pensiez depuis longtemps, ceci est le signe que vous attendiez pour créer votre newsletter ou votre blog dès que possible, et en informer votre communauté.
Ne perdez pas ce lien précieux que vous avez mis des années à créer. Commencez à inventer ou à réveiller votre espace personnel indépendant maintenant, loin des plateformes appartenant à des milliardaires, masculinistes et racistes by design.
Ça ne vous empêchera pas de diffuser vos propres contenus sur ces plateformes, avec l’agenda secret de ramener les personnes intéressées par ce que vous créez sur votre espace à vous (c’est le principe du POSSE : publiez sur votre propre site, diffusez vos contenus ailleurs).
Un espace libre, autonome, que vous maîtrisez de A à Z et que vous pourrez déménager où et quand bon vous semble.
Réinvestir le web indépendant est la seule façon de résister contre notre disparition numérique collective. Elle nous pend au nez tant que nous ne nous autonomisons pas.
Se soutenir les un·es les autres
Outre cette recherche d’indépendance, le soin que nous accordons aux autres blogs que le nôtre est tout aussi important, que ce soit à travers une petite blogroll ou en tissant des liens au sein d’un billet spécifique.
Les sites et les blogs que nous aimons lire n’ont aucune chance d’être découverts et de perdurer si nous ne les soutenons pas, par exemple en les commentant ou en les partageant autour de nous.
Un lien HTML est un élément si banal, si simple, qu’on a tendance à oublier sa puissance. Faire des liens vers les recoins du web où l’on se sent bien, pour moi ça participe complètement au bouche à oreille, et donc à notre pérennité numérique collective.
En plus, un lien, un partage, un petit commentaire, ça ne coûte rien, sinon quelques minutes de notre temps.

Citation de Melon (Daniel Murray) : Websites themselves are almost meaningless – meaning exists in its links, not in its pages.
Tout ça me donne envie de vivre le blogging et le web indé maintenant, tel qu’il est, tant qu’il existe. M’y impliquer en mettant à jour mon blog, mais aussi en soutenant les blogs des autres : leur laisser des « j’aime », les commenter et les faire circuler autour de moi, autant que possible.
Quand Manuel Moreale a partagé la newsletter Dense Discovery nº361, il y a quelques mois, le passage suivant m’a aidée à comprendre vers quoi je souhaite diriger mon agentivité numérique désormais :
In our era of algorithmic curation and crowd consensus, we’re constantly pushed towards what’s already popular, which is almost always what’s most profitable, which is almost always controlled by people who already have too much power.
But the web/world is still full of thoughtful people making interesting things – small newsletters, obscure podcasts, blogs that three hundred people read religiously. They’re there, just quieter, harder to find, requiring a bit more effort on our part.
Seeking out lesser-known voices isn’t just an act of cultural curation; it’s a philosophical stance, a refusal to let attention be the only metric that matters. Because the most interesting stuff usually happens on the margins.
Cela rejoint complètement l’acte émancipateur et politique dont parle Olia Lialina. J’y rattache aussi cette phrase de J.A. Westenberg, que j’ai envie de recopier partout tellement je suis d’accord :
The people who read blogs tend to be the people worth reaching: curious, patient, willing to engage with longer arguments.
Bref, rejoignez le club du cringe, on a des biscuits
Comme ce billet n’a pas de réelle conclusion, voici un exemple de circulation.
Peut-être aurez-vous remarqué que l’URL de ce billet contient l’expression « club du cringe ».
Cette expression, je la pique à Stenia, qui l’a utilisée dans un commentaire qu’elle a laissé sur le blog de Frankie.
J’ai découvert leurs blogs grâce à un blousque de Pauline Le Gall (qui a elle-même un nouveau blog, btw).
Je suis retombée sur les publications de Pauline grâce à la « liste myrtille » de Lucide, qui a eu la bonne idée de réunir des gens qui parlent d’autre chose que de l’actu mortifère (en plus d’avoir créé un portfolio pour ses photos et un blog que j’aime beaucoup).
J’adore l’expression « club du cringe » pour parler des personnes qui bloguent, car elle dit un truc très vrai : bloguer est embarrassant. C’est en général aussi embarrassant à écrire qu’à lire. Mais c’est aussi très fun et ça permet de rencontrer des gens qui partagent les mêmes centres d’intérêt.
