Pour cette Friday LoveList, j’ai eu envie d’expérimenter un peu avec le format : au lieu de vous innonder de belles images, je vais vous innonder de belles images et partager avec vous mon obsession musicale du moment, Ayreon, mis en images par le peintre Jef Bertels.

« The Theory of Everything » de Ayreon

« The Theory of Everything » de Ayreon
La pochette de « The Theory of Everything » de Ayreon, réalisée par Jef Bertels

Depuis quinze jours, je bloque sur le dernier album de Ayreon, The Theory of Everything. Ça influence mon imaginaire d’une façon assez folle, aussi, je ne pouvais pas ne pas en parler !

Un « space opera » progressif

Ayreon est une sorte de « méta projet » rock et metal prog, aux manettes duquel se trouve ce génie gigantesque qu’est Arjen A. Lucassen.

Lucassen est producteur, multi-instrumentiste et compositeur. Il a un talent certain pour écrire des space operas progressifs, sorte de grande épopées intergalactiques chantées par des chanteurs plus ou moins connus, généralement issus de la scène metal ou progressive. Le casting change à chaque album, et c’est assez fascinant.

À noter que Lucassen n’a pas que Ayreon à son actif, mais aussi les projets Ambeon, Stream of Passion, Guilt Machine, Star One… pour ne citer qu’eux ! Mais revenons au disque.

The Theory of Everything est, déjà, le huitième album d’Ayreon. À vrai dire, personne ne pensait qu’un nouvel album verrait le jour, après le hiatus de quatre ans qui a eu lieu après la sortie du best-of Timeline, en 2008.

L’album précédent, 010011001, était plus sombre et plus complexe que les précédents, ce qui était directement lié à la vie privée de Lucassen, pas super heureuse à cette période là. (Sur cet album, il faut absolument écouter Ride the comets !)

Et puis, en octobre 2012, une vidéo teaser assez loufoque a révélé que Lucassen était en train de travailler sur un nouvel album d’Ayreon.

La Théorie du tout

The Theory of Everything est sorti le 28 octobre dernier, et est interprété par sept chanteurs différents, dont Cristina Scabbia (Lacuna Coil), John Wetton (King Crimson, UK) et Marco Hietala (Nightwish – oui, moi aussi j’avais un a priori, mais en fait il s’en sort très bien).

Au niveau des musiciens, Lucassen et sa maison de disque Inside Out n’ont pas lésiné sur les invités, puisqu’on retrouve Rick Wakeman (Yes), Keith Emerson (ELP), et Jurdan Rudess (Dream Theater), pour ne citer qu’eux.

Ça fait aussi plaisir de retrouver JB (Grand Magus) et de découvrir Sara Squadrani (Ancient Bards).

Niveau line-up, donc, c’est du lourd.

Un album très dense…

Musicalement, c’est assez lourd aussi : alors que les albums d’Ayreon ont toujours été un savant mélange de ballades et d’envolées hyper épiques, The Theory of Everything est à fond, tout le temps.

Constitué de quatre longs morceaux, eux-mêmes découpés en plusieurs sections, c’est un album très dense, qui demande plusieurs écoutes avant de révéler son potentiel addictif.

On pourrait même aller jusqu’à dire que c’est l’album le plus « criard » d’Ayreon, avec énormément de vibratos, d’envolées lyriques, et de chant à pleins poumons. Faut aimer.

L’histoire est assez alambiquée aussi (la Théorie du tout, ça vous parle ?), et s’égare parfois dans des moments très « cheesy »…

D’ailleurs – mais ça n’engage que moi –, c’est un peu lassant que les personnages mâles se taillent tout le temps la part du lion : sur The Theory of Everything, on a cinq chanteurs vs. deux chanteuses, et les deux chanteuses ont respectivement les rôles de la mère et de la petite copine ; les chanteurs quant à eux ont des rôles de mathématiciens, de prodige, de professeur…

À quand une histoire avec une héroïne qui serait autre chose qu’une petite chose tendre et rassurante, hein Arjen ? </Coup de calgon>

Bon, à ce moment-là de votre lecture, vous vous dites : mais finalement, pourquoi a-t-elle voulu nous parler de ce disque ?!

