À force d’écouter et de lire Austin Kleon et Nathalie Sejean, je suis convaincue que relire régulièrement ses carnets est le secret de la créativité éternelle.

Austin Kleon en parle par exemple dans The importance of revisiting notebooks. Dans ce podcast en anglais, il explique que cette relecture l’aide à repérer les motifs qui se répètent dans sa vie, les thèmes qui l’obsèdent, et plus généralement ce à quoi il essaie de tendre, en tant qu’être humain, en tant qu’artiste.

Il dit que ses carnets l’aident à « observer ce qu’il observe » : prendre conscience de ce qui retient son attention au jour le jour, comme ça, sans objectif précis – mais en sachant qu’un jour, ce matériau brut pourrait servir de combustible à un futur livre.

Porter davantage son attention sur le présent, moins ruminer le passé et moins projeter sur l’avenir : c’est aussi le sujet de cette vidéo en anglais d’Anna Howard. À la fin, elle partage trois habitudes qu’elle a mises en place dans ce contexte. Ça implique justement la prise de notes quotidiennes et leur relecture dès le lendemain.

Schlagueuse du Moleskine

Tout ça me donne du grain à moudre, car je prends beaucoup de notes moi-même, mais je n’en fais pas grand chose. Parfois, j’essaie de les relire, mais je m’éparpille vite. Je sens que je passe à côté du truc.

Quand je vois le nombre et l’épaisseur de mes carnets, je me demande si mon plus grand plaisir dans la vie, mon véritable « art », ce n’est pas ça : noter ce que j’ai envie de faire dans les moindres détails, mais ne jamais rien en faire de concret. 🤡

Et ce n’est pas le How to Take Smart Notes. One Simple Technique to Boost Writing, Learning and Thinking de Sönke Ahrens ni cet article de J.A. Westenberg qui ont calmé ce sentiment d’être une schlagueuse du Moleskine.

En les lisant, j’ai réalisé que je fais tout ce qu’il ne faut pas :

  • prendre des notes détaillées (ça ne sert à rien) ;
  • ne pas revisiter mes notes (elles sont donc inutiles) ;
  • me contenter de prendre des notes au lieu d’écrire des textes approfondis (quel intérêt ?).

Lire tout ça m’a découragée et j’ai carrément arrêté de lire le livre d’Ahrens. Pour me changer les idées, j’ai commencé à lire La tyrannie de la réalité de Mona Chollet à la place.

Sauf que le sujet de la lecture, de la collecte et du recoupement est revenu à toute blinde, quelque part entre les pages 18 et 19 :

Bien que journaliste, je suis plus rat de bibliothèque que baroudeuse ; le terrain d’enquête sur lequel je m’épanouis le mieux, ce sont les textes.

J’aime plus que tout y collecter des indices concordants, écouter les résonances qu’ils font naître avec de précédentes lectures, mettre au jour la cohérence cachée qui se dessine ainsi.

À mes yeux, un livre, ou même un simple article de presse, n’est pas terminé une fois publié : il attend qu’on le cite ou qu’on l’exhume à propos, et surtout qu’on le mette en relation avec d’autres, afin de faire jaillir de nouvelles étincelles de sens (…)

la position de non-spécialiste a l’avantage d’offrir un point de vue depuis lequel on peut plus facilement déceler des correspondances entre des domaines qui semblaient sans rapport. (…) mon propos (…) porte largement sur la nécessité de penser en termes de relations plutôt que d’objets.

Ça m’a tout de suite fait penser à la gestion des connaissances personnelles (GCP, ou PKM en anglais), le Zettelkasten et, tiens tiens, le jardin numérique.

Car que visent ces différentes méthodes, si ce n’est la collecte d’informations par une même personne, leur mise en relation avec d’autres informations pour les transformer en connaissances, puis pour produire soi-même de nouveaux textes ?

la GCP nécessite une prise de conscience de l’individu, de ses capacités et de ses limites pour développer des stratégies afin d’accéder à de nouvelles informations et acquérir de nouvelles connaissances. (…) la transformation des informations en connaissances passe par la comparaison, l’exploration des conséquences, la connexion avec d’autres informations et connaissances, l’échange avec les autres

Voici donc l’objectif qui me motive à prendre plus au sérieux la relecture de mes notes : développer une stratégie pour acquérir des connaissances, cultiver mes propres idées et créer de nouveaux projets.