Même si, soi-même, on réussit à dépasser ce sentiment persistant de stupidité, 99,9999 % de l’humanité se tapera de nos publications comme de l’an 40. Et, parmi le 0,0001 % restant, une bonne partie les lira probablement avec une moue dégoûtée.
C’est à ce moment-là qu’il faut se rappeler très fort d’un truc essentiel, vital, même : il faut relativiser l’avis d’autrui sur ce que l’on fait. Vraiment. Sinon on ne fait rien et on meurt à la fin quand même.

C‘est le moment idéal pour vous rappeler l’existence de cet autocollant génial de Sandrine Deloffre.
Pour ce que ça vaut, moi, je suis 100 % là pour lire et savourer vos sites personnels et vos blogs, vos intérêts spécifiques, vos sujets de niche, vos obsessions du moment, vos doutes, vos tâtonnements créatifs, vos réflexions philosophiques, vos tirades ampoulées, vos réactions disproportionnées, vos avis tranchés.
Publiez ce qui vous fait plaisir. Si vous doutez, si vous hésitez, et si ça vous aide, dites-vous qu’il y a au moins une personne que ça intéresse : moi.
Non, tout n’était pas mieux avant, et il y a plein de choses qui seront mieux demain (ouf, quel soulagement, hein). La seule chose qui compte, c’est ce que nous choisissons de faire avec le temps qui nous est imparti, comme qui dirait.
L’introduction de l’Internet Phone Book se termine sur cette phrase, que je trouve un peu magique : The energy in me sees the energy in you
.
J’vous dis, ce livre est vraiment bien.
Mise à jour du 31/03/2026 : j’ai depuis imprimé des autocollants « Club du cringe », c’est dire.
bituur esztreym
27 avril 2026
excellent billet, moi qui ai commencé dans les années net.art vers 2000 (après la « mort » du net.art donc, 94-99, ah ah) je m’y retrouve beaucoup. même si je n’ai jamais eu de blog, paradoxalement. je ne connaissais pas cet annuaire papier d’internet ; cela m’évoque aussi « l’impression d’internet » par Kenneth Goldsmith !
content particulièrement de voir citée la formidable Olia Lialina évidemment, vu ce que je viens de dire `w;7[)
& tous ces éléments et positions contre la netstalgia me font penser aussi à la formule programmatique de Vladimir Tatline, un des représentants marquants de l’art soviétique à ses débuts (avant la reprise en main, dirons-nous) :
« Ni vers le nouveau, ni vers l’ancien, mais vers le nécessaire. »
Vladimir Tatline, 1923.
merci beaucoup pour ce billet.
Marie
28 avril 2026
Merci à toi pour ces rebonds très intéressants. Je ne connais ni Kenneth Goldsmith ni Vladimir Tatline, mais c’est chouette d’avoir de nouvelles pistes à rattacher aux sujets qui m’occupent. En parlant d’Olia Lialina, je viens d’apprendre qu’elle a contribué à l’ouvrage Promesses et utopies. Une anthologie des manifestes du web (dir. Loup Cellard), qui paraît le 7 mai aux éditions B42. Merci à Irène pour l’info.
stenia
28 mars 2026
j’aime tellement cet esprit qui renaît autour du blog. encore quelques mois et on va se mettre à faire de la musique dans des garages et à prendre des photos avec des jetables.
Marie
3 avril 2026
J’attends que ça.
Marcie
25 mars 2026
Tout est à garder dans ce billet, mais je retiens tout particulièrement ton expression « agentivité numérique » qui résume bien ce qui est important dans notre monde bizarre :)
Marie
3 avril 2026
Merci Marcie, je suis contente que tu aies remarqué ça ; c’est vrai que c’est loin d’être un détail, c’est un vrai sujet à penser et à mettre en œuvre.
