Ammonite opalisée… et mon tatouage par Dwam.
Ammonite opalisée et mon tatouage mignon, petit et violet créé par Dwam.

En ce moment, j’ai pas trop la patate.

Faut dire, l’été n’est pas ma saison de prédilection. Le mois de mai en particulier est un mois que je déteste depuis des années : excessivement long, chargé, compliqué… Il commence à faire chaud, le laisser-aller s’installe, y’a toujours un tas d’échéances administratives qui s’amassent, bref… la période chiant-chiante par excellence.

♬♪ Sad trombone.

Cette léthargie estivale, ce coup de mou solsticial et cette mélancolie me collent à la peau et me donnent envie d’écrire, et d’écrire beaucoup.

L’écriture, toujours elle, comme moyen d’expression privilégié : quand rien ne tourne rond, ce sont les mots|les maux et toujours eux qui déboulent sans se faire prier. Abondance de papier ne nuit pas.

Le remède est là, déguisé en plume, un antihistaminique à bas coût dont j’use et abuse. Une giclée de jus de citron sur la petite muqueuse à vif, et hop, ça repart.

Enfin je crois.

♩♭ Tuuuut…

Ainsi donc, ce billet parlera pour moi, et témoignera de la tentative incertaine d’éclater les comètes qui me passent une à une en travers de la tête, à travers une liste bien entendu non exhaustive de mes cogitations du moment.

L'atelier de la petite chimiste.
L'atelier de la petite chimiste.

Le télétravail : la grande nouveauté. « Aloooors ? » Travailler entièrement seule, ne plus avoir de collègues pour brainstormer en live, sinon par messagerie instantanée. J’avoue, le changement de rythme est plus difficile que je ne l’aurais cru, sans que le télétravail soit le seul à blâmer. Mettons ça sur le dos de la période d’adaptation. Savoir ce qu’on perd mais pas encore ce qu’on gagne. Me mets-je la rate au court-bouillon pour rien ? Je me répète inlassablement wait and see, en attendant de trouver la réponse.

Cœur cœur cœur.
Cœur cœur cœur.

Perfectionnisme vs. pragmatisme. Est-ce que je place la barre trop haut ? (Peut-on seulement placer la barre trop haut ? Ne pas la placer assez haut est-il moralement et intellectuellement acceptable ?) Quid de l’insatisfaction permanente, de la sensation gênante que rien n’est assez bien, et cette obstination inconsciente à penser sans arrêt à plus grand, plus brillant, plus fort que soi, mais jamais à ce qui est plus petit et moins cool ? Peut-on continuer à dormir sur ses deux oreilles en sachant au fond de soi qu’on aurait pu faire mieux, et ce même si tout le monde autour de toi est très content ? Je crois que oui. Avec le temps et le recul, je commence à envisager cette possibilité, même si au fond de moi, une petite voix continue à me chuchoter qu’on peut et qu’on doit toujours faire mieux…

Druidesse.
Druidesse.

Utilité du travail : est-ce que mon métier contribue réellement au mieux-être de l’humanité ? Est-ce vraiment utile ? Que restera-t-il de tout cela dans dix ans ? Probablement rien. Je ne sais pas encore si je suis à l’aise avec cette idée, ni pourquoi je ne réalise tout ça que maintenant. Est-ce satisfaisant intellectuellement de savoir que ce que l’on produit et contribue à produire jour après jour n’a qu’un intérêt sur le court terme ? Y a-t-il une vie après la mort ? Ad lib.

Stencil de mon dernier tattoo en date, par Julie La Buse, d'après un dessin de George Barbier.
Stencil de mon dernier tattoo en date, par Julie La Buse, d'après un dessin de George Barbier.

Transmission du savoir : comment transmettre du savoir sans passer pour/se sentir comme la prof qui corrige les copies ? Accepter d’être la plus expérimentée à un instant T, alors qu’avant j’avais toujours quelqu’un de plus expert que moi à qui me référer. Refuser la possibilité d’établir une méthode comme étant la meilleure, et essayer plutôt de sensibiliser à toutes les implications d’une même question. Continuer à puiser de l’inspiration auprès de mes maîtres à penser. Décider quels combats mener ; comprendre, la mort dans l’âme, qu’on ne peut pas tous les mener. Enfin et surtout, continuer à prêcher l’accessibilité, parce que c’est la raison principale qui me motive à faire ce métier : contribuer à rendre l’information accessible au plus grand nombre, sans discrimination, de la façon la plus simple et la plus efficace possible.

*ronron*
*ronron*

Le désir ou l’absence de désir d’enfants vs. la pression sociale. Sans surprise, ce sont principalement des hommes (d’âges divers) qui s’enquièrent de mes objectifs à ce sujet, à travers une question directe, un sous-entendu ou une tournure de phrase performative (« Tu verras quand tu auras des enfants ! »). Comme si c’était 1/ une évidence, 2/ un sujet public, dont j’ai envie de parler avec le premier venu, et qui mérite qu’on m’asticote à ce sujet. Il faut absolument remettre en question cette espèce de déterminisme que l’on plaque sur les femmes et sur les jeunes couples : non, nous ne voulons/pouvons pas toutes/tous avoir des enfants. Et, aussi, si on pouvait trouver un plus joli nom de « nullipare » (dans lequel il y a « nulle » : une sorte de synchronicité lexico-sociale je suppose ?), ça serait bien. Je lisais un article dans Causette qui évoquait le terme anglais « child free ». C’est mieux, mais il faudrait un terme français équivalent maintenant.

Pâquerette.
Pâquerette.

J’en viens naturellement à la préoccupation suivante : la possibilité d’avoir des enfants vs. l’état de délabrement avancé du monde dans lequel on vit. Certains jours, je me demande bien comment on peut avoir envie de donner la vie dans un monde aussi malsain, aussi violent et aussi déprimant. Sans compter la peur sourde d’être un mauvais parent, et/ou de me transformer à mon tour en un de ces parents qui ne fait que parler de sa progéniture à longueur de journée. C’est un véritable fléau quand on n’en a pas soi-même. D’ailleurs, je suis toujours étonnée de voir à quel point les enfants servent de sujet « par défaut » dans les conversations des gens qui n’ont rien d’autre à se dire. C’est triste. Comme si avoir des enfants supprimait 99,012 % des passions et de l’individualité d’une personne. Alerte ! Angoisse maximale ! Bip, bip ! Le pire, c’est que les parents concernés ne semblent pas s’en rendre compte… :-|

Mon livre de chevet. Absolument génial.
Mon livre de chevet. Absolument génial.