La délicate question du rythme

Relire mes notes régulièrement ? On dirait pas comme ça, mais j’ai déjà essayé. J’avais même prévu des créneaux dans mon planning pour ça.

Mais je n’ai pas réussi à prendre le pli. Des semaines s’écoulent souvent sans que je relise la moindre page, car je trouve souvent un prétexte pour faire autre chose.

Bien sûr, j’ai lu Méthode carnet d’idées de Nathalie Sejean, et j’ai assisté à son atelier.

Elle revisite son carnet une fois l’an en intégralité et le feuillette régulièrement. Sur Instagram, elle m’a dit : Je trouve que revisiter ses notes quand le temps est passé permet de les revoir avec un regard frais et de créer plus facilement des connexions.

J’ai aussi posé la question du rythme de relecture à d’autres personnes, dans l’espoir d’en prendre de la graine.

Mina Mond relit ses carnets sans rythme particulier, souvent quand elle a besoin d’une inspiration. Elle barre ce qui ne lui sert plus et met du fluo sur les trucs qui pourraient donner quelque chose parce qu’elle se sent prête.

Fanny Cheung relit ses carnets tous les jours si elle est dans une période créative intense. Mais ce délai s’allonge parfois jusqu’à 3 à 6 mois en fonction de son énergie.

Pauline Harmange relit ses notes très souvent, tous les 2-3 jours en moyenne. Je trouve ce rythme idéal : ni trop court, ni trop long.

Bref, chaque personne a ses propres rituels, et ça m’inspire pour inventer le mien. Leurs carnets ≠ mes carnets ≠ vos carnets.

Indexer, nommer et numéroter mes carnets

Il y a peu, j’ai commencé à relire et à indexer mes carnets, en m’inspirant des conseils que donne Nathalie Sejean dans son livre.

Force est de constater qu’un index est en effet très pratique pour retrouver rapidement une information.

Cependant, l’indexage est une tâche que je trouve longue et rébarbative, et je rechigne beaucoup à la faire. Pour m’encourager, je m’y prends de manière progressive, en général pendant le petit-déjeuner (bizarrement, ça passe beaucoup mieux en mangeant un pancake).

Index d’un de mes carnets

Par la suite, j’aimerais construire un index numérique général, divisé par thèmes, comme Aude Reco.

Pour ça, j’envisage de reporter chaque entrée de chaque index dans l’index général, en référençant chaque carnet par son nom.

Par exemple, mon « carnet à tout » du moment porte le nom C26WB1 :

  • C pour carnet ;
  • 26 parce que je l’ai commencé en 2026 ;
  • WB pour « waste book » ;
  • et 1 parce que c’est le premier carnet de ce type en 2026.

En parallèle, j’ai pris l’habitude de systématiquement numéroter les pages de mes carnets si elles ne le sont pas déjà (Leuchtturm le fait, mon « goalbook » Rhodia le fait, mais pas Moleskine).

Ainsi, je peux référencer « C26WB1 16 » quand j’ai besoin de dire « c’est page 16 du carnet C26WB1 ». J’utilise cette graphie aussi bien dans mes carnets que dans Joplin, l’alternative à Obsidian que j’utilise depuis des années. Ce système basique me simplifie beaucoup la vie.

Détail important : chaque carnet a sa propre note dans Joplin. J’y décris brièvement à quoi ressemble le carnet, pour le retrouver plus vite.

Les extensions Joplin Quick Links et Automatic Backlinks to note me permettent ensuite de référencer facilement n’importe quel carnet dans n’importe quelle note.

J’aimerais aussi y recopier l’index du carnet, pour faciliter mes recherches. Mais c’est un gros chantier de faire ça pour chaque carnet.

Marquer les pages

Autre habitude que je commence à prendre quand je relis mes carnets : je marque les pages intéressantes avec des post-it. Je m’inspire d’une méthode dont j’ai parlé dans mon journal #9.

Sur chaque post-it, j’écris un ou deux mots pour décrire l’intérêt de la page. Là encore, l’objectif est d’identifier très vite le thème qui m’intéresse, d’autant que je n’ai pas encore indexé tous mes carnets (Lord have mercy). Les post-it remplacent donc parfois l’index, en attendant que je le crée.

Récemment, ce système m’a aidée alors que je cherchais une idée pour créer un nouvel autocollant. Ça a été très efficace : au lieu de retrouver une idée, j’en ai retrouvé une dizaine. Je n’en revenais pas !