Coukaratcha
3 mars 2026
Merci pour ce billet. J’ai un blog que j’avais laissé à l’abandon, ou plutôt en jachère. J’y postais très rarement car je considérais que je devais faire un contenu de qualité pour que ça mérite un billet de blog. Je ne lis pas beaucoup donc quand je tombe sur un article, c’est presque systématiquement très riche (comme cet article justement). Je ne me voyais pas écrire 20 pauvres lignes et en faire un article pour raconter que j’ai bien profité du beau temps cette semaine. Avec l’hégémonie du micro-blogging où on est invité·e à écrire tout ce qui nous passe par la tête (pour le meilleur comme le pire), écrire un article de blog relevait de quelque chose de beaucoup trop solennel pour moi !
Et finalement, sur les bons conseils d’Alex Sirac, j’ai commencé à écrire des récaps mensuels et j’ai été surpris·e de toute ce que je faisais en 1 mois. Moi qui pensait tout procrastiner, me comparant à toutes ces personnes très talentueuses sur le web, je me suis reconnecté·e à mon quotidien simple avec humilité et gratitude. Et j’ai ré-appris à aimer le blogging, j’ai retouché le design, j’ai intégré des inspirations trouvées ici et là, j’ai rajouté des sections sur ce que j’aime faire avec une page de présentation. Je trouve que c’est une bonne manière de rester connecté·e avec ses camarades à distance d’ailleurs. Cet article était présent dans le dernier récap mensuel d’Alex et c’est comme ça que j’ai atterri dans cet espace commentaires.
Donc, au risque de me répéter, merci.
Marie
17 mars 2026
Salut Coukaratcha, je te souhaite la bienvenue ! Merci pour ton commentaire, c’est trop chouette d’avoir ton retour, de découvrir ton blog et ce qui t’aide à le ranimer en douceur.
J’ai découvert moi-même le blog d’Alex il y a quelques semaines grâce à un de ses commentaires. Toute cette circulation me remplit d’une joie sincère !
Je constate une fois de plus à quel point les blogs perso, les liens que l’on y fait et les messages qu’on y laisse jouent un rôle essentiel pour créer des rencontres et nourrir ces relations. Je me retrouve totalement dans ce que tu écris à propos du besoin de rester connecté·e à ses camarades à distance.
Les réseaux sociaux ont détourné notre attention de ces espaces personnels en nous appâtant avec le quantitatif (nombre de vues, de « j’aime », de partages, d’abonné·es, etc.). Mais je crois que les blogs perso tirent encore leur épingle du jeu grâce au qualitatif.
Peu importe le volume, la longueur ou la régularité de ce que tu publies. L’essentiel c’est le plaisir que tu prends, toi, à partager ce que tu aimes. En tout cas, c’est comme ça que je vois le blogging aujourd’hui.
J’adore l’idée du petit récap mensuel. J’ai envie de le faire aussi : à la base, c’était l’idée de mes « notes », que j’imaginais même hebdomadaires ; mais à chaque fois, je me prends les pieds dans le tapis en voulant trop en dire. Du coup ça me décourage, du coup je ne publie rien – ou pas autant que je voudrais.
Mais je vois de plus en plus de blogs adopter une forme légère, inspirée du micro-blogging justement (par exemple à Grooves & Memories).
J’ai l’impression que le concept de jardin numérique peut aider à repenser nos blogs comme des terrains de jeu, des bacs à sable même. On décide de s’enlever cette pression inutile, et on fait juste ça : s’amuser, butiner, partager, en se laissant guider par la joie, le plaisir de faire.
PS : j’aime beaucoup tes broderies.
Joh
3 mars 2026
Merci Marie ! Je rentre tout juste de vacances, et ton billet est le 3e de ma veille. Les deux premiers étaient aussi des élans vers la créativité, l’autonomisation de nos écrits en ligne (je le note la pour te le partager plus tard, je suis encore dans le RER)
Marie
17 mars 2026
Merci Joh, je suis ravie ! Je serais heureuse de connaître les autres billets que tu as lus sur ces sujets, pour ajouter du grain à mon moulin.
Alia
1er mars 2026
Super article, comme toujours ! Ça me parle ÉNORMÉMENT cette netstalgia et c’est vrai que souvent je suis dans l’apathie de me dire que c’était mieux avant, sans que je ne fasse rien pour retrouver (et recréer !) cet « avant » aujourd’hui. Aussi, le fait que je pourrais perdre des années de stories et de posts sur insta en un claquement de doigts me térrifie… Je pense que – grâce à tous tes encouragements et aux signes envoyés par l’univers – il est temps que je revienne au club du cringe moi-même ! Il se pourrait même qu’un profil à mon nom se soit déjà créé sur micro.blog.