La Bretagne. Je lis beaucoup sur le sujet, j’essaie de comprendre l’histoire, la langue, les coutumes et les croyances. Aborder cette culture qui m’intrigue pour mieux m’y immerger – tout en ayant la volonté de conserver mon identité propre, mais avide de métissage. Tout ici m’inspire la contemplation, la mélancolie mais aussi l’étonnement. Je n’ai certes rien de breton, mais j’ai toujours ressenti une attraction puissante pour cet endroit, une attraction que je n’ai jamais ressentie ailleurs. En outre, me plonger dans ces récits de forces telluriques et de statues mystérieuses m’offre, je crois, un moyen agréable de m’évader du quotidien. (La force de ce lieu et de son histoire ne serait pas étrangère à mon actuelle inondation émotionnelle que ça ne m’étonnerait pas, tiens. Ça, et le fait que cela fait presque un an qu’on a déménagé. Ça me fait cogiter.) Après, j’admets qu’il y a aussi des côtés que j’ai du mal à comprendre, mais je fais l’effort de m’y intéresser pour combler mes lacunes et lutter contre certains de mes a prioris.

Fluffy.
Fluffy.

De façon plus terre à terre : ma conf’ à Paris Web. Comment condenser tout ce que j’ai à dire en 45 minutes ? Est-ce que cela va intéresser les participants ? Vont-ils apprendre quelque chose, sortir de là inspirés, ou au contraire seront-ils complètement blasés ? Ai-je seulement bien fait de proposer une conf’ ? Mon instinct me dit que oui, car même si je me plante, ça aura été une expérience du genre « once in a lifetime ». Je ne le referai peut-être jamais, donc autant essayer d’en profiter au maximum, de préparer et de vivre ça dignement. Une autre motivation importante, pour moi : j’en ai marre de critiquer sans passer moi-même à l’action. Si l’on croit en quelque chose, si on a quelque chose à partager, si on a une intuition, il faut être courageux/se et tout faire pour concrétiser. Enfin, je ne le fais pas tant pour moi que pour vous : vous qui assisterez, écouterez à distance ou lirez le résumé plus tard, j’ai envie de vous encourager à surmonter vos peurs et vos complexes, et à vous jeter à l’eau, à tailler votre pierre brute, et à mieux valoriser vos points forts. Si je sors de cette aventure en ayant réussi à convaincre certains d’entre vous de faire/créer/aimer/entreprendre quelque chose dont vous rêviez depuis longtemps, j’aurais atteint mon objectif.

Un futur ex clafoutis rhubarbe-fraises.
Un futur ex clafoutis rhubarbe-fraises.

Ma santé/mieux manger. Ce sujet mériterait – méritera – un billet à lui seul. Toujours est-il que j’essaie de manger des aliments de meilleure qualité, après des années d’errance. Acheter des produits frais, bio de préférence ; tester des recettes saines et gourmandes ; me remettre à cuisiner et me surprendre à aimer ça. Cuisiner pour la première fois de la rhubarbe, du fenouil et du tofu soyeux, trouver ça bon. Manger moins de gluten et ne plus avoir mal au ventre sans arrêt. Me réconcilier avec ma satiété. Me régaler avec les fruits de saison bien juteux. Commencer à envisager, vaguement, une possible réconciliation avec mon corps, 32 ans après.

The downward spiral.
The downward spiral.

Mais aussi, en vrac : l’art délicat d’entretenir des relations familiales à peu près pacifiques. Me remettre à la lomographie. Que porter l’été quand on n’aime que le noir ? Voyager en Écosse, retourner à Londres. Encore et toujours les vide-greniers. Me transformer en guide touristique le temps d’un week-end. La meilleure façon d’aider un tatouage à cicatriser. Me surprendre à ne plus regretter le passé. Trouver comment gagner du temps ou, à défaut, comment moins en perdre. Avoir envie d’apprendre une nouvelle langue. Combattre le syndrôme de l’imposteur. Rêver de refaire mon site. La grosse allergie aux réseaux sociaux et à la procrastination sur Internet. L’adéquation entre apparence et psyché. La politique. La sauvegarde et le formatage de mon Mac. La série Brœn/Bron.

Bref. Merci de m’avoir lue ! Je retourne dans ma caverne.

♬♪

PS : le titre de ce billet est un hommage à un album méconnu que j’adore, Icicle Bycicle de feu Pretty Balanced, sorte de mini Dresden Dolls, moins interlope et plus doux-amer.

Street art rennais.
Street art rennais.

kReEsTaL

19 commentaires

  1. Grenoblois sans enfants

    27 juin 2015

    Bonsoir,

    Tu as des réflexions très intéressantes.

    Le télétravail c’est pas facile. tout le monde dit que ça demande une discipline. Et il manque les discussions de la machine à café où l’on apprend parfois des trucs importants.

    D’un autre côté on est pas dérangé toutes les 5 minutes et on peut souvent travailler plus efficacement.
    Et quelle joie d’échapper aux transports longs et bondés.

    Désolé pour les clichés.

    J’espère que tu pourras analyser le télétravail et nous faire profiter de tes reflexions.

    Les enfants je te rejoins sur bcp de points. D’un autre côté si on laisse seulement les gens que l’on aime pas trop avoir des enfants on sera débordé démographiquement (je ne parle pas de nationalités ou de religions mais plutôt des gens qui regardent la télé H24 et qui font des enfants).
    Je ne peux par avoir d’enfants pour diverses raisons et j’ai essayé de me faire à ça. De toutes façons je n’ai pas le choix. Mais se dire qu’il y aura une grosse canicule de 2003 par an en France quand mes potentiels enfants auront 35 ans et que le monde aura à gérer les conséquences du réchauffement climatique ça me rend pas super optimiste.