Au passage : ma vie a changé depuis que j’ai découvert les post-it « Super Sticky » de 3M. Certes, ils sont plus chers, mais ils me font gagner du temps par rapport aux faux post-it de chez Lidl qui ne collent pas. Je devais sans arrêt les recoller avec du masking tape, c’était l’enfer. 😤

Personnaliser la tranche de mes carnets

En parlant de masking tape : j’en mets sur le bord de certaines pages pour repérer visuellement où commencent les notes que je prends chaque semaine.

Ces jalons visuels m’encouragent à relire mes notes, en rendant la tâche un peu plus digeste (« allez, plus qu’une page et j’aurai terminé d’indexer la semaine 45 »).

Tranches de carnets avec des marque-pages fluo.

À l’usage, le masking tape fluo est celui qui me convient le mieux. J’ai aussi utilisé du mauve ou du rose pastel, mais ça ne contraste pas assez avec la couleur du papier et rend les repères inutiles.

J’utilise de trop petits carnets pour personnaliser la tranche comme Austin Kleon, mais l’idée me plaît beaucoup aussi.

Utiliser un carnet par thème ?

Mon carnet à tout me sert à la fois de commonplace book et de scrapbook. J’utilise aussi un bullet journal (bujo) pour mes tâches de la semaine.

Mais parfois, je note aussi des tâches dans mon carnet à tout, parce que c’est ce que j’ai sous la main.

Or, en lisant Minuit et en échangeant avec Y-Lan, je me demande si je n’ai pas intérêt à consacrer un carnet par thème, moi aussi. Ce qui me retient, c’est la perspective de devoir trimballer plusieurs carnets en permanence. Au risque de vous faire exploser de rire : j’aime la simplicité.

Pour l’instant, je trouve ça plus pratique d’avoir un carnet unique. Je ne suis pas sûre que ça rende la relecture et l’indexage beaucoup plus complexes, à la réflexion.

Carnet à tout du moment

Carnet à tout du moment. Date, poids, karma : dis-moi que tu es fan de Nathalie Sejean et d’Austin Kleon sans me dire que tu es fan de Nathalie Sejean et d’Austin Kleon.

Ritualiser la relecture

Je ressens le besoin de relire mes notes tous les jours, ou au moins plusieurs fois par semaine, pour identifier les tâches à réaliser tout de suite ; mais aussi de les relire à de plus longues échéances, pour récolter le fruit de leur « compostage ».

Au quotidien, c’est plus facile pour moi de m’y mettre si je m’installe à mon bureau analogique tout de suite le matin, avant tout le reste. Ça rejoint les habitudes que j’ai prises pour écrire et dessiner de manière plus régulière.

Prise de notes pendant la relecture de mes carnets

D’ailleurs, ça m’a fait du bien d’écouter le podcast La gestion du temps n’existe pas de Florie Vine, que j’ai découverte grâce à un toot d’Aemarielle.

Florie conseille notamment de ne pas organiser son planning seulement en fonction du temps que prennent les tâches, mais aussi en fonction de l’énergie qu’elles nous apportent ou qu’elles nous coûtent.

Commencer chaque jour dans mon atelier me donne en effet beaucoup d’énergie. J’observe que j’arrive mieux à gérer mes autres tâches ensuite.

Me reconnecter à ce qui compte pour moi

Même si je n’ai pas encore LA méthodologie top moumoute pour relire et faire fructifier mes notes, je continue à noter mes idées chaque jour. Ça m’aide non seulement à nourrir mes projets, mais aussi à documenter et à comprendre leur genèse.

Par exemple, hier matin, j’ai relu les notes prises le 14 mars 2025, pendant ma lecture de l’article culte de Maggie Appleton sur le jardin numérique (en anglais). J’avais noté, entre autres : importance du process, croissance lente de mes idées, écrire, éditer, réécrire et revisiter mes idées en public.

Quelques mois et lectures plus tard, j’ai publié Comment je retrouve la motivation pour bloguer dans l’Antichambre. C’est un billet-clé pour moi, et j’ai le sentiment qu’il continue à ouvrir pas mal de portes.

Dans le même carnet, j’avais aussi noté cette citation de Samantha Macabre : Inspire yourself with yourself. Go back through what you used to do and love, and just do that.