Alia
15 mars 2026
* ce sera sur wordpress, je me suis emballée et micro.blog veut que je lui donne un moyen de paiement pour écrire :(
Marie
17 mars 2026
Trop chouette, merci Alia pour ton message et ton enthousiasme, très communicatif. Savoir que tu envisages de rejoindre le club du cringe illumine ma journée !
Désolée que mon billet ait provoqué une vague de terreur, mais je pense que c’est essentiel de se poser ces questions-là avant que l’irréparable ne se produise. « Better safe than sorry », comme on dit.
Quant à Micro.blog, je ne dirais qu’une chose : les rats !
Swanilda
30 mars 2026
Coucou,
Ça fait des semaines que je m’interroge sur le fait de franchir le pas… Évidemment des articles comme celui-ci ça encourage !!!
Je retourne réfléchir et merci encore pour ce billet.
Marie
4 avril 2026
Coucou Swanilda ! Merci beaucoup pour ton commentaire, c’est trop chouette de te recroiser ici. Pour ton blog, fais ce que tu as envie de faire ! Ça fait un moment que tu m’en parles, c’est sans doute signe que l’envie est bien ancrée.
Fiona
25 février 2026
Marie,
Chaque lecture, dans l’antre de La Lune Mauve, est un moment suspendu. Tu arrives à distiller des envies, à me questionner sur moi-même et mon rapport aux contenus sur les réseaux/blogs.
Effectivement, si l’une des plateformes venait à fermer, ça serait la perte de nombreux articles, partages et échanges. J’aime lire des blogs, j’ai de nouveau ouvert un lecteur de flux RSS, et pourtant je n’arrive pas à me défaire de Substack. J’y passe moins de temps que sur insta (que j’ai limité et je tiens !), car cela demande davantage de concentration. Cependant, je sais que je lis des publications pensées, réfléchies comme sur un blog (le côté esthétique personnel en moins).
J’avoue qu’écrire et partager sur Substack me permet de revenir à une forme de blogging, où je me laisse toute liberté pour créer, pour donner mon avis et parler de plein de sujets différents. Est-ce que je reprendrais mon blog ? Peut-être pour le moment, il y a quelque chose qui me freine, mais te lire me fait douter et me donne envie ! Donc peut-être que 2026 sera la reprise (ou la création) d’un nouveau lieu sur le web !
Merci en tout cas pour tes mots !
Marie
17 mars 2026
Merci beaucoup Fiona, c’est toujours un tel plaisir de te lire !
Je suis contente que tu aies trouvé sur Substack un endroit agréable où lire de belles plumes qui partagent des réflexions qui te touchent. Cette plateforme a au moins ce mérite d’avoir convaincu nombre d’artistes et écrivain·es de se remettre à publier des textes approfondis. Je concède aussi que la possibilité de s’abonner aux newsletters Substack avec RSS donne presque l’impression que ce sont des blogs comme les autres.
Maintenant, ça reste une plateforme propriétaire qui se fait de l’argent en hébergeant des newsletters néo-nazies (tout est documenté sur le site You Should Probably Leave Substack).
J’ai bien conscience que les autres plateformes privées, notamment les produits Meta, soulèvent des problématiques politiques, et qu’il est tout aussi complexe de s’en passer complètement sans prendre le risque de se couper de ses proches et de sa communauté numérique.
Malgré tout, le web indé reprend du poil de la bête et offre de nombreux outils qui permettent de créer son propre blog ou site en vendant moins son âme au diable. Je t’encourage à suivre ton instinct et à reprendre ton blog. Ton espace à toi, indépendant, que tu pourras aménager et faire vivre à ta guise, sans l’éléphant dans la pièce.
Sorcière Misandre publie des textes à la fois sur Substack et sur son blog personnel : est-ce une approche que tu envisages pour tes propres publications ?
