Un e-book qui fait du bien

Hier soir, j’ai commencé à lire le dernier e-book d’Alexandra Franzen, intitulé You will survive (« Tu survivras »). Il y est question des critiques que l’on se prend dans la tronche quand on crée quelque chose (quoi que ce soit) et de ce que ces critiques font à notre moral et à notre confiance en soi.

En fin de compte, ce livre nous apprend trois choses essentielles :

  1. Tout le monde se fait critiquer. Vos idoles, artistes préférés, héros et héroïnes, sont tous passés par ce que vous endurez en ce moment ;
  2. Être critiqué·e fait mal, mais cette douleur finit toujours par disparaître ;
  3. Quand quelqu’un vous critique ou vous rejette, c’est pénible, mais cela signifie aussi que votre histoire personnelle va prendre un autre tournant, qui sera peut-être mille fois plus gratifiant.

Relativiser

Je survivrai

Il va sans dire que tout cela me parle énormément. « Comme par hasard » (non), je tombe sur ce bouquin fin 2016, après une année de grosse remise en question.

Ça me fait du bien de lire ces témoignages. Ça me permet de relativiser ce que j’ai vécu moi-même (sans pour autant nier ce que j’ai ressenti), et surtout, ça m’aide à prendre conscience de toutes les choses positives qui découlent du négatif, au sens large. (Petite pensée pour Klaire Fait Grrr, qui a brillamment transformé la merde en or.)

Mes trolls à moi critiquent ce que je fais, le fait que je crois en ce que je fais, que j’ai mon univers et qu’ils ne le comprennent pas, tout ça, tout ça. Sur le moment, ça m’a choquée. Je n’ai pas l’habitude de publier des contenus polémiques, ni de chier dans les bottes des autres, du coup quand on me chie dans mes bottes à moi, bah forcément, ça me fait bizarre.

Ma première réaction a été négative : Ils ont raison, je suis nulle. Tout ce que je fais est nul. Je vais arrêter de bloguer. Je vais disparaître. Ils n’entendront plus jamais parler de moi.

Et puis, en laissant décanter le truc, en « laissant du temps au temps » comme on dit, et surtout en discutant de tout ça avec des ami·e·s qui me connaissent bien, j’ai réussi à transformer le plomb en or.

Ainsi, un matin, j’ai griffonné rapidement sur un de mes carnets l’idée que j’avais eu pendant la nuit : « relancer LLM ? ».

Quelques mois plus tard, nous y voilà. Non seulement j’ai relancé La Lune Mauve, mais je m’y exprime comme je ne m’y suis jamais exprimée. Je n’ai jamais autant dessiné, peint et écrit que depuis cet incident. J’ai également fait un gros travail d’introspection et de recherche éditoriale pour mieux définir mes attentes vis-à-vis du blogging et d’Internet. Suite à ça, j’ai défini un cadre précis au-delà duquel je n’irai plus, afin de me protéger. J’avais besoin de me fixer des frontières plus strictes, je crois.

Et tout va beaucoup mieux depuis ! Je crois que je m’étais un peu beaucoup laissée emportée par mon enthousiasme et mon impatience de partager tout avec tout le monde. Mais cela ne fonctionne pas. « Tout le monde » n’est pas apte à comprendre. Comme on n’inviterait pas « tout le monde » à venir chez nous boire un thé.

Et puis… j’essaie de me concentrer sur le positif. Penser aux personnes qui m’ont envoyé un mail super gentil, qui m’ont mentionnée dans un tweet trop cool, avec qui j’ai bien discuté au hasard de la vie, avec qui on communique facilement, naturellement. Des gens humains, sains et gentils.

Oui, il y en a. Et ils méritent plus de crédit que les deux-trois imbéciles qui se contaminent et contaminent les autres avec leurs pensées négatives et destructrices.

J’écris, je crée et je partage pour les personnes qui parlent le même langage que moi. Et j’accepte mieux maintenant le fait que tout le monde ne comprenne pas cette langue. Il y a suffisamment de place pour tout le monde sur le net pour que chacun·e se sente libre de rester un moment, ou, au contraire, de passer son chemin en silence.

Le mot de la fin

Je suis tombée sur cette citation il y a quelques temps, je pense qu’elle résume bien les enseignements tirés cette année :

Learn to use criticism as fuel and you will never run out of energy.

Orrin Woodward

Et, en petit bonus, cette autre citation, qu’a gentiment partagé avec moi Mylène :

Tout ça et plus encore.
Assez pour ne pas s’abîmer l’âme.
Assez pour ne pas essayer de discuter avec les abrutis.
Qu’ils crèvent.
Ils crèveront de toute façon.
Ils crèveront seuls pendant que nous serons au cinéma.

Anna Gavalda, L’échappée belle

Je leur souhaite quand même de vivre assez longtemps pour voir tous les trucs que j’ai réussi à créer et à publier grâce à eux. ♥

Marie

Déjà 2 commentaires

  1. Coucou Marie :)

    Je prends le temps de regarder la nouvelle mouture de La Lune Mauve ce matin & tombe sur cet article au hasard de mes pérégrinations. Je crois que 2016 aura été une année difficile & de gros chamboulements pour beaucoup, mais en un sens c’est très positif, ça force à regarder en face les choses qu’on laissait trainer depuis trop longtemps & juste pour ça, je suis reconnaissante des deux années passées, même si elles ont été très dures à vivre pour moi.