    La nourriture c’est un point que l’on finit par comprendre avec l’âge ou quand on prend des kilos.
    Se débarrasser des mauvaises habitudes de notre jeunesse (Nutella, céréales du petit déj, jus de fruits et sodas, frites, trop de viande…).
    Arriver à ne manger que quand on a vraiment faim et à s’arreter quand on arrive à satiété comme tu le dis.
    Et à manger des fruits et des légumes de saison et à se passer des produits qui ont fait des milliers de kilomètres.

    Tes réflexions sur ces sujets continueront à m’intéresser, je te lirai avec attention.

    Je m’arrête là, désolé j’ai déjà été long et Firefox 64 bits developers edition a des pbs chez moi.

    1. Salut Guillaume ! Merci pour ton commentaire :)

      Le télétravail c’est pas facile. (…)
      D’un autre côté on est pas dérangé toutes les 5 minutes et on peut souvent travailler plus efficacement.
      Et quelle joie d’échapper aux transports longs et bondés.

      Oui c’est vrai ! Quand je fais le compte des points positifs, je me rends compte qu’il y en a beaucoup (notamment celui de profiter de toilettes propres…).

      J’espère que tu pourras analyser le télétravail et nous faire profiter de tes reflexions.

      C’est prévu, bien que je pense laisser encore passer quelques mois pour avoir le recul suffisant.

      Arriver à ne manger que quand on a vraiment faim et à s’arreter quand on arrive à satiété comme tu le dis.
      Et à manger des fruits et des légumes de saison et à se passer des produits qui ont fait des milliers de kilomètres.

      Ouais, tout à fait. Parce que tu as beau essayer d’avoir bonne conscience en ne consommant plus que du sirop d’agave bio, le truc vient quand même du Mexique et a coûté cher en kerosene… Il n’y a pas de solution parfaite, l’essentiel je crois c’est de trouver un juste milieu. Essayer de manger locavore c’est bien !

      1. Grenoblois sans enfants

        11 juillet 2015

        Merci pour ta réponse camarade sciences piste :-)

        J’avais pas pensé à la question des toilettes mais c’est important.

        Super pour les billets sur le télétravail, je suivrai ça avec attention :-)

        Concernant le côté bio des produits alimentaires, j’avais étudié un peu le « bilan carbone » des fraises et les fraises françaises qui avaient poussé en France en début de saison grâce au gaz (serres chauffées au gaz) étaient pas forcément moins gourmandes en énergies fossiles que les fraises espagnoles qui avaient + de soleil mais + de routes :-(

        Faudrait que je cherche un site avec des infos sur chaque produit. OpenFoodWatch et très bien mais ne fait pas (encore) le bilan carbone à ma connaissance.

  2. Oh là là Marie, je ne suis ni une lève-tard ni une couche-tôt mais simplement à l’heure de Montréal.
    Ton billet, très personnel, me fait penser à 1001 choses et idées, je vais essayer de poser des mots dans le même ordre que les tiens, pour y faire écho.
    Mais avant, encore une fois, merci infiniment de partager cela avec nous. Je sais que je me répète mais je trouve que tu es une femme très généreuse pour ce partage avec nous, lecteurs-trices de la blogosphère.

    L’été… ce n’est pas non plus ma saison préférée. Je préfère l’automne puis l’hiver (enfin un peu moins ce dernier depuis que je vis au Québec et qu’il dure la moitié de l’anneée :-)).
    L’automne est pour moi synonyme de rentrée donc apprentissage donc plein de possibles. L’été, c’est le farniente, la léthargie. Mais c’est aussi chargé de souvenirs de vacances quand j’étais petite et qu’on allait chez mes grands-parents en Provence: l’odeur de la lavande, le bruit des grillons, les cloches des moutons en transhumance, cette chaleur qui vous endort et nous maintient entre rêve et réalité, un verre de perrier frais avec une rondelle d’orange et de citron, du melon juteux, la balançoire à côté de la fontaine et du bruit de l’eau qui coule… des vacances à la Marcel Pagnol et si tu savais comme rendue adulte aujourd’hui, cela me manque !
    Et l’été, pour moi qui vit si loin d’elle, c’est le symbole de la mer et des retrouvailles avec celle-ci.
    Et si pour chaque tâche administrative ou devoir tu t’offrais un moment de plaisir ? Histoire de rétablir l’équilibre…

    Je passe du coq à l’âne mais poursuis ton fil de pensée…
    Jusqu’à il y a quelques années, je croyais être incapable de travailler de chez moi. Et puis ces dernières années, j’ai apprécié pouvoir travailler à distance de temps en temps. Pas tous les jours certes, mais quel bonheur de pouvoir organiser son temps et sa journée de travail ! Moi qui ne suis jamais performante entre 14h et 16h, j’en profitais pour faire bien autre chose chez moi et ensuite me remettre au travail, quitte à travailler encore vers 21h. Suivre son propre rythme, n’est-ce pas ce qu’il y a de mieux ?

    Je viens d’utiliser le terme de performance et je crois que cela représente parfaitement les années que nous vivons. Peut-être me trompe-je, mais je n’ai pas l’impression que nos parents aient eu cette pression là en leur temps au travail.
    Et puis cette performance s’est étendue partout, à la sphère familiale, aux loisirs, etc.
    Mais finalement, réussir ça veut dire quoi ? Je crois que peut-être cela signifie simplement être en harmonie avec soi-même, sans pour autant que cela doive correspondre aux attentes du monde qui nous entoure.
    Et j’en viens au travail utile, à trouver du sens à ses actions. Présentement je suis analyste d’affaires ici (consultante en soft informatique appliqué aux ressources humaines) et cela me plaît mais pour autant, je n’ai pas l’impression de contribuer au bonheur de l’humanité.
    J’envisage d’entrer en école de massothérapie pour ensuite pratiquer le massage thérapeutique et ainsi rendre les gens heureux, apporter ma petite pierre à l’édifice.
    Me dire que je n’aurais pas vécu en vain.

    Je me faisais justement la réflexion hier que je n’en faisais pas assez et que je pourrais faire plus: consommer mieux, aider davantage mon prochain en faisant du bénévolat, etc. En même temps, je ne suis ni sainte ni martyre et un jour à la fois, c’est bien aussi !
    Alors ne pas mettre la barre trop haute, vivre en harmonie avec soi-même et se dire que l’on se donne tous les moyens pour donner le meilleur de nous, à chaque instant.
    Accepter aussi de reporter certaines actions à plus tard, quand on sera prêt-e.