Elsa Bordier
25 février 2026
J’ai tellement adoré ce billet, et il rejoint tellement de mes réflexions du moment, je suis très frustrée qu’il existe uniquement dans l’antichambre, est-on autorisés à le partager ou souhaites-tu qu’il reste dans ce cercle restreint (ce que je comprendrais totalement). Merci pour tout ce que tu fais, d’être aussi inspirante à tellement d’endroits. <3
Marie
17 mars 2026
Merci beaucoup Elsa, je suis vraiment touchée ! Tu peux bien sûr partager les billets de l’Antichambre ! Tout est public. Je t’en remercie d’avance ; chaque partage est précieux, car je les sais soignés et attentifs.
Kiddo
24 février 2026
Dieu que j’aime cette note !!! ❤️
Marie
17 mars 2026
Ça me fait trop plaisir ! Merci pour ton mot.
Chloé
24 février 2026
Vaste sujet que la nostalgie – au-delà de mon inclination personnelle pour ce sentiment, d’un côté il me paraît légitime puisque des choses cruciales se perdent et se dégradent bel et bien, mais d’un autre, le fait que ça semble être notre seul horizon culturel en ce moment est vraiment étouffant. J’ai l’impression que c’est aussi très inhibant sur le plan créatif, ce qui tombe mal parce qu’on a plus besoin d’inventivité que jamais. Bon.
Au niveau des blogs, je me demande si chez pas mal de gens il n’y a pas tout simplement quelque chose du passage à l’âge adulte, dans la mesure où à l’époque de « l’ancien internet » on était très jeunes et faisait ça de manière un peu chaotique, spontanée et écorchée vive (d’où le cringe ?), alors que maintenant, passée l’excuse du déversement adolescent, ça s’inscrit dans une démarche plus délibérée esthétiquement, politiquement, etc. (réflexion très biaisée car basée sur un échantillon composé de trentenaires-quarantenaires, je ne sais pas trop ce que font les petits jeunes de nos jours).
Quoiqu’il en soit c’est très chouette cette idée d’annuaire ; aussi terminally online que je sois, je trouve ça beau quand le virtuel finit par se matérialiser.
Merci pour ce billet fertile et très agréable à lire, comme toujours !
Marie
17 mars 2026
Merci pour ton rebond, Chloé ! J’aime beaucoup ton analyse du passage à l’âge adulte. J’y réfléchis depuis, et je me demande si ce n’est pas ça qui m’a toujours plu et touchée dans les blogs des autres : l’espoir de croiser des reflets de ma propre expérience et de me sentir moins seule.
En tant que trentenaire, quarantenaire, et plus, on a sans doute plus d’obstacles sociaux à s’exprimer de manière « un peu chaotique, spontanée et écorchée vive ». J’en discutais avec un ami il y a quelques jours : il me disait qu’il n’exprime plus de choses vraiment personnelles sur son blog, car il se sait lu par tout un tas de gens liés à son milieu pro.
De mon côté, je passe pour l’instant à travers les gouttes grâce à mon nom de plume, à une modération radicale et à mon obstination à parler de sujets de niche qui n’attirent pas foule. Ça fonctionne bien.
Aujourd’hui, à la quarantaine, je me sens plus libre pour m’exprimer sur mon blog que quand j’en avais 17. Des décennies remplies de rencontres sincères et d’introspection ont réussi à pallier la terreur qu’a pu m’inspirer l’opinion des autres sur mon blog et mes créations. Clairement un avantage du temps qui passe, aussi !
Facilecommelocean
24 février 2026
Je crois que je partage quelque chose de ta netstalgie. Mon blog « cringe » m’a accompagné pendant plus de 13 ans et a été un outil important pour moi, cela a correspondu à une pratique active et régulière de l’écriture, et puis, surtout l’impression d’être sur un îlot connu – mais pas trop – du net où on pouvait échanger, s’encourager et expérimenter ensemble. Je pense encore régulièrement à certaines blogueuses avec qui j’échangeais régulièrement – sans compter celles avec qui je suis devenue amie. Je suis heureuse de lire ton article qui reprend remet une nouvelle fois cette envie de retrouver un « réseau » de blogs qui faisait vraiment partie du plaisir de cette période.