Je continue à trouver cette citation très à propos aujourd’hui. Pour moi, c’est exactement ça, l’intérêt de relire mes carnets et d’en partager les fruits sur mon blog : me reconnecter à ce que j’aime, aussi souvent que possible, pour continuer à créer.

Marie

Déjà 32 commentaires

  1. Encore un article passionnant. Pour la part, je ne relis jamais mes carnets, je les entasse…. Un peu dommage, j’essaie donc d’y remédier aussi ! Dernièrement, j’ai découvert quelques ressources qui m’ont pas mal parlé ces derniers temps : l’organisation thématique carnet par carnet de Remi Hess (dans un tout autre registre, Limistic fonctionne un peu de la même manière pour ses carnets d’illustration classés par thèmes).
    J’ai adoré évidemment la méthode Nathalie Sejean et j’ai découvert en parallèle le Commonplace book via l’ebook très sympa de Patti-journalyste. Son organisation est très visuelle avec des gommettes en marge en fonction du thème, ça me parle beaucoup. Je vais essayer de faire un mix des deux et en premier lieu de retravailler ma présentation. Et maintenant, je veux aussi un
    tampon dateur !

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    1. Merci beaucoup Fileuse ! C’est chouette de te recroiser sur les Internets. Je crois que tu m’avais déjà parlé de Remi Hess, mais le nom m’était sorti de la tête ; je le note dans mon carnet pour me renseigner sur sa méthode, fidèle à mon habitude de bouffer à tous les râteliers.

      À propos du commonplace book, idem, je note le nom de Patti-journalyste ; pour ma part, j’ai apprécié l’épisode que lui a consacré The Perfume Making Podcast. Ccomme quoi, c’est vraiment utilisé dans plein de domaines différents.

      J’ai moi aussi regardé la vidéo de Limistic sur ses carnets créatifs, elle m’a donné pas mal d’idées.

      Je comprends tout à fait ton envie d’adopter un tampon dateur, c’est très satisfaisant à utiliser. Cerise sur le kouign-amann : dans la papeterie où je l’ai acheté, il ne coûtait que 2,20 €.

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  2. On en a déjà un peu parlé sur Threads, mais ton article m’a donné envie de replonger dans mes projets de blog. Comme beaucoup de commentatrices ici, j’ai pléthore de notes disséminées un peu partout: carnets multiples, post-it, notes de téléphone, livres, fichiers numériques, et même vocals. C’est un peu désespérant. Dans sa méthode « Second Brain », Tiago Forte détaille une manière d’organiser ses contenus afin de privilégier l’efficacité sur la collecte désordonnée et « stérile », mais je n’ai pas encore fini le bouquin et je me méfie un peu des aspects « développement personnel ». Il y a sans doute du bon à prendre quand même. Pour le moment, le seul cas où je suis efficace dans la prise de notes c’est quand je travaille sur un projet d’écriture précis: tout est conservé en notes d’iPhone puis centralisé et re-distribué dans le fichier Scrivener correspondant. J’ai beau faire, j’ai du mal à ne pas retourner vers le numérique, même quand il s’agit de notes. J’avais même commencé à utiliser Instagram comme un journal personnel, mais le format n’est vraiment pas adapté. L’idée de (re)lancer mon ancien blog, en en faisant un « lieu de dépôt intellectuel » à partir de mes diverses prises de notes et recherche, pour tracer mon parcours mental, m’enthousiasme pas mal!

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    1. Salut Ariane ! Merci pour ton partage, je trouve ça super intéressant de connaître ta méthode, car moi aussi je dissémine mes notes un peu partout et c’est souvent un enfer. Cela fait pas mal d’années que Scrivener me fait de l’œil pour mieux gérer mes projets d’écriture ; j’avais même acheté la licence, mais je n’ai jamais réussi à m’y mettre sérieusement. Les habitudes ont la vie dure…

      Je comprends tout à fait tes réserves à propos de la méthode de Tiago Forte. Je les partage, surtout depuis que j’ai lu Lionel Davoust partager sa vision critique de la méthode PARA.

      Je suis ravie de lire que tu envisages de rouvrir un blog façon carnet de recherche et d’écriture. N’hésite pas à me partager l’URL si tu sautes le pas, je te lirai avec plaisir.

