Ceci est la suite de mon journal #7.
Beaucoup plus de temps
J’ai lu How To Finish de Grant Snider et j’en retiens cette phrase : Take twice as long
(prenez deux fois plus de temps que prévu). L’auteur explique :
Sometimes a project requires a slow burn.
Time for ideas to simmer in the subconscious, time for drafts to bake in the notebook, time for memories and associations to bubble up until they’re ready for the page.
Ça me fait du bien de lire ça, car j’ai besoin de beaucoup de temps pour faire bien ce qui me tient à cœur.
Il y a des gens qui ont besoin d’aller vite, même si ce n’est pas nickel : terminer une tâche est plus important que la qualité de l’exécution.
C’est l’inverse de mon fonctionnement : j’ai besoin de temps pour bien faire. (Mon perfectionnisme n’y est pas pour rien.) Je m’étais d’ailleurs gaussée en entendant, dans le premier épisode de House of Guinness, la réplique If it isn’t perfect, what’s the point?
. 💯

J’ai aussi besoin de temps pour assimiler certaines informations ou émotions, et j’observe que ça me demande parfois plus longtemps que ce qui me semble attendu socialement.
Par exemple, certaines personnes adoptent un nouvel animal de compagnie peu de temps après la mort du précédent (peut-être pour adoucir le deuil ?).
Moi, quand on me demande gentiment si je compte « reprendre un chat », je réponds que c’est encore inenvisageable, même si ça fait plus de trois ans que Shera est morte.
Quand j’exprime ça, je perçois souvent de la gêne en face et, dans certains cas, un soupçon d’incompréhension.
Comme ma peine est tout ce qui me reste de Shera, je crois que j’ai peur qu’elle disparaisse, elle aussi.
Atelier
- Eau-forte : j’ai complètement raté mon aquatinte sur mes deux dernières coiffes bretonnes. Comme je n’ai pas le courage de tout recommencer, je vais finaliser ces matrices à la pointe sèche, avec du stippling.
- Linogravure : RAS, je n’ai pas du tout avancé sur mes cartes de vœux, mais tout va bien, ce n’est pas encore urgent.
- Dessin : je prépare quelque chose pour le numéro de Sornettes sur le carnaval. J’ai enfin trouvé une idée qui me plaît, après pas mal d’essais… et de rêves troublants.
- Organisation : j’essaie des faire évoluer certaines habitudes en m’appuyant sur les publications de Shaunta Grimes, au livre La Méthode Boclet (je dévore le chapitre 2 qui concerne la gestion du temps) et toujours avec Steal like an artist d’Austin Kleon. Réserver des créneaux précis dans mon agenda et associer une tâche à chacun est plus efficace que noter seulement le nom du projet. Par exemple : dans mon bujo, si je prévois un créneau d’une heure le mardi matin pour m’occuper de mon blog, ça m’aide davantage d’écrire « LLM : ajouter photos à journal #8 » plutôt que « LLM » tout court. Le moment venu, je sais exactement ce que j’ai à faire et suis moins tentée de me laisser distraire. J’ai aimé lire Blogging After 8PM de Stephanie Booth : trouver tous les moyens possibles pour faire rentrer le plus d’écriture possible dans sa vie.
- Idéation : j’apprivoise les cartes These cards will change your ideas, découvertes dans la librairie Magma à Londres.
- Inspiration immédiate devant les merveilles reçues de la part de Hellgy et Lia Vespérale. Quelle chance j’ai !
Tech
J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai enfin commencé à migrer vers Infomaniak. Ce qui m’a convaincue d’opter pour kDrive Business plutôt que my kSuite+ : les alias e-mail et la possibilité d’utiliser WebDAV pour la synchronisation Joplin.
La migration de mes e-mails est en cours : les DNS de mes domaines sont à jour et j’ai commencé à informer les personnes qui m’écrivent sur Gmail ou Proton. Les alias semblent fonctionner nickel, même si le test final ça va être l’envoi de ma prochaine newsletter.
Mon expérience utilisatrice (UX) sur Infomaniak est encore un peu tâtonnante. Par exemple, j’ai dû appeler le support pour comprendre comment envoyer des e-mails avec mon adresse lunemauvienne. Solution : il faut changer de signature e-mail lorsque je rédige un message. What? Pour moi, ce n’est pas logique du tout, mais bon, je vais m’y faire.