Après, comme justement dit, il ne tient qu’à nous de conserver, de cultiver cet esprit, mais j’avoue que pour l’instant mes tentatives n’ont jamais réussies à perdurer dans le temps. Je pense qu’une fois un peu perdue, retrouver le cringe et son regard sur soi n’est pas évident et puis, je me laisse entraîner sur la boucle des réseaux sociaux.
En tous les cas, merci pour cet article
Marie
10 mars 2026
Merci beaucoup d’avoir partagé ces souvenirs. Ça me touche, parce que je vois très bien l’îlot que tu décris ; le plaisir de découvrir la plume d’autres personnes qui comprennent, les e-mails souvent touffus, les liens qui dépassent l’écran, s’incarnant parfois.
J’ai le sentiment que cet élan collectif pour les blogs personnels bat son plein, maintenant ça ne me semble pas incompatible avec une activité sur les réseaux sociaux. L’essentiel, c’est que tu fasses ce qui te fait plaisir et te convient maintenant.
Sempra
24 février 2026
Merci pour cette réflexion très intéressante. En effet, c’est un peu triste de se lamenter avec des « c’était mieux avant » sans rien en faire. Pourquoi ne pas se réapproprier ces choses qui nous manquent, et leur donner une nouvelle place de choix dans notre quotidien. Comme toujours, te lire est très motivant, et je vois en lisant les autres commentaires que je ne suis pas la seule de cet avis :).
Fière membre du club du cringe !
Marie
8 mars 2026
C’est exactement ça. Tu as réussi à résumer en une phrase ce que j’ai peiné à synthétiser dans mon billet !
Ça me fait vraiment plaisir de lire ton message et de savoir que ce billet nourrit ta motivation pour ton blog. Je suis de plus en plus convaincue que pour continuer à bloguer, c’est important de s’entourer d’autres personnes qui bloguent.
L’élan que l’on se transmet les un·es les autres en faisant vivre nos blogs (aussi bien en y publiant qu’en les commentant), ça me rebooste toujours beaucoup. Ça mériterait un webring « Club du cringe », JCDJDR.
L'ourse bibliophile
23 février 2026
Je ne suis pas nostalgique du web d’avant parce que je n’y étais pas tellement (des fois, je songe juste à tous les blogs BD que je suivais alors… est-ce que ça existe encore ?), mais j’adore les blogs et ce billet a une énergie qui me plaît beaucoup !
Je me heurte juste à un dilemme qui revient assez régulièrement : d’un côté, j’ai envie de lire et suivre plein de blogs, de prendre le temps de commenter, de réfléchir sur ce que j’ai lu, et de l’autre, j’ai aussi envie de passer moins de temps devant un écran, donc la question est : comment équilibrer les deux ?
Marie
8 mars 2026
Dans l’hypothèse où ce n’est pas une question rhétorique, je peux te partager mon expérience. Ce qui m’aide à trouver un équilibre, c’est mon agrégateur RSS. Je trouve que c’est l’outil asynchrone par excellence.
J’y suis beaucoup de flux (près de 1000), mais ils sont bien rangés dans différents dossiers, et je désherbe régulièrement.
Seul le dossier qui m’intéresse le plus est ouvert par défaut ; les autres sont fermés. Cela veut dire que si j’ouvre l’agrégateur et qu’l n’y a rien dans mon dossier préféré, c’est que je n’ai rien à lire immédiatement.
Les autres dossiers, je les parcours de temps en temps (certains seulement une fois par trimestre). Cela me permet de lire en priorité ce qui compte le plus, et de ne pas ressentir de FOMO pour le reste, vu que les flux restent non lus jusqu’à ce que je les aies effectivement lus ou marqués comme lus.
Pour les blogs BD, oui il en existe encore quelques-uns. Parmi ceux que je lis encore :
L'ourse bibliophile
10 mars 2026
Non non ce n’était pas une question rhétorique, je me la pose régulièrement !
Près de 1000 flux ? O_O En même temps, j’imagine que ça peut monter assez vite, d’autant que tu lis aussi beaucoup d’articles en anglais aussi, j’ai l’impression.
Mais oui, l’agrégateur est d’une aide formidable, je suis d’accord. Merci pour ton retour d’expérience. Peut-être que je devrais m’en inspirer et classer plus précisément.