    Et ces valeurs-ci, on peut les transmettre et les partager, et elles seront d’autant plus écoutées et acceptées qu’on est soi-même, en harmonie.
    Tu parles de transmission de savoir et de maître et d’élève, moi je pense plutôt à simplement la volonté que tu as de partager, sans te trouver ni au-dessus ni au-dessous. Tu es juste là, présente, généreuse. Et on peut te remercier pour cela!

    Les enfants… vaste sujet. Plusieurs de mes amies ne veulent pas d’enfants et cela les fait rager quand elles entendent des réflexions de type « tu changeras d’avis plus tard… ».
    Que chacun-e fasse ce qu’il-elle veule!
    Par contre, maintenant que j’ai une fille de 6 mois 1/2, je peux au moins expliquer pourquoi on parle davantage de nos enfants plutôt que de nous…
    Pour faire simple: depuis que ma fille est née, si j’ai eu 24h à moi pour prendre soin de moi et faire quelquechose uniquement pour moi, je crois que c’est le maximum ! C’est encore un petit bébé qui a besoin de beaucoup d’attentions donc je passe énormément de temps avec elle, forcément donc elle occupe mes conversations. Sinon je peux aussi parler de lessive et ménage mais à part ça, il n’y a pas grand-chose d’autre ! Non pas que j’ai perdu ma personnalité, je n’ai juste matériellement plus le temps de l’exprimer vraiment.
    Quand les enfants grandissent ensuite, je pense que dans ce monde où tout va à 100 mille à l’heure, les parents passent leur temps à courir et en oublient de se poser et de passer du temps pour eux, pour leur plaisir et leur loisir. Encore une fois, ce n’est que mon avis.
    Il y a aussi les parents qui s’oublient complètement, ceux qui ont beaucoup d’angoisses et s’interdisent beaucoup de choses, ou ceux au contraire qui ont beaucoup d’activités et qui les partagent avec les enfants.
    J’espère en tous cas que cela t’éclaire un peu plus !
    Si je ne parle pas de ma fille… je n’ai pas grand chose à dire sur moi (à part que je suis très fatiguée^^).
    Maintenant, être mauvais parent, à part en cas mauvais traitement, on est ce qu’on est et on fait au mieux avec les moyens qu’on a. On est humain en somme. Au vu de mon histoire personnelle, je te dirais que l’important pour moi est de toujours expliquer les choses à mes enfants (ma fille pour le moment) et de ne pas les prendre pour moins intelligents qu’ils ne sont.

    J’embarque sur les relations de famille mais mon credo est assez simple: si des personnes te sont toxiques, alors il faut les sortir de sa vie.
    Que ce soit des membres de la famille ou non.
    Je l’ai fait donc je parle en connaissance de cause. Avoir des relations pacifiques oui, mais il faut que cela vienne des deux côtés.

    Pour ta conférence à Paris, fonce ! :-) Je suis sûre que tout ira bien. Tu maîtrises les mots et la langue et tu as le don d’intéresser les personnes à tes sujets (c’est le cas sur ton blog) donc aie confiance !
    Et si cela ne se passe pas comme tu veux, n’aie pas de regrets. Tu as fait ce qui était en accord avec toi-même à cet instant-là, c’est ça le plus important !

    Manger bien, oui oui et re-oui. On adore cuisiner à la maison et on peut y passer des journées entières.
    Et quelle fierté de manger ce que l’on cuisine!

    Pour finir, et en vrac:
    – on peut porter du violet l’été quand on n’aime -presque- que le noir :-).
    – Bépanthène est notre crème miracle pour aider un tatouage à cicatriser.
    – quand on est en harmonie avec soi-même, les regrets disparaissent d’eux-mêmes, on vit l’instant présent et le passé ne nous manque pas mais on regarde le chemin parcouru avec bienveillance.
    – l’italien est une belle langue à apprendre ! (le roumain aussi et perso j’adore l’allemand!)
    – le syndrome de l’imposteur… hum… je serais curieuse d’en savoir un peu plus.
    – se réconcilier avec son corps: je ne sais pas si c’est réellement possible, en tous cas on peut cohabiter et vivre ensemble le mieux possible pour que cela dure le mieux longtemps. Mais il y aurait beaucoup à dire (merci les mass médias pour ne pas nous aider pour ça).
    – la Bretagne. Tu n’es pas bretonne toi ? Tu n’as aucune origine celtique ? J’aurais cru que oui… En fait, je dirais plutôt: je sais que oui. Je suis sûre que dans une vie antérieure, tu étais une sorte de guérisseuse des âmes. Une druidesse peut-être ?

    C’était un long roman, j’espère à la hauteur de ton post, mais tu m’as beaucoup inspirée ! Il y aurait encore tellement à dire…

    N’oublie pas au fond de ta caverne que « Happiness can be found even in the darkest of times if one only remember to turn on the light » (Albus Dumbledore).

    Merci pour tout !

    1. Salut Mathea !

      Je crois que tu viens de décrocher le titre du commentaire le plus long de l’histoire de ce blog, et crois-moi la barre était placée haut, hihi ! ;-) Merci pour ton long commentaire.

      Mais avant, encore une fois, merci infiniment de partager cela avec nous. Je sais que je me répète mais je trouve que tu es une femme très généreuse pour ce partage avec nous, lecteurs-trices de la blogosphère.

      ♥︎

      Et si pour chaque tâche administrative ou devoir tu t’offrais un moment de plaisir ? Histoire de rétablir l’équilibre…

      Oui, c’est une bonne idée ! :)

      Mais finalement, réussir ça veut dire quoi ? Je crois que peut-être cela signifie simplement être en harmonie avec soi-même, sans pour autant que cela doive correspondre aux attentes du monde qui nous entoure.

      Je suis assez d’accord avec toi. Considérer son bonheur et son bien-être personnel comme la chose la plus importante. Cela peut passer par la réussite professionnelle (ou pas). Tout le monde n’a pas la chance de faire un « métier-passion », mais on peut très bien être heureux sans ça. Avoir un boulot alimentaire aux horaires aménagés, et bénéficier d’avoir ses après-midis pour se consacrer à la musique par exemple.