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  3. C’est si bien écrit ce billet Marie! Merci beaucoup! J’ai aussi rempli plusieurs carnets, sans aucune intention. Je crois que c’était le besoin du moment. Un peu comme les photos qu’on ne revoit presque jamais. Mais…parfois…on tombe dessus et c’est une belle surprise surtout quand on est vieux comme moi😊

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    1. Merci beaucoup, ma chère Vassy ! C’est vrai qu’il y a un effet de surprise quand on relit de vieux carnets. J’aime assez bien ce sentiment ; quel plaisir de retrouver les ébauches de certaines idées, qui depuis ont bien progressé, voire que j’ai menées à bout.

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  4. Coucou Marie,

    C’est hyper intéressant de suivre tes réflexions et ton cheminement autour des carnets !
    Pour ma part, j’ai des carnets « fourre-tout » dédiés à l’écriture : idées, bouts de phrases qui me viennent, mais aussi notes lorsque j’assiste à des conférences ou tables rondes en festival, notes lors de masterclass, exercices durant des ateliers… j’ai un index que je remplis au fur et à mesure, et je remets le nez dedans à intervalles irréguliers. C’est ainsi que parfois une idée notée même des années avant va tout d’un coup me sauter au visage parce qu’entre temps, elle aura mûri et se sera développée dans un coin de ma tête.

    J’adore aussi la réflexion que tu as notée du podcast de Florie Vine : « en fonction de l’énergie qu’elles nous apportent ou qu’elles nous coûtent. », mais c’est tellement simple et d’une évidence ! Et pourtant on n’y pense pas d’emblée, c’est fou.

    Merci d’avoir partagé tout ça avec nous ! :)

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    1. Coucou Lullaby,

      Merci beaucoup pour ton partage, j’ai adoré en savoir plus sur la façon dont tu te sers de tes carnets. J’aime beaucoup l’idée de faire l’index au fur et à mesure. Je vais peut-être essayer ça, car faire l’index des semaines, des mois, voire des années (!) plus tard, outre la charge cognitive importante (relire/se replonger, et solliciter la mémoire à court terme pour reporter telle info et tel numéro de page dans l’index), c’est difficile pour moi de retrouver au sein d’un index non alphabétique telle ou telle entrée. Résultat : en relisant mes index, je me rends compte qu’il y a pas mal d’entrées qui se recoupent et que j’aurais dû fusionner.

      Donc là en ce moment, j’essaie de noter mes index sur des feuilles volantes, avec l’intention de les mettre au propre après les avoir vérifiés et classés de manière alphabétique pour faciliter leur utilisation. Mais wow, j’ai l’impression d’atteindre des sommets de perfectionnisme et de rigidité, tout ça pour mes notes personnelles…

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  5. ce que je retiens surtout de ce billet, c’est que je ne suis clairement pas câblé.e comme il faut pour gérer ainsi la prise de note : la simple lecture de tant de méthodes d’organisation (et tentatives de) m’a donné des sueurs froides^^
    Je me rends compte que je note assez peu de choses finalement ; ou plus précisément, je note beaucoup beaucoup beaucoup de pense-bête sur des bouts de papier (des trucs à jeter sinon, histoire de les réutiliser avant d’ensuite en faire du papier maison) mais ce sont des trucs ponctuels, pour remplacer ma mémoire inexistente, et qui sont rayés et mis de côté jusqu’à réutilisation du bout de papier pour le prochain, donc rien à relire… j’ai seulement deux carnets de notes intéressantes, un joli près du lit pour la nuit (mais depuis que je l’ai j’en ai vachement moins besoin, encore l’esprit de contradiction de mon cerveau^^) et un plus simple mais plus solide dans le sac, qui sert autant de pense-bête basique que de note d’idées et de gribouillages ; et ces deux-là sont intéressants à relire de temps en temps – au débotté, si je planifie ça va ma donner juste envie de ne pas le faire (esprit de contradiction encore) – en remarquant les trucs faits entre temps (et les différences d’avec l’idée initiale) et en remettant en tête les quelques idées pertinentes qui y traînent. Et des fois un petit texte d’un moment important de ma vie lu aujourd’hui, avec les souvenirs et sourires que ça implique.
    D’ailleurs je me dis que la méthode de Johanna ci-dessus avec les feuilles détachables et le rangement a postériori est assez génial, permettant de ne garder que l’essentiel sans toutes les fioritures, en tout cas avec mon fonctionnement de prises de notes.
    Bref, noter et relire, oui, mais n’importe quand et n’importe comment, sinon impossible, en ce qui me concerne…
    Tiens, j’ai encore raconté ma vie^^
    (Et sinon oui j’ai ris sur la phrase parlant de simplicité, mais c’est trop facile des pièges comme ça :) )