Certes, ce n’est définitivement pas mon album préféré d’Ayreon – auquel je préfère de loin The Human Equation et The Dream Sequencer – mais… force est de constater que je n’écoute quasiment que ce disque depuis 15 jours !

Un projet musical exceptionnel

Lucassen a le chic pour trouver les mélodies qui s’incrustent dans ta tête et n’en ressortent plus jamais.

En outre, ce projet est un véritable OVNI, non seulement par son line-up qui est à chaque fois assez sidérant, mais aussi par la multitude d’instruments utilisés sur chaque album (l’électronique et l’acoustique se complétant l’un l’autre d’une manière enivrante), ainsi que par la puissance narrative de chaque morceau.

Chaque album bénéficie d’un making-of vidéo génial, filmé dans le home studio de Lucassen en Hollande, et chaque musicien y parle de son ressenti et de son expérience.

Sara Squadrani (qui chante le rôle de « la petite copine ») va même jusqu’à y dire qu’elle espère que les fans d’Ayreon ne lui en voudront pas de prendre la place d’une chanteuse plus connue qu’elle sur le disque… Niveau humilité, je me suis pris une grosse claque en entendant ça.

Bref, les albums d’Ayreon sont de petits bijoux qui font voyager et qui m’inspirent personnellement beaucoup.

Si vous ne connaissez pas, et si vous aimez les belles voix, les belles mélodies, le metal, le rock, et la SF, ne passez pas à côté ! :)

Les peintures de Jef Bertels pour Ayreon

Pour ne rien gâcher, un nouvel album d’Ayreon, c’est aussi l’occasion de se replonger dans le fascinant portfolio de peintures sci-fi de Jef Bertels, dont je deviens vraiment fan. Même si, là encore, la pochette de The Theory of Everything n’arrive pas à la cheville des précédentes !

Sans doute une façon d’ancrer le disque dans un univers réel, a contrario des albums précédents, qui se développaient dans un univers de science-fiction spatiale.

Pour le plaisir des yeux, j’ai réuni les pochettes réalisées par Jef Bertels pour Ayreon :

« Into the Electric Castle » (1998)
« Into the Electric Castle » (1998)
« The Dream Sequencer » (2000)
« The Dream Sequencer » (2000)
« The Human Equation » (2004)
« The Human Equation » (2004)
« 010011001 » (2008)
« 010011001 » (2008)
« Timeline » (2008)
« Timeline » (2008)

Si tout cela vous a intrigué, vous trouverez les albums d’Ayreon, dont The Theory of Everything, sur Spotify et sur Deezer.

Bonne écoute ! :)

Marie

10 commentaires

  1. Ne connaissant pas, je suis allé trouver cet album dans spotify après la lecture de ton billet, lequel est tout aussi pharaonique ( toutes proportions gardées ) que le projet musical. Superbe travail de J.Bertels, et pour la musique, me voici en train. Merci pour la découverte.

    1. « Pharaonique », c’est le mot ! Bonne écoute :)

  2. Coucou Marie,
    un petit message pour ton sublime post comme d’hab !
    Très instructif et descriptif avec un petit cotè penseur, rêveur comme d’habitude un plaisir à te lire.
    J’aime tout particulièrement les graphismes des pochette d’album *-*, quoi que le plus important reste la musique, qui est tout simplement envoutante.

    Mini-P.S. : dans le 5éme paragraphe du sujet « Un album très dense… », à la deuxième ligne sous la photo, il y a une petite erreur toute discrète ‘tmeps’ au lieu de temps.

    1. Salut Romain !

      Merci :-) J’ai corrigé la petite coquille !

      J’aime tout particulièrement les graphismes des pochette d’album *-*, quoi que le plus important reste la musique, qui est tout simplement envoutante.