      Moi qui ai un temps plein et qui fais de longues journées, je prends conscience du temps fou que je consacre à mon travail, et à celui que je ne consacre pas à mes activités préférées. Pour te dire, en ce moment j’ai l’impression de ne plus rien faire qui m’éclate… Non, franchement l’été, ce n’est pas ma saison. :(

      Pour ta conférence à Paris, fonce ! :-) Je suis sûre que tout ira bien. Tu maîtrises les mots et la langue et tu as le don d’intéresser les personnes à tes sujets (c’est le cas sur ton blog) donc aie confiance !
      Et si cela ne se passe pas comme tu veux, n’aie pas de regrets. Tu as fait ce qui était en accord avec toi-même à cet instant-là, c’est ça le plus important !

      Merci ! Cela m’encourage de le lire. Je crois que mon stress commence à envahir mon sommeil, mais j’essaie de garder de la distance par rapport à tout ça. Ça reste quand même impressionnant.

      Et j’en viens au travail utile, à trouver du sens à ses actions. Présentement je suis analyste d’affaires ici (consultante en soft informatique appliqué aux ressources humaines) et cela me plaît mais pour autant, je n’ai pas l’impression de contribuer au bonheur de l’humanité.
      J’envisage d’entrer en école de massothérapie pour ensuite pratiquer le massage thérapeutique et ainsi rendre les gens heureux, apporter ma petite pierre à l’édifice.
      Me dire que je n’aurais pas vécu en vain.

      Je trouve ce potentiel changement d’orientation très intéressant ! C’est un vrai sujet, ça. On sait bien qu’on ne fera pas le même métier toute sa vie désormais, contrairement à nos parents (et encore). En France il y a la « validation des acquis de l’expérience » (VAE) qui peut être utile pour faire reconnaître des aptitudes, de l’expérience, et servir de tremplin vers un autre secteur professionnel. Est-ce qu’il existe quelque chose de similaire au Québec ?

      En tout cas je te souhaite plein de succès dans ce que tu entreprendras :)

      – quand on est en harmonie avec soi-même, les regrets disparaissent d’eux-mêmes, on vit l’instant présent et le passé ne nous manque pas mais on regarde le chemin parcouru avec bienveillance.

      ♥︎

      – la Bretagne. Tu n’es pas bretonne toi ? Tu n’as aucune origine celtique ? J’aurais cru que oui… En fait, je dirais plutôt: je sais que oui. Je suis sûre que dans une vie antérieure, tu étais une sorte de guérisseuse des âmes. Une druidesse peut-être ?

      Non pas Bretonne et pas d’origine celtique, du moins pas que je sache… Mais après, qui sait ? Si on savait vraiment qui étaient nos ancêtres, on aurait des surprises !

      Merci pour la citation de Dumbledore, ça va illuminer ma journée !

      Bises :-*

  3. Raphaël Y.

    27 juin 2015

    bonjour,

    Sur le télétravail, je te conseille de lire ce petit livre qui date un peu mais qui est toujours d’actualité sur le fond :

    http://www.urbanbike.com/index.php/site/teletravail

    Après, je suis en télétravail depuis 15 ans, ce n’est pas toujours idéal. Penses à regarder du coté du coworking, il y a sans doute des espaces sympa sur Rennes pour coworker. Sinon, il te reste à le créer ! Le coworking est une excellente transition même à temps partiel, tu as l’aspect « machine à café » avec des personnes qui font des métiers parfois très différents, l’aspect lieu de travail distinct du domicile.

    Pour ta conférence ParisWeb, tu as déjà conquit la moitié du public donc c’est dans la poche. Plus sérieusement, si tu as besoin d’aide pour la préparer, de conseil, de répéter, etc… n’hésite pas à demander. De mon coté, je prépare toutes mes confs en écrivant tout, en détaillant le rythme, les points clefs, les rebonds,… Mais le jour j je ne lit pas (dans la mesure du possible) mes notes. Ça veut dire qu’il faut l’avoir répéter pour soi ou devant quelqu’un plusieurs fois (dans mon cas 3 ou 4 fois minimum. C’est plusieurs jours de travail.

    Pour la bouffe, je pense que tu vas tarder à être bonne pour faire ton propre pain au levain :

    http://forum.votrepain.com/index.php

    1. Salut Raphaël ! Contente de te lire :)

      Merci pour le petit bouquin sur le télétravail, je vais aller lire ça avec grand intérêt.

      Après, je suis en télétravail depuis 15 ans, ce n’est pas toujours idéal. Penses à regarder du coté du coworking, il y a sans doute des espaces sympa sur Rennes pour coworker.

      Oui, c’est vrai que le coworking a le vent en poupe, et très sincèrement si j’étais freelance je pense que je regarderais de ce côté-là. Pour le moment, je n’ai pas encore le mal des cachots, mais quelque part c’est rassurant de savoir qu’il y a aussi cette possibilité-là si jamais je sens que je me transforme en Jack Torrance.

      Pour ta conférence ParisWeb, tu as déjà conquit la moitié du public donc c’est dans la poche.

      Oh, qu’est-ce qui te fait dire ça ? Je n’ai pas cette impression du tout, moi ; même si je sais qu’il y aura quelques personnes que j’adore et qui seront là pour me soutenir, il y aura une majorité de gens qui ne me connaissent pas, donc tout est à faire… Mais c’est bien, je ne voudrais pas d’une assemblée complaisante.

      Plus sérieusement, si tu as besoin d’aide pour la préparer, de conseil, de répéter, etc… n’hésite pas à demander.

      Merci ! Ça se peut :)

      De mon coté, je prépare toutes mes confs en écrivant tout, en détaillant le rythme, les points clefs, les rebonds,… Mais le jour j je ne lit pas (dans la mesure du possible) mes notes. Ça veut dire qu’il faut l’avoir répéter pour soi ou devant quelqu’un plusieurs fois (dans mon cas 3 ou 4 fois minimum. C’est plusieurs jours de travail.

      Yes, je suis très branchée écrit aussi, d’ailleurs j’ai déjà des tonnes de notes qui n’attendent que d’être triées sur le volet.

      Je commence déjà à prononcer certaines phrases à haute voix, suis-je normale ? X-D

      J’ai prévu de répéter au moins deux-trois fois oui, c’est super important je pense, pour apprendre, comme une comédienne, mon texte, et être libérée de mes notes le jour J. Il n’y a rien de pire qu’un orateur qui lit !