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    1. Coucou ! Pour quelqu’un qui estime ne pas avoir de méthodo, tu as quand même partagé un riche retour d’expérience, je trouve ! Merci beaucoup, j’ai trouvé ça passionnant. J’aime bien le côté « au débotté », ça me parle, car moi aussi, en dépit de ma psychorigidité, j’ai un fort esprit esprit de contradiction qui me donne immédiatement envie de procrastiner dès que je planifie quelque chose. D’ailleurs, ce matin, je réponds à tous les commentaires reçus ces 15 derniers jours plutôt que de faire la revue de carnets que j’avais notée dans mon bujo… ¯\_(ツ)_/¯

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  6. J’ai adoré te lire comme d’habitude ! Je n’arrive pas du tout à relire mes carnets (j’en ai jeté une tonne avant mon dernier déménagement et je n’arrive toujours pas à savoir si je regrette ou non, ça dépend des jours). J’ai indexé mon premier carnet d’idées rempli, mais je n’arrive pas à me motiver à m’y replonger. Je pense que ton post va me donner l’impulsion d’enfin le faire. J’adore l’idée des pages marquées au masking tape, dans mes carnets mais même dans mes pages du matin où j’oublie une fois sur deux de corner ce qui doit me servir plus tard (je ne sais pas si j’y penserais beaucoup plus mais ce serait plus joli… et donc le secret pour y penser plus peut-être ?).

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    1. Merci beaucoup Elsa ! J’avoue, quand j’ai lu que tu avais jeté tes carnets lors de ton déménagement, mon sang n’a fait qu’un tour. J’en serais absolument incapable – ce qui n’est pas sans créer d’autres problématiques par ailleurs, comme (musique dramatique) LE STOCKAGE.

      Si tu as déjà indexé ton carnet, bravo, tu as fait le plus dur ! Quand tu te sentiras prête à le relire, ça m’intéressera de savoir si tu t’es servie de l’index. Idem pour le recours au masking tape dans tes pages du matin (PDM). J’ai beau avoir lu le livre de Julia Cameron deux fois, je n’ai pas encore réussi à relire entièrement un seul carnet PDM.

      Je trouve ça vraiment pesant, comme c’est du vidage de crâne sans queue ni tête… Pour moi, cette relecture et cet indexage-là, c’est le final boss de ma méthodo. Je ne désespère pas d’y arriver, mais pfiou, pour l’instant j’ai pas le courage de m’imposer de relire des pages difficiles.

      Hâte de parler de tout ça de vive voix avec toi bientôt !!

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  7. Julia Barreau

    30 mars 2026

    Bonjour et merci pour cet article (et plein d’autres !) foisonnant d’idées, de ressources, de réflexions !
    J’ai vraiment beaucoup ri du « Au risque de vous faire exploser de rire : j’aime la simplicité. ».
    C’est trop chouette de savoir qu’il existe d’autres passionnées de carnets et j’adore lire tous tes processus, merci beaucoup pour cette générosité. J’aimerais aller dire à la moi de 14 ans de débuter un jardin numérique !

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    1. Bonjour Julia ! C’est moi qui te remercie pour tes mots et ce premier commentaire. Je suis émue que mon vieux blog, qui a fêté son 26e anniversaire en mars, continue à intéresser de nouvelles personnes. Merci, vraiment.

      Je serais vraiment ravie de découvrir ton jardin numérique, si tu décides d’écouter cette petite voix en toi. À bientôt !

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  8. Merci de nous ouvrir les portes de ton labyrinthe mental et de nous donner des clefs pour les nôtres 🤍

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    1. Merci pour ce doux message, Marie-Lou ! C’est vrai que c’est un dédale… D’ailleurs, en allant lire la définition du mot « labyrinthe » dans Le Robert, j’ai souri parce que je me suis dit que c’était très La Lune Mauve-core :

      • réseau compliqué de chemins, de galeries dont on a peine à sortir ;
      • au figuré, complication inextricable.

      🥲

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  9. Emily/Ghost

    30 mars 2026

    Merci, ça fait tellement de bien de te lire !!
    Clairement je suis team « prends des notes et les balance dans le void  » là du coup j’ai envie de mettre tout ça à plat dans 1 seul carnet pour déjà mieux organiser tout ça et pouvoir y revenir plus facilement.
    Franchement MERCI <3

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    1. Yay, c’est de la bonne énergie, ça ! Si tu as envie de partager ta réflexion et ta pratique avec ton nouveau carnet, ça m’intéresserait beaucoup.