      En effet, les deux fonctionnent très bien ensemble… Les pochettes réussissent à te plonger immédiatement dans l’immense univers musical d’Ayreon. Contente que ça te plaise :)

      1. Mais de rien, c’est un réel plaisir de te lire.
        Et j’ai même pris le temps de t’écrire cette fois.

        Et pour les pochettes, c’est une grande histoire, je trouve que ce n’est pas toujours très représentatif de la musique que l’ont vas écouter. Elles représentent souvent des « poses » d’artistes sans aucun feeling avec la musique, assez difficile de s’intégrer à l’ambiance de l’album de ce fait, pourtant certaine sont vraiment bien penser, et j’ai toujours eu un faible pour les pochettes dessinée ou fictive comme celle ci.
        Elles permettent de nous montré que c’est d’un autre monde et qu’on vas quitter la réalité pour une nouvelle découverte, c’est agréable de s’immerger dans un autre univers.

        1. Je n’aurais pas dit mieux :)

  3. Je suis un fan absolu d’Arjen, et cet article est super ;)

    1. Salut Pagna ! Merci d’être passé par ici, et pour ton mot gentil ^.^

  4. En effet, tout album Ayreon n’est pas facile d’abord. ça n’en rend le plaisir que plus grand une fois captivé par l’univers de ce génie (et ça vient très vite, croyez-moi!!!).

    « The Theory of Everything » est une pépite, c’est péremptoirement indéniable!!! Un de ces albums qui restent intemporels tant tout y est réuni: l’histoire, l’interprétation, la musique (un subtil mélange d’influences celtiques, orientales, SF, folk, rock, jamais très éloignées du Metal… le tout réussissant le tour de force de rester audible par une oreille « non-metalleuse » mais un tant soit peu mélomane), la production et le super DVD du making of!!!.

    Cela dit, « The Human Equation » reste peut-être pour moi un cran au-dessus de par le dénouement qui nous faire sortir de 2h sans respirer; apnée résultante de l’intensité de l’histoire. Mais le cran en question est vraiment très très très petit… Je serai en fait tenté de dire que ces deux albums sont tellement proches, mais si différents!

    Mais si je commente ce billet, outre son intérêt, c’est pour rebondir sur le paragraphe relevant le manque de voix féminines. Je partage cet avis et je verrais bien un album consacré à une Reine égyptienne (sans tomber dans la facilité de Cléopâtre, évidemment), au coeur de conflits qu’elle surmontera, évidemment (les Histoires d’Arjen ont souvent des Happy end!!!)…

    Merci d’avoir fait connaître Ayreon, Arjen Anthony Lucassen est pour moi le « Mozart » des temps modernes, le « Vangelis » ou le « John Williams » du Prog Metal et il mérite bien plus de notoriété que celle qu’il a, et encore plus que celle que d’autres ont, car lui, il la mérite sans la rechercher obstinément. Et ça, c’est très rare et ça force l’admiration avant même d’écouter les premières notes! … alors imaginez après! ;-)

    à bientôt!

    Charles)

    1. Bonjour Charles,

      Bienvenue par ici, et merci pour ton long commentaire ! :)

      Cela dit, « The Human Equation » reste peut-être pour moi un cran au-dessus de par le dénouement qui nous faire sortir de 2h sans respirer; apnée résultante de l’intensité de l’histoire.

      Comme toi, j’ai une préférence pour The Human Equation, que je trouve simplement parfait. J’aime aussi beaucoup 01, qui avait le mérite de réunir plusieurs voix rocailleuses, un peu bourrues, moins « propres » que celles réunies sur The Theory of Everything.

      Mais je ne boude pas mon plaisir d’écouter, encore et encore, ce nouvel opus d’Ayreon :)

      je verrais bien un album consacré à une Reine égyptienne (sans tomber dans la facilité de Cléopâtre, évidemment), au coeur de conflits qu’elle surmontera, évidemment (les Histoires d’Arjen ont souvent des Happy end!!!)…

      Hey, c’est une très bonne idée, l’Égypte ! Il y aurait de quoi faire…

      En effet, Lucassen est un génie, et comme tu le dis très justement, il fait preuve d’une modestie qui force le respect. Je suis particulièrement friande de ses DVD making-of, qui permettent de bien saisir le personnage, et de plonger un peu dans les coulisses de chaque disque.

      Cela crée des souvenirs par extrapolation – je savoure d’autant plus les disques en repensant aux images de chaque chanteur en pleine action, et aux blagues de Lucassen pour les encourager ;-)

      Encore merci, à bientôt !

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