Je suis aussi en train de migrer le contenu de ma Dropbox vers mon « kDrive » flambant neuf de 3 To. Le rapport qualité-prix-RGPD d’Infomaniak par rapport à Dropbox est écrasant, je ne comprends pas pourquoi j’ai attendu si longtemps pour changer de crèmerie.
Jardin
- Première Fête des Jardins de Tréveneuc, dans les Côtes d’Armor = adoption de pleiiin de nouvelles plantes, dont un fothergilla major Blue Shadow beau à retourner la tête.
- Notre jardin à nous est désormais un refuge LPO. À peine installé, le nichoir qui nous a été offert à cette occasion a déjà trouvé des occupants ! 🤩
- Plantation de bulbes de tulipes ramenés du Pays de Galles dans nos jolis pots en céramique, et d’heuchères acidulées dans mes jardinières à mi-ombre.
- Les arbres ont quasiment tous perdu leurs feuilles, mais le liquidambar résiste. Un peu anxieuse de voir certains arbustes bourgeonner comme si on était déjà en mars ; les coups de froid annoncés risquent de faire mal…
- Plus que trois kakis en lice sur notre plaqueminier. On croise les doigts dans l’espoir de pouvoir les manger cet hiver.
- Ça fait plusieurs fois que j’aperçois un jeune chat noir faire sa tournée. Lui et moi, on se toise d’un bout à l’autre du jardin. Je le laisse tranquille.
Mots et concepts appris
Je continue sur ma lancée :
- Ambisphène : dans la mythologie, serpent qui possède une tête à chaque extrémité du corps. Mot découvert dans le livre Symboles sculptés des églises romanes de Gérald Gambrier, que j’ai acheté au Musée de Cluny début octobre.
- Carniflore : plante carnivore.
- FLINTA* : acronyme signifiant « femmes, lesbiennes, intersexes, non-binaires, transgenres, agenres et plus ». Découvert dans cette publication d’Absaintes sur Instagram.
Antidotes
- Faire notre première confiture maison avec les coings du jardin
- Le retour des mésanges
- Lire les réflexions créatives de Minuit et Ambre
- La réparation expresse de notre câble de fibre optique
- La fonctionnalité « Clipboard History » du logiciel Alfred
- Mia Goth dans Frankenstein
- Les tartes salées
- Adopter une graminée Eragrostis spectabilis « Purple Love »
- Les grandes boucles d’oreilles
- Commencer un nouveau marathon The X Files
- You Are Insignificant. That’s a Good Thing.
- Ce genre de message poupi
Pour lire la suite, c’est par là : journal #9.
























Stella Polaris
2 décembre 2025
Sur le fait de « reprendre un chat » (je déteste cette formule, qui porte en elle un aspect objectifiant qui me révulse) : peut-être que tu laisses aussi ouverte la possibilité d’une rencontre avec un autre compagnon félin, un jour, sans urgence et sans forcer. Genre si ça doit arriver ça arrivera.
Sur l’organisation : je vais m’empresser de lire les onglets que tu viens de me faire ouvrir, c’est ma grande quête personnelle aussi ! Mais dans un registre qui me semble proche, quoique moins « mode d’emploi » et plus « réflexion philosophique », j’aimerais te conseiller « Faire de la place » de Karine Sahler, lu récemment et qui a beaucoup résonné. Il s’agit de faire de la place physiquement, en reconsidérant nos biens matériels, mais aussi (surtout) mentalement, dans une société de la surabondance où notre attention s’éparpille entre mille sollicitations.
Marie ☽
2 décembre 2025
Ouais, tu as raison : c’est vrai que « reprendre un chat », c’est objectifiant, en plus du reste. L’idée de « prendre » un être vivant est polysémique et me met profondément mal à l’aise. Accueillir un chat, oui, peut-être, plus tard…
Merci pour ta reco de livre, ça m’intéresse beaucoup ! En particulier en ce moment, car je remets des aspects importants de ma vie à plat.
serendipity liche
20 novembre 2025
c’est intéressant comme tout ce qui parle d’organisation m’est totalement étranger^^ c’est en soi intéressant de voir les techniques que tu décris et testes et/ou applique pour faire ce que tu veux comme tu veux, mais le contraste avec mon fonctionnement me saute au yeux à chaque fois (mon esprit de contradiction est tel que si j’écrivais un truc dans mon agenda, je ferais tout sauf ça par principe^^). Idem pour le perfectionniste, puisque je n’arrive pas, quelle que soit mon implication, à faire des finitions propres – du coup je n’essai plus (je n’ai pas hyper souvent essayé non plus, étant donné l’énergie énorme que ça me demande pour les 20% de fin d’un truc par rapport à celle des 80 premiers %). Je rebondirais cependant sur une de tes phrases et une citation :
« Il y a des gens qui ont besoin d’aller vite, même si ce n’est pas nickel : terminer une tâche est plus important que la qualité de l’exécution. »
Personnellement, je pense que ce n’est pas tant le fait de terminer un truc qui me pousse, que le fait de passer à autre chose, à la prochaine des milliers d’idées que mon cerveau me pond en permanence – ce qui techniquement revient au même, certes, mais pas dans l’idée, je pense.