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      1. Emily/Ghost

        14 avril 2026

        Je n’y manquerais pas !! Peut être même que je le montrerais sur mon futur blog !? haha
        J’essaye de pas me mettre la pression, je me dis « avant la fin de l’année, j’ai mon blog! »

      2. Je serai 100 % là pour te lire !

  10. J’ai TROP ri à ton retour sur les Post-its Super Sticky !
    Je suis une lobbyiste de cette marque : tous les autres post-its DU MONDE ne remplissent pas leur pourtant simple promesse. Une amie m’a offert un paquet de post-its rectangulaires lors d’un Secret santa, j’ai compté ils se décollent du mur en trente (30 !!!) secondes !
    Une fois j’avais craqué pour des petites notes collantes mignonnes sur un eshop de papeterie de niche, je les utilise toujours dans mes carnets mais elles ne collent pas du tout assez. C’est vraiment mon cheval de bataille ridicule : oui, ça vaut le coup de mettre des sous dans les Super Sticky, ils super-stickent vraiment. (actuellement j’ai des post-its collés à mon mur et ma porte depuis 1 an sans bouger)

    Merci pour cet article, j’aime tellement lire sur les processus des autres, c’est hyper riche. Je suis pas mal inspirée par tes stickers qui dépassent de la tranche !

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    1. Ahah ! C’est trop chouette que ça t’ait fait rire. Je trouve ça toujours très satisfaisant d’avoir des retours d’expérience concrets sur les marques, les modèles. On mérite d’utiliser du bon matos, même si j’ai conscience que c’est un privilège.

      J’ai envie de documenter davantage la papeterie et le matériel artistique que j’utilise, à plus forte raison depuis que j’ai découvert le mini site dédié de Melanie Richards.

      Une amie m’a offert un paquet de post-its rectangulaires lors d’un Secret santa, j’ai compté ils se décollent du mur en trente (30 !!!) secondes !

      Mon idée du nightmare fuel 🥲

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  11. Tes articles sont tellement foisonnant à chaque fois, tu arrives à faire plein de crossover c’est toujours hyper riche !
    Merci pour ce chouette retour de ta pratique des carnets, c’est vraiment intéressant de voir les utilisations différentes que les gens en ont, c’est un objet si simple on se dit qu’il n’y a pas 36 manières de l’utiliser et pourtant si !

    Je vais tâcher de prendre le temps de lire et écouter les liens, je suis sûre que cela fera évoluer 2/3 petites choses de mon côté également =)

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    1. Merci, amie nocturne ! Ça me passionne de savoir comment des personnes créatives utilisent leurs carnets, et j’avais hâte de pouvoir reparler des miens, car mine de rien ma pratique a beaucoup évolué depuis l’été dernier.

      C’est vraiment en lisant dévorant les newsletters, articles et vidéos d’Austin Kleon à ce sujet que j’ai réalisé l’impact et l’importance de cette pratique pour moi, et à quel point elle me manquait. J’ai moi aussi adoré ton billet sur tes carnets d’ailleurs, et je me réjouis énormément que tu continues à documenter ta pratique créative sur ton blog.

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      1. J’ai toujours pas eu le temps de me pencher sur cette personne u_u Mais je me faisais la réflexion hier que je n’avais vu mention de lui nulle part ailleurs sur les internets alors que je regarde et lis pas mal de contenus sur les carnets autant anglophones que fr..

        Merci pour mon article =)

      2. Je pense qu’Austin Kleon n’est pas forcément identifié comme « LA » personne à suivre en matière de carnets, surtout qu’il a une pratique très personnelle qui sort des cases classiques du type journaling, bujo, etc. Personnellement, c’est ça que je trouve intéressant : ça apporte de l’air frais.

  12. Je suis bien contente de te lire dans mon RER de retour plutôt que de scroller sans fin sur les réseaux.
    De mon côté, j’ai adopté une pratique qui a fait lever les sourcils de mes collègues : un epais carnet A5 à feuilles détachables (c’est ça qui a fait froncer les sourcils). Quand il est plein ou quand j’ai besoin de faire du vide, je détache les pages. Toutes celles qui n’ont plus d’interet (notes d’une réunion dont j’ai fait le CR ; gribouillage d’ennui ; truc sans queue ni tete) partent à la poubelles. Celles dont le contenu a une quelconque valeur sont vebtillées dans des petits classeurs a5 en fonction des thématiques et des projets.
    Un collègue m’a cédé (un peu goguenard), sa perforées, me disant que je pouvais la garder #oldschool
    Je feuillette et desherbe régulièrement ces petits classeurs.