    Je suis contente que cette citation t’ai inspiré/plu, comme je te le disais, c’est celle à laquelle je pense en cas de gros bullshit autour de moi, pour ne pas me laisser trop envahir par la vision étriquée de la vie de certain·e·s.

    Dans le livre, c’est un passage où la protagoniste se retrouve dans un dîner où une partie des convives est ouvertement raciste, avec sa sœur et son frère. Mais ils n’osent rien dire, pour ne pas foutre la merde entre la belle-famille et eux, et se sentent très lâches. Ils y réfléchissent ensuite, en se demandant pourquoi ils n’arrivent pas à parler plus fort que ces gens-là, pensant que c’est de la lâcheté, mais aussi, en un sens, de la sagesse et de la prise de recul. Qu’il y’a bien assez de jolies choses dans leur tête, comme des films, des livres, de la musique, des gens bien, des souvenirs heureux ou tristes, des histoires, et plein d’autres choses, pour ne pas se laisser envahir par la laideur de ces gens-là. Et c’est là que vient cette citation :)

    Cette citation m’a toujours beaucoup parlé, parce que c’est une réflexion que j’ai souvent ; et une discussion que j’ai eu récemment avec une amie qui se sentait nulle & faible de sentir son engagement, son combat féministe s’affaiblir. J’essayais de lui faire comprendre qu’elle n’a pas à s’oublier au milieu de tout ça ; qu’on se laisse rapidement envahir par la négativité des personnes sexistes et que c’est important de se protéger. Et qu’on peut aussi voir l’engagement féministe non pas comme un combat constant – même si, de fait, c’est souvent le cas – mais comme une évolution positive. On rencontre de belles personnes, et c’est important de prendre le temps de discuter avec eux·elles. Le féminisme n’a pas à toujours être un sujet grave, lourd et sombre, pour moi. Ce n’est pas à nous de nous sentir mal de notre manière de voir la vie et les autres :)

    Bref, je digresse, je vais arrêter là ^^°

    Répondre

    1. Salut Mylène ! Merci pour ton long et bon commentaire ! Ça me fait plaisir que tu aies pris le temps de partager tes réflexions avec moi.

      Je crois que 2016 aura été une année difficile & de gros chamboulements pour beaucoup, mais en un sens c’est très positif, ça force à regarder en face les choses qu’on laissait trainer depuis trop longtemps & juste pour ça, je suis reconnaissante des deux années passées, même si elles ont été très dures à vivre pour moi.

      Ouais, tu as absolument raison. N’est-ce pas ironique que ça ne soit que les moments les plus douloureux qui nous apprennent le plus de choses ? Peut-être peut-on alors voir ça comme la récompense d’avoir survécu à ces moments. Ok, j’ai souffert, c’était dur, mais j’ai appris ça, ça et ça.

      Dans le livre, c’est un passage où la protagoniste se retrouve dans un dîner où une partie des convives est ouvertement raciste, avec sa sœur et son frère. Mais ils n’osent rien dire, pour ne pas foutre la merde entre la belle-famille et eux, et se sentent très lâches. Ils y réfléchissent ensuite, en se demandant pourquoi ils n’arrivent pas à parler plus fort que ces gens-là, pensant que c’est de la lâcheté, mais aussi, en un sens, de la sagesse et de la prise de recul. Qu’il y’a bien assez de jolies choses dans leur tête, comme des films, des livres, de la musique, des gens bien, des souvenirs heureux ou tristes, des histoires, et plein d’autres choses, pour ne pas se laisser envahir par la laideur de ces gens-là. Et c’est là que vient cette citation :)

      Je suis en phase avec ce raisonnement. Dans l’absolu, on pourrait, nous aussi, ne pas contenir notre colère et notre ignorance et foutre le dawa en agressant les autres. Mais ce n’est pas le chemin de la sagesse. Je pense souvent (!) à mes cours de philo de seconde, l’image de Socrate qui pose sans cesse des questions à ses interlocuteurs pour leur faire accoucher eux-mêmes d’idée (la maïeutique) m’avait marquée. Perso quand je suis face à quelqu’un dont les idées sont très différentes des miennes, j’ai tendance à ne pas donner mon avis mais à poser des questions, pour voir l’étendue des dégâts ou bien pour me démontrer à quel point c’est moi qui me plante.

      Quant au féminisme, je pense que c’est tout à fait normal d’avoir des périodes de découragement et de remise en question quand on milite. C’est concrètement épuisant, surtout quand tu es une femme féministe dans une société patriarcale, misogyne, blanche et globalement plutôt homophobe et transphobe. Le combat est forcément permanent, c’est impossible de ne plus être sensible au sens caché (ou pas si caché) des choses et des messages qui nous entourent.

      C’est comme la lecture : une fois que tu sais lire, tu ne peux pas regarder un texte sans lire quelques mots, le cerveau lit, il n’a pas besoin de ton avis.

      Maintenant, de là à entrer dans le jeu des antiféministes et s’user dans des débats stériles, surtout s’ils ont lieu sur le net… Perso c’est ma limite. C’est aussi pour ça que j’ai longtemps préféré ne pas parler de politique sur mon blog.

      Du reste, j’ai un respect infini pour les féministes qui font de la pédagogie. Je note qu’eiles font régulièrement des pauses, car sinon eiles ne tiendraient pas. Le fait qu’eiles continuent à instruire et à lutter m’inspire énormément. Je suis heureuse qu’eiles soient là.

      Répondre

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