Début août, j’ai lu le billet Anti-guide d’écriture ou comment ne pas devenir écrivain de Thierry Crouzet, grâce à un partage de Coline Pierré.
(Je fais encore plus attention à citer la source des découvertes que je fais pour visibiliser et valoriser le précieux travail de curation dont je bénéficie, à plus forte raison quand ça me donne de la matière pour bloguer.)
Comme j’ai aimé cette lecture, j’ai continué à butiner, jusqu’au carnet de juillet 2025 du même auteur.
Le format est simple : un jour, une réflexion. Ça me plaît et j’ai envie d’essayer, toujours en quête du format idéal pour partager ce qui remplit ma vie de manière régulière, mais sans m’engager à un rythme précis, véritable tue-plume en ce qui me concerne.
J’ai toujours bien aimé le principe du journal d’écriture, que ce soit un journal intime, des pages du matin, un carnet de gratitude, ou un blog personnel. D’ailleurs, j’envisage de renommer la catégorie actuelle « Personnel » en « Journal et réflexions ». Ça me semble plus précis, car tout mon blog est personnel, en réalité.
Dimanche : ephemera
L’idée m’est venue ce matin en lisant Queer Archivist. Selon Wordreference, Ephemera signifie « objets éphémères », « souvenirs ».
Wikipedia les décrit comme des éléments qui n’étaient pas destinés à être conservés ou préservés, mais qui ont quand même été collectés et gardés au fil du temps : des « scraps » (d’où le mot « scrapbook »).
Au sein d’un scrapbook, par exemple ; littéralement, un carnet servant à réunir des trucs qui auraient dû finir à la poubelle.
Le mot « éphémère » désigne aussi un insecte surnommé « grande mouche de mai », l’Ephemera danica.
Souvenirs, papiers, insectes : je ne vois pas de meilleur concept pour rassembler les notes les plus personnelles de mon blog.

Double page de mon carnet dédié à La Lune Mauve, avec des notes sur tous ces sujets, et des croquis autour du mot « ephemera » avec une moitié de papillon et une « grande mouche de mai ». Contrairement à mon carnet de voyage, j’ai décidé de ne pas tout flouter, parce que c’est plus ou moins tout ce dont je parle ou envisage de parler sur mon blog dans un avenir proche.
Mardi : mieux m’organiser pour créer chaque jour
En ce moment, je déborde de projets, j’éprouve beaucoup d’enthousiasme, mais je bute sur le même obstacle que d’habitude : j’évalue mal le temps que les choses prennent, donc j’en planifie trop, donc je culpabilise, donc je procrastine.
Comme ça me pèse, je lis ce que partagent d’autres artistes pour comprendre leur méthode de travail, en espérant chiper quelques astuces au passage.
Par exemple, je m’inspire des conseils de Bob Shea, un illustrateur américain qui a un trouble déficit de l’attention avec hyperactivité. Il a mis au point une méthode pour organiser ses journées et moins se disperser, qu’il documente sur Substack sous le nom « Time Blobbing System ». Il explique en quoi ça consiste dans cette vidéo, en anglais et pas sous-titrée :
J’ai essayé ce système trois semaines, et même si j’ai laissé tomber depuis, j’en retire deux choses :
- noter le temps qu’une tâche va prendre selon moi, à chaque fois que j’en planifie une, puis noter le temps que ça a réellement pris. Ça m’aide à constater, encore et encore, que j’ai un vrai problème pour estimer le temps que les choses prennent de manière convenable. Bob Shea dit que ce système aide, au fur et à mesure, à réduire ce delta, on verra ;
- utiliser un minuteur visuel. Ça m’aide car je n’ai pas les yeux rivés sur l’heure, mais sur le temps qu’il me reste. Ce qui, d’un point de vue philosophique, est aussi intéressant.
Je lis aussi, ou garde à portée de main :
- les livres d’Austin Kleon, dont Steal like an artist, re-dévorés en quelques jours, bourrés de phrases simples qui me boostent (vivement le prochain) ;
- Le réflexe créatif de Twyla Tharp, qui lui me parle un peu moins, mais que que je n’arrive pas à lâcher pour autant. Les exercices sont très étranges, je les qualifierais même d’hors-sol – ce qui n’est pas peu dire quand on a lu et mis l’essentiel de Libérez votre créativité (The Artist’s Way) en pratique ;
- Expressive sketchbooks d’Helen Wells, une artiste anglaise qui remplit d’immenses carnets de croquis de manière abstraite avec de l’aquarelle, de l’acrylique, et toutes sortes de feutres et crayons, et qui partage des conseils pour apprivoiser cet objet trop souvent sacralisé, esthétisé à outrance qu’est le carnet de croquis.
En parallèle, je découvre plein d’artistes, illustratrices et autrices sur Substack, une plateforme utilisée par plein de gens bien alors qu’elle continue à promouvoir des contenus nazis : Lucia Leyfield, Milena Milak, Estée Zales, Wendy MacNaughton, et j’en passe.
Les algos de Google comprennent si bien mes obsessions qu’ils me proposent des vidéos ultra bien calibrées, du genre « Essayer la routine créative de Tove Jansson » (vidéo en anglais avec sous-titres générés automatiquement).
Bref, je mange à tous les râteliers. Malgré tout, ce qui m’aide le plus à dessiner et écrire chaque jour, c’est ce conseil, quasi universel : créer avant tout le reste, et pas après autre chose.
Tout ça m’obsède. Il n’y a pas un jour où je ne réfléchis pas à comment optimiser encore mon emploi du temps pour caler encore plus de temps créatif, et je risque de continuer à vous bassiner avec ça un moment.

Meme de chat déguisé en scientifique avec le texte « According to my extensive calculations… I have no idea what I’m doing. ».
Mercredi : pratiques croisées
J’ai adoré lire les commentaires que vous avez laissés sur mon billet Dessiner et écrire chaque jour : pistes pour créer de manière plus régulière, merci.
Séverine dessine une heure chaque soir. Fan inconditionnelle des listes, elle en crée une par jour, une par semaine, une par mois, une pour le matériel à renouveler, pour les lectures, les expos, les spectacles
. Disposer d‘une loupe et d’une bonne lumière l’aide à réaliser ses captivants dessins pointillistes inspirés par la nature.
Nolwenn découpe ses projets de couture en plein de petites étapes, et se motive à réaliser les étapes compliquées en anticipant les étapes finales, qui sont ses préférées.
Aline quant à elle privilégie les activités qu’elle peut réaliser dans l’immédiat, sans avoir à sortir ni ranger plein de matériel, comme le crochet.
Ce que partage Minuit à propos des « pain points » (points douloureux) qui l’empêchent de créer est aussi intéressant : parfois, on ne peut pas créer, même si on le voudrait. Poursuivre ses recherches, prendre des notes, accumuler des idées pour pouvoir s’y remettre dès que les conditions seront réunies est une façon de rester en prise avec sa créativité.
Jeudi : la magie des blogs
En lisant Lara, j’ai réalisé que je ne suis pas seule à tâtonner avec cette histoire de notes régulières, et ça m’a fait du bien.
La magie des blogs : deux clics plus tard, je découvre que La Lune Mauve est citée dans la blogroll de David Larlet.
Deux personnes que je ne connais pas personnellement qui mentionnent mes écrits ? Des paillettes numériques qui me mettent du baume au cœur.
Vendredi : hostie de sauterelle
Je recherche encore « la » formule qui me conviendra le mieux pour documenter la vie de notre jardin, mais je ne pouvais pas ne pas publier cette photo :

Pour lire la suite, c’est par là : journal #2.