(Et merci pour les liens, je suivais encore celui de Boulet de temps en temps, mais je ne savais pas que les autres existaient toujours.)
Lucide
23 février 2026
Je croyais que la nostalgie faisait partie de mon ADN et je me suis demandé à quel point elle faisait de l’ombre au reste. Je n’ai pas l’impression de vivre en regardant derrière, j’ai plutôt celle de freiner des quatre fers en fermant les yeux. L’autre jour ma curiosité m’a rappelée à l’ordre. J’ai récupéré un carton de vieilles revues pour homme des années 1970, décennie qui occupe une partie de mon imaginaire et que j’ai peut-être tendance à idéaliser. Voir des horreurs misogynes m’a permis de me dire que oui, je suis très bien en 2026 et je n’ai aucune envie de revenir en arrière (ce qui est drôle car je n’ai pas vécu les années 1970). Bref, j’y réfléchis souvent et quand je me dis nostalgique, je ne le suis sans doute pas tant que ça. Je pense à des choses avec tendresse, parfois lassitude ou tristesse, mais dans l’ensemble je n’ai aucune envie de revenir en arrière, pas même en 2006. Et ce même si l’avenir semble puer du cul. Cela dit, ce n’est pas de notre fait alors le mieux qu’on a à faire, c’est en effet de s’exprimer. Et, purée, le club du cringe, j’adore.
J’ai créé une page de liens sur mon blog (liste non exhaustive et disparate au fil de mes pérégrinations) il y a quelques jours parce que la moindre des choses est de passer le relais autant que faire se peut, détruire le gatekeeping, l’entresoi. On le faisait très facilement avant, ça c’est de la bonne nostalgie.
Marie
7 mars 2026
C’est super que tu aies créé ta page de liens. J’ai été enchantée d’y retrouver ma petite planète en bonne compagnie et de découvrir de nouveaux blogs, notamment celui de Sobralia Jean auquel je me suis abonnée direct. Merci !
Comme toi, je considérais la nostalgie comme une partie intrinsèque de ma personnalité, de même que le romantisme. D’où me vient cet attachement forcené au passé ? Beaucoup de choses puaient aussi du cul. Aujourd’hui, je crois que la nostalgie que je ressens, au fond, c’est plus de la tendresse pour certains souvenirs emblématiques de mon adolescence : mes premiers bidouillages web, Tomb Raider 2, les CD sampler de Metallian et d’Elegy.
Finalement, peut-être que ma netstalgie, c’est simplement le fait de revisiter des activités numériques que j’ai aimées, avec mon expérience et mes besoins aujourd’hui, pour continuer à ressentir un plaisir qui me manque ?
La Furette
23 février 2026
Wouah c’est fou cette initiative d’annuaire du web, je trouve ça formidable ! C’est vraiment drôle d’avoir cela sous format papier.
J’étais sceptique au tout début de ton article, par rapport à cette idée de nostalgie, mais tu la réinterprète parfaitement dans ton déroulement en remplaçant cette idée de nostalgie par l’idée de faire du neuf. Ce n’est pas un retour nostalgique que de vouloir se créer un blog ou un site sur Neocities, c’est bel et bien un acte communautaire de résistance ! Non pas à la nouveauté et à la contemporanéité, mais bien à la forme ultra-capitaliste, hygiéniste et aseptisée que prennent les choses.
Merci encore pour tes mots édifiants, c’est toujours un plaisir de te lire !
Marie
1er mars 2026
Hé bien je t’avoue que j’étais sceptique aussi, car la nostalgie c’est ma seconde nature. Mais en y réfléchissant j’ai compris que je n’étais pas si attirée que ça par le passé, mais plutôt par ce que l’idée du passé provoque en moi. Et ça, ça peut tout à fait être créatif. Il y a plein de trucs « vieux » ou « cringe » que je continue à aimer et à faire dans ma vie ; par exemple genre écrire du courrier papier, je pense que ça se pose là ça aussi, niveau ringardise, pour la plupart des gens.
Ça me fait super plaisir de voir que l’on est plusieurs à renouer avec une pratique personnelle d’écriture sur le web juste par plaisir, en nageant à contre-courant des trends du moment, comme une armada de petites sirènes hostiles. Pour ce que ça vaut, je suis trop contente que tu aies ouvert un blog.