« If it isn’t perfect, what’s the point? ».
well, making it is fun, and also vital, so that’s enough for me :p
Pour finir en étant d’accord sur un truc, quand même(l’idée de mon commentaire n’est bien sûr pas de critiquer, mais d’échanger des points de vue, vécus et idée, même si je ne suis pas forcément doué.e pour que ça se voit), laisser les idées mûrir me paraît effectivement hyper important – j’ai des trucs qui traînent à l’état embryonnaire ou juste d’idée pendant des mois voire des années avant de les réaliser – ou toujours pas, pour certains…
Marie ☽
22 novembre 2025
Coucou ! Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me touche vraiment que tu prennes le temps de me partager ton ressenti. Ton intention d’échanger est très claire. C’est exactement le genre de retour que j’aime recevoir, parce que ça ouvre des portes et ça nourrit la réflexion.
Ton partage d’expérience sur ces sujets m’intéresse beaucoup, parce que ton fonctionnement est presque à l’opposé du mien. Je t’envie de savoir autant lâcher prise. Dans ta galerie, je perçois quelque chose de très vivant et très libre. Ta façon de passer d’une idée à l’autre, cette impulsion créative qui te porte… ça me nourrit et me montre un autre chemin. Ça me renvoie évidemment à mon propre cheminement, encore très rigide ; mon obsession actuelle pour les méthodes de tout poil me donne l’impression d’être un petit enfant qui a encore besoin de petites roues pour faire du vélo.
Ce que tu dis sur le fait de ne pas chercher des finitions parfaites parce que cela te demande trop d’énergie, ça me parle. Je fais l’inverse et, oui, ça me coûte souvent. Cela me ferait sans doute du bien d’avoir une pratique artistique « just for fun », en essayant des techniques auxquelles je ne connais rien, pour lâcher prise et me laisser simplement guider par la joie d’essayer quelque chose, sans attente.
On se retrouve sur un truc, en tout cas : l’importance de laisser décanter. Pouvoir donner corps à des idées qui dorment depuis des mois ou des années, quel soulagement ! J’ai commencé à relire mes vieux carnets suite à l’atelier « Carnet d’idées » de Nathalie Sejean, et ça a été incroyable de retrouver des embryons d’idées que j’ai développées depuis sans me souvenir de leurs prémisses.
Je regardais cette vidéo de Anna Howard hier, et j’ai été une fois de plus marquée par sa clairvoyance. Elle dit qu’il y a, en gros, trois difficultés quand on crée : commencer, continuer et terminer. À ce stade de ma vie, je trouve encore les trois difficiles…
serendipity liche
25 novembre 2025
Je pense que concernant la méthode – ou absence d’icelle^^ -, ça dépend aussi beaucoup des personnes et de la personnalité : en ce qui me concerne, je suis incapable de rester dans un cadre défini, à peu près autant que de faire des finitions, ce qui de base me pousse à tester plein de trucs sans pour autant savor vraiment comment ça marche (la découverte c’est fun – au point d’ailleurs que parfois, quand ce n’est plus de la découverte, les choses m’ennuient et je n’en fait plus, parce qu’en fait ce qui me plaisait c’était la nouveauté et la connaissance au moins en surface, et pas la technique en elle-même). De même, mon cerveau m’envoyant trouze idées à la seconde, c’est cool de pouvoir en faire une partie moins négligeable en se posant moins de questions que si j’essayais de faire tout proprement. Ce qui n’empêche pas les idées notées sur des carnets, brouillons de mails, feuille volantes plus ou moins perdues etc :p.