      Quant au pain… Ah ! C’est vraiment tentant. Pour le moment je me passe d’une machine à pain, mais l’idée commence à faire son chemin.

      Merci pour tous tes conseils !

      1. Oui, c’est normal de répéter des phrases toute seule pour préparer une conf ! C’est comme ça qu’on trouve le rythme…

        Le making of de ma présentation l’année dernière : http://blocnotes.iergo.fr/articles/making-of-de-conference-paris-web-science-fiction-et-interactions/

        Je crois que le truc le plus important, pour moi, c’est le petit schéma avec la trame de la conférence.

        Pour le pain, il n’y a absolument pas besoin de machine à pain. En fait ça donne des résultats assez médiocre, voir mauvais. Pour commencer, il suffit d’un bol pour mélanger et laisser pousser le pain, une ou plusieurs bannettes pour le mettre une fois mis en forme, une « raclette » en plastique qui permet de décoller le pain. Le plus pour la cuisson c’est d’avoir une pierre à pain, qui va emmagasiner de la chaleur et la restituer par le fond du pain ce qui va le faire gonfler.

  4. Hanlala, c’est fou comme ton post fait écho à beaucoup de mes réflexions actuelles.
    Je me pose beaucoup de questions sur : les enfants, la valeur de mon travail et ce que je construis de réel en travaillant dans le web, la nourriture et notre impact sur la planète.

    Et d’ailleurs, en lisant les commentaires ou en en discutant avec des amis/collègues/connaissances, je me rends compte que c’est des réflexions que nous partageons beaucoup.

    La question que je me pose derrière tout ça c’est, est ce un questionnement lié à notre génération (en gros plus ou moins les trentenaires) ou est ce un questionnement de classe (classe moyenne sup travaillant dans des domaines liés au NTIC)…
    J’aimerais que ce soit une question de génération et j’ose espérer que ces réflexions aboutissent à des changements globaux.

    Je n’apporte rien de plus dans ton cheminement personnel mais c’est intéressant de voir qu’à mon sens il s’agit d’un cheminement actuel important.

    Je termine là en te souhaitant beaucoup d’inspiration et de sérénité pour la préparation de ta conférence et en souhaitant de tout cœur que le syndrome de l’imposteur ne te bloque pas dans tes prochaines aventures professionnelles (il est tenace celui ci !)

    1. Salut ! :) Merci pour ton commentaire.

      La question que je me pose derrière tout ça c’est, est ce un questionnement lié à notre génération (en gros plus ou moins les trentenaires) ou est ce un questionnement de classe (classe moyenne sup travaillant dans des domaines liés au NTIC)…
      J’aimerais que ce soit une question de génération et j’ose espérer que ces réflexions aboutissent à des changements globaux.

      Tu as tout à fait raison, c’est une bonne question. Peut-être qu’étant adultes maintenant, et n’ayant plus d’excuse pour gérer notre propre vie (a contrario de quand j’étais étudiante, où mes parents et mes grands-parents subvenaient à mes besoins, et où j’étais, je pense, un peu plus insouciante), on prend davantage conscience du coût des choses, de la brièveté de la vie, et donc de l’importance de faire des choix ?

      Me revoilà à philosopher… :)

      Je termine là en te souhaitant beaucoup d’inspiration et de sérénité pour la préparation de ta conférence et en souhaitant de tout cœur que le syndrome de l’imposteur ne te bloque pas dans tes prochaines aventures professionnelles (il est tenace celui ci !)

      Merci du fond du cœur !

  5. Tu sais que je suis une vieille « Childfree », la pression reste au fil des années, seuls les « conseils » changent.
    Maintenant que j’ai plus de 35 ans, j’ai le droit au « c’est pas grave il reste l’aide médicalisée » et, nouveauté, aux regards tristes et réflexions qui sous-entendent une possible stérilité.

    Avec le recul, j’ai arrêté de me justifier, d’expliquer, j’annonce simplement que je ne souhaite pas en parler. Que les gens fantasment la cause, je m’en moque maintenant, les dernières années de pression sociale et familiale m’ont épuisé, quoiqu’on explique, rares sont ceux qui respectent sincèrement la décision, surtout pas la famille.

    Ah le télétravail ! C’est toute autre façon de travailler à inventer, laisse-toi le temps de trouver la recette qui fonctionne pour toi. Selon le projet (freelance) il m’arrivait de demander au client de travailler dans ses locaux, ce qui cassait mon quotidien et surtout permet d’échanger en direct avec le client.

    Peux-tu peut-être envisager de passer dans les locaux de ton agence de temps en temps et pourquoi pas demander un budget mensuel de déplacement ?

    Paris Web : fonce !

    :-))

    1. Salut Stefie ! Merci pour ton commentaire.

      Tu sais, j’ai beau être rôdée en matière de sexisme, je tombe toujours des nues quand tu me racontes les remarques que tu as subies… T_T « c’est pas grave il reste l’aide médicalisée », c’est d’une violence !… Genre tu as besoin d’être assistée, si toi tu ne veux pas d’enfants, on va t’y amener, que tu le veuilles ou non… Glaçant !

      Tu sais que je suis de tout cœur avec toi dans cette lutte contre les imbéciles !

      Peux-tu peut-être envisager de passer dans les locaux de ton agence de temps en temps et pourquoi pas demander un budget mensuel de déplacement ?

      Je vais à Paris tous les 15 jours, et ce n’est pas désagréable je dois dire ! :) Quant au budget mensuel, c’est une idée.

      Paris Web : fonce !

      ♥︎

  6. Ce que je trouve génial sur ton blog, c’est que les commentaires sont aussi intéressants que tes billets !

    D’abord, je voulais te remercier, encore une fois, de partager tes états d’âme. C’est précieux de suivre ton cheminement, tes réflexions, ça fait écho à certains choses chez moi, des questionnements sur lesquels il est pas toujours évident de mettre des mots.
    Du coup, parfois en te lisant, j’ai des pièces de puzzle qui s’imbriquent, des envies, des déclics, des réflexions et des pistes à explorer.