Chardon
22 février 2026
Merci beaucoup pour toutes les réflexions que tu partages autour de l’Internet d’avant et d’aujourd’hui, je trouve ça passionnant et je m’y retrouve pas mal aussi ! J’éprouve également une forte nostalgie mais ça me semble effectivement pertinent de questionner cet élan pour réfléchir à ce qu’on peut construire, et quelles pratiques défendre/développer. En ce sens j’ai récemment créé un blog que je n’alimente pas aussi souvent que je l’aimerais, mais je suis quand même contente de disposer de ce petit espace à moi dans l’immensité du web. Merci (encore) car tes textes y sont clairement pour quelque chose ! :)
Kiddo
24 février 2026
Coucou! Je suis tombée sur ton blog grâce à ton commentaire. J’ai lu chaque note. T’es notes m’ont tellement tellement touchée. Tes mots à toi et ton univers, ça mérite tellement d’être lu ! Écris, écris encore et encore. Ta voix résonne bien plus que tu ne l’imagine. ❤️
Chardon
26 février 2026
Merci infiniment ❤️
Marie
1er mars 2026
Merci pour ton commentaire, Chardon ! Ça me fait super plaisir de savoir que ce que je partage ait pu nourrir tes réflexions et ta propre pratique d’écriture bloguesque. Je rejoins complètement Kiddo, ton blog est super et c’est trop chouette que tu l’aies partagé ici.
Chardon
4 mars 2026
Merci beaucoup ❤️ J’ai eu du mal à écrire cet hiver mais sachez que vos messages me reboostent, vraiment merci à vous deux.
Manon
21 février 2026
J’ai adoré lire tes réflexions. Je trouve ça très juste : on ne se vautre pas dans une vision idéalisée du passé, on construit ce qu’on veut voir advenir avec les outils d’aujourd’hui. Merci beaucoup de partager plein de ressources et de liens vers le travail d’autres, notamment parce que ça me permet d’enrichir mes flux RSS héhé ! Et aussi merci car c’est grâce aux personnes comme toi qui n’ont pas cessé de bloguer que je me suis décidée à rouvrir un blog :)
Marie
21 février 2026
Salut Manon ! Bienvenue par ici, et surtout : félicitations pour ton nouveau BLOG, yayyy !
Quel bonheur de lire ton commentaire ce matin et de découvrir ta plume par la même occasion. J’aime beaucoup ton billet Je vous écris depuis l’Internet d’avant. Tu peux compter une abonnée RSS de plus à compter de maintenant.
Aemarielle
21 février 2026
Ce qui est bien avec tes articles, c’est que je découvre à chaque fois des gens incroyables. Je n’ai pas vraiment vécu l’internet d’avant (avec les Skyblogs et tout), donc je ne ressens pas de Netstalgie. Par contre, le besoin d’émancipation dont parle Olia Lialina, oui. Et l’envie de participer à mon échelle à rendre l’internet plus sympa.
Marie
21 février 2026
Ça me fait vraiment plaisir que tu te retrouves dans tout ça, même et surtout si ton vécu est différent du mien. Je te l’ai déjà dit, mais j’aime moi aussi beaucoup lire tes réflexions sur ces sujets, et suivre tes publications et expérimentations sur ton blog. Vivement les prochaines !
Pauline
20 février 2026
J’ai adoré ce post ! Ça me parle ce questionnement sur la netstalgia. En promouvant des technologies d’ « avant » les algorithmes, je me demande si je me mets aussi à penser « c’était mieux avant », alors que ce que je veux penser c’est : ça pourrait être mieux demain, ensemble ! Merci Marie !
Marie
21 février 2026
Merci Pauline ! Ton retour me fait bien plaisir, car je n’étais pas complètement sûre de ce billet, que je ne cesse de retoucher.
Peut-être que les blogs personnels ont été un peu trop réduits à leur dimension personnelle, justement. Alors qu’au global, en tant que corpus, on peut en faire une lecture politique qui me semble tout à fait pertinente. Je le comprends mieux aujourd’hui, et ça me rend d’autant plus enthousiaste d’y contribuer.