Tout ça pour dire que, finalement, le lâcher-prise que j’ai dans ma pratique n’est finalement pas tant un réussite qu’un fonctionnement naturel, voire une nécéssité. Et ne m’empêche malheureusement pas de trouver régulièrement le résultat final mauvais, même si faire le truc m’a amusé et que cela me suffit généralement, mais pas toujours (parce que brain…). C’est probablement un peu ça le problème d’ailleurs, de ne pas savoir une fois le truc fait ça va suffire ou pas de l’avoir fait, ce qui fait que même en se disant au départ qu’on n’a aucune attente sur le résultat on peut rester sur une déception incontrôlable.
Et j’aime beaucoup lire tes partages de recherches de diverses méthodes, ne serait-ce par pure curiosité, mais aussi parce que des fois ça déclenche des réflexions dans mon cerveau qui peuvent mener à des trucs, versions réduites desdites méthodes ou, par exemple, relire de vieux carnets et retomber sur des idées notées il y a longtemps (qui pour beaucoup resterons telles quelles, mais qui parfois retrouvent un second souffle, éventuellement sous une forme un peu différente, ce qui est toujours cool !).
Je n’ai pas encore regardé la vidéo (c’est prévu pour bientôt), mais je suis d’accord que les trois ont leurs difficultés (même si pour moi la partie terminer est la plus grande) ; en ce qui concerne le commencer, un truc qui fonctionne très bien chez moi (mais encore une fois, cela colle à mon fonctionnement), c’est de partir sur un truc aléatoire, et d’enchaîner à partir de ce que cela m’évoque (que ce soit la forme d’un os pour une sculpture ou des monotypes totalement aléatoires à l’encre pour un dessin, voire une BD comme récemment, par exemple) – utilisant la sérendipité (d’où mon nom d’ailleurs^^).
Lucide
17 novembre 2025
Grâce à toi je découvre Noctulescente et j’aurais pu écrire son article dans le sens où rien n’est plus motivant que de regarder les autres parler de leur créativité / montrer leurs créations, leurs processus, etc. C’est à ça que je me raccroche dans mon brouhaha mental.
Je suis perplexe face à l’ambisphène : dans quel sens va-t-il ? Avec une tête de chaque côté ce doit être le chaos permanent.
Très fan du fothergilla (grand aulne des sorcières donc, très classe), tu as généré chez moi une nouvelle envie (je n’ai plus de place, haha).
Marie ☽
17 novembre 2025
Ça me fait super plaisir que tu sois allée lire Noctulescente. L’art comme facilitateur de liens, comme antidote passager à l’anxiété, comme pastille de joie… Ça me parle beaucoup aussi.
Pour l’ambisphène : c’est une question très pertinente. Je ne sais pas pourquoi, ça m’évoque l’ouroboros, mais en mode… french kiss, je suppose ? 🤔
Le grand aulne des sorcières est en effet une merveille. Les photos sont jolies, mais les couleurs sont comme irisées IRL. La variété Blue Mist est sympa aussi : apparemment, elle conserverait plus longtemps ses accents bleus. Le Blue Shadow aurait parfois tendance à repasser au vert (mais comme plein d’autres plantes). On verra !
Ambre
17 novembre 2025
♡
et j’adore, dans le groupe des dernières photos, la petite fée au-dessus de l’eau (en dessous, quel arbre magnifique..!)
Marie ☽
17 novembre 2025
C’est un chêne qui a près de 150 ans, ce qui me casse la tête rien que d’y penser ! Merci pour ton gentil mot 💜
Claire des Bruyères
17 novembre 2025
Coucou Marie,
Je te rejoins complètement sur le fait d’être plus précise dans les tâches qu’on note dans notre agenda, ça m’aide beaucoup aussi. Avant je notais « atelier » ou « site web » mais c’était beaucoup trop flou, maintenant je note aussi la ou les tâches que j’espère faire.
J’avais aussi lu qu’on pouvait écrire la tâche comme le résultat souhaité, comme « newsletter rédigée », « devis terminé et envoyé », etc… mais j’avoue ne pas m’y être trop tenue : j’y reviens parfois mais être plus précise m’aide déjà pas mal :-)
A tout bientôt !
Marie ☽
17 novembre 2025
Coucou Claire ! J’avoue, noter le résultat comme déjà effectué, ça me mettrait mal à l’aise aussi. Comme une sensation de mettre la charrue avant les bœufs, ou quelque chose comme ça…
Claire des Bruyères
17 novembre 2025
Oui, je te rejoins. Mais en me relisant je me suis mal exprimée, je veux juste préciser que l’entrepreneure qui propose ça parle plutôt de noter l’objectif, comme « chronique de « Mon vrai nom est Elisabeth » écrite » même si c’est vrai que la limite entre objectif et résultat est ténue :D