    Je suis dans une phase où je me pose beaucoup de questions sur le sens et la valeur de mon travail dans ma vie. J’ai eu un passage à vide pendant lequel j’avais l’impression que nos boulots (dans le web pour généraliser) ne servaient pas à grand chose, ou du moins que je n’y trouvais aucun sens… J’aime répéter que le travail, ce n’est pas ma vie, et j’ai appris à accepter les regards lourds de sens et les réflexions quand une fois encore je quitte l’open space à 18h, parce que non, ce travail, ce n’est pas ma vie. Et quand je vois les collègues enchaîner les arrêts pour cause de burn-out, j’ai juste envie de partir en Ardèche aller élever des chèvres et vivre d’amour et d’eau fraîche -_-

    Plus sérieusement, je pense qu’on est tous sur un chemin, certains suivent celui qui est tout tracé, d’autres empruntent les chemins de traverse, et même si on ne sait pas trop où va, la route est belle, et chacun son rythme…

    J’ai l’impression que tu as fait des pas de géants sur ton chemin, il te faut peut-être un temps de pause, et de sérénité pour accorder ton rythme à ta nouvelle vie…

    Je me relis et je m’aperçois que je réponds pas à la moitié des choses dont tu parles dans ton article, pourtant beaucoup de choses me parlent… mais tant pis, ça sera un commentaire brouillon ;)

    En tout cas, je suis convaincue que tes billets sont des petites briques, et qu’elles apportent leur part de bien être dans l’humanité (en tout cas dans ton lectorat), parce que ça donne des idées, ça renforce des envie et ça donne du courage pour continuer à avancer sur nos chemins de traverse plutôt que de suivre le chemin tout tracé…

    Très concrètement et en vrac, j’ai pu expérimenter les questions et réactions suite à ma toute récente démission, et je me lance ce mois-ci dans un challenge 1 dessin par jour pour faire ce syndrome de l’imposteur autour de ma créativité ;)

    Bref, tu es un puits d’inspirations et une belle personne, continue tranquillement sur cette voie-là ! :)

    1. Salut Hélène ! Merci pour ton commentaire ! :)

      Ce que je trouve génial sur ton blog, c’est que les commentaires sont aussi intéressants que tes billets !

      Ouais, c’est parce que j’ai les meilleurs lecteurs du monde ! ^.^ #modestie

      D’abord, je voulais te remercier, encore une fois, de partager tes états d’âme. C’est précieux de suivre ton cheminement, tes réflexions, ça fait écho à certains choses chez moi, des questionnements sur lesquels il est pas toujours évident de mettre des mots.
      Du coup, parfois en te lisant, j’ai des pièces de puzzle qui s’imbriquent, des envies, des déclics, des réflexions et des pistes à explorer.

      *blush*

      Je suis dans une phase où je me pose beaucoup de questions sur le sens et la valeur de mon travail dans ma vie. J’ai eu un passage à vide pendant lequel j’avais l’impression que nos boulots (dans le web pour généraliser) ne servaient pas à grand chose, ou du moins que je n’y trouvais aucun sens… J’aime répéter que le travail, ce n’est pas ma vie, et j’ai appris à accepter les regards lourds de sens et les réflexions quand une fois encore je quitte l’open space à 18h, parce que non, ce travail, ce n’est pas ma vie. Et quand je vois les collègues enchaîner les arrêts pour cause de burn-out, j’ai juste envie de partir en Ardèche aller élever des chèvres et vivre d’amour et d’eau fraîche -_-

      Si ça peut te rassurer, sache qu’il y a beaucoup, beaucoup de gens qui ressentent la même chose, moi la première. J’ai aussi été témoin de plusieurs cas de burn out / de maladies graves dans mon entourage professionnel, cela m’a marquée et cela m’a surtout fait prendre du recul sur cette espèce d’acharnement que je mets dans mon boulot.

      Certes, j’ai la « chance » d’avoir un métier-passion. Je suis reconnaissante d’avoir un boulot confortable, intéressant, de travailler avec des collègues intelligents et passionnés, et de gagner correctement ma vie. Cette indépendance financière est une chose éminemment précieuse pour moi, en tant que femme.

      Maintenant, le temps passe, et on change. Ce que j’étais prête à faire quand j’ai commencé à travailler, le ferais-je encore aujourd’hui ? En prenant de la bouteille professionnellement, nos tâches évoluent, et heureusement, car si je devais faire exactement ce que je faisais il y a six ou sept ans, je deviendrais maboule.

      Il n’en reste pas moins que le travail reste une forme de violence, par sa répétition implacable, par son côté inévitable ; le rêve d’aller élever des biquettes en Ardèche ou au Pérou est courant… Pourquoi en arrive-t-on à souhaiter ça ? Pourquoi ce besoin de tout quitter et de se reconnecter à la nature ?

      Sans doute parce que notre quotidien est encore trop décorrélé de nos préoccupations et besoins primaires.

      Et puis on commence à avoir quelques années d’expérience derrière nous : on voit bien que le travail en tant que tel n’est pas le facteur le plus épanouissant qui soit. C’est vecteur de beaucoup de stress, d’obligations, de souci de l’apparence. Peut-on être vraiment soi-même au travail ? Je ne le crois pas.

      En mûrissant/en vieillissant, je me rends compte que certains des rêves et des aspirations que j’avais étaient complètement superficiels. Plus le temps passe, plus je me sens attirée par la nature et les quatre éléments. (J’assure mon côté hippie !) J’ai le sentiment en ce moment que seul ça a vraiment de l’importance ; ça, et l’amour bien sûr, le respect de l’autre au sens large.

      J’ai l’impression que tu as fait des pas de géants sur ton chemin, il te faut peut-être un temps de pause, et de sérénité pour accorder ton rythme à ta nouvelle vie…

      Oui c’est un peu l’impression que j’ai aussi : avoir avancé par à-coups, un peu vite, et je me retrouve essoufflée, un peu déboussolée, comme une sorte de mal du pays, mais qui serait ici plutôt un « mal du temps qui passe ».

      En tout cas, je suis convaincue que tes billets sont des petites briques, et qu’elles apportent leur part de bien être dans l’humanité (en tout cas dans ton lectorat), parce que ça donne des idées, ça renforce des envie et ça donne du courage pour continuer à avancer sur nos chemins de traverse plutôt que de suivre le chemin tout tracé…

      Merci infiniment ! Recevoir de telles preuves d’amitié à travers ce blog est vraiment une des choses les plus encourageantes qui soient ! ^.^*

      Je suis ton défi dessin, et je trouve que tu t’en sors avec brio ! Je t’encourage à continuer sur ta lancée :)

      1. Merci pour ton commentaire Marie !

        Je reviens de 4 jours en Ardèche en mode (presque) complètement déconnectée, et pffiou que ça fait du bien !

