Méduse

Moi, j’idolâtre, je collectionne, j’empile, j’entasse, j’accumule. Je fais ça depuis que je suis en âge de le faire.

Quand j’étais ado, c’était les magazines que j’empilais, je découpais le contenu et je le collais soigneusement dans des cahiers ou des classeurs dédiés à mes idoles de l’époque.

Ensuite, Internet a débarqué dans ma vie, et j’y ai été immédiatement aspirée, telle un éphémère hypnotisé par une lumière nocturne.

La traque à l’inspiration a continué pendant toutes ces années. J’ai pu continuer à découvrir, zyeuter, admirer, sauvegarder, télécharger, partager, épingler et parfois même imprimer toutes ces fabuleuses images et ces mots puissants qui faisaient battre mon petit cœur énamouré.

En plus d’Internet, il y a toujours eu la musique, et ma propension à écouter certains albums et certains titres en boucle pendant des heures, si ce n’est des jours.

Certains films m’ont obsédée pendant des plombes, me faisant remplir des dossiers entiers de photos de tournage.

Quant aux livres, que dire… Ma bibliothèque porte toujours les stigmates de mon irrépressible besoin d’acheter tous les bouquins que je trouve beaux et inspirants, cela n’a jamais de cesse.

Ou presque.

En effet, depuis quelques mois, j’ai beaucoup ralenti cette inspiration-aspiration. J’idolâtre moins, et je stalke moins, aussi.

Parce qu’à force de me noyer sous les influences, jour après jour, pendant des heures, je me suis perdue moi-même.

J’ai perdu de vue ma propre route, trop absorbée que j’ai pu l’être à admirer ce que font les autres. Je me suis découragée toute seule en admirant des styles hors de ma portée.

Passer du temps sur le net à la recherche de l’inspiration prend un temps fou. Si vous passez chaque jour 20 minutes sur Pinterest, cela fait presque deux heures et demi perdues chaque semaine, deux heures et demi qui ne sont pas investies dans vos propres créations.

J’ai arrêté d’utiliser Pinterest début 2015. Depuis cet été, j’ai également arrêté de bloguer sur mon ancien blog, et de tweeter sur mon compte Twitter public. J’ai également beaucoup ralenti la publication de photos sur Instagram et sur Facebook.

Et vous savez quoi ? Ça fonctionne. Je dessine et j’écris beaucoup plus. Je me sens beaucoup mieux dans mes baskets, et je stresse beaucoup moins lorsque je publie quelque chose sur le net.

Je vais donc continuer à décoller mon nez de mes écrans, avec sérénité et conviction, pour privilégier le contact humain chaleureux et réel, la lecture de tous les livres que j’ai entassés depuis des années, et la propagation de tâches d’encre sur mes doigts.

Je ne veux plus qu’Internet me nourrisse et me mâche tout le travail. Je ne veux plus qu’il me décourage à créer, non plus.

Et ça me va très bien si mon style à moi est brouillon, déformé, débutant, maladroit, et que je publie des choses pas du tout léchées.

Ce n’est pas ça qui est important : ce qui est important, c’est de créer à tout prix.

Marie

2 commentaires

  1. Amen !
    100% d’accord avec toi sur tout ça.
    Pour ma part, je suis un peu obligée de maintenir un suivi des réseaux sociaux pour la promotion de mon taf, mais je ne consulte quasiment plus FB pour la sphère perso (trop de négativité). Mon fil d’abonnement Insta est volontairement riquiqui et « purgé » régulièrement comme ça il est consulté en 30s chrono lol
    Pinterest est devenu rare ou que quand je veux me constituer une banque d’images pour un projet précis. Et j’ai définitivement banni le téléphone passé 19h pour consacrer mes soirées à mon chéri , à lire ou à gribouiller sur mon bullet :-D Et ça fait un bien fou!
    Pour l’inspi, ce que j’aime bien faire aussi c’est consulter mes archives créatives personnelles. Je vois l’évolution de mon travail, je retrouve parfois des choses que j’aimais faire et je peux les reprendre différemment pour faire évoluer mon style (en même temps que moi) sans en changer complètement.

    Ça peut vraiment être paralysant de trop regarder ailleurs. Je ne suis jamais autant inspirée que quand je me recentre, dans ma bulle ^^

    Bises créatives! :)

    1. Et j’ai définitivement banni le téléphone passé 19h pour consacrer mes soirées à mon chéri , à lire ou à gribouiller sur mon bullet :-D Et ça fait un bien fou!

      Ah oui, j’imagine ! J’aimerais bien en prendre de la graine, tiens.

      Pour l’inspi, ce que j’aime bien faire aussi c’est consulter mes archives créatives personnelles. Je vois l’évolution de mon travail, je retrouve parfois des choses que j’aimais faire et je peux les reprendre différemment pour faire évoluer mon style (en même temps que moi) sans en changer complètement.

      Ça peut vraiment être paralysant de trop regarder ailleurs. Je ne suis jamais autant inspirée que quand je me recentre, dans ma bulle ^^

      Comme je te comprends ! Je ressens un peu la même chose quand je parcours les archives de mon blog. Je prends conscience de tout ce que j’ai déjà fait, je relis des mots gentils qu’on m’a laissés, et ça me booste. Chaque petit projet, chaque petite création, chaque publication s’ajoute à l’ensemble de tout le reste, et au final c’est ça qui constitue notre force, notre expérience, notre histoire, qu’on ne peut balayer de la main un jour de spleen.

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