    Je suis HYPER contente de moi : j’ai l’impression d’avoir réuni le meilleur des deux mondes : le carnet unique ET les carnets thématiques.

    Comble du bonheur : je peux passer toute ces petites feuilles volantes dans l’avaleuse de la photocopieuse et donc me faire une sauvegarde numérique au format PDF.

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    1. Jusqu’à présent, je me suis toujours demandé QUI pouvait bien acheter des cahiers à feuilles détachables. Maintenant, je sais ! Tout fait sens maintenant que je te lis. Ta méthode a l’air géniale ! Pile le bon équilibre entre carnet à tout et dossiers thématiques, avec le bonus photocopieuse → PDF. On sent les années d’expérience. 😉

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  13. J’avoue, j’ai un peu rigolu quand tu as dit que tu adorais la simplicité :D
    Mais bon je ne te jetterai pas la première gomme vu la quantité de carnets / cahiers que j’accumule moi-même, remplis avec amour et…quasiment jamais relus.

    A une époque pas très lointaine, j’inscrivais dans des cahiers des tas de recettes (culinaires, beauté, santé, maison, coucou les gros clichés de genre) glanées dans des livres ou sur Internet. J’aimais les voir comme mes petits grimoires de sorcière en herbe, mais très peu de ces recettes ont été testées finalement. Peut-être leur intérêt est-il de m’avoir fait comprendre que je ne suis pas une Bree Van de Kamp, que cuisiner ne me passionnera jamais en soi (mais bon, faut bien manger) et que passé quelques années d’extravagance Aromazonienne, j’ai la gigaflemme de faire et utiliser un tas de lotions et potions et que le strict minimum me suffit?

    Ca reste amusant, quand je les rouvre, de voir ce qui m’a complètement passé, et à l’inverse les intérêts qui sont restés, de retomber sur un truc qui me donne envie (mais pour ceux-là il faudra que je pose un vrai temps concret et pas un simple « un jour »)

    Bref, même les notes qu’on n’utilise pas ont leur intérêt, mais encore faut-il les relire parfois et que la friche ne soit pas trop impratiquable!

    Maintenant go rapatrier les multiples notes de mon téléphone (très centrées voyages) dans le cahier dédié ^_^ (petit émoticône des années 2000 en cadeau)

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    1. On aime les cahiers et les émoticônes des années 2000, par ici ! Merci Linda pour ton partage. J’ai aimé lire ton plongeon dans des « phases » que tu as pu avoir, même si depuis tes usages et centres d’intérêt ont évolué. Est-ce que tu vas conserver tes carnets passés, même si le contenu te parle moins aujourd’hui ? C’est que ça finit par prendre de la place, tout ça…

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  14. Je suis aussi dans une grosse période de réflexion sur ma prise de notes ! Je suis en train de passer au carnet d’idées et je pense que tout noter au même endroit me convient mieux. Mais je jongle avec ça, Notion, mes notes de téléphone… Je sens qu’il faut que j’arrive à simplifier le système, au moins en réduisant à un espace numérique. Mais ça s’améliore très progressivement. En tout cas j’ai le même souci que toi sur les notes, je décris de façon très détaillée et je n’en fais en général rien (bien que, dans ton cas, tu fais peut-être moins de choses que le nombre d’idées que tu as, mais tu produits quand-même beaucoup de choses !)

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    1. Merci de partager ta réflexion et ton jonglage, Irène ! Ça me rassure de ne pas être la seule à tâtonner. Pour moi, cette phase est inévitable, un peu comme quand on raccroche un wagon à un autre wagon, avec la petite secousse qui surprend. Comme toi, j’ai disséminé des tas de notes aux quatre vents, aussi bien dans mon téléphone, dans Evernote, et même dans de vieux docs Google si je cherche bien… C’est un vrai casse-tête de tout réunir, et puis il y a la question des sauvegardes aussi… J’observe que ce qui fonctionne pour moi, c’est comme pour la dégafamisation : y aller petit à petit, quand l’énergie est là.

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