        Une de tes phrases m’a fait sourire, parce que je m’entends la dire aujourd’hui « parfois j’assume vraiment mon côté hippie » ^_^

        Merci pour le défi Dessin, je continue sur ma lancée ! :)

  7. Coucouuuuu Marie :-)

    Bon tout d’abord je ne suis pas d’accord avec ton préambule qui indique de ne pas lire ce billet. Au contraire il est super intéressant et les commentaires aussi.

    L’utilité au travail. Si tu savais comme ce que tu dis fais écho. Je me pose sincèrement cette question depuis plusieurs années. En quoi ce que je produit / créer apporte quelque chose à mon prochain ? Quand on conçoit un site web (avec nos collègues bien aimés) au final on produit quoi ? Un site de presse ? Une boutique en ligne ? Un site vitrine ? C’est sympa, on s’amuse, on espère même qu’il y aura des utilisateurs satisfaits mais est-ce vraiment utile ? J’ai pas vraiment l’impression. Si on compare une minute avec d’autres professions comme infirmier, pompier etc qui sont dans le service à la personne on se rends que notre impact sur l’utilisateur est relatif.

    Du coup c’est peut-être pour ça que l’accessibilité numérique m’intéresse autant. Parce que j’ai pas l’impression de faire un site pour un site. Je me dis qu’en essayant de respecter des normes et des recos et bien je vais pouvoir rendre l’information plus accessible et compréhensible à une personne qui en à besoin. Mais bon tu sais comme moi la difficulté de faire rentrer l’accessibilité voir la qualité web dans un projet…

    Sinon une des pistes à creuser c’est le milieu associatif. C’est du temps perso consommé mais ça peut être très valorisant de donner de son temps pour une cause à laquelle on croit. Ca adoucit les petites rancoeurs ou les manques qu’on peut avoir dans son travail.

    Je m’arrête là même si les autres sujets m’intéressent (bien manger, bien vivre, etc).

    PS : si tu ne connais pas déjà, renseigne toi sur Pierre Rabhi qui écrit sur le mieux vivre ensemble

    1. Je rebondis sur la piste du bénévolat et des « projets qui tiennent à cœur », ce sont des pistes pour moi aussi…

      Et je me confronte d’ailleurs en ce moment aux « mais bosser gratuitement, tu te fais avoir ma fille !  »

      « Bien faire et laisser braire ? » Encore un autre sujet ! ;)

    2. Pierre Rabhi <3 !!

    3. Coucouuuu, éleveur de dauphins ! ^.^

      Bon tout d’abord je ne suis pas d’accord avec ton préambule qui indique de ne pas lire ce billet. Au contraire il est super intéressant et les commentaires aussi.

      C’était une petite provoc’ pour voir qui me suivrait quand même :-P

      L’utilité au travail. Si tu savais comme ce que tu dis fais écho. Je me pose sincèrement cette question depuis plusieurs années. En quoi ce que je produit / créer apporte quelque chose à mon prochain ? Quand on conçoit un site web (avec nos collègues bien aimés) au final on produit quoi ? Un site de presse ? Une boutique en ligne ? Un site vitrine ? C’est sympa, on s’amuse, on espère même qu’il y aura des utilisateurs satisfaits mais est-ce vraiment utile ? J’ai pas vraiment l’impression. Si on compare une minute avec d’autres professions comme infirmier, pompier etc qui sont dans le service à la personne on se rends que notre impact sur l’utilisateur est relatif.

      Ouais, pas mieux. Quelque part, ça me rassure un peu de savoir que toi aussi tu te poses la question. Tu me connais, j’ai une propension assez marquée pour la prise de tête ; mais là j’ai le sentiment que ça dépasse ma petite personne. Est-ce la trentaine qui veut ça ? On commence à entrer dans une routine confortable, et quelque chose en nous se débat pour la rejeter ? Je ne sais pas. Je continue d’y réfléchir…

      Du coup c’est peut-être pour ça que l’accessibilité numérique m’intéresse autant. Parce que j’ai pas l’impression de faire un site pour un site. Je me dis qu’en essayant de respecter des normes et des recos et bien je vais pouvoir rendre l’information plus accessible et compréhensible à une personne qui en à besoin. Mais bon tu sais comme moi la difficulté de faire rentrer l’accessibilité voir la qualité web dans un projet…

      Pas mieux. J’essaie de ne jamais perdre de vue les utilisateurs, quels qu’ils soient. Et c’est vrai qu’avoir été sensibilisée à l’accessibilité pendant mes études à Sciences Po, puis avoir fait un peu de recherche à ce sujet au CELSA, ça a donné le ton de ma pratique professionnelle.

      Quand j’étais à Sciences Po, j’ai étudié non pas l’accessibilité numérique (on n’en parlait pas encore vraiment à l’époque), mais l’accessibilité urbaine. J’ai fait pas mal d’entretiens avec des personnes en situation de handicap, ainsi qu’avec un architecte précurseur, qui a participé à la mise en accessibilité des transports en commun grenoblois.

      Le sujet était très loin de moi, et pourtant, cela m’a absolument passionnée. Cela m’a permis de me remettre à ma petite place privilégiée, et d’aborder pour la première fois peut-être « the bigger picture » : que l’objectif dans la vie c’est non seulement d’être bien, soi, mais aussi de faire le bien pour les autres, dans la mesure du possible.

      Je crois qu’on a tous ce pouvoir, même si cela ne passe « que » par des petites choses, et que cela nous frustre car on aimerait faire plus. Pensons un instant à tous ceux qui ne font jamais rien, qui s’en fichent, qui sont convaincus que même ce petit pas vers un mieux-être collectif ne sera qu’une goutte d’eau dans l’océan… Je n’aimerais pas être à leur place.

      Clairement, fréquenter des collègues aussi sensibles et éduqués que toi est quelque chose d’éminemment précieux, ça me fait avancer. Donc